‹ La désinfection publiqueChapitre 12 sur 74 · Arbeiten aus dent K. Gesund/ieitsamle, VI, p · texte numérisé non relu

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scarlatine, pour la période 1885-1887, dans les villes au-dessus de 10.000 habitants, ont été dans les proportions suivantes :

Allemagne 3 p. 10,000 hab. par an.

Angleterre 3 —

Suède 6, 4 — —

France 1,0 — —

Suisse 0, 10 — —

A Turin, pour les 8 années 1881 à 1891, il y a 260 décès de scarlatine, avec un maximum de 62 en 1885 et les minium 7 en 1890, 8 en 1891.

Les armées étrangères paraissent moins éprouvées par la scarlatine que l’armée française.

Armée italienne (1887). . . 95 cas, 9 décès.

— autrichienne (1880-1887), 47(5 cas, 28 décès (ou 59 à 60 cas et 3 h 4 décès par anl .

Armée allemande (1882-1884)... 973 cas, 3(5 décès (ou 480,5 cas par an et 18 décès). Pour les quatre années (1884-1888), la scarlatine a atteint 0.85 p. 1000 d'effectif, dit le compte rendu de W. Roth ; à raison d'un effectif moyen de 417.104 hommes, c'est environ 354 cas par an. La maladie aurait donc encore plutôt diminué, tandis qu’elle augmente dans notre armée.

Mais la population, en Autriche, parait assez éprouvée : en 1889, sur (573.193 décès de toute cause, il y en a 12.147 de scarlatine, ou 5, 8 p. 10.000 habitants. De même, en Prusse, la mortalité par scarlatine était de 4,34 p. 10.000 en 188(5.

Pour toutes ces raisons, nous pensons que la scarlatine légitime largement la désinfection dans la population civile de tous pays, et si les armées allemande, autrichienne, italienne, peuvent s’en passer jusqu’à nouvel ordre, la haute léthalité qu’affecte actuellement cette maladie dans les troupes françaises fait un devoir de résister, par la désinfection méthodique, à ses allures envahissantes. Tant pour sa gra-

vite qu’en raison de la ténacité de son virus, la scarlatine nous parait devoir être rangée parmi les maladies à désinfection obligatoire.

“On a cité des faits semblant prouver contre l’efficacité de la désinfection vis-à-vis de la scarlatine. James B. Field, dans le Boston med. and surg. Journal, 1887, rapporte que la maladie fut introduite à Lowell (Massachusetts), par des effets provenant de personnes qui avaient eu la scarlatine dans une autre localité, un an auparavant. Ces effets avaient été « désinfectés à'fond, sous la direction d’un médecin, par des fumigations sulfureuses suivies de l’ébullition prolongée ». La scarlatine éclata dix jours après l’ouverture de la malle, chez une fillette qui avait revêtu des effets contenus dans cette caisse.

Nous ne saurions beaucoup discuter une observation dont les détails nous manquent. Mais nous craignons que les effets incriminés dans le cas actuel n’aient pas réellement subi l’ébullition, qui est un excellent moyen, après les fumigations sulfureuses, qui sont un procédé très infidèle. En général, on n’applique pas deux méthodes au même objet. Or, si quelques-uns des effets des malades n’ont passé que par les fumigations sulfureuses, nous ne sommes plus étonné qu’ils soienl restés infectieux.

Pendant six à sept ans, dans le l01' corps d’armée, nous avons assisté aux échecs les plus complets de la désinfection sulfureuse vis-à-vis de la scarlatine. Nous ne disposions alors que de celle-là pour les effets, et c’est encore elle qui est inscrite dans le traité passé entre l’Etat et la Compagnie des lits militaires. Malgré le soin avec lequel les médecins militaires, mes collaborateurs, dirigeaient et surveillaient l’opération, la scarlatine a régulièrement reparu après la désinfection sulfureuse, quelquefois chez le voisin de lit d'un premier malade, qui avait été l’occasion d’un e sulfuration complète de la chambre et de ce qu’elle

renfermait'. Même chose est arrivée dans le 2(' corps en 1889, A. Saint-Quentin.

En 1889 et 1890, on a sulfuré à outrance dans les casernes d'Arras. On aurait pu croire qu’à la suite de cette prophylaxie la scarlatine avait cédé, au 33° régiment d'infanterie, d’ailleurs modérément frappé en

1889, et qui n’eut, en 1890, qu’un cas contracté à l’hôpital. Mais la poursuite se faisait avec non moins d’exactitude au 3° régiment du génie, qui, après avoir eu 10 cas en 1889, en fournit encore 33 en 1890; le dernier, le 20 juin, c’est-à-dire à l'époque où la scarlatine termine d’elle-même, à peu près partout, son évolution annuelle.

Au contraire, à Dunkerque, dans cette môme année

1890, la scarlatine, reparue des années précédentes, ayant commencé le 11 février, on se décida, lorsqu’elle eut fourni 16 cas, le 1er mars, à exécuter une désinfection complète de tout le casernement, de toutes les fournitures et de tous les effets, même en magasin. L'opération fut exécutée au moyen de lavages à la solution de sublimé de tout ce qui était bois (planchers, portes, châssis de fenêtres, planches des châlits) et d'un renouvellement du badigeonnage à la chaux de tous les murs. La paille des paillasses fut incinérée. L’étuve fixe de la Direction du port fut gracieusement mise à la disposition du service de santé de l’armée, en même temps que l’étuve locomobile du Corps d’armée était transportée à Dunkerque. En une dizaine de jours, tout ce qui pouvait y être admis y avait passé ; on avait lavé les cuirs au bichlorure ; tous les hommes,

1. Je retrouve clans mon registre des maladies épidémiques la mention suivante: « F... 33e de ligne. Scarlatine. Entré à l’hôpital le 24 août 1889. Occupait, à la caserne, la même chambre que D... entré le 12 août (pour la même cause), mais était en permission depuis trois semaines au moment où ce dernier est entré à l’hôpital. Et lorsque F... est rentré au corps, la chambre venait d’étre désinfectée fau soufre). »

après avoir passé par le bain-douche, avaient reçu des vêtements désinfectés. L'hôpital lut soumis à la même pratique. On n’oublia qu’une chambre, où il n y avait eu aucun cas de scarlatine, et probablement à cause de cela. Or, le 2 et le 10 mai, deux cas nouveaux se présentèrent dans celte chambre. En dehors de ces deux cas, un troisième fut reconnu, le 18 avril, chez un caporal rentré d’une permission de cinq jours le 13, et un Ie le 11 mai, chez un homme en traitement à l’hôpital pour la pelade depuis le 25 avril. Ce fut tout le retour offensif de la maladie après la désinfection, jusqu’en 1892, où elle reparut avec une sévérité modérée, venant de l’extérieur plutôt que de germes échappés, deux ans auparavant, à l’étuve et au bichlorure.

Cette réapparition de la scarlatine à Dunkerque fut l’occasion de remarquer, comme cela était déjà arrivé à Arras, que les désinfections partielles et successives, dans une habitation collective, gênent la marche des épidémies, mais ne l’arrêtent pas. En raison du fait que la scarlatine n’apparaissait que par petits groupes de 3 ou 4 cas, séparés par des intervalles de dix à quinze jours, ou crut pouvoir se borner à ne désinfecter, à chaque poussée épidémique, que la chambre où les cas s’étaient déclarés et les effets ayant servi aux malades. Ce système n’en finit pas avec la maladie et la série s’étendit du 24 décembre 1891 au 15 juin 1892, avec 31 cas.

La suette miliaire. — Nous inscrivons à cette place, qui parait bien être la sienne, la suette miliaire , qui est grave, contagieuse, et qui surtout a été, en France, la première grande démonstration de la puissance de la désinfection publique dans la lutte contre les épidémies. Elle est, d ailleurs, endémique dans notre pays.

On n en connaît pas le microbe. Je crois même

qu’on n’en a jamais parlé, bien que des bactériologistes de grande valeur aient fait partie de la mission officielle qui, en 1887, alla étudier et combattre l’épidémie du Poitou, et aient cultivé le sang des malades.

Mais elle fait des épidémies intenses, puisque, dans les circonstances qui viennent d’être indiquées, elle a frappé jusqu’à 1 .700 personnes sur 13.307 habitants dans le canton de Montmorillon ; et sa gravité est redoutable puisque, dans certaines localités, elle a atteint à 11, à 12 et même à 33 décés p. 1001.

« Elle est éminemment contagieuse, » dit Brouardel, qui cite de nombreux exemples à l’appui. Malheureusement, rien n’a pu permettre à l’auteur de dénoncer avec certitude un mode de transmission. L’eau n’y est pour rien. La suette se transmet probablement à la façon de la rougeole et de la scarlatine.

Dès lors, elle est justiciable de la désinfection publique. Le succès de celte mesure contre l’épidémie de Poitou en 1887 le prouve au mieux, en même temps qu’il met en relief la supériorité de la désinfection par la vapeur sous pression.

La fièvre jaune. — Les Allemands n’ont pas inscrit, dans la liste des maladies à désinfection, la lièvre jaune, qui ne menace pas leur pays et ne semble pas avoir encore inquiété leurs colonies africaines. Il ne saurait en être de même pour les nations de l’Amérique orientale, les Etats-Unis, le Brésil, dont les villes maritimes ou fluviales reçoivent les meurtrières visites du vomito, au point que la prospérité et jusqu’à l’existence de ces villes en sont parfois compromises.

1. Brouardel et Thoinot, L'épidémie de suelte du Poitou en juin et juillet 1887 (Bull. Acad, méd., 13 septembre 1887. — Voy. aussi : Thoinot (L. H.) et Hontang (L.), Géographie médicale de la suette miliaire en France (Revue U’Hygiène, IX, p. 960, 1887).

[1 n’en sera pas non plus de même pour nous Français, qui avons d’intéressantes colonies dans la mer des Antilles et le Sénégal, sur la côte occidentale du continent noir, assez souvent en butte aux atteintes de la fièvre jaune.

Le microbe de cette infectieuse est encore indécis, sinon inconnu. Est-ce le bacille décrit par Babès, en 188d. peut-être revu par Lacerda (1887), ou le Cryptncoccus xanthogenicus [Amarillus- Racterium) de Domingo Freire ( Medical News, 1887); le peronospora lutea , de Carmona (Mexico), ou le bacterium spécifique de Gibier (1888), constaté dans le contenu noir de l'intestin? Un savant très compétent, Sternberg (1888), déclare que la présence constante de microbes spécifiques dans le sang des malades de fièvre jaune n’est pas démontrée.

Sans mettre en doute l’intérêt scientifique et même pratique qui s'allache à la solution de cette question, on peut se borner provisoirement à ce (pii est, malheureusement, d’expérience très-ancienne et très vulgaire ; à savoir que la fièvre jaune, d’ailleurs extraordinairement favorisée par l’insalubrité des localités, se propage à la faveur des relations humaines et principalement de celles qu’entretiennent les navires, ainsi que le résumait récemment Pettenkofer '. Proust2 assure que le principe de la fièvre jaune est transmissible par l’air et pénètre par la voie pulmonaire.

Les vaccinations essayées par D. Freire, avec son virus atténué, n’ont eu d’abord que des résultats malheureux. Dans ces derniers temps, un document officiel, le Rapport médical sur le service des hôpitaux de la marine aux Etats-Unis de Nord-Amérique, mettait en doute leur efficacité et faisait entendre qu’à Rio-de- Janeiro même on n’y croit plus.

La fièvre jaune est, du reste, d’une singulière gra-

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