Voy. Straus, loc. cit., p
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La vapeur. — La vapeur appliquée à la désinfection est toujours chaude ; mais elle peut être à 100° ou au dessus. On obtient les températures supérieures à 100°, soit en surchauffant directement la vapeur, soit en la soumettant à des pressions plus fortes que celle de l’atmosphère. D'oii trois types d’appareils ou étuves à vapeur : ceux qui emploient la vapeur à 100°, humide (saturée), à l'état île courant , c'est-à-dire à la pression ambiante ; ceux qui, à la pression ambiante encore, ont recours à la vapeur surchauffée ; enfin ceux qui, d’une façon ou d’une autre, soumettent la vapeur à une pression supérieure à celle de l’atmosphère.
a) Les appareils de Walz et Windscheid (de Dusseldorf), ceux d’O. Schimmel (de Chemnitz), emploient la vapeur à l’état de courant, mais en la surchauffant plus ou moins;
b) Les « désinfecteurs » de Henneberg (Berlin) appliquent strictement le principe de la vapeur à l’état de courant, fluenle , comme on dit encore, fournie par l’eau ordinaire; par conséquent sans prétendre en élever la température au delà de 100°. Dobroslavine a cru pouvoir obtenir quelques degrés de plus, même avec la vapeur fluente, en la faisant dégager d’une solution saline (étuve se! hydrique). Le contrôle qui en a été fait depuis a montré que c’est là une illusion, comme le faisait pressentir la théorie. H. Teuscher 1 a placé un thermomètre dans la vapeur émanée d’une solution de sel de cuisine, bouillant à 109° ; cet instrument ne marqua que 100°, la température de l’eau de condensation. Nous ne reviendrons pas sur ce système.
L’étuve construite à Gœltingen, sur les indications de Flügge, est purement, comme celle de Henneberg, à courant de vapeur. Celle de Cornet-Krohne est égament à courant ininterrompu, sans pression.
c) Un certain nombre d’appareils, plus ou moins
1. Beitriige zur Desinfection mit Wasserdampf (Zeitschr. f llyg. ,IX, p. 492, 1890).
intentionnellement, travaillent par la vapeur lluente, mais en communiquant à celle-ci un léger excès de pression, de 1/20 à 1/10 d’atmosphère. Quand la vapeur est comprimée à plusieurs atmosphères dans la chaudière où elle se produit, il est difficile qu’elle ne conserve pas un excès de pression, une fois introduite dans la chambre à désinfection, et lors même que l’orilice d’échappement de la vapeur reste ouvert, pourvu que les dimensions de cet orifice soient restreintes et calculées pour obtenir cet effet.
Les étuves Schimmel, Budenberg, Rohrbeck, les nouvelles étuves Thursfield (Vienne), sont à courant de vapeur sous pression faible. L’appareil d’Overbeek de Meyer (Utrecht) réunit à volonté lapressionau courant. Les étuves que Reck (Copenhague), Schmidt (Weimar), ont construites sous l’inspiration de V. Budde, nous semblent, de même, ajouter au courant l’influence d’un léger excès de pression'.
d) Dans les machines de Washington Lyon, Genestellerscher, la vapeur est immobilisée, dormante (Richard), mais sous une pression forte, 1/2 à 3/4 d’atmosphère de surpression, ce qui lui permet d’atteindre à 110° ou même 115° sans être chauffée. Seulement, pour évacuer l’air intérieur qui, se mélangeant ù la vapeur, en paralyserait l’effet, une disposition spéciale de ces étuves permet de faire, pendant leur fonctionnement, une décompression qu’il est utile de répéter plusieurs fois.
c) Enfin, en appliquant le principe posé par V. Budde *, que la vapeur à la fois lluente et à haute tension est le moyen de désinfection le plus énergique, l’ingénieur O. Krell i 2 , de Nuremberg, en collaboration
1. A 'eue Construclionen für Dnmpfdesinfectionsapparate nebst Venue lien über ihre Funclionsfïhigkeit (Zeitschrift für Hygiène , VII, p. 269, 1889).
2. Ueber einen neuen Desin fectionsapparat (Gesundheils-Ingenieur, 1892, n° 16).
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avec le I)1' Raptschefsky, a construit pour l’armée russe une étuve qui réalise cette double condition, en même temps que quelques autres (dispositif de ventilation, accumulateurs de chaleur).
Toutes les étuves supposent, au minimum, un générateur de vapeur et une chambre de désinfection. Le générateur peut, souvent, être celui qui sert déjà à une machine à vapeur quelconque. Y. Budde a môme imaginé un couvercle avec tubulures convenables, soupape de sûreté, entonnoir de remplissage, indicateur de niveau, ajutage pour y visser un tuyau de conduite de vapeur, lequel s’adapte hermétiquement à toute lessiveuse. Dans les étuves Thursfleld et Overbeek de Meyer, le générateur faitcorpsavec la chambre à désinfection et entoure une partie de celle-ci, de façon à la chauffer même quand on n’y projette pas la vapeur. Dans les appareils de Flügge et de Cornetlvrohne, qui appliquent rigoureusement les principes de R. Koch, la chambre de désinfection est superposée, sans discontinuité, au générateur. La plupart des autres appareils font communiquer les deux compartiments à l’aide d’un tuyau qui permet de faire entrer la vapeur par la partie supérieure de la chambre, pour des raisons que nous dirons.
Les grandes étuves ont, à la chambre de désinfection, une porte d’entrée et une de sortie distinctes, comme c’est rationnel, si l’on veut que les objets désinfectés ne soient pas exposés à revenir au contact de ceux qui ne le sont pas encore.
Beaucoup d’étuves ont une disposition spéciale permettant de chauffer l’intérieur de la chambre avant d’y lancer la vapeur, pendant quelle y est, et aussi après qu’on a ouvert les portes. Le chauffage des deux premiers temps a pour but d’épargner à la vapeur une condensation prématurée et trop considérable ; celui du troisième a pour but le séchage des effets, qui sont pénétrés d’eau à la fin de la désinfection. Les accumu-
lateurs de chaleur ont pour but d’économiser cette dernière dépense de vapeur ; dans les étuves de Reck, les accumulateurs sont des cailloux ; dans celle de Krell, des saumons de plomb.
D’ailleurs, on peut sécher les objets hors de l'étuve, si la désinfection presse. La première chambre venue, chauffée et aérée, suffit à ce séchage; à la rigueur, l’exposition au grand air par le beau temps y parvient d’une façon tolérable. Même dans l’étuve, il peut être utile de joindre l’aération à la chaleur en vue du séchage. Krell a pratiqué à son appareil des orifices de ventilation spéciaux.
Les étuves sont fixes ou transportables. Celles d'Overbeek de Meyer et de Thursfield sont sur roues; les appareils Geneste-Herscher et Krell sont, à volonté, fixes ou locomobiles. Les étuves locoinobiles, au début de la pratique des désinfections générales, ont eu leur raison d’être et ont rendu d’incontestables services ; mais il faut arriver à s’en passer. Leur construction est coûteuse, tout en donnant moins d’espace que les appareils fixes; leur déplacement entraîne des frais en pure perte. Nous partageons l’avis de Budde, que la pratique des désinfections doit se répandre partout et que les petites localités elles-mêmes doivent avoir leur appareil. Elles l'auront, si cela ne coûte pas trop cher.
PiUNCIPES ET APPRÉCIATION DES DIVERS SYSTÈMES. —
Le principe qui domine toutes les applications de la vapeur à la désinfection est celui qui régit la désinfection elle-même, à savoir que les appareils détruisent sûrement tous les microbes pathogènes et leurs spores. Cela ne revient pas exactement à exiger que la vapeur porte au moins à 100° la température sur tous les points, même les plus centraux, des vêlements, couvertures, matelas et de tous les objets mis îi l’étuve. Mais il est tellement reconnu que la chaleur humide à 100° est le parasiticide général et suffisant, que 1 as-
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similalion n’est pas très illégitime et que tous les ingénieurs, en même temps que beaucoup de médecins, prennent volontiers, pour mesure de l’eflicacité d'une étuve, la sûreté et la rapidité avec laquelle elle atteint cette température de 100° dans les paquets de tissus employés pour le contrôle.
Efficacité désinfectante de la vapeur surchauffée. — Nous allons d’abord nous débarrasser d’une question assez controversée pour que les appareils reposant sur l’idée qui en fait le fond aient été presque abandonnés.
Puisque c’est, en définitive, la chaleur qui tue les bactéries, on s’est dit que l’activité parasiticide de la vapeur ne pouvait qu’être renforcée si l’on élevait audessus de 100° la température de cette vapeur. Pour réaliser cette vue de l’esprit, il parut simple de surchauffer, à la sortie de la chaudière ou dans la chambre même de désinfection, la vapeur issue à 100° du générateur. C’est ce qui se passe dans les étuves de Walz et Windscheid1. Indépendamment de l’effet attendu d’une température supérieure à 100°, ces ingénieurs ont fait remarquer, ce qui est incontestable, que ce qui empêche l’action de la vapeur sur les objets à désinfecter, c’est la présence de l’air interposé, autour des objets, ou dans les mailles des tissus. Il faut se débarrasser de cet air, et il y a deux moyens d’y arriver, en utilisant le fait que sa densité est supérieure à celle de la vapeur. Ou bien l’on détermine une surpression dans la chambre de l’étuve, et l’air comprimé, devenu encore plus lourd, s’écoule par son propre poids par l’orifice qu’on lui ménage au fond de cette chambre. Ou bien l’on surchauffe la vapeur, qui devient plus légère ; la différence de la densité s’accentue comme dans le cas précédent, et le même effet est ob-
I. Der neue Desinf'Clions-Apparat iti Düsseldorf ( Centmlblatt fur allgemeine Gesundheitspflege, V. p.426, 1886).— ZurErklürung .der üesinfectionskraft des Wusserdatnpfes IGesundheils-Iuaenieur , 1888, n»» 14-21).
tenu, avec cet avantage que l’nn n’a pas besoin de construire des caisses résistant à l ou 5 atmosphères de pression.
Malheureusement, on fit observer que la vapeur surchauffée devient un gaz sec, soumis à la loi de Mariotte, et ne participant plus des propriétés de la vapeur chaude et humide (saturée). Gruber reconnaît que la vapeur chauffée pénètre plus rapidement dans les objets, mais ne désinfecte pas aussi énergiquement que la vapeur saturée. Esmarch1 institue des expériences de contrôle et arrive à des résultats écrasants pour la méthode. Straus les a résumés. « Dans un courant de vapeur surchauffée à 110", les spores de la bactéridie charbonneuse sont tuées au bout de vingt minutes ; avec de la vapeur à 120°, il faut trente minutes; avec un courant de vapeur à loi)0, dix minutes suffisent. » Quand on mouille les spores dans leur corbeille, elles sont tuées aussi rapidement que par la vapeur saturée à i00°. Si l’on place des spores de charbon au centre d’un fort paquet de couvertures, accompagnées d’un thermomètre à contact électrique, et d’autres spores également accompagnées d’un thermomètre à contact et d’un thermomètre à maxima à l’extérieur du paquet, et que le tout étant mis à l’étuve, on arrête l’arrivée de la vapeur au moment où le signal du thermomètre central annonce que la température de 100° est atteinte en ce point, il se présente ce fait curieux : que le centre du paquet est pénétré d'humidité et que les spores sont tuées, tandis que la périphérie est sèche et que la vitalité des spores y persiste, bien que les thermomètres de l’extérieur du paquet marquent des températures bien supérieures à 109°. Selon l’expérimentateur, l’explication en est que la vapeur ne s’est pas condensée à la périphérie,
1. Die desinfieirende Wirkung des strGmenten überhilzten Dampfes (Zeitschrift fur Hygiene , IV, p. IUT, 1S88). — Nachtrag zu der Abhandlung : Die Desinficirenïe, etc. (Ibid-, p. 398.)
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tandis qu’elle l’a fait dans la profondeur, où, dès lors, existe la chaleur humide de 100°.
Il y à, évidemment, un manque de logique à retarder, en chauffant la vapeur, le moment où elle atteindra le point décisif en désinfection, c’est-à-dire sa condensation. Il viendra tout de même un moment où elle se condensera, quoique surchauffée; il semblerait qu’alors elle dût abandonner, en se refroidissant, plus de calorique. Il en est ainsi, en effet; seulement, on y gagne peu; parce que la chaleur spécifique de la vapeur d’eau, sous pression constante, nest encore que de 0,4103, à peine le double de celle de l’air.
Mais les résultats d’Esmarch n’en sont pas moins un peu surprenants. Ils ont paru tels à H. Teuscher, qui a repris les expériences de son prédécesseur et montré tout d’abord que celui-ci avait commis la faute assez grave, déjà signalée par Wal z et par Gruber, de ne pas disposer son appareil d’études de façon à se débai casser entièrement de 1 air intérieur, qui entrave toujours l’action delà vapeur. En renversant le dispositif d Esmarch, c’est-à-dire en dirigeant en bas le système des tuyaux de vapeur, de telle sorte que l’air s’écoule en vertu de sa plus grande pesanteur spécifique, 1 expérimentateur a pu se convaincre que les effets désinfectants de la vapeur surchauffée sont supérieurs à ceux qui se sont révélés entre les mains d’Esmarch.
Cependant, l’usage de la vapeur surchauffe n’est pas à recommander et Teuscher lui-même la déconseille. En eftet, il est remarquable que, dans ses propres recherches, la vapeur à 100°, en cinq minutes ait régulièrement fait périr les spores du charbon, alors que la vapeur surchauffée n’y arrivait pas toujours à 135 et même 140°. Comme, en d’autres occasions ’le' succès avait été obtenu à 120 et 123», l’auteur estime que les insuccès préciLés sont dus à quelque hasard, difficile à expliquer. Néanmoins, ils existent et ne peu-
vent qu’inspirer de la défiance. Ils prouvent, tout au moins, que l’expulsion de l’air intérieur est plus rigoureusement imposée dans ce système que dans celui de la vapeur saturée. Enfin, quand on opère à 130°, la ouate des expériences sort roussie de l’étuve, et il est vraisemblable que cette température n’est pas inofl'ensive pour les divers tissus.
En revanche, Teuscher n'a pas d’objections à faire contre un échauffement limité, ne dépassant pas 110”. L’étuve Schimmel s’aide souvent d’un degré modéré de surchauffage. Dans tous les cas, le « chauffage préalable » de la chambre à désinfection est utile; il évite la trop grande abondance de l’eau de condensation et permet à la vapeur saturée une pénétration aussi rapide dans les objets que celle de la vapeur surchauffée, laquelle, au témoignage de üruber et de Teuscher, pénètre plus vite que la précédente.
Ac ion de la vapeur sahv ée sans pression. — L’emploi de la vapeur d’eau pour la désinfection est basé sur ce fait que la chaleur latente de vaporisation de la vapeur saturée à 100° est de 537 calories (Régnault).
On sait que R. Koch, Gaffky et Loffler, dès 1881, avaient démontré que des spores de charbon, desséchées sur un fil de soie, sont tuées en 4 minutes par l’exposition au courant de vapeur à 100’, qu’ils obtenaient de leur très simple poêle à vapeur. E. Esmarch en 1887, vérifia de nouveau, sur le « désinfecteur de llenneberg », l’efficacité de ce procédé, en se plaçant au point de vue de la pratique. Ses conclusions sont encore en faveur de la vapeur sans tension. Les fils chargés de spores du charbon ont été stérilisés en 2 minutes; la température atteignit I OU” au centre des vêtements et paquets en un temps variable, selon le volume des paquets, la nature des objets et leur état de tassement, de 1 minute à 3/4 d'heure, et môme près de 2 heures quand il s’agit de grands ballots de toile. A l'exception des cuirs et fourrures, tous les tissus, à
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moins d’une nuance claire et délicate, les broderies d’or et d'argent, sortent de l’étuve sans altération.
À la vérité, l’expérimentateur n’a pas réussi à tuer, par le courant de vapeur, les spores de la terre de jardin. Ce n’est pas, selon lui, une raison pour renoncer à des appareils qui anéantissent sûrement et rapidement tous les microbes pathogènes connus, à peu de frais, sans nécessiter une éducation préalable du personnel, et sans faire courir de dangers à personne. Nous partageons cet avis, qui est aussi celui d’Overbeek, de Meyer et probablement de Richard.
Nous ne sommes pas très ému des échecs du courant de vapeur vis-à-vis du bacille rouge de la pomme de terre et du bacille du foin. Jusqu’à nouvel ordre, la stérilisation des spores de ces microbes n'est pas une désinfection. La résistance des spores du charbon bactérien Kitt) serait plus inquiétante ; mais il y a là une prophylaxie spéciale qui n’intéresse pas directement l’espèce humaine. 11 arrivera, d’ailleurs, il faut l’espérer, un moment où l’on ne désinfectera pas pour le choléra comme pour la fièvre typhoïde ou la tuberculose, et la bactériologie nous dira quelque jour jusqu’où il faut aller pour celle-ci et jusqu’où pour celui-là.
La théorie de la pénétration de la chaleur dans les tissus, au moyen de la vapeur, a été donnée par Sambuc (1885). Les premières molécules de vapeur chaude qui pénètrent dans la zone superficielle d’un paquet tle laine, par exemple, s’y refroidissent et s’y condensent. Le vide qui en résulte appelle de nouvelles ondées de vapeur qui pénètrent dans une deuxième zone de laine et s’y condensent à leur tour. Nouveau vide dans cette. deuxième zone, nouvel appel, pénétration de la vapeur dans la troisième zone ; ainsi de suite. Les zones où la vapeur s’est condensée se sont d’ailleurs suffisamment échauffées pour que les nouvelles portions de la vapeur incessamment fournie servent à vaporiser
par leur chaleur l’humidité condensée, de telle sorte qu’à un moment donné toute la vapeur, dans la laine et dans la chambre à désinfection, a repris l’état gazeux. « Il se passe donc une série de condensations de proche en proche, dont chacune ouvre à la vapeur l’accès d’une couche plus profonde, et cela avec la rapidité qui caractérise les vides successifs opérés conformément au principe de la paroi froide, de Watt. »
Influence de la direction du courant de vapeur. — Que la vapeur soit sans aucune tension ou à une surpression légère (1/20 à 1/10 d’atmosphère), il importe qu'elle soit introduite dans la chambre à désinfection par en haut et qu’elle sorte par en bas avec l’air expulsé. Dans les expériences de Teuscher avec la petite étuve de Schmidt, la sonnerie du thermomètre signal annonçait la température de 100° dans le rouleau de couvertures de l’expertise au houtde 17 minutes, lorsque la vapeur était introduite par en haut, au bout de 22 minutes si on la faisait arriver par la partie inférieure de la chambre. Frosch et Clarenbach 1 montrent que le retard causé par l'inlroduction inférieure, par rapport à la direction de haut en bas, varie de 2 à 1 1 minutes 1/2. La différence est d’autant moindre que la quantité de vapeur lancée dans la chambre est plus considérable. L’observation de la règle de l’introduction par en haut est donc moins importante pour les appareils à vapeur sous pression, qui ont d’ordinaire une chaudière où la vapeur est déjà comprimée et d’où elle s’échappe plus abondante.
La température se distribue régulièrement de haut en bas dans les paquets mis à l’étuve. Si la vapeur arrive de bas en haut, la zone périphérique du paquel peut être, à un moment donné, aussi chaude en bas qu’en haut, parce que la partie. inférieure est au voisinage de l’orifice d’entrée du courant. Mais, dans les
1. Ueber das Verhalten des Wasserdampfes im Desinfectionsapparate ( Zeitschrift fïir Hyg., IX, p. 183, 1890).
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trois quarts supérieurs, la chaleur est au maximum dans la zone superficielle, moindre dans la zone audessous et moindre encore dans le troisième quart. Frosch et Clarenbach et Teuscher, ont trouvé le moyen de faire exprimer ces lois par la vapeur elle-même, à l’aide de bandelettes de toile ou de papier, placées dans L’étuve après avoir été trempées dans un mélange qui se colore sous l’action de la vapeur chaude (par exemple : un mélange de bleu de méthylène et de craie en poudre, gris au début et bleu intense dans la vapeur). La zone qui se colorait la dernière, était toujours au-dessous de la ligne médiane, à l’origine du quart inférieur du morceau de toile tendu verticalement dans la chambre à désinfection, et vers le milieu de la ligne limitant ce dernier quart.
C’est une raison pour que l’on place les thermomètres à maxima non dans le centre des paquets, mais notablement au-dessous et dans la profondeur, quand on vérifie le pouvoir d’une étuve. Mais, c’en est une aussi de diriger le jet de vapeur de haut en bas, pour ne pas contrecarrer les tendances naturelles des agents physiques. Les constructeurs qui, suivant Straus, se sont dispensés de disposer les appareils de désinfection, en sorte que la vapeur arrive de haut en bas, ces constructeurs ont donc eu généralement tort.
Forme des appareils. — On donne habituellement aux chambres à désinfection la forme cylindrique, en vue d’éviter les angles morts, c’est-à-dire les encoignures dans lesquelles on supposait que la vapeur se refroidissait en pure perte ou n’arrivait pas aisément avec le degré de chaleur voulue. Or, les recherches directes de Frosch et Clarenbach ont prouvé qu’il n’y a pas, dans ce sens, d angles morts, et que quelle que soit la direction du courant, que la chambre à désinfection soit cylindrique ou rectangulaire, la température est toujours la meme dans l’intérieur de ce récipient sur tous les points d’un môme plan horizontal.
D’ailleurs, quand elle atteint de à 100 degrés sur le fond de la chambre, elle est au même degré dans toute la capacité.
C’est la même chose avec la vapeur sous pression.
Les dimensions des étuves, c’est-à-dire des chambres à désinfection, varient de 0 m3 2 ou 0 m3 o, dans l’étuve Cornet-Krohne, à 5 mètres cubes dans le grand modèle des appareils Schimmel. Comme intermédiaires, le désinfecteur Henneberg cube I m3, l’étuve locomobile de Gencste llerscher 1 ,u3 80, les appareils d’Overbeek de Meyer de I m3 40à4m,‘; l’étuve de Budenberg 2 m3 11, etc.
Il ressort du travail de Frosch et Clarenbach, que le temps nécessaire à la pénétration complète de la vapeur dans les objets est plus long avec les chambres plus grandes; mais le retard porte essentiellement sur la durée du remplissage du récipient lui-même par la vapeur. Il y a donc avantage, toutes choses égales d’ailleurs, à faire entrer le plus possible d'objets dans la chambre à désinfection.
Les dimensions de la chambre règlent de même la quantité de vapeur nécessaire en un temps donné. Cette quantité n’influence que la durée du remplissage de l’espace par la vapeur. Une fois cet espace rempli, la quantité de vapeur peut être diminuée, pourvu qu’il en soit fourni assez pour remplacer celle qui disparaît par condensation. On restreint, du reste, ce besoin, en modérant la condensation comme il a été dit, parle chauffage des parois.
Influence de la vitesse du courant. — La loi établie que la vapeur ne peut agir que par une succession de condensations, fait suffisamment comprendre que cette vapeur pénètre dans les objets par appel et non par propulsion. Une fois l’espace vide rempli et l’air expulsé, la vitesse du courant n'influence donc guère a durée de la pénétration de la vapeur dans les objets à désinfecter (Frosch et Clarenbach). Cette durée est
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toujours notable. Il ne faut pas confondre le temps nécessaire à la destruction des germes, qui est toujours très court dès que la température mortelle est atteinte, avec le temps qu’il faut pour porter cette température sur tous les points des objets à désinfecter. Le premier n’est pas abrégé par une température plus élevée, une pression plus forte ; le second est modifiable par des conditions multiples. Avec tous les appareils, mais surtout avec les étuves à simple courant de vapeur, qui n’atteignent pas très vite à la température de 100° sur tous les points, la durée d’application de la vapeur aux objets doit être longue (Teuscher) pour assurer une désinfection complète.
Les étuves à courant de vapeur sont très répandues en Allemagne, en raison, naturellement, du patronage des savants de l’Office sanitaire. Il ne semble pas qu’elles aient causé des déceptions. Elles ont l’avantage de ne pas coûter très cher: quelques centaines de francs, et de ne pas présenter de danger d’explosion. Leur côté faible est de rendre un peu longue la séance de désinfection ; laquelle ne peut durer moins d’une heure. Mais, en bien des localités rurales qui ne disposentpas aisément d’un millier de francs, le temps n’est pas si rigoureusement de l’argent qu’en Amérique.
Par compensation, il parait que les étuves à courant de vapeur dépensent plus de combustible que les appareils fonctionnant en pression.
Martin Kirchner 1 a fait construire par Schulze, à Hanovre, un appareil à désinfecter les crachoirs de phtisiques dans un courant de vapeur, qui applique les mômes principes que les étuves dont il vient d’étre parlé.
Influence d un courant de vapeur humide sous pression.
1. Ueber die Nothwendigkeit nnd die besle Art der Spulumdesinfeclion bei Lungcntuberculose ( Zeitschrift /'. Huniene. XII, p. 24 7, 1892;. * ’
— L'association de la pression et du courant de vapeur détermine une pénétration plus rapide el une élévation de la température. Si l’excès de pression est limité à 1/10 d’atmosphère, la construction de l’étuve n en est pas notablement compliquée et son fonctionnement est plus rapide. On s’accorde à peu près à reconnaître que les appareils construits sur ce principe sont les meilleurs de tous.
On doit à Budde d’avoir, le premier, donné une preuve saisissante de l'efficacité du courant de vapeur sous pression, lorsqu’ayant supprimé, dans l'étuve Geneste-Herscher, le jeu de la décompression intermitlente, pour le remplacer par un courant continu de vapeur sous la même pression que la vapeur stagnante habituellemement employée, il obtint de l’appareil une pénétration plus rapide de la chaleur et une durée de désinfection plus courte.
En expérimentant l’étuve de Budenberg, Pfuhl constate, de même, qu’avec une surpression de 0,2 d’atmosphère sur le courant de vapeur, le thermomètre il contact fait toujours entendre la sonnerie quelques minutes plus tôt que dans la vapeur stagnante à la même pression. Teuscher fait remarquer que c’est, néanmoins, dans ces étuves comme dans les autres, l’expulsion de l’air d'une part, l’élévation de la température d’autre part, qui déterminent la pénétration de la chaleur dans les objets.
Les recherches de Frosch et Clarenbach ont fourni, sur les effets de la vapeur sous pression, quelques données intéressantes et utilisables. Le tableau cidessous reproduit les résultats obtenus par un courant de vapeur dont l’orifice de sortie pouvait être rétréci à volonté ; il en résultait un pression indiquée par un manomètre à eau, dans les limites ci-après.
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