‹ La désinfection publiqueChapitre 8 sur 74 · I. Progrès médirai · texte numérisé non relu

I. Progrès médirai

dans lesquelles il y a eu trois ou quatre cas suivis de mort dans l’espace de 1, 2, 3 ans, avec un intervalle de 3, 6, 9 mois et jusqu’à un an, et à des étages différents, habités par des familles distinctes.

Le D' Bard (de Lyon), à qui l’on doit un remarquable travail 1 sur l’épidémie d’Oullins, frappé, dans cette circonstance, comme c'est naturel, de la fréquence des cas de contagion directe et précoce, c’està-dire par les produits frais de la diphtérie, est tenté de réduire l’importance de la propagation, qu’il ne nie point toutefois, par contagion médiate, retardée et à distance. Cela prouve que la contagion directe est. en effet, le mécanisme le plus actif et le plus redoutable pendant le règne d'une épidémie ; c’est le lien qui réunit la plupart des cas de cette épidémie les uns aux autres. Aussi l’auteur peut-il en conclure avec quelque légitimité que, dans ces circonstances, il faut se défendre d’abord contre le malade et poursuivre incessamment l’agent diphtérigène dans les produits frais, sur les objets, linges, vêtements souillés. Mais il n’en reste pas moins que la contagion médiate, retardée, est souvent le lien qui réunit une épidémie à une autre, voire à de grands intervalles de temps et île lieu. Cela justifie amplement la désinfection des locaux, à la guérison ou après la mort du malade, et le passage à l’étuve de sa literie, de son linge, de ses effets, ce à quoi Bard donne spécialement le Litre de désinfection , faisant à tort une distinction entre les opérations finales et la lutte de chaque instant contre les produits contagifères, laquelle est aussi, au premier chef, la désinfection. Seulement, celle-ci ne peut êLre que privée; l’autre se prèLe mieux à recevoir le caractère d’institution publique.

I. Bard (L.), De la propagation et de la prophylaxie des épidémies de diphtérie. Relation de l’épidémie d’Oullins (f.von médical, 1889).

Il importe de noter la présence, relevée par Barbier, du bacille diphtérique dans le jetage, alors que l’examen du nez ne montre que de la rougeur. « Elle prouve que le danger de la contagion ne réside pas seulement dans la fausse membrane, mais que les compresses, les mouchoirs, tous les linges qui peuvent être souillés par le jetage sont des objets de transmission aussi redoutables*. »

La diphtérie est une maladie très grave, actuellement très répandue dans les villeset à la campagne, en tous pays, et qui semble gagner encore du terrain de jour en jour, soit qu’elle apparaisse dans des localités où elle était inconnue jusqu’alors, soit qu’elle frappe des coups plus nombreux sur des points où elle existait depuis longtemps.

La Prusse, d'après Kalischer, a perdu, dansles 12 années de 1875 à 1887, 539.901 individus de diphtérie, soit environ 45.000 par an et, en moyenne 165, pour

100.000 habitants. La proportion est très au-dessus de la moyenne en Poméranie, dans la Prusse orientale et la Prusse occidentale. La mortalité est plus forte dans les six dernières années de la période et dépasse de

50.000 décès le chiffre mortuaire des six premières. En 1880, il y a 30.229 décès; en 1880, 55.033. La mortalité a été plus considérable à la campagne que dans les villes3. A Berlin même, dans les trois années 1880 à 1888, il y a 15.817 cas et 3.857 décès (Pistor).

En France, Bergeron3 constate que, pour les trois années 1880 à 1888, les 195 villes qui adressent au ministère de l’intérieur leur statistique mortuaire ont compté 10.247 décès diphtéritiques, 1.130 déplus

Page 1