‹ La désinfection publiqueChapitre 19 sur 74 · liull. Acad. méd. (Il février 1890, page · texte numérisé non relu

liull. Acad. méd. (Il février 1890, page

DES DÉSINFECTANTS

Behi-ing a prouvé expérimentalement que l’albuminat mercuriel est tout aussi désinfectant que le sublimé qu’il renferme, si on le reporte dans un liquide qui puisse le dissoudre.

On mélange encore les solutions de sublimé d’acide sulfurique, d’acide chlorhydrique, qui agissent dans le même sens que l’acide tartrique, sont eux-mêmes des désinfectants et déterminent dans la liqueur un degré d’acidité favorable au but que l’on veut atteindre.

Il est, pourtant, une circonstance qui contre-indique formellement l’emploi du sublimé. C’est le cas dans lequel un processus de putréfaction dégagerait des composés sulfureux, capables de transformer le bichlorure en un sulfure de mercure inerte. Le fait se réalise précisément de la pari des matières de fosses d’aisance, qu’il serait, d’ailleurs, très imprudent de traiter au sublimé, lorsqu’elles doivent être utilisées comme engrais. En effet, la nécessité de renouveler ici, d’une façon continue, la désinfection entraîne la consommation de quantités du toxique assez considérables pour qu’il puisse en résulter de sérieux dangers d’empoisonnement.

Après avoir pris les précautions convenables pour vérifier le pouvoir désinfectant du sublimé, spécialement celles qu’imposent les justes remarques de Geppert, Behring a reconnu que, pour désinfecter une culture de charbon asporogène dans le bouillon, il suffit de l’action pendant 2 heures de I gramme de sublimé pour 60.000 centimètres cubes de la culture. Il n’en faut pas davantage pour les bacilles du cfw/érae t de la lüphiêrie ; mais une dose double est insuffisante sur les cultures de typhus , et staphylococcus aureus en exige une trente fois plus élevée.

Le tableau ci-après, emprunté à cet auteur, montre l’efficacité absolue du sublimé sur certains microbes, les différences de cette activité selon les espèces microbiennes et l’aide extraordinaire qu’y apporte

l’élévation de la température. Le signe -}- indique que les bactéries ont continué à se multiplier ; le signe — qu’il n’y a plus eu de végétation bactérienne. F == 3° ; c=3<;°).

On voit que les bacilles du charbon et ceux du choléra sont déjà tués par I de sublimé sur 100.000, en une heure, pourvu que l’antiseptique agisse à la température de 30°, et qu’ils sont tués, même en cinq minutes, à toute température, par 1 sur 25.000. Le bacille typhique, plus résistant, n’est tué par lasolution à I sur 25.000 qu’au bout d’une heure et à la température de 36°. Staphylococcus aureus est plus tenace encore. D'autres expériences ont montré qu’il n’est

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pas toujours tué en 23 minutes, à 22°, par la solution au 1000°.

Comme la plupart des désinfections se font à une température supérieure à 3° et beaucoup à la température dite ordinaire , c’esL-à-direàio°ou 18°, il est permis de supposer qu’on ne se tromperait pas trop en prenant pour mesuré des résultats de la désinfection ausublimé la moyenne entre les indications C et F du tableau cidessus.

Mais rien n’empêche d’adapter à la pratique ce tteimportante notion de V augmentation d'activité des désinfectants par ta chaleur. Lüffler a conseillé d’opérer, par la solution de sublimé chaude , le lavage îles planchers. On ne voit pas quel inconvénient il pourrait y avoir à employer au moins tiède celle qu’on introduit dans les pulvérisations, encore que la chaleur puisse s’associer mieux à d’autres solutions désinfectantes qu’à celle de sublimé.

Il convient encore de tenir.compte du fait que, dans une réelle désinfection, accomplie en des locaux habités et non au laboratoire, la solution de sublimé employée en spray ou en lavages agit au moins aussi longtemps que les surfaces intéressées restent humides. Or, ce temps ne se compte plus en minutes, mais dépasse généralement quelques heures, surtout si la température est basse.

Les expériences serrant de très près les conditions de la pratique et dans lesquelles on a cherché, autrement que par l’observation épidémiologique, à vérifier si les bacilles du typhus ou du choléra sont bien tués sur les murs par le lavage ou la pulvérisation de sublimé, ces expéiiences ne sont pas très nombreuses Je ne connais, pour ma part, que celles de Guttmann et Merke *, dont le rapport de Galfky- et la thèse de

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