‹ La désinfection publiqueChapitre 34 sur 74 · ur Desinfection von p · texte numérisé non relu

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Woknunrjen ( Avcliiv f. Hyyiene, XIII,

grumeaux et que l'on peut porter dans l’eau bouillante, quand elle s’est chargée des germes des parois. Il ne semble pas que ce procédé soit bien accueilli, encore que ce soit celui à l'aide duquel G. Cornet a récolté sur les murs îles chambres de tuberculeux les poussières qui ont démontré la vébiculation aérienne de la tuberculose.

L’eau chaude. — L’eau bouillante. — Dans le travail que nous avons cité plus haut,Heider rapporte qu'ayant voulu essayer sur le staphy/ococcus pyogenes aureus l'action de la chaleur unie à celle des désinfectants divers, il crut utile d’éprouver aussi la résistance de ce microbe en dilution aqueuse vis-à-vis de l’élévation de la température. Or, d'ordinaire, rien qn’à la température de 60° la mort de l 'aureus arrivait en quelques minutes. Ce résultat sembla à l’auteur pouvoir le dispenser de répéter sur les bacilles pathogènes les essais relatifs à l’action des désinfectants aidée de la chaleur, qu’il avait institués vis-à-vis du staphylocoque doré. Il ressort; en effet, des données courantes que la plupart des microbes pathogènes (diphtérie, morve, typhus, choléra) succombent en général en peu de temps en suspension dans l’eau portée à 00°. La stérilisation par le chauffage discontinu , de Tyndall, le dé-' montre d'une façon frappante.

Cela ne prouve pas absolument que les mêmes microbes, enveloppés dans une gangue muqueuse ou fécale, ou enchevêtrés à un tissu, succomberaient aussi vite que dans l’eau. Mais l’on peut en induire, avec Heider, qu’en usant de réchauffement des solutions désinfectantes on peut faire de sérieuses économies des désinfectants eux-mêmes, substances assez souvent coûteuses et presque toujours toxiques. Nous pouvons, surtout, en conclure, après Broca et le professeur Straus1, que la température de 100° n’a rien

1. De la stérilisation et de la désinfection par la chaleur (Arch. de médecine experimentale, II, p. 307, 1890).

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de sacramentel en désinfection et que V ébullition de l’eau, habituellement conseillée à cet égard, n’est autre chose qu’un mode facile et sûr de s’assurer que l’eau a été effectivement portée — et maintenue — à un degré habituellement mortel aux microbes infectieux. Selon le D1' Lewith, la chaleur tue les bactéries en coagulant leur protoplasme, qui est albumineux; la température de 100° est donc plus que le nécessaire.

Les bacilles de la tuberculose, sous un certain état, se distingueraient des autres microbes infectieux par une résistance plus grande à l’action de l’eau chaude. Grancher et Ledoux-Lelnard ■, expérimentant avec des cultures de tuberculose diluées dans de l’eau selon la méthode d’Yersin, ont reconnu que les cultures fraîches ne subissent qu’un affaiblissement de leur virulence à G0°, mais la perdent entièrement à 70° en quelques minutes. Au contraire, les cultures sèches (de 42 h 37 jours), même chauffées à 100°, n’éprouvaient qu'un affaiblissement progressif après une heure de chauffe et même après 3 heures.

Il y a là une nouvelle preuve que les désinfectants doivent varier selon la maladie. Mais, sauf ce cas, la formule est toujours vraie, que « tous les germes pathogènes connus, y compris leurs spores, sont détruits en dix à quinze minutes par l'eau bouillante », pourvu que l’action de la chaleur humide ait réellement atteint tous les points où se trouvent des germes. 11 est arrivé, en effet, que des spores restées adhérentes à la paroi d’un ballon, au-dessus do l’eau en ébullition, ont échappé à l’action de celle-ci et réensemencé ensuite le liquide. D’où la nécessité d’agiter pendant l’opération.

On peuL faire dépasser quelque peu la température de 100° à l’eau bouillante en y incorporant du chlo-

1. Tuberculose aviaire et humaine. Action de la chaleur sur la fertilité et la virulence du bacille tuberculeux {Arc! i. de méd. expériment., IV, p. 1, 1892).

rure de sodium ou de calcium. M. Richard conseille d’ajouter 25 grammes de carbonate de soude par litre, quand les substances à désinfecter renferment de la graisse ou du mucus. Nous y voyons d’autant moins d’inconvénient que l’action désinfectante du sel alcalin s’ajoute à celle de l’eau chaude. On pourrait se borner à une dose moindre. Les trempeurs de Geneste Herscher (voy. page 148) ne sont pas autre chose qu'une ingénieuse application de ce principe.

L’appareil de Grancher et de Gennes, pour la désinfection des crachoirs de tuberculeux*, en est une autre. Des crachoirs, avec leur contenu, passent 20 à 25 minutes dans une lessive bouillante de carbonate de soude à 15 ou 20 0/0, dont la température est de 103 degrés. Les inventeurs avaient, du reste, constaté, comme Fischer et Sclii 1 1 2, que les bacilles tuberculeux des crachats sont toujours tués, en moins de dix minutes, par l’eau à 100° et même à 90°.

Voilà, certes, encore un mode de désinfection facile, très sûr, à la portée de tout le monde. Il faudrait le dire bien haut et chercher à montrer que le procédé est praticable partout, par le premier venu, avec n’importe quel appareil, voire avec les marmites dont disposent les ménages pour laver la lessive ou la vaisselle. Tout au moins, si l’on invente du nouveau, conviendrait-il d’offrir des appareils très simples et pas coûteux. Même pour la stérilisation de l’eau destinée à la boisson, je ne crois pas qu’il soit bon de construire des machines compliquées, superbes d’ailleurs, qui portent l’eau à la température de 140 degrés. C’est un peu cher pour détruire le bacillus sublilis et il peut être dangereux pour l’hygiène de se montrer si exigeante et si dispendieuse.

t. Grancher (J.) et De Gennes, Sur la désinfection des crachoirs de tuberculeux ( Revue d’IIygiène,X, p. 193, 1888).

2. Ueber die Désinfection des Auswurfs dev Phthisiker ( Mitthei lungen aus d. kaiserl. Gesund/ieitsanite. II, p. 131, 188T).

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L’air chaud. — H y a une douzaine d’années, il n’existait guère que des étuves à désinfection par l’air chaud. Les plus grands noms de la science, Ransom, Virchow, Pasteur et Léon Colin, Vallin, les couvraient de leur autorité ; les publications d’hygiène en offraient les plans, et les villes les plus importantes du monde entier en munissaient leurs hôpitaux. Un jour, il fut reconnu que ces étuves étaient une vaste erreur et, dans un court espace de temps, elles ont été complètement abandonnées. « Leur étude, dit très bien M. Straus, n’offre plus qu’un intérêt historique. »

En voici la raison en deux mots. L’air sec à 100° tue, à la vérité, en 1 heure et 1/2, les bacilles sans spores et les microcoques1; mais il lui faut la température de 140 à 144° et 2 heures d’application pour tuer les spores du charbon, du bacille du foin, etc. Surtout, la chaleur sèche ne pénètre que très lentement et très incomplètement dans les objets auxquels on applique d’ordinaire la désinfection à l’étuve, paquets de vêtements, couvertures de laine, oreillers, matelas. Après 3 heures de séjour dans l’étuve à 100°, le thermomètre à maxima placé au centre d’une couverture de laine enroulée ne marquait que 70°, dans les expériences de Wolffhügel et Koch. Dans celles de Vallin 2, le thermomètre placé au centre d’un matelas exposé depuis 5 heures à la chaleur d’une étuve sèche à 118° ne marqua que 50 degrés. En revanche les couvertures étaient fortement roussies du côté de, l’arrivée du gaz brûlant, et gravement compromises, comme le seront toujours les étoilés dans les étuves à air chaud. Les microbes seuls n’en souffrent pas assez.

L air est un mauvais agent de stérilisation, non seu-

1. Koch uncl Wolffhügel, Untersuchungen über die Désinfection mit heisser Luft (Mittheilunyen dus d. k. Gesundheitsamte. I, p. 301, 1881).

2. Expériences sur tes étuves à désinfection des hôpitaux de Paris (Kevue d’Iiyg., VI, p. 2o, 1884).

lement parce qu’il est mauvais conducteur du calorique (le pouvoir conducteur de la vapeur est plus faible encore', mais parce qu’il n’a qu’une faible chaleur spécifique: 0,21175, et que pour communiquer aux corps à son contact la chaleur qu’il possède, il n’a point, comme la vapeur d’eau, le changement d'élat ; il reste gazeux et n'abandonne de la chaleur que par refroidissement. La molécule d’air refroidie ne disparait pas du point où le phénomène s’est accompli ; au contraire, elle est devenue plus lourde et plus difficile à déplacer par celles que le courant chaud amène sur le même point. D’où l’extrême lenteur de la pénétration de la chaleur dans la profondeur des objets mis à l’étuve à air. C'est au point que, dans les étuves à vapeur, l’air de la profondeur, enchevêtré aux mailles des tissus à désinfecter, est une protection pour les microbes, si l’on n'a pas des dispositions spéciales pour l’expulser.

Air chaud et vapeur chaude. — Ce qui vient d’être dit fait comprendre sans autre effort que les étuves dans lesquelles on a associé la vapeur et l’air chaud n’aient pas eu plus de succès que les précédentes; le second des facteurs paralysait le premier. Les expériences de Salomonsen et Levison ', à Copenhague, sur des étuves construites d’après ce principe (système Ramsing et Leth), ont montré qu’en fait ces étuves sont entachées d’irrégularité dans la chaleur obtenue et dans sa répartition; qu’elles opèrent lentement, et que, pour l’effet désinfectant, elles ne font pas mieux, par un mélange de vapeur à 100° et d’air entre 110 et 130°, que la vapeur seule à 100°. Max Gruber a obtenu des résultats aussi mauvais 2. « L’air empêche la condensation de la vapeur » (Teuschcr).

t. Versuche mil verschiei/enen Desinfecthns-Apparalen ( Zeitschrift f. Hygiene , IV, p. 94, 1888).

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