Przeglad lekavslci, 1888, nos 3g el sujv
lyphi/jues, en Galicie orièntale, de 1879 à 1885, estime ([ne 50 0/0 de ces décès sont dus au typhus exanthématique. La maladie serait surtout importée de la ! faute-Hongrie ou de la Bukovine. En Bohême, la seule année 1888 en a vu, ii Prague, au moins 400 cas, dont 45 mortels (H lava). — Les Tchèques sont encore des Slaves.
Le typhus n’a pas cessé d'être le fléau traditionnel de l’Irlande.
En 1808, à la faveur de conditions d’hygiène, et spécialement d’hygiène alimentaire, qui rappellent beaucoup celles dans lesquelles avait éclaté, en 1848 et 1808, les typhus de Silésie, étudiés par Virchow, et les typhus d’Irlande, racontés par Graves et Murchison, l’Algérie connut une effroyable épidémie de typhus, dont j’ai été l’un des témoins et des plus humbles historiens '. Depuis lors, quoiqu’il y ait encore des soupçons à l’égard de Constantine (E. Richard, 1881-1882), le silence s’est fait sur le typhus algérien et il semble que le typhus abdominal, d’ailleurs singulièrement prospère dans le pays, y soit aujourd’hui de beaucoup le principal représentant de cette néfaste famille.
Mais l’exanthématique ne nous est pas devenu, pour cela, absolument étranger. Nous le conservons en terre européenne dans notre Bretagne, comme le prouvent, après le typhus de Riantec en 1870-1871 (Gillet), les multiples épidémies des environs de Brest de 1872 à 1875 (Gestin), l’épidémie de l’ile de Molène en 1878 (Gestin), celle de Plouhinec en 1879, et enfin l’épidémie contemporaine de l’ile Tudy, canton de Pont-l’Abbé (Finistère), en 1891. Malgré les douze ans qui séparent celle-ci de la dernière observée dans le
1. Arnould (J.), Origines et affinités du typhus, d’après l’épidémie algérienne de 1868 (Gazette médicale de Paris, 1869-1870). — Famine (lièvre de). In Diclivnn. encyclopéd. des Scienc. médic., IV« série, t. I, 1877.
pays, Thoinot 1 la rattache, sans doute avec raison, à l’endémicité typhique en Bretagne.
Le typhus tacheté est assez visiblement une maladie infectieuse pour qu’on puisse légitimement lui supposer un microbe spécial. On n a pas encore recherché beaucoup cet organisme. A l’occasion du typhus de Prague, Hlava5 examina 123 lois le sang des cadavres et, dans des cas plus rares, le sang des malades encore en vie, Burine, les concrétions épidermiques. Il aurait trouvé, dans le sang, un bacille spécifique, qu’il qualifie de streptobacille, qui n’existe pas dans les organes et dont les cultures pures, injectées il des lapins, provoquent chez ces animaux une maladie fébrile, différente toutefois, par les symptômes, du typhus humain. — S. Levaschew3 aurait reconnu, dans le sang encore, des spirilles qu’il propose d’appeler spirochaete. exanthematica. — Enfin, à l'occasion du typhus de l’ile Tudy, Thoinot et Calmette 4 ont observé constamment, dans le sang obtenu par piqûre du doigt, une quantité innombrable de micro-organismes de 1 à 2 g, présentant des prolongements de 3, 5 à 10 g de longueur, qui serpentent dans le liquide à la façon des spirochètes de la fièvre récurrente. D’après la description, ce microbe serait le même que celui de Levaschew.
L’avenir dira si tel est, en effet, le moteur du typhus. Reste à savoir, à notre point de vue, quel produit issu du malade porte l’agent pathogène. Nous savons, dans tous les cas, que le typhus est contagieux et même que sa contagiosité est d’une extrême énergie.
1. Le typhus exanthématique de li'le Tudy ( Comité consult. d'nyg. publ. de France, 1891).
2. Sbornik leliarski, 1889, et Medic. Neuigkeiten, n° 49, 1889).
3. Ueber die Mikroorganismen des Fltcktijphus ( Deut. med. Wochenschri/t, n° 13, 1892).
4. Note sur quelques examens du sang dans le typhus exanthématique ( Annales de V Institut Pasteur, 1892, p. 39).
U m’avait semblé, en 18(18, ainsi qu'à J. Périer, à Leplat, à I. Guillemin, que le typhus se prenait plus aisément aux groupes faméliques qu’aux typhiques eux-mômes ; mais il est possible que les faméliques aient été plus fortement imprégnés de typhus que leurs économies, dépourvues de toute réaction, ne pouvaient le manifester. Le faitesl que, partout ailleurs, la misère, la faim, la nullité de l’hygiène, ont paru favoriser singulièrement la diffusion du typhus (Virchow, Pistor, Simon, Robinski, Thoinot, etc.).
Selon Robinski, le typhus de Tylitz ne se serait jamais développé que par contagion ; mais pour être accessible à celle-ci, il fallait avoir fait usage d’une certaine eau stagnante, voisine de la localité, qui ne renfermait pas, d’ailleurs, le germe typhique.
Hlava et Thoinot déclarent que le typhusobservé par eux « s’est transmis par contact direct » et que l’air ni l’eau ne leuront paru des agents de transmission. Pour l’eau, il peut être inscrit comme certain que ce véhicule, défavorable à tous les microbes pathogènes, est celui qui porte le plus rarement le typhus. C’est autre chose en ce qui concerne l’air ; l’observation négative des deux auteurs précités ne saurait rien ôter à ce milieu de son aptitude à véhiculer à courte distance un germe qui n’a pas de rapports avec le tube digestif, qui semblerait plutôt obligé de traverser les voies aériennes pour pénétrer dans le sang (Hlava) et qui, finalement, doit avoir souvent la forme pulvérulente ou être mêlé à des poussières sèches, si l’on en juge par la longue durée de sa conservation spontanée, laquelle explique précisément la réviviscence épidémique du typhus dans les contrées où il est endémique. Nous avons par devers nous des souvenirs qui ne permettent guère de douter que la véhiculation aérienne ne se réalise quelquefois. Les médecins d’Algérie en 18(18 en ont de pareils.
Il est difficile qu'il n’en soit pas ainsi d’une maladie
infectieuse que Virchow, peu contagioniste cependant, pour le cas actuel, a lui-même qualifiée de « Verkehrskrankheit » (maladie des relations humaines). Aussi, Simon ajoute-t-il : Le principal rôle (dans la diffu-
sion du typhus) est exercé par les vagabonds et par les petites auberges. D'une part, le fait de passer la nuit avec des compagnons ouvriers en voyage, avec des vagabonds, dans des chambres étroites, sales, mal ventilées, est une porte grande ouverte à la propagation du typhus ; d’autre part, les zones de territoire où existent ces habitudes sont en proie à la malpropreté et à l’insalubrité et sont le meilleur terrain qu’on puisse imaginer pour l’entretenir. Les premiers cas qui se montrèrent chez les habitants de la plupart des villages atteints, dans la Prusse orientale, venaient des petites auberges ( Krüf/en)... Les individus sains peuvent répandre le contage ; souvent, des enfants, provenant de maisons infectées, sans être malades euxmêmes, onL apporté le typhus à l'école qu’ils fréquentaient. Kanzow rapporte que des personnes ont été atteintes de la maladie pour avoir battu les elTels de typhiques. »
L'observation suivante est très importante, au point de vue qui nous occupe ici. Nous en possédons de pareilles; mais, pour faire acte d’impartialité, nous empruntons celle de l’auteur Allemand : « Le poison morbide semble se fixer, avec une grande force d’adhérence, aux meubles et aux parois des locaux. Une désinfection à fond, le grattage des murs, suivi de l’application d’un nouvel enduit, ne donnent pas une sécurité absolue (Pistor). Au témoignage de Millier, dans la Prusse orientale, une habitation avait été abandonnée pour cause de typhus; elle resla inoccupée pendant près de deux mois, la chambre où il y avait eu des malades fut lavée à deux reprises, aérée, blanchie à nouveau ; néanmoins, lorsque la famille y enlia, les personnes qui la composaient furent prises de
typhus l’une après l’autre, dans l’ordre que leur lit occupait par rapport à la paroi. Les maçons qui avaient gratté et reblanchi les murs et désinfecté la chambre des malades furent atteints à leur tour. »
On réclame donc, partout où le typhus est endémique, une désinfect on rationnelle, c’est-à-dire très énergique, très étendue, comprenant les locaux, les objets qu'ils renferment, la literie, le linge, les vêtements et, dans la limite du possible, les personnes (Simon). Le typhus exanthématique et le typhus à rechutes sont l’un et l’autre inscrits parmi les maladies à l’occasion desquelles la désinfection est toujours obligatoire, dans l'ordonnance de police du 7 février 1887, à Berlin.
Le typhus à rechutes. — Le typhus à rechutes ou fièvre récurrente ( Rückfnlltyiihus, relapsiny fererj est encore une maladie très grave et meurtrière en Russie, dans les provinces orientales de l’empire Allemand, dans le Royaume-Uni de Grande Bretagne et d’Irlande; c’est-à-dire dans les mêmes zones où règne le typhus exanthématique, auquel il s’associe très ordinairement. Il naît et se développe, du reste, dans les mêmes conditions générales d’hygiène, comme nous l’avons observé personnellement ’, sans avoir de rapports beaucoup plus directs avec la famine, contrairement à ce que Murchison, avec quelque parti-pris Anglais, a voulu indiquer par la désignation de « relapsing or famine fever. »
Cette maladie est très contagieuse. Elle est la première maladie humaine à qui l’on ait reconnu un contagium animnlum. Cette découverte est due à Obermeiér (1868-1873), <Jui, en même temps qu’il annonçait la présence, dans le sang des malades pendant les accès, des spirochètes qui portent son nom, faisait
I. Arxoui.d (.1.), Du typhus à rechutes. Epidémie observée au pénitencier d’Aïn-el-Bey. (Archives yen. de mid. 1867.)
MALADIES DANS LESQUELLES IL FAUT DÉSINFECTER ol
connaître que ce parasite peut exister dans les milieux extérieurs et spécialement dans l'eau.
Pourtant, si l’infection se fait quelquefois par 1 eau, il est apparent que, la plupart du temps, le transport du typhus à rechutes se fait par voie scche, d un malade à l’individu sain, directement ou par l'intermédiaire des objets qui onL été à l’usage du premier. « Peu de maladies infectieuses, dit E. Richard1, font des épidémies aussi nettement limitées à une maison, à une chambre, que la fièvre récurrente ; ordinairement, quand dans une famille un membre est atteint, un second, parfois un troisième, tombent malades ; on a vu jusqu’à six cas dans la même famille. Les infirmiers sont exposés à contracter la maladie, les internes moins que les infirmiers, mais plus que les chefs de service, les risques diminuant comme l’étroitesse des rapports entretenus avec les malades. Dans les épidémies de Breslau, de Berlin, on a pu suivre fréquemment la filiation des cas de maison en maison, d’auberge en auberge. L’importation et la dissémination ont pour agents attitrés les vagabonds, les rôdeurs, les mendiants... En 1865, le typhus récurrent fut pour la première fois importé en Finlande par un navire de guerre chargé de recrues. La propagation est favorisée par les allées et venues et gagne les quartiers ouvriers; les classes aisées sont constamment respectées. Les effets de couchage, le linge, tous les objets à usage ayant servi aux malades, sont des véhicules du contage. »
On ne connaît, toutefois, pas le degré de résistance dès spores des spirilles à la chaleur (Lœfïler).
Bien que le typhus à rechutes n’entraîne guère qu'une mortalité de 6 pour 100 malades, il ne laisse pas que d’ètre très lourd à la statistique obituaire des pays qui l’entretiennent, à cause de sa grande exten-
i. Richard ( li . ) , Typhus (No uu. dictionn. de mèd. et de chir. prat. 1885).
oK DÉSINFECTION PUBLIQUE
sion dans les classes disgraciées et négligentes de la population, qui sont comme le théâtre normal de ses méfaits. 11 légitime donc l’assimilation qui en est faite au typhus exanthématique, au point de vue de la désinfection, de même que les données acquises à l’égard des objets qui récèlent le contage indiquent les points sur lesquels doivent porter les efforts prophylactiques et font pressentir ce que l’on peut en attendre.
La scarlatine. — La nature de cette affection lui aurait valu une place à côté de la variole, si ses droits à une désinfection régulière et constante n’étaient discutables et, en effet, contestés sur divers points.
On ne connaît pas plus le microbe de la scarlatine que celui de la variole. Ce n'est pas qu’on ne l’ait point cherché ni qu’on n’ait trouvé un assez grand nombre de schizomycètes dans les organes ou dans le sang des scarlatineux. Escherich, qui a fait l’historique de ces recherches, cite Hallier, Hofmann, Tschamer, Klebs, Pohl-Pincus, Crooke, Lœffler, Frænkel et Freudenberg, et en conclut que les efforts faits pour déterminer le champignon spécifique de la scarlatine sont restés stériles jusqu’ici '. Les nombreux microbes décrits se rencontrent à coup sûr chez les scarlatineux, mais n’ont de rapport qu’avec les complications de la maladie.
Les bactériologistes Anglais, cependant, ne se le tiennent pas pour dit. Klein, ayant observé, en novembre 1885, un certain nombre de cas de scarlatine à Marylebone, chez des familles qui prenaient leur lait à la métairie de Hendon, constata (pie les vaches de cette métairie souffraient d’une maladie de la mamelle. Cette maladie lui parut être la scarlatine de la
I. Eschehich (Th.\ Die im Ulule und den Organen Scharlachhranker gefundenen Mikroorganismen (Centr. bla/l f. Bakteriol. und Parasitenkunde, I,, p, 381, 1887.
vache, venue de la scarlatine humaine et susceptible de retourner à l'homme'1. Power partagea cette rnanièredevoir. Malgré les protestations de Thin, Klein lit connaître que l’éruption constatée par lui sur le pis de la vache était due à un microbe, qu’il déclare le moteur de la scarlatine, micrococcus scarlatinæ. C'est encore l’opinion que le même savant soutint au Congrès international d’Hygiène de Londres, en 1891 ; sans le moindre succès, d’ailleurs. Le professeur Crookshank qui, déjà en 1887 s, avait déclaré que l’éruption vue par Klein sur le pis des vaches était du cow-pox, renouvela sa contradiction et réunit l’assentiment général, sauf, bien entendu, la voix de Klein.
Jamieson et Edington ont encore décrit un bacillus scarlatinæ , découvert par eux pendant une épidémie à Edimbourg. Illingworth (1887) signale un autre microbe, muni d’un noyau, qu’il a trouvé sur la muqueuse du pharynx d’un scarlatineux. Marie Raschkin dans 22 cas de scarlatine compliquée, a obtenu du pus, du sang, des organes, un streptocoque, voisin du streplococcus pt/ogenes; elle ne trouva jamais cet organisme dans la peau et ne le reconnut que rarement dans l’exfoliation épidermique. Babès est porté à croire que le microbe de la scarlatine est un streptocoque; mais rien ne l’a démontré4.
D’Espine et Marignac (de Genève) ont trouvé dans le sang du doigt d’un scarlatineux, au second jour de l’éruption, un microbe qui leur semble morphologiquement et biologiquement se distinguer de tous les autres streptocoques, vulgaires ou pathogènes6.
1. Voy. XF. Annual Report of the local Governement Board e t Sanitary Record, 15 juillet 1886, p. 11.