Voy. Itevue <V Hygiène, IX, p
2. Vinay, Prophylaxie et désinfection dans La variole ( Lyon médical, 3 juin 1888, p. 18l).
3. Lôffler (F.), Untersuchungen üher die Bedeutung der Alikroorganismen für die Enlstehung der Diphlhe'ia beim Menschen. (MitUhdlungen aus dem K. Gesundheitsamte , II, p. 421, 1884.)
4. Roux (K.) et Yersin (A.), Contribution à l'élude de la diphtérie. ( Annules de L'Institut Pasteur, II, 1888, p. 6^9.)
5. Prudden (T. Mitchell), Sur l'étiologie de la diphtérie. ( American Journal of tlie medical sciences, New-York, 1889.)
et dos angines pseudo-diphtéritiquqs de la scarlatine, desquelles Wnrtz et Bourges', ont isolé un streptocoque constant et deux staphylocoques, parmi lesquels stii/ihi/lococcus pyogcnes aureus , plus ou moins fréquents.
Toutes ces diphtéries étant capables de causer des morts et, d’ailleurs, de se propager par contagion, il n’est peut-être pas nécessaire que la désinfection cherche à les distinguer. On ne risque rien de désinfecter après l’angine scarlatineuse, puisque, en dehors du streptocoque, il y a lieu de poursuivre l'agent infectieux de la scarlatine. Quant au streptocoque luimême, il en existe une variété douée d'un pouvoir très virulent, que Grancher a particulièrement mis en lumière s, et qui, d’après cet auteur aurait la propriété de rendre m/ec<ie«s<?, parce qu'il pénètre dans le sang, la diphtérie du bacille de Klebs-Lœffler, qui n'est par elle-même que toxique. Ces deux micro-organismes semblent, d’ailleurs, se favoriser mutuellement. Ce qui me porte à penser qu’en annulant le streptocoque seul ou associé déjà au bacille diphtérique, on supprime d’abord une collaboration redoutable, réalisée ou toute prête à l'être.
Pourtant, si le diagnostic de nature est nécessaire, les travaux de Roux et Yersin ont indiqué le moyen, assez praticable, de reconnaître le bacille diphtéritique, c’est l’ensemencement sur sérum 3.
A vrai dire, le dernier mémoire de ces deux savants a révélé des faits aussi inquiétants pour l'épidémiologie qu’ils sont curieux et instructifs en histoire naturelle microbiologique ; à savoir, l’existence très coin-
1. Wuiu'z (II.) et Bourges (II.), Itecherches bactériologiques sur l'angine pseudo dioluéri/ique de la scarlatine. ( Archives de médecine expérimentale, t. Il, p. 341, 1890.)
2. Barbier (II.), L)e quelques associations microbiennes dans la diphtérie. (Archives de méd. expérim., t. III, 1891, p. 361.)
3. Itoux ( F.) et Yersin (A.), Contribution à l'étuOe de la diphtérie, 3e mémoire (Annal, de l’Institut Pasteur, 1890, p. 38S).
mune dans la bouche des enfanls, même en dehors de tonte épidémie diphtéritique, d’un bacille qu’ils appellent encore « pseudo-diphtéri tique, » parce qu’il est inoffensif, mais qui ressemble exactement, saut cela, au premier; puis, la possibilité de faire passer le bacille diphtérique vrai le plus virulent par tous les degrés d'atténuation jusqu’à celui auquel il n'est pas plus offensif que le pseudo-diphlérilique. Dans les fausses membranes diphtéritiques, à côté du bacille très actif, on trouve un bacille presque identique au premier, mais qui n’a à peu près aucune action nocive sur les animaux. Peut-être n’est-ce qu’une forme atténuée du diphtérique virulent, — ou n’estce que le pseudo-diphtéri tique, dont un certain nombre d’individus n’ont pu s’élever à la virulence. — Les auteurs n’ont pu faire reprendre au diphtéritique atténué le chemin inverse, c’est-à-dire le ramener à la virulence, ce qui est assurément plus difficile que l’atténuation ; ils ont également échoué dans la tentative de faire acquérir au pse.udo-diphtéritique des propriétés virulentes. Mais ils ne mettent point en doute que la nature ne dispose souvent des conditions favorables qui manquent au laboratoire. L’angine rubéolique est une de ces conditions et l’on peut rencontrer, dans les différentes sortes d’angines tous les intermédiaires entre ce bacille inoffensif et le bacille le plus virulent.
La conclusion semblerait devoir être que la désinfection doit s'exécuter bien plus largement encore qu on ne le fait jusqu ici, et que la plupart des angines réclameraient ce traitement consécutif. Je ne verrais, pour ma part, aucun inconvénient sérieux à ce qu’il en fût ainsi. Cependant, j’admets volontiers que l’on se borne a désinfecter dans les cas où le mal de gorge a révélé des caractères de malignité et toutes les fois qu’il règne une épidémie de diphtérie, pendant laquelle tous les maux de gorge deviennent suspects.
44 DÉSINFECTION l'UBLIQUK
La bacille diphtérique, qui est essentiellement à la surface de la fausse membrane, disparait d’ordinaire en même temps que celle-ci. Cependant, il n’est pas rare de la retrouver encore dans la salive, 3, 11 et même 14 jours après. On ne lui signale, cependant, qu’une « illusion de spores » (Roux-Yersin).
Ce qu'il a de remarquable, c’est la persistance de sa vitalité pendant longtemps sur tous les objets qui le portent et même à l’état sec. Des fausses membranes ont encore pu ensemencer le sérum après cinq mois de dessiccation. Ainsi que pour d’autres bacilles, les alternances de siccité et d’humectation lui sont beaucoup plus funestes que la dessiccation parfaite et continue. A l’état humide, l’action de l’oxygène de l’air le tue en quelques jours.
La dessiccation n’est pas plus meurtrière au streptocoque de Prudden qu’au bacille de Klebs-Lœfïler.
L’observation naturelle confirme absolument les données du laboratoire sur la longue vitalité du bacille diphtérique. La diphtérie est une des maladies qui se propagent le plus visiblement à la faveur des relations humaines. Il s'agit le plus souvent de contacts immédiats ou médiats ; les elfets, le linge, la literie, les ustensiles, sont les intermédiaires les plus habituels entre le malade et les individus sains. Les médecins, les infirmiers ou infirmières, les personnes qui soignent le patient peuvent également transporter le germe sans être malades eux-mêmes.
Il est probablement rare que la diphtérie se propage par l'air. Cependant, rien ne s'oppose assurément à ce que ce mécanisme de diffusion épidémique n'entre quelquefois en jeu. Du moment que le bacille diphtérigène reste vivant dans la fausse membrane desséchée, il suffit que celle-ci se fragmente, se désagrège et donne des poussières, pour que la véhiculation aérienne puisse se réaliser. On remarquera sans peine que les produits diphtériliques frais et humi-
des, — ceux qui ne sonl pas transportés par l'air, — ont besoin d’être portés dans la bouche cle l'individu sain directement, par ses propres mains ou par des ustensiles qui se mettent naturellement en contact avec les lèvres, des verres, des cuillers ou des fourchettes, ayant servi à un diphtéritique, et non stérilisés ensuite. Ce mécanisme est, à coup sûr, très réalisable et a souvent son effet. Mais, en somme, il semble avoir des limites forcées. Si bien qu’on est ramené à penser que les personnes sur les vêtements desquelles se sont desséchés des produits diphtéritiques, les objets quelconques qui en ont été atteints, s’enveloppent d’une atmosphère, assurément de peu de profondeur, dans laquelle les mouvements, les chocs divers, la trépidation que les allées et venues impriment aux planchers et aux meubles, mettent des molécules contagionnantes. Les individus qui pénètrent dans cette atmosphère sont en danger et il est probable que c’est ainsi, le plus souvent, à courte distance, que l’air transmet le. microbe de la diphtérie.
La longue persistance de la virulence diphtéritique, dans les locaux qui ont une fois abrité des malades, a été de nouveau reconnue au Congrès d’hygiène de Paris, en 1889, par Thoinot, G. Pouchet, Le Roy des Barres 1 . Ce dernier, médecin de la Maison de la Légiond’honneur, à Saint-Denis, a rappelé que, le 7 juillet 1881, une épidémie de diphtérie ayant éclaté dans l’établissement, les élèves furent rendues à leurs familles dès le 11 juillet. Les mesures de désinfection (lavage des murs, des parquets, flambage des parois, passage à l’étuve des matelas, etc.), furent aussitôt exécutées. Cependant, au mois de novembre 1881, c’est-à-dire quatre mois après le dernier cas de diphtérie observé dans la maison, une nouvelle épidémie se développait et, pour la seconde fois, la
1. Voy. Congrès internat, et Hygiène. Compte rendu. Paris, 1890. p. 559.
Maison de la Légion-d’honneur devait être évacuée.
Faisons remarquer que cette reprise île l’épidémie ne prouve pas l’inefficacité de la désinfection, mais seulement l'impuissance des procédés en usage à celte époque, lesquels étaient bien inférieurs à ceux dont nous disposons aujourd’hui.
Sevestre 1 a cité un cas de contamination diphtérique par des vêtements au bout de deux années.
Je relèverai encore, à cause de la haute compétence de leurs auteurs en microbiologie, les deux faits communiqués par Nocard à Grancher. Voici le premier : Un enfant meurt de diphtérie dans une ferme; son berceau est, après son décès, relégué dans un grenier. Un deuxième enfant revient de nourrice au bout de plusieurs mois, on le met dans le même berceau, et il meurt de diphtérie. Dans le deuxième fait, un enfant meurt de diphtérie; par un sentiment de piété maternelle bien compréhensible, sa chambre est laissée telle qu’elle était au moment de sa mort. Dix-huit mois ou deux ans après, un jeune frère demande à l’occuper; on l’y autorise; il y prend à son tour la diphtérie et il en meurt. L’enquête rigoureuse qui a éfé faite dans les deux cas ne permit pas de trouver d’autres causes que la longue persistance des germes.
Enfin, dans la même occasion, le Dr Hauser (de Madrid) cita : 1° des maisons où les parents, à l’apparition du premier cas, ont fait sortir tous les enfants et, après la mort, abandonnèrent eux-mêmes l’appartement. La maison fut fumiguée, ventilée, et resta abandonnée pendant 15 ou 20 jours. Mais lorsque parents et enfants survivants furent rentrés, il ne s’écoula pas huit jours qu’un nouveau cas se fût déclaré, avec le même caractère toxique que la première fois; 2° des maisons, au nombre de neuf,