‹ La désinfection publiqueChapitre 21 sur 74 · REMARQUES · texte numérisé non relu

REMARQUES

Ilg Cl! I : 1000...

Lavage répété à

30 minutes.

Une souris inoculée

1 eau chaude.

meurt (lu oharton.

Hg Cl3, 1 : 1000, avec acide chlo-

Lavage au sulfure d'ammonium, puis à l’eau.

Après 4 heures' les spores ne sont pas tuées.

rhvdrique

Ilg "Cl4, 1 : 1000 avec acide tar-

id.

3 heures.

Les souris ino-

trique

id.

id.

culées restent

Ilg Cl3, 1 : iOû...

Ilg Cl3, 1 : 1000 à

id.

20 minutes.

en vie.

Hg Cl3, t : 1000 avec acide tar-

id.

3 heures.

trique, à 37°, 5..

Hg Cl3, t : 1000 avec iodure de

id.

id.

potassium

id.

Après 1 heure, les spores ne

N’agitpas mieux que le sublimé

sontpas tuées.

seul.

D’ailleurs, on ne saurait trop rappeler que la résistance des spores n’est pas toujours identique, fût-ce dans une même espèce bactérienne. Il y a, dans les spores du charbon des« races», disent les Allemands. Aussi les succès des expérimentateurs concordent-ils

rarement. Behring, avec la solution de sublimé au 1000e, ne tuait pas les spores en l heures, ni même en tO heures d'une façon certaine. En additionnant de o volumes d’acide phénique la solution de sublimé, le succès était, toutefois, un peu plus accentué.

Nous pouvons dire dès maintenant que les solutions d'autres sels métalliques, sauf peut-être le nitrate d'argent, ont encore moins d’action sur les spores que le sublimé. Encore l'efficacité du nitrate d’argent estelle contestée par Heider (de Vienne). Ce même savant, du reste, rappelle (pie Geppert a pu obtenir encore, au bout de trois jours, des colonies de spores traitées parle sublimé au 10UU‘, et pense que personne ne saurait, à l'heure actuelle, dire à quel moment une spore est tuée par le sublimé, parce qu’il peut se produire des circonstances dans lesquelles le sublimé se transformera en une combinaison inoffensivc qui fera paraître la résistance des spores plus grande qu’elle n’est , .

Quoi qu’il en soit, c’est la solution de sublimé au 1000e qui s’emploie le plus généralement, en désinfection publique. Les déterminations de Guttmann et Merke, qui se sont arrêtés à cette proportion, ont probablement contribué beaucoup à la faire adopter.

On a renoncé à l’appliquera la désinfection des crachats, des vomissements, des matières fécales. Il serait dangereux de s’en servir vis-à-vis de vêtements et d’objets de literie en laine, qu’on ne lave pas d’ordinaire et qui garderaient du mercure pour le moment où il sera fait usage de ces effets après désinfection. Le même danger n’existerait pas de la part du linge, qui peut être passé à la lessive de soude après désinfection ; cependant, ce n’est pas dans la solution de sublimé qu’on plonge, habituellement, le linge sale de provenance suspecte.

i. Heider (Adolf), loc. cil., p. 358.

DES DÉSINFECTANTS

Il est remarquable qu'à Berlin, où ont été accomplis tant de travaux démontrant la supériorité du sublimé, l’administration ne l’ait accepté pour aucune des formes de la désinfection, pas même pour celle des locaux.

Partout ailleurs, c’est presque toujours la solution de sublimé au 1000° qui sert à la désinfection des locaux contaminés, quelle que soit la maladie qui ait motivé l’opération.

Le mode d’emploi est la pulvérisation ou le lavage. Le professeur Kœnig (de Gottingen), en 1883, avait essayé de faire une réputation à la désinfection par les vapeurs de sublimé. Heraeus,puis Kreibohm ', l'année suivante, prirent la méthode en ilagrant délit d’impuissance et la ruinèrent définitivement.

Au Congrès de Vienne, en 1887, Lôffler annonça que Gullmann et Merke avaient fait construire un appareil spécial pour les pulvérisations de solutions de bichlorure contre les parois des locaux infectés. Ce sont, en effet, ces auteurs (pii ont fait, sur le spray désinfectant, les premières expériences décisives. Mais bientôt, MM. Geneste et Herscher, à Paris, tirent construire le pulvérisateur qui porte leur nom, instrument d’une certaine capacité et qui foule la solution mercurielle assez énergiquement pour que le jet de liquide poudroyé atteigne à quelque distance avec assez de force. Les premiers de ces appareils qui furent mis en circulation étaient un peu délicats et demandaient des réparations fréquentes. Ils sont aujourd’hui construits avec plus de simplicité et résistent mieux. Ils coûtent, suivant leur taille, 223 ou 400 francs.

Les lavages au sublimé se Ibntà l'éponge ou, mieux, au pinceau. Il semble inutile d’en dire davantage,

1. Heraeus (NN.), Sublimât dù'mpfe als Desinfectionsmittel (Zeitschrift fur llygiene, I, p. 235, 1886). — Kreibohm, Zur Désinfection (1er Wohnriiume mit Sublimatdümpfen (. ibid ., p. 363).

sauf que, dans ce cas comme dans le précédent, il est indispensable d'enseigner aux hommes qui emploient l’antiseptique à s’en préserver eux-mêmes.

Le lavage désinfectant, au sublimé ou avec une autre solution, est impraticable sur les murs peints à la détrempe ou badigeonnés à la chaux. Pour les revêtements de cette sorte, il faut recourir à la pulvérisation de bichlorure ou à un autre désinfectant que le sel mercuriel. Lapulvérisation est, d’ailleurs, au moins aussi eflicace que le lavage et probablement plus encore.

Sulfates de cuivre, — de zinc, — de fer. — Ces sels ont eu, autrefois, une grande vogue, sans doute parce que ce sont des désodorisants assez efficaces. Le sulfate de fer, toutefois, si fort usité naguère, commence par exagérer les mauvaises odeurs. En fait, de même que les sels d’étain, d’iridium, ils ont paru à Behring « n’avoir qu’une faible valeur désinfectante », à l’exception du sulfate de cuivre , qu’il déclare « un très bon désinfectant ». Ce sel a, d’ailleurs, eu l’appui de Pasteur, de Bouley, Vallin, Miquel. Dans ces derniers temps, von Gerloczy (de Budapest) l’a prôné d’une façon particulière pour la désinfection des matières de déchet *. Selon cet auteur, à la dose de 1 p. 35, le sulfate de cuivre diminue l’odeur des matières de fosse d’aisance et les stérilise. Il stérilise même les matières fraîches à la dose de 1 p. 110.

Le sulfate de cuivre est d’un prix modéré, environ 1 fr. le kilogramme, peu toxique (quoique émétique violent) et communiquant à ses solutions une coloration bien faite pour prévenir les erreurs. C’est à peu près le seul à conserver de ces anciens désinfectants.

On l’utilise, en effet, en solution à 5 0/0, pour la désinfection des selles de cholériques et celle du linge

1. Gerloczy (Sigismund v.), Versuche iiber die praktischc Desinfection von Abfallstoffen (D. Vierteljahrsschr. f. 0/fentl. Gesundheitspflege, XXI, p. 433, 1889).

DES DÉSINFECTANTS

sale des malades ou gens suspects. Vallin conseille, pour 1 litre de déjections cholériques, « un grand verre », c’est-à-dire environ 200 grammes de la solution ci-dessus (eau bleue). Les linges souillés sont plongés, pendant 12 à 24 heures, dans 20 litres d’eau additionnés de 4 litres d’eau bleue, ce qui met la solution à moins de 1 0/0. C’est ainsi que l’on a procédé contre le choléra de 1802, au moins à certaines stations-frontières, vis-à-vis du linge sale des voyageurs. La méthode est un peu longue. Il serait facile de la rendre plus rapide et plus sûre, en employant une solution forte, à 5 0/0, et chaude. Le vitriol bleu, en solution à 50/0 et à 53°, met plus de 6 heures et demie à tuer les spores charbonneuses (Ileider) ; mais son pouvoir lui est rendu, à cette température, vis-à-vis des bacilles du typhus et du choléra. Dans les conditions qui viennent d’être dites, une demi-heure d’immersion suffirait et même, en élevant un peu le degré thermique et le poussant entre 60 et 75°, il ne serait plus besoin d’ajouter du sulfate de cuivre à l’eau.

Von Gerloczy recommande, vis-à-vis des selles cholériques, une forte solution de sulfate de cuivre, soit « au moins 40 kilogr. de sel par mètre cube de matières ». Quoi qu’en dise l’auteur, la méthode pourrait revenir un peu cher.

Le sulfate de cuivre a remplacé le chlorure de zinc dans les instructions du Préfet de police, àParis, pour la désinfection des fosses d'aisance. En revanche, il ne semble pas qu’on s’en serve en Allemagne. Il est vrai que nous avons vu naguère, non sans étonnement, que les instructions du gouvernement bavarois régularisaient l’emploi du vitriol de fer — ou du chlorure de manganèse provenant des fabriques de chlorure de chaux — pour le traitement des selles cholériques Il suffirait de 25 grammes de sulfate de fer

1. Yerordnung des Kônigl. bayerischen Staatsminislerium des Innern von 30 Juli 1892 betrell'end Maassregeln gegen die

dans 250 grammes d’eau pour désinfecter les selles journalières d’une personne. Dans les fosses, la proportion devrait généralement être plus élevée. La règle est que le milieu, d'alcalin, devienne acide, par le fait de l’addition du sel ferrique.

D'après Jager, le sulfate de fer, à 1 : 3U ne détruit pas les bacilles du charbon sans spores, ni, à 1 : 3, ceux de la tuberculose.

Autres sels métalliques. — Les sels mercuriels solubles, autres que le sublimé, ont en général la même valeur que celui-ci. Seulement, ils ne sont encore guère sortis du laboratoire.

Parmi les sels d'autres métaux, Behring place en très bon rang le nitrate d'argent, contesté par d’autres, les solutions ammoniacales d’oxyde d’argent, celles de chlorure d'argent dans l’hyposulfite de soude ; puis le cyanure d'or et de potassium et quelques autres préparations d'or, le carbonate de thallium ; enfin, après celles-ci, les composés du palladium et du platine, que l’on peut, pour l’efficacité, rapprocher de celles du cuivre.

Ces corps ne jouant, jusqu’à présent, aucun rôle en désinfection publique, nous ne croyons pas devoir insister.

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