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Commission de l’assainissement de Paris, Rapports

2. Bordas (Fréd.), Recherches sur le bacille typhique et ta transmission de la fièvre typhoïde par l’air (Revue yén. des Sciences, 15 mars 1890, p. 143).

inscrit pour Paris les courbes épidémiques de la fièvre typhoïde relatives aux années 1889, 1887 et 1889, les sommets de la courbe sont aux 31° et 32° semaines en I88li, à la 35° semaine en 1887, à la 48e et à la 49e en 1889, mais encore avec deux sommets moins élevés à la 30e et à la 33° semaine. Toutes ces dates se rapportent au mois d’août, sauf la 48e et la 49° semaines. Ce n’est pas le lieu de discuter la relation que Chantemesse cherche à établir entre la fièvre typhoïde et l'eau de Paris. Ce qu'il surfit de constater, c’est que le typhus abdominal s’épanouit bien en pleine sécheresse. Nous nous en doutions déjà, d’après nos observations en Algérie.

Notons encore que Chantemesse reconnaît formellement la transmissibilité de la fièvre typhoïde par l’air, et fixe à 10 0/0 la fréquence de la réalisation de ce mode, selon son maître Brouardel. C’est un témoignage de haute importance à enregistrer, tant à cause de la valeur personnelle des auteurs qu’en raison de 1 ardente campagne qu’ils ont organisée précisément en faveur de la doctrine contraire, celle de la véhiculation hydrique.

Nous ne connaissons pas de travail de laboratoire qui ait mis en relief la façon dont se comporte le bacille typhique à l’état sec. Cet organisme serait capable d’une longue survie, hors du corps de l’homme et même desséché, s’il produisait des spores, ne fût-ce que la spore terminale, unique, que croyait Gafïkv. Mais il parait bien démontré (Buchner, Pfuhl, Casser) que les spores aperçues par divers bactériologistes ne sont qu’une illusion.

Du reste, une foule de bacilles typhiques, dénoncés par des techniciens plus ou moins habiles, n’étaient •eux-mèmes que des illusions aussi. Rien n’est plus •difficile que de reconnaître ce microbe hors du tvphoïsaul; c’est Rob. Koch qui l’assure ; et encore, même •en présence des organes d’un typhique, ne sera-t-on

pas toujours sans embarras, si l’on en croit Babes Etrange bacille ! il est capable de faire de la méningite (Vaillard et Vincent), des suppurations diverses (G. Itoux), de la pleurésie (Rendu, Fernet, Charrin et Roger, Kelsch), peut-être de la lièvre typhoïde. En revanche, une demi-douzaine de bacilles lui prennent ses traits propres, et quelques-uns d’entre eux revendiquent formellement la propriété de faire la fièvre typhoïde, soit exclusivement, soit en collaboration avec lui. Encore un peu, il va perdre jusqu’à son individualité. « La bactériologie accumule, en ce moment, les preuves pour et contre l’identité entre le bacille d’Escherich et celui d’Eberth !. »

Dans un pareil état de choses, et sans déprécier la bactériologie qui a déjà fourni tant de lumières et en fournira d’autres, il est de la prudence la plus élémentaire de tenir compte des indications dé l’observation naturelle, qui a mis hors de doute le danger des locaux et des objets souillés par la présence de typhoïsants, indépendamment des souillures du sol, qui a aussi sa désinfection dans le drainage, et de l’eau, qui ne devrait jamais avoir besoin d’un assainissement artificiel.

A l’hôpital Saint-Louis, où d’ailleurs l’analyse bactériologique de l’air de la salle avait décelé le bacille d’Eberth, il suffit de désinfecter les locaux pour faire cesser l’épidémie de 188!) 8. E. Richard fit connaître, à cette occasion, que, dans une garnison de Hanovre, où une épidémie de fièvre typhoïde sévissait depuis trois ou quatre ans, la maladie disparut après que le médecin en chef eut fait désinfecter tous les effets des hommes ainsi que ceux qui étaient entassés dans les magasins de réserve.

1. Babes (V.), Ve ber Variabilité und Vanet.il en des Typhusbacillus {Zeitschrift für Hygiene, IX, p. 323, 1890.)

2. Kelsch (A.), Note sw un cas de pleurésie, déterminé par le bacille de la fièvre typhoïde Mercredi médical , 2 mars 1892.)

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