‹ La désinfection publiqueChapitre 6 sur 74 · Kaupe (W.), L'ntersuchungen über die Lebensdauer der Cho · texte numérisé non relu

Kaupe (W.), L'ntersuchungen über die Lebensdauer der Cho

lerabacillen im menschlichen Kolh (Zeitschrift für Hvniene IX p. 540, 1890). ’ ’

2. Hueppe (F.), Zur Aetiolcgie der Choléra asiatica (Praq. med. Wochenschrift, 1889, n° 12).

pauvre; ils deviennent très robustes, persistent, vraisemblablement dans les couches superficielles du sol, comme le pressentait Peltenkofer, et s'y multiplient au besoin.

Si la dessiccation était mortelle au bacille virgule en 24 heures, comme l’admit d'abord R. Koch, le choléra ne serait jamais transmis par l’air, les poussières stercorales d'origine cholérique ne seraient guère dangereuses, et je ne sais trop à quoi pourrait s'adresser la désinfection en cas de choléra, puisqu'il suffirait de laisser les linges, effets et locaux s’assécher à l’air, dût-on y aider par un foyer de chaleur artificielle.

Mais voilà que des travaux récents de Kilasato, de Berkholtz, élèves de R. Koch lui-même, et surtout de Guyon1, accomplis sous la direction du professeur Straus, viennent de démontrer que la dessiccation, loin d'être un agent de destruction, comme on le croit, est au contraire « un moyen de conservation » des bacilles du choléra et, probablement, de beaucoup d'autres. Plus elle est rapide et parfaite, mieux elle soustrait les bacilles à l'action de l’air, c’est-à-dire de l’oxygène, qui leur est mortelle quand elle est aidée par un faible degré d’humidité.

Pour ma part, j’avoue que la loi de R. Koch troublait singulièrement mes idées, après avoir été témoin du choléra d’Algérie, dans l'été de 1867, la dernière et la plus sèche des trois années de sécheresse qui préparèrent la famine et le typhus de 1868. Un des points les plus maltraités fut précisément l’oasis de Biskra et pendant une saison qui se distingue par une siccité sénégalienne de l’atmosphère. En y regardant d'un peu près, on reconnaîtrait probablement que, dans nos pays tempérés, oii le choléra, quand il règne

1. Guyon (A. F.), Influence rie la dessiccation sur le bacille du choléra (Archives de médecine expérimentale et d'anatomie pathol., t. IV, p. 92, 1892

(et l’épidémie de 1892 n'a point entamé cette règle), sévit particulièrement dans la saison chaude et à la faveur de l’élévation du degré thermique, le fléau pourrait quelquefois être notablement entravé par la sécheresse, s’il était vrai que 2-4 heures de dessiccation suffisent à en anéantir le microbe.

Il est remarquable que, dans l'Inde, la patrie du choléra, ce soit précisément la saison sèche qui voie renaître les expansions épidémiques de la maladie et enregistre régulièrement les maxima des courbes de mortalité cholérique. Cette loi ressort en pleine lumière des rapports des médecins anglais de l’Inde, relevés par le Dr Knüppel, de Berlin1, qui appartient pourtant à l’Institut d'Hygiène de cette métropole, c’est-à-dire à l’Ecole de Robert Koch, et avait pour but de chercher, dans ces documents, la démonstration de la doctrine du maitre, spécialement de cette formule : « Le bacille du choléra passe de l’homme à l’homme par l’intermédiaire de véhicules humides, notamment de l’eau de boisson... »

Le choléra, dans les provinces centrales de l’Inde, — c’est la même chose à Calcutta, — commence dans les premiers mois de l’année, augmente d’une façon décidée en avril, mai et jusqu’en juin, époque à laquelle il atteint d’ordinaire le faite de la courbe épidémique, pour redescendre à partir de juillet-août. Or, de décembre à mai, le climat des provinces centrales est le plus sec de l’Inde entière. Vers le milieu de juin, le vent du sud-ouest, la mousson, ramène les pluies. L’année 18G9 fut particulièrement sèche, parce que les pluies avaient été rares les années précédentes; le sol était rôti et la végétation suspendue ; ce fut aussi une époque à laquelle le choléra sévit avec une rare sévérité.

1. Knuppel, Die Erfahrungen der englisch-ostindisehen Aerzte betreffs der C/ioleraütiologie, besonders seit dem Jahre 1883 (Zeitschrift für Ihjgiene, X, p. 367, 1891).

Dans l’interprétation de l’Ecole de Berlin, le rôle néfaste de la sécheresse s'explique parla concentration des eaux. Là où elles sont mauvaises en tout temps, elles le sont davantage en temps sec, puisque la pluie ne remplace pas les pertes dues à l’évaporation ; et si elles contiennent le bacille du choléra, celui-ci y est moins dilué; elles sont plus virulentes à égal volume.

L’argument a sa valeur; ce qui n’empêche pas les adhérents de l’étiologie hydrique d’invoquer aussi les averses en faveur de leur théorie, parce que les averses entraînent dans les collections aqueuses, tout en les diluant, les impuretés du sol. Cependant, quand les eaux de surface, à l’exception des grands cours d’eau, tarissent, et que les réservoirs deviennent plus rares et plus étroits, les chances que les déjections cholériques ont d’y arriver se raréfient également. Dans les pays où les habitudes d’hygiène sont suffisamment négligées, ces matières peuvent, sans doute, être souvent répandues sur le sol; mais il faudrait le vouloir expressément pour qu’elles fussent introduites dans l’eau. Remarquons qu’il n’y a pas de temps à perdre, pour des liquides virulents que 24 heures de dessiccation peuvent neutraliser.

Nous n’avons pas de raison pour contester ici les observations sur lesquelles les hygiénistes officiels de Berlin appuient le dogme de la véhiculation aqueuse du choléra. Niais si ces faits sont exactement interprétés, c’est que la dessiccation n'a pas sur les bacilles cholériques l’influence meurtrière qu’on a prétendu; car il serait impossible que l’horrible sécheresse des étés indiens ne diminuât pas considérablement le nombre de ceux qui arrivent dans les eaux. Si, d ailleurs, l'allégation est fondée, que certaines recrudescences du choléra après le début des pluies sont dues à ce que les averses ont entraîné, de la surface du sol dans les eaux, les bacilles des excrétions abandonnées autour des habitations, c’est que ces bacilles ont la

vie bien plus dure qu’on ne disait et que la dessiccation ne les a pas tués.

Finalement, l’expérience du laboratoire a démontré directement cette vérité, lvitasato trouve les cultures de bacilles cholériques, desséchées sur des fils de soie, eqcore vivantes après quatorze jours ; Berkholtz constate que, sur fils de soie, desséchés à, l’exsiccateur, la survie moyenne est de quinze à trente jours, mais qu’elle a été, dans deux cas, de cent soixante-sept et de cent quatre-vingt-six jours, plus de six mois. Voilà des laits bien en rapport avec ce que révèle l’observation naturelle et qui font comprendre, mieux que toute théorie, comment le choléra prend, avec une régularité formidable, son plein épanouissement dans les contrées et les saisons d’extrême sécheresse. Il ne paraît pas douteux que la nature ne fasse aussi bien que le laboratoire.

Cette conservation de bacilles desséchés sur des fils de soie fait songer naturellement à l’imprégnation des linges et vêtements par les déjections cholériques, lorsqu’il s’agit de malades véritables. Les expérimentateurs ont également réussi la conservation de bacilles vivants, par dessiccation sur lamelles de verre, ce dont on peut rapprocher les souillures cholériques des parois des appartements, murs, planchers, ou toute autre surface. Linges, vêtements, surfaces, nous paraissent pouvoir être autant d'intermédiaires entre le malade et les individus sains et autant de moyens de propagation de la maladie. Ce serait probablement aussi l’avis de Gibert (du Havre) ’.

Le choléra pénètre par la bouche, soit que l’agent virulent prenne dès lors la voie des organes respiratoires, soit plutôt qu’il suive celle du tube digestif. Mais, pour l’un ou l’autre cas, il est indifférent qu'il ait été déposé sur les lèvres de l’individu sain sous

1 . Gibert, L’épidémie du choléra au Havre en 1892 {Bull. Acad, méd., n° 39, 27 septembre 1892;.

forme de poussières détachées des étoffes, des parois et meubles, qui sont ensuite inspirées ou dégluties, ou qu’il parvienne à la bouche par les mains du sujet, avec des aliments, des boissons, sur lesquels il s’est abattu primitivement ou secondairement.

La propagation du choléra par des objets souillés, soit directement par les déjections du malade, soit indirectement, pour avoir séjourné dans son atmosphère, a une portée plus considérable que tout autre mode. C’est par celui-ci que le choléra passe de l’Inde à Ceylan, avec les coolies qui vont y travailler aux plantations, qu’il quitte Bombay pour aller faire des épidémies à La Mecque et, parfois, qu’il va, de lit, infecter Alexandrie, Constantinople, Marseille, à l’aide d’un bateau qui n’a plus de malades cholériques à bord, mais qui transporte des marchandises diverses et spécialement des tissus. Dans le remarquable travail déjà cité, Knüppel ne manque pas de reconnaître aux relations humaines ( Verkehr ), directes ou médiates, le rôle important qu’elles ont, en dehors de la véhiculation par un milieu d'usage commun. Il fait ressortir combien les chemins de fer établis dans l’Inde ont hâté le passage du choléra d’un point à un autre et il multiplie les exemples du transport par ce procédé de locomotion. Cette méritoire étude devait aboutir à enlever à l’étiologie hydrique du choléra l’exclusivisme qui la compromettait. « Cette théorie, dit l’auteur, n’est pas tellement exclusive qu’elle attribue à l’eau seule le rôle d’agent de propagation du choléra, comme se plaisent à le prétendre ses adversaires. Le cercle que parcourent les bacilles du choléra, du rectum à la bouche, peut être constitué par quelque autre chose encore que par l’eau... Nous avons, finalement, enregistré les opinions, et les observations à l'appui, de médecins qui ont journellement affaire au choléra, au sujet de l'influence des relations humaines sur la propagation du fléau, et reconnu que

la plupart d’entre eux se rallient à l’idée que le malade lui-même est aussi le porteur du poison cholérique. »

S’il en est ainsi, il est clair qu’il y a des précautions à prendre contre tout ce qui a touché le malade, contre tout ce qui a été à sa portée, puisque le virus se conserve très bien à sec, et probablement plus souvent dans cet état que plongé dans l’eau.

Le bacille virgule du choléra habite l’intestin des malades et fait des cultures pures à la surface de sa muqueuse, sans pénétrer. 11 est évacué au dehors, en quantités prodigieuses, avec les selles des patients. Il paraît se rencontrer aussi dans les matières vomies. Je ne sache pas qu’on l’ait trouvé dans l’urine, et il est probable que l’émonctoire rénal lui sert rarement, si jamais cela arrive, de porte de sortie; d’abord parce que l’émission d’urine est supprimée chez les cholériques; puis, parce que les altérations des reins sont assez tardives et assez peu profondes pour que le filtre ne soit pas sérieusement compromis. Il n’y a guère lieu de songer à la possibilité de sa présence dans les produits de l’expectoration, tandis que les matières vomies et l’urine des cholériques sont comprises dans les causes de souillures que la désinfection doiL poursuivre.

La fréquence, l’abondance, la fluidité des selles sont les caractères vulgaires et typiques du choléra. Même dans les formes légères, le patient est tourmenté incessamment du besoin d’évacuations alvines. Quelque soigneux qu’il puisse être, il est l’occasion d’une certaine dispersion des matières pathogènes; il en reste à son linge de corps, à quelque pièce de ses vêtements. Quand la forme est grave, c’est la literie qui est inévitablement atteinte. Les mains et les vêtements des personnes qui le soignent en reçoivent des éclaboussures. Il en reste sur le plancher ou sur quelque autre surface, par le fait qu’au moment

•le l’échange des draps ou d’autres pièces souillées, on dépose volontiers, pour quelques instants, tout à côté du lit et sans intermédiaire, les linges, couvertures ou matelas retirés au malade. Ces tissus sont tachés et plus ou moins imprégnés des liquides excrémentiels. Celte matière s’est déjà peut-être désséchée sous le corps du malade; elle est toute prête à se fragmenter en poussière, par le fait même des manipulations dont la literie est l’objet.

Nous croyons qu’il y a des poussières cholériques et qu'elles sont redoutables, en présence des révélations qui ont été rappelées plus haut sur la conservation de la virulence du bacille du choléra à l’état de dessiccation. Tout ce qui a pu recevoir ces poussières est suspect et, malgré les épigrammes de Pettenkofer \ nous ne croyons pas qu’il soit si ridicule de se défier des papiers et des lettres provenant d’un foyer de choléra.

C’est en vue de la souillure fécale, sèche ou humide, des locaux, des meubles, de la literie, du linge, des effets, qu’il faut instituer la désinfection en temps de choléra, en l'étendant autant que possible aux personnes mêmes qui ont eu avec les malades des rapports compromettants.

Pour les mêmes raisons, il semble qu’il faudrait comprendre dans la désinfection anti-cholérique les fosses d’aisance, supposées avoir reçu, ti un moment quelconque du décours de la maladie, les selles du patient. Cependant, R. Koch, arguant de son observation si importante que, dans les masses fécales des fosses fixes, le bacille virgule est rapidement victime de la concurrence des saprophytes, conseillait plutôt de s’abstenir. L’agent de désinfection pouvait tuer ces saprophytes, précieux protecteurs de l’homme, et, en

t. Pettenkofer (M. v.), Ueber Désinfection der ostindischen Post als Sc/iutzmitlel geyen Einsc/ileppung der Choiera in Europa ( Archiv für Hygiene, t. II, p. 3 o, 1884).

MALADIES DANS LESQUELLES IL FAUT DÉSINFECTEll 29

rendant stérile le conLenu des fosses, en faire plutôt un milieu de culture pour les bacilles cholérigènes qui y arriveraient ultérieurement. — Je n'ai rien à opposer à une théorie, émanée de si haut. Mais je conseille très formellement la désinfection des fosses où sont parvenues des déjections cholériques, sauf à répéter plusieurs fois l’opération. Quel que soit le milieu qui englobe l’agent cholérigène, il faut y poursuivre celuici d’abord, afin d’être en sûreté contre tout transport imprévu du virus. Si des incidents ultérieurs font craindre que de nouvelles doses de ce virus aient été introduites dans la masse fécale stérilisée, on en sera quitte pour lui appliquer, une seconde, une troisième fois, le traitement convenable

Le bacille du choléra se montre d’une extrême susceptibilité vis-à-vis des causes de destruction, « l'état frais ; mais l’on est peu fixé sur le degré de résistance vitale qu’il possède à l 'état de dessiccation. ÎS’ous avons déjà dit qu’il est beaucoup plus résistant dans le second cas que dans le premier. Mais la façon dont il se comporte vis-à-vis des influences naturelles ne saurait faire préjuger de sa résistance à l’action des agents désinfectants. Il faudra l’éprouver directement, au lieu de raisonner par analogie et d’admettre que tel agent qui, à telle dose et pendant un temps déterminé d’application, vient à bout de microbes très tenaces, en ferait autant du bacille du choléra.

Il n’est guère utile d’ajouter que la gravité de cette

1. J. Uffelmann ( Centr . blalt f. Hakteriologie, t. V, 1889), a de nouveau déclaré que la spirille du choléra meurt rapidement dans les matières fécales, généralement au bout d’un jour ou deux, quatre jours au plus. Cunningham montre qu’elle cède, devant les saprophytes dans le lait. Cependant, selon Kitasato (Zeitschr. f. Ht/g., 1889), il n’existe pas de micro-organisme qui, ensemencé dans les différents milieux de culture en même temps que le bacille du choléra, soit capable de détruire celuici, à bref délai, par son développement et la concurrence vitale. C’est plutôt le microbe du choléra qui entrave les autres.

maladie et sa tendance à fairedesépidémies étendues, meurtrières, justifient amplement son inscription dans la première classe des maladies entraînant la nécessité de désinfecter. De 1870 à 1888 (inclusivement), il est-mort, dans les provinces centrales de l'Inde (7 millions d’habitants), 253.732 individus par le choléra. A Calcutta, les décès de cette cause sont encore aux environs de 1800 (4 à 5 p. 1000 habitants) chaque année ; la proportion est [tins forte dans les faubourgs et à llovrah (90.000 hab.), sur la rive droite de l’Houghly. Dans l’Inde, à la faveur des fêtes religieuses, le choléra se répand des points foyers sur de larges zones de territoire. 11 va se concentrer à La Mecque, à chaque pèlerinage musulman, se renforce par la multiplication des contacts et des atteintes pour, delà, prendre le chemin de l’Egypte, de l’Algérie, du Maroc, ou celui de la Perse, de l’Asie-Mineure, de la Russie, de Constantinople, marchant, de notre temps, avec la rapidité que le progrès des moyens de locomotion a donnée aux relations humaines, et arrivant par bateau à vapeur ou en chemin de fer.

Lorsqu'il vient visiter l’Europe, le fléau n'a plus, heureusement, l’effroyable léthalité qui caractérisait ses premières invasions. Il n’a pas, non plus, celle qui caractérise ses explosions épidémiques dans les groupes musulmans; les habitudes d’hygiène servent à quelque chose. Cependant, rien qu’en France, le choléra de 1884 entraîna encore 7.829 décès, du 15 juin 1884 au 10 janvier 1883, sans compter 890 décès pour l'Algérie. Marseille seule perdit 1.777 habitants, Paris 094, Toulon 971, Oran 329. Du 13 juin 1883 au 30 avril 1880, il y a encore 3.878 décès cholériques pour la France, dont 572 dans le Finistère, et 1454 pour l’Algérie 1. Rien qu'à cette période épidémique, un grand nombre de nos départements aient été complètement

1. Voy. liée, des travaux du Comité consul t. d' Hygiène publique de France, t. XIV et XV, 1885-1886.

indemnes, la multiplicité et l’éloignement les uns des autres des points visités à de courts intervalles, de Toulon et Marseille à Paris et de Paris à Quimper, ne permettent pas de douter que le choléra ait conservé son ancienne puissance de diffusion. Il ne lui manque, çà et là, qu’un terrain favorable. En Espagne, à la même époque, il a causé 120.000 décès.

Il y a donc toujours motif de se défendre contre lui et de protéger, par la désinfection, dès qu’il apparaît, les régions du territoire non encore envahies.

En fait, c’est ainsi que l’on procède. Lors du choléra du Finistère en 1885-1886, M. Proustemmena avec lui « deux hommes, rompus à toutes les mesures de désinfection des locaux prescrites pendant la dernière épidémie de Paris », lesquels apprirent aux agents de police de Douarnenez, de Quimper, etc., à réaliser toutes ces mesures. De son côté, M. Charrin faisait prendre, dansles villes se trouvant encore sous le coup du fléau, des mesures immédiates : « isolement des cholériques, purification des linges par l’eau bouillante et les antiseptiques, réception des déjections ou des vomissements dans des vases contenant du sulfate de cuivre, vases que l’on vidait à la haute mer; désinfection des locaux par le soufre, suivant les instructions du Comité, après décès ou guérison... »

En 1890, au mois de juin, lorsque la réapparition du choléra fut signalée en Espagne, des étuves à désinfection par la vapeur sous pression furent, sur la proposition de M. Proust, installées à Cerbère et Hendaye, sur la frontière des Pyrénées, à la station du chemin de fer qui se doublait d’un poste sanitaire. Tout ce qui, dans les bagages des voyageurs, pouvait être suspect et, dans tous les cas, les linges sales et les vêtements souillés, passaient à l’étuve. Sur les simples routes, on dut se borner à la désinfection par l’eau bouillante, les solutions de sublimé et d’acide phénique. Rien que dans la partie Est des Pyrénées (poste de Cerbère et

annexes), 5,262 désinfections furent opérées. Grâce à cette pratique, alliée à la visite sanitaire et à quelques autres mesures, le choléra d’Espagne ne se propagea pas en France par voie de terre.

Il est probable que la désinfection systématiquement pratiquée dans les lazarets temporaires de Port-Cros et de Bagaud, en 1886, au moment du rapatriement des troupes de l’Extrême-Orient, sur les ell'ets d’habillement rapportés par ces soldats1 2, sur leur linge et le contenu de leur sac, a épargné à notre littoral Méditerranéen les éclaboussures du choléra que l’expédition du Tonkin traîna avec elle.. Depuis lors, M. Proust fait donner la libre pratique aux navires revenant de ces parages, s’il est acquis qu'ils sont complètement outillés pour la désinfection et qu’ils ont, pendant la route, exécuté cette opération lorsqu'elle a été nécessaire.

En 1802, Gibert est convaincu que la désinfection a triomphé de l’épidémie qui se constituait au Havre. C'es encore la désinfection, dirigée par notre infatigable ami A.-J. Martin, qui a valu à Paris de ne connaître qu’une ébauche d’épidémie de choléra.

La variole. — Malgré des recherches méritoires et quelques allégations hasardées*, on ne connaît pas le microbe de la variole. Elle ace trait commun avec la vaccine, que L. Voigt3 4 assure avoir obtenue par culture de la première sur la génisse, opération qui aurait encore été réussie récemment îi Carlsruhe \ bien que

1. Akxequin, Le Sanatorium de Port-Cros, en 1880. ( Archives de médecine et de pharmacie militaires, t. VIII, p. 283, 1886).

2. Sicard, Recherches bactériologiques sur la variole (Rev. d' Hygiène, XI, p. 729, 1889).

3. Voigt (Leonhardl), Vaccine und varinla (D. Vicrteljahrsschift f. œ/f. Gesundheitspflege, XIV, p. 383, 1882).

4. Die Thiitigkeit der im Deulschen Reiche errichteten Amtallen zur Gewinnung von Thiertymphe wiihrend desJahres 1890 (Arbeiten aus d. Kais, Gesundheitsamte, t. VII, 2-3).

Chauveau arrive régulièrement à un résultat opposé Peut-être est-ce pour cette raison que l’on conclut d’ordinaire, au moins tacitement, de l’action des désinfectants sur la lymphe vaccinale à celle qu’ils doivent avoir sur le virus varioleux. C’est, sans doute, ce qui était dans la pensée de Baxter et de Sternberg (cilés par Vallin!, lorsqu’ils expérimentaient l’action du chlore ou de l’acide sulfureux sur du vaccin, virus bienfaisant, que l’on ne cherche assurément pas à détruire comme tel. Or, le vaccin se comporte, vis-à-vis des désinfectants, comme un virus microbien de moyenne résistance vitale.

La matière virulente de la variole est dans le pus des pustules varioliques. On ne sait pas exactement si elle n’est pas ailleurs encore, dans quelque humeur par exemple. Peut-être existe-t-elle dans le sang.

Les pustules varioliques, dans toutes les formes de la maladie, voire les plus bénignes, sonL à la peau. Elles s’étendent fréquemment aux muqueuses qui prolongent le plus immédiatement le tégument externe, la muqueuse génitale, l’anus, la conjonctive, la bouche, le pharynx. Les auteurs mentionnent également des éruptions sur le larynx, la trachée, les grosses bronches, et nous savons personnellement, par la pratique des autopsies, que celte formule n’est pas une pure vue de l’esprit.

C’est donc surtout par la peau que le varioleux est dangereux. On pourrait presque dire : exclusivement par la peau, puisqu’il n’y a généralement rien du produit des pustules dans les matières fécales, l’urine, ni aucune autre excrétion. Lorsqu’il y a des pustules sur la muqueuse aérienne, il ne serait pas impossible que les produits d’expectoration renfermassent l’agent virulent; mais les varioleux ne crachent pas, et l’on sait d’autre part que l’humidité des surfaces ne permet pas

I. Chauveau (A.). Transformation des virus. Vaccine et variole Acad, méd., 27 octob. 1891).

à l’expiration de rejeter au dehors les molécules virulentes qui peuvent se trouver, à un moment donné, sur la muqueuse respiratoire.

Du reste, le varioleux n’est pas très dangereux luimême, pour l’entourage, à moins de contacts directs, tant que le contenu de ses pustules esta l’état liquide.

C'est lorsque les pustules se sont desséchées et que le corps du malade est recouvert de larges croûtes, toutes disposées à la pulvérulence, repoussées par la cicatrisation de la peau au-dessous d’elles, que le danger devient extrême et que la semaille variolique est prête à se réaliser. Il est à noter que cette situation est d’une fâcheuse durée.

Il va sans dire que les menaces sont les mêmes de la part des linges, des vêlements du varioleux, lesquels, au moment où un certain nombre de pustules distendues ont éclaté, parfois grâce au frottement du linge lui-même, se sont empesés de ce produit. Ce pus virulent se dessèche encore une fois sur les tissus et dans leurs mailles et devient pour longtemps, si l’on n'y met bon ordre, une source de poussières infectieuses qui s'échapperont à la moindre secousse.

Ainsi s’explique la propagation de la variole par les voitures de transport de malades, par les chiffons, par les lettres mêmes (Karkeck), et par des personnes tierces qui ont séjourné dans la chambre d’un varioleux ou ont eu des contacts avec lui.

La conservation de la virulence du pus variolique en état de dessiccation n’est plus à démontrer. Les peuples qui pratiquaient l’inoculation préventive, les Chinois et les Kabyles, conservaient dans des boites les croûtes varioliques pulvérisées en vue de cette opération. En Kabylie, quelques-uns s’inoculaient en prenant cette poudre par le nez, comme une prise de tabac. Selon Kirkpatrick et Sunderland (cités par Karlh et Vilcoq), cette poussière peut encore donner la variole deux ans après sa récolte.

Une substance virulente qui prend naturellement la forme poussiéreuse peut, a priori, être disséminée par l’air. Des faits énormes prouvent qu’en ell'et les croûtes varioliques sont emportées à quelque distance par les courants d’air el quela variole est souvent propagée de cette façon. L'on peut dire qu'elle est le type des maladies dont le germe adopte, pour s’ensemencer, la véhiculation atmosphérique.

Les exemples à l’appui sont mémorables. En 1880, Bertillon 1 signalait les varioleux de l’Hôtel-Dieu Annexa comme l’origine d’une formidable épidémie sur le voisinage et faisait remarquer que des malades identiques, à l’hôpital Laennec, n'influençaient pas la santé du quartier environnant, grâce à l’interposition du jardin de l’hôpital entre les fenêtres des salles de varioleux et les habitations et grâce à l'habitude des infirmiers de mettre au feu les poussières des balayures. Brouardel, dans la discussion qui suivit la communication de ces faits à la Société /te médecine publique , apporta comme preuve de la propagation de la variole par l’air et par les poussières cette remarque importante, qu’en temps de variole, les décès par cette maladie sont en sens inverse de la courbe des pluies, avec cette particularité normale que c’est trois semaines après une semaine pluvieuse qu’arrive l’abaissement de la mortalité. En d’autres termes, la pluie est unè protection contre la variole en ce qu'elle abat les poussières varioligènes flottant dans l’air. Vidai, dans la même occasion, cita le fait de la contamination variolique, en 1865, des soldats d’infanterie logés en face de la salle des varioleux de l’hôpital Saint-André de Bordeaux et quoique séparés par une cour de 10 à 12 mètres de largeur.

Il y a du vrai dans la remarque de L. Colin que la propagation de la variole, au voisinage des hôpitaux

1. Bertili.on. Sur un mode de propagation de la variole et de la diphtérie (Itevue d’Hygiène , t. II, p. 385, 1880).

spéciaux, s’accomplit par étapes, et que la population des abords immédiats sert aussi à transmettre directement la maladie à des groupes plus distants. Mais les arguments négatifs, discutables en eux-mémes, qu'il oppose à la véhiculation atmosphérique, dans son Traité des maladies épidémiques , ue sauraient prévaloir contrôles observations positives. Que l’on lixe à 15 ou 20 mètres, comme !.. Colin et Brouardel, à 30 mètres comme Collie, à 00, à 100 mètres, la distance nécessaire entre un hôpital de varioleux et les maisons voisines, cela n’a pas une importance considérable. L’essentiel est le fait principe, qui n’est plus discuté. Il est clair que, malgré l’abondance de pus virulent que peut fournir un varioleux, un coup de vent, qui a traversé la chambre du malade en soulevant une certaine quantité de germes varioliques, ne saurait les maintenir longtemps groupés et relativement nombreux ; s’il y avait, à l'origine, mille germes par litre, ces mille germes vont être dilués dans un mètre cube à quelques pas de distance; et quand l’air aura parcouru 10 mètres, ils seront déjà éparpillés dans un volume gazeux tel qu’un homme pourrait traverser celle masse d’air sans en heurter aucun.

D’ailleurs, si les hôpitaux de varioleux sont encore dangereux dans l’intérieur des villes par le fait de la fréquentation dont ils sont l’objet de la part d’individus sains, c’est en raison de l’imprégnation virulente de l’atmosphère intérieure et du dépôt de poussières contaminantes sur toules les surfaces, sur les vêtements des infirmiers, plus que par les contacts directs avec les malades. Tout porte à ne pas abuser de ces contacts, et il est par trop évident pour tout le monde que « cela se gagne ». Tandis que l’on ne se méfie pas de l’air.

Quel que soit le mécanisme du transport des poussières virulentes, le Dr Tripe (de Londres1 constatait, on 1881. qu'au voisinage immédiat de l’hôpital spécial

les décès par variole sont de 4,10 p. 1000 habitants, de 2,73 p. 1000 dans un rayon de 400 mètres, alors qu’ils ne sont que de 0,26 p. 1000 dans toute la population.

Ce sont ces conséquences qui ont soulevé les habitants de certains quartiers de Londres contre les Smallpox-Hospitals créés dans cette métropole par le Local Government Board ', Homerton, Hampstead, Stockwall, Fulhain Small-pox hospitals ; insurrection qui s’est terminée, après de longs et coûteux procès, par l’abandon de ces hôpitaux spéciaux intra-urbains et l’appropriation de bateaux-hôpitaux à l’embouchure de la Tamise (Atlas, Endymion , Castalia), où les varioleux de la capitale sont transportés dans des voitures réservées à cet usage. Ce sont elles encore qui ont déterminé la ville de Paris, à la suite de la proposition de M. Vaillant au Conseil municipal (1er août 1884) et du rapport de M. Chautemps (1887), à adopter le principe de l’établissement de deux hôpitaux de varioleux dans la banlieue A New-York, le. Small-pox hospital a élé placé dans une île (G. Lagneau).

A la vérité, les habitants des communes voisines de l’hôpital des varioleux, situé près d’Aubervilliers et ouvert le 23 mai 1887, ont déjà protesté contre ce voisinage. On leur a donné de bonnes raisons pour prouver qu’ils avaient tort. Cependant, il y a des exemples.

En 1887-1888, une épidémie variolique frappa la ville de Shefiield et causa 0.088 cas, dont 680 mortels. Le Dr Barry, qui en a été l’historien, remarqua (selon une analyse que j'emprunte à E. Vallin) « que, dans un cercle de 4.000 pieds dont l’hôpital serait le centre, on put constater en quelques jours 12 fois plus de varioleux que dans le district tout entier ». Toutefois, cette transmission au voisinage de l’hôpital parut due

1. Voy. Vallin, Les hôpitaux de varioleux à Londres ( Revue d’Hi/giè/ie, III, p. 273, 1881).

2. Vallin, Les hôpitaux de contagieux à Paris (Rev. d'Hi/n IX, p. 333, 1887).

« beaucoup moins au transport direct des poussières et des germes varioleux par le vent qu’aux va-et-vient incessant des fournisseurs de l'hôpital et des amis et qui étaient d’ordinaire des habitants du quartier. En outre, quand on n'avait pas d’autre voiture sous lamain, on se servait d’un simple tiacre pour transporter à l’hôpital des malades en pleine éruption ; aucune désinfection n’était faite et le cab reprenait sa place à la station des voitures 1 ». Et puis, il y a toujours un cabaret auprès de l’hôpital (Brouardel).

Le contage de la variole est donc très énergique et très tenace. On peut ajouter qu’il est extrêmement abondant, ne s’agit-il que d’un seul malade.

La variole est une maladie grave, il n’est guère besoin de le rappeler. Même aujourd’hui que la vaccination est très répandue, obligatoire ou non, on en meurt encore ou l’on en est défiguré.

Proust constate qu’à Rio-de-Janeiro, en 1887, la variole a causé 3.357 décès, soit950p. 100.000 habitants. A Milan, en 1880, il y a eu 1150 varioleux avec 20:2 décès ; en 1887,2.122 malades et 442 décès. Pesth, en 1880, perd 368,7 habitants p. 100.000 par la variole; Rome 134, 3 ; Gènes 153,8 2

En France, au calcul de G. Lagneau, sur les 8.575.570 habitants des 195 principales villes, il esl mort 8.788 personnes par variole, dans les trois années 1886-1888. En 1880, p. 100.000 habitants, Paris a 9 décès varioliques ; Reims 121,3 ; Marseille 545,3.

C’est beaucoup. Mais, sur les points du territoire où la vaccination est peu en honneur, la variole est encore un fléau meurtrier. Dans le départementdu Morbihan, où le rapport des vaccinations aux naissances est de

1. Barry, Report on the épidémie of Smalt-pox at S/ief/ield during 1887-1888 ( Reports to the Local governnu ni Board, 1889).

2. Proust (A.), Rapport sur ta vaccine (Comité consul! !. d'hyq . publ. de France , XIX, 1890, p. 17">1. — Voy. aussi : Sur la vuecination obligatoire (Acad, méd., 20 janvier 1891).

20 0/0, les deux années 1888 et 1889, au rapport du Dr Fouquet, ont compté ensemble 0.340 cas de variole et 2.103 décès de cette origine (Brouardel).

En 1883, à Montréal (107.000 hab.), il mourut 3.209 personnes de variole (Proust).

11 semblerait que la vaccination et la revaccination dussent être la seule et définitive prophylaxie de la variole, rendant inutiles désormais l 'isolement des varioleux et la désinfection à la suite des cas de cette maladie. Malheureusement, les inoculations et réinoculations préventives, obligatoires dans certains pays d'Europe, ne le sont pas dans les voisins, et les relations internationales entretiennent la variole, même dans les Etats qui ont le mieux organisé la prophylaxie.

L’Empire allemand, où la vaccination est obligatoire, voitencore lesprovinces limitrophes de l’Autriche etde la Suisse recevoir le contage de leurs vo sins, mal défendus. De même, l’armée française se protège contre la variole par une pratique énergique et rigoureuse de la vaccination et de la revaccination; mais, autour d’elle, la population civile est libre et, pour une portion, en profite pour n’être ni vaccinée ni revaccinée. Il en résulte que des épidémies naissent encore et régnent autour de la caserne ou dans les familles que les soldats fréquenteront à l’occasion d’une permission. Il est inévitable qu’il y ait quelques lacunes ou quelques fissuresdans le blindage vaccinal des soldats. Quelques-uns, en très petit nombre, échappent à la revaccination; chez d’autres, l'opération n’a pasréussi pour quelque négligence d’exécution ; ailleurs, la réceptivité était en retard. On comprend, dès lors, que les relations entre les soldats et la population soient encore dangereuses aux premiers, en temps de variole chez la seconde. I ne épidémie variolique d intensité modérée a régné à Lille, en 1891-1892. Les militaires qui ont participé aux atteintes du lléau,

fort rares d’ailleurs, oui été des gendarmes, peu revaccinés mais très en rapport avec les groupes populaires dédaigneux de l'hygiène, des ordonnances, des recrues retardaires, arrivées au corps après les opéralions générales de revaccination et n'ayant pas encore eu le temps de bénéficier des opérations de seconde main, qui reprennent en sous-ordre les réfractaires des premières.

D’ailleurs, même en admettant que toutes les nations d’Europe et d’Amérique aient adopté la vaccination et la revaccination obligatoires; en supposant même (pie ces opérations soient accomplies avec une exactitude et un soin irréprochables, il ne me parait pas certain que la variole serait supprimée du coup. En e lie t , d’une part, la réceptivité d’un certain nombre d'individus reparaîtra toujours à un moment où l’on ne saurait s’en défier ; d’autre part, la variole peut manquer entièrement pendant une série d’années et renaître un jour, on ne sait de quoi. Il est ordinaire, dans les observations modernes, que les cas naissent les uns des autres, et nous avons pris l’habitude de croire qu’un varioleux suppose toujours un premier malade. Mais en a-t-il été et en est-il toujours ainsi? qui sait si le virus variolique n’est pas originairement extérieur à. l’homme?

J’en conclus qu’il faut, non seulement soustraire le terrain au fléau, c’est-à-dire vacciner et revacciner, mais encore poursuivre directement et détruire l’agent virulent partout où on le soupçonne, c’est-à-dire pratiquer la désinfection anti-variolique.

On désinfecte, en elTel, partout, dans ces circonstances, à Paris, à Londres, Berlin, Bruxelles, Le Havre, Lille, etc., ainsi qu’il résulte des renseignements fournis par Proust et par Brouardel, dans la discussion sur la vaccination obligatoire , à l’Académie de médecine, eu 1891. Il paraît qu’à Newcastle-on-Tyne, on désinfecte encore « dans un appareil à air chaud ».

MALADIES DANS LESQUELLES IL FAUT DÉSINFECTER -'il

(Dr A. Vintras). Mais, sur le continent, on applique à la variole les procédés les plus énergiques, la vapeur chaude et les agents chimiques éprouvés. L’Assistance publique à Paris a fait un Riglement sur le service intérieur île l'hôpital temporaire des varioleux , qui est partout une organisation de la désinfection 1 . Vinay (de Lyon) a spécialement étudié le même objet 2. La variole est inscrite, à côté du choléra, dans le Règlement de Berlin, parmi les maladies qui nécessitent toujours la désinfection.

D’après ce qui a été dit dans cet article, il est clair que ce sont les locaux, la literie, les linges, les effets, les objets ayant servi au malade ou qui se sont trouvés dans sa chambre pendanL la maladie, qu’il faudra désinfecter. Les voitures de transport à l’hôpital sont comprises dans ces objets. Il sera inutile de s’occuper des excrétions.

La diphtérie. — La diphtérie relève d’un bacille étudié d’abord par Klebs, puis par Lœffler 3 4 5, qui, chose remarquable, n’y croyait qu’à demi. Ce sont des savants français, Roux et Yersin élèves de Pasteur, qui ont établi définitivement la réalité du rôle du bacille de Klebs-Lœffler, dans les manifestations de la diphtérie vraie. Il existe, en effet, des diphtéries fausses, qui peuvent être graves, dans lesquelles on ne découvre autre chose qu’un streptocoque, voisin de celui de l’érysipèle, comme cela est arrivé à Prudden ",

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