‹ La désinfection publiqueChapitre 11 sur 74 · British med. Journal, 1887, 31 décemb. p · texte numérisé non relu

British med. Journal, 1887, 31 décemb. p

3. Raschkin (M.l, Zur Frage über die Aetiologie des Scharlachs ( Cenlr . blatt /ür Bactériologie, 1889. N» 13).

4. Rabès, Bacteriologische Untersuchungen über seplische Processe in Kindesalter. Leipzig, 1888.

o. Acad, med., 7 juin 1892.

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Ce « streptocoque de la scarlatine » aura-t-il un meilleur sort que ses devanciers?

Pour être inconnu dans sa nature, le principe infectieux delà scarlatine n'en est pas moins subtil et tenace. La science fourmille de faits démontrant non seulement que le malade est dangereux au contact, mais que ses effets, sa literie, son atmosphère, peuvent renfermer le germe de la maladie et le répandre. On en observe de ce genre à chaque épidémie.

Le 14 mars 188:2, le 1)' Roder, de Pottenstein (Bavière), localité sans scarlatine à ce moment, visita la famille d'un facteur de la poste où cette maladie venait de se déclarer. Le 20 mars, trois enfants de ce médecin ont simultanément la scarlatine. Ce jourlà, le même IV Roder fait une visite au médecin cantonal à Pegnitz ; cinq jours plus tard, la scarlatine apparaît chez le fils de celui-ci. Le « physicus » Flecklen, du cercle de Cologne, rapporte (1887) des faits analogues.

Dans son étude sur les épidémies de scarlatine qui ont régné en Norvège de 18G2 à 1878 *, Johannesen établit que la contagion s’exerce d’abord par le malade lui-même, puis par les objets qui ont été en contactavec lui. Whitla1 2 dénonce comme propagateurs du contage le malade, les objets qui se sont trouvés dans sa chambre, les tiers indemnes, les aliments et les objets à, usage, quand ces objets sont en contact avec des individus à la période de desquamation. Selon lui, l’air expiré des scarlatineux et leur transpiration cutanée renferment vraisemblablement le poison scarlatineux, dès le début de la maladie.

A notre expérience personnelle, dans l’armée, la

1. Johannesen, Die epidemische Verbreilung des Scharlacii fie- Lers in Nnrusegen, 1 8S4.

2. AVhitla, The causation and Irealment of scarlatina {Dublin Journal of medic. Scierie., 1885, p. 177).

maladies dans lesquelles il faut DÉSINFECTER 61

scarlatine est surtout propagée par les rapports directs entre les individus. Quand il y a quelques cas de scarlatine en ville, la garnison fait une épidémie plus ou moins intense. Les ordonnances d’officiers, plus en rapport avec la population que les autres soldats, fournissent toujours un notable contingent de malades. A la vérité, il y a de temps en temps des enfants scarlatineux dans la famille de l’officier dont ils font le service. A la caserne, deux voisins de lit sont quelquefois pris simultanément ou à de courts intervalles. Mais il est non moins frappant que les cas successifs se disséminent sans ordre, dans toute la caserne, à tous les étages, sautant d’une chambre à une autre éloignée de la première. 11 est bien peu probable qu’il y ait là un transport par l’air. En 1890, la scarlatine donna 34 cas, dans la garnison d’Arras, du lPr janvier au 20 juin, époque à laquelle l’endémoépidémie annuelle prit fin. Tous ces cas, hors un, appartiennent au 3° régiment du génie, qui occupe seul la citadelle, mais partage le quartier Schramm avec le 33e régiment d’infanterie. Malgré ce voisinage, celui-ci n’aurait pas compté un seul scarlatineux, si l’un de ses hommes, en traitement à l’hôpital depuis dix-sept jours pour une bronchite, n’y avait contracté la scarlatine, quoique dans une salle et à un étage différents de ceux des scarlatineux. Le médecin el les infirmiers prenaient des précautions contre la propagation par leur intermédiaire; mais il n’est pas sûr que les religieuses, fatalistes par profession, en aient fait autant.

On remarque que, dans cette circonstance, les deux casernes occupées par le génie ont participé à l’épidémie. Le même fait s’était produit, en 1880, au 43° régiment d’infanterie, à Lille. La scarlatine,’ née à la citadelle, dans la portion principale de ce régiment, se propagea à la fraction du même corps qui . habite la caserne Négrier, à la faveur des visites des

bz DÉSINFECTION PUBLIQUE

hommes de celle-ci à la citadelle pour prendre les provisions alimentaires, pour fréquenter le gymnase, etc.

Il est très ordinaire que, quand un régiment qui a une portion principale et des détachements est en puissance de scarlatine, les détachements même éloignés participent à l’épidémie. En 18!H), le 1 10e régiment d’infanterie avait la scarlatine en février et mars; la compagnie de Gravelines en eut deux cas pendant la même période. En 1880, la portion principale en avait 7 cas; le bataillon de Bergues, 2.

Pour Lille, il ne serait pas impossible que les cas observés à la citadelle chez des militaires ne fussent un exemple de véhieulation atmosphérique. En effet, la chambre dans laquelle éclata le premier de ceux-ci est en face de logements occupés par des ménages, dans l'un desquels trois enfants avaient eu la scarlatine récemment. Une ruelle de cinq à six mètres de large sépare seul le pavillon des soldats de ces logements de ménages. C’était en février; mais l’ouverture des fenêtres est obligatoire dans les casernes, et il est probable que les ménages d’en face ne se privaient pas d’expulser par leur porte les balayures, de secouer par la fenêtre des couvertures, des tapis, etc. Il n’y avait aucune relation personnelle entre eux et les soldats.

Dans toutes les épidémies, d’ailleurs d’intensité restreinte, que j’ai pu suivre comme directeur du service de santé du 1er corps d’armée, la contagion chez les infirmiers régimentaires, chez les infirmiers des hôpitaux et même, malgré l’isolement le plus complet possible des scarlatineux, chez les autres malades de l’hôpital, a été un fait frappant. Vis-à-vis de ces cas intérieurs, la propagation a toujours, évidemment, été due à un tiers indemne.

La literie conserve remarquablement le contage scarlatineux. J’ai eu lieu, quelquefois, de supposer que les hommes, chargés de transporter hors des

chambres la fourniture d'un camarade entrant à 1 hôpital, avaient pris la scarlatine dans cette opération.

Du reste, tout porte à croire que ce contage se conserve longtemps, soit dans des effets ou de la literie, soit sur les parois ou dans la poussière des ent rêvons, comme l'a indiqué, pour la première fois, croyonsnous, le médecin-major allemand Dr v. Kranz 1 qui, dans l’épidémie qu'il observait, constatait entre les cas successifs un intervalle si long (pie la contamination d’individu à individu parait inexplicable. Les planchers des casernes, en France, sont généralement très aptes à laisser passer dans les entrevous les poussières morbides ou autres ; cependant, il ne nous parait pas nécessaire de penser que les germes scarlatineux se réfugient là plutôt qu'ils n’adhèrent aux parois diverses et aux objets, pour expliquer les cas distants les uns des autres, que nous avons vus aussi se produire dans nos garnisons du Nord, spécialement à Arras et à Dunkerque. Toutefois, nous avons remarqué que, dans les épidémies d’une trentaine de cas, espacés sur quatre à cinq mois (d’ordinaire, de décembre à avril) dans la même garnison, il est presque de règle que les atteintes se présentent par bouffées de trois ou quatre cas en deux ou trois jours successifs, quelquefois le même jour, suivies d’une accalmie parfaite d’une dizaine de jours. On dirait qu’un accident de je ne sais quelle nature a, tout d’un coup, détaché des parois et mis en liberté au même moment des germes ; — à moins qu’il 11e s'agisse d’une circonstance provoquant la reviviscence de germes qui sommeillaient. Car, enfin, il y a bien une raison pour que la scarlatine, qui rentre régulièrement dans le silence à partir du mois de mai ou de juin, reprenne vigueur en décembre ou janvier.

I. v. Khanz, Versuche, lien Urspriuig eince Scharlachepidemie wiilucnd des Jahres, 1883, im I. hessischen Infaulerie-Hegiment no 81, festzMtellen ( Archiv für Hygiene, II, p. 449, 1884'.

Du reste, à défaut d’expériences directes sur un microbe qui n’est pas connu, la preuve de la résistance vitale du germe scarlatineux semble être donnée par la réapparition, si commune, de la maladie, pendant plusieurs années consécutives, sur le point qu'elle a une fois visité. Depuis 1885, la garnison d’Arras a revu, à chaque printemps, une série d’atteintes de la scarlatine; et c’est pour la première fois que, celle année (1892), la succession fâcheuse de ses visites semble décidément interrompue. À Dunkerque, l’année 1890 compte 20 cas de scarlatine ; on exécute une désinfection très énergique en avril ; la maladie ne reparaît pas en 1891. Mais, â partir du 23 décembre de la dite année, de nouveaux cas sont signalés dans les deux casernes de la garnison ; au 10 avril 1892, le nombre s’en élève à 26. Il paraît que la scarlatine ne règne pas en ville. Est-ce une réimportation l’on ne sait d’où, ou la reviviscence de germes qui ont échappé, en 1890, à la vapeur chaude et au sublimé ?

Nous n’avons pas, ici, de raison sérieuse de nous occuper de la transmission de la scarlatine par le lait, soit que le lait incriminé ait été simplement ensemencé au voisinage d’un scarlatineux humain, soit qu’il provienne d’une vache atteinte de celle éruption que Klein considère comme la scarlatine chez la vache. Notons seulement que le contrôle d’Escherich sur l'épidémie de Bradford en 1887 (1308 malades), racontée par Whiteside Hime, lit ressortir (pie les consommateurs, au nombre de 4.000, du lait des vacheries infectées, n’eurent que 13 malades, alors que pour le même nombre d’individus le reste de la population en avait 23 '. Le lait aurait donc plutôt été une protection.

Les règlements de police de Berlin (7 février 1887)

1. Eschericii (Th.), Ueber die Verbreitung des Scharlachs dur ch Mile h (Müncbener medic. Wochenschrift, XXXVI, p. »37, 1889).

MALADIES DANS LESQUELLES IL FAUT DÉSINFECTER Go

ne rangent la scarlatine, — et encore la scarlatine maligne , — que dans la deuxième classe des maladies comportant la désinfection; c'est-à-dire que celle-ci esl recommandée, mais ne devient obligatoire que si la police l’a décidé ainsi, dans des conditions particulières.

Or, à notre avis, la scarlatine est une maladie grave. Nous distinguons aisément, en fait, les cas de scarlatine maligne d’avec ceux qui n’ont guère de gravité; mais, étant donnée une épidémie, je ne connais aucun moyen de prévoir si les cas en seront bénins ou malins, ni si, parmi un nombre prépondérant de cas de la première catégorie, il ne s'en introduira pas tout à coup, d’une façon inattendue, quelques-uns qui seront mortels. Dans l’épidémie de 1889, à Saint-Quentin, il n’y a que 1 décès sur 124 cas. Mais, sans déprécier le talent des médecins qui ont soigné ces scarlatineux, j’incline à croire qu’ils ont eu affaire à une série heureuse. En 1890, à Dunkerque, sur 22 cas, il y a 2 décès. Il est à noter que ces deux terminaisons fatales ont porté sur le 20e et le 22e malades de la série, c’est-à-dire sont survenues comme une lugubre surprise, alors que les malades antérieurs avaient pu faire croire à une épidémie bénigne.

Au fond, la scarlatine, peut-être plus sévère qu’autrefois, a compté, dans l’armée française, en 1888, 2.586 malades et 109 décès ; en 1889, 2.089 malades et 8G décès.

Dans la population urbaine, pour les cinq années 188G-1890, elle a causé 2.G22 décès, soit 532 par an, rien que dans les villes « particulièrement éprouvées » et au-dessus de 10.000 habitants. Il y a de grandes inégalités d'une année à l’autre. Paris, qui a 403 décès scarlatineux en 188G, n’en a que 170 en 1889.

D’après la statistique de Rahts *, les décès par

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