‹ La destruction du protestantisme en BohèmeChapitre 5 sur 28 · I. PROFESSION DB FOI · texte numérisé non relu

I. PROFESSION DB FOI

1 . Après avoir été ramenés par raffection et la sollicitude de nos chers et bons seigneurs et grâce aux labeurs incessants et au zèle sincère et pieux des R.R. P.P. 2, loin de la voie des erreurs et de l'hérésie, dans le droit chemin qui conduit à la vie éternelle, nous déclarons que c'est spontanément et sans aucune violence que nous avons accepté la sainte religion catholique romaine et nous déclarons à haute et intelligible voix, en présence du monde entier, que nous croyons et professons que le Pape est le chef de la chrétienté et qu'il est infaillible.

2. Nous croyons et nous professons quel'Évêque suprême de Rome est le vicaire de Dieu et qu'il a le pouvoir de pardonner ou de confirmer leurs péchés à tous les hommes ; qu'il peut les expulser de l'Église chrétienne, les excommunier et même les précipter dans les abîmes de l'Enfer, quand et de la façon qu'il veut.

3. Si le Pape énonce, établit et promulgue un dogme nouveau, qu'il soit renfermé dans l'Écriture ou non, nous croyons et nous professons que ce dogme est sacré, divin, seul capable de nous sauver et qu'il doit être accueilli avec le plus grand respect par tout homme comme un commandement du Dieu vivant 3.

^ Bine der neuen Ecsmischen Catholischen Beichte und Artickel welche sie im Kœnigreich Bœhmen undMarggrafthumh Mahren thun und halten mûssen. Leijfz., zu finden bey Johann Witigawn, im kleinen FUrsten-Collegio, 1653, 8 pages in-4°.

2 Dans le texte latin (Mobnike, p. 25), les «Patres Societatis Jesu» sont désignés spécialement.

3 Le texte latin, donné par Mohnike, p. 25, pousse l'exagération encore plus loin : « . . . ideoque a Laids majoris astimari decere (sans doute fautif, pour debere) Deivivipraceptis.»

4. Nous croyons et nous professons que TÉvêque suprême et très-saint de Rome doit être entouré d'honneurs divins par tous les fidèles, qu'on doit l'adorer et lui témoigner plus de vénération qu'à N. S. Jésus-Christ i.

5. Nous croyons et nous afltenons que tous les hommes doivent obéir toujours et en toutes choses, sans aucune exception, à Sa Sainteté le Pape, comme à notre Très-Saint Père, et qu'ils doivent se diriger uniquement d'après ses prescriptions; celui qui n'en agirait point ainsi ne devra pas seulement être brûlé sans miséricorde comme un hérétique obstiné, mais encore être précipité, corps et âme, dans les abîmes de l'Enfer.

6. Nous croyons et nous professons que les Saintes-Écritures ne sont pas parfaites et restent à l'état de lettre morte aussi longtemps que l'Évêque suprême de Rome ne les a point consacrées pour l'usage du peuple et n'en a point autorisé la lecture ; aussi doit-il être absolument défendu d'en appeler à elles ^.

7. Nous croyons et nous professons que la lecture des Saintes-Écritures est une cause et un motif de sectes et d'hérésies et la source de nombreux blasphèmes.

8. Nous croyons et nous affirmons que l'on doit invoquer les Saints qui ne sont plus, vénérer leurs images, leur adresser des prières, les visiter en pèlerinage, les vêtir et brûler des cierges en leur honneur, et nous professons que toutes ces œuvres sont justes et saintes et peuvent seules nous procurer le salut.

9. Nous croyons et nous professons que tout prêtre est bien plus que la Vierge Marie, mère de Dieu, qui n'a enfanté le Christ qu'une seule fois et ne le mettra plus jamais au monde, tandis que le prêtre catholique crée le

1 Cette exagération dogmatique de l'autorité papale a sans doute été poussée aussi loin pour imposer silence aux nombreux convertis ou prosélytes forcés qui repoussaient l'infaillibilité papale en s'appuyanjt sur des paroles de Jésus.

^ C'est ainsi que nous comprenons le dernier alinéa assez obscur de notre texte allemand : « . . . solle aueh gantt und gàr nichts gelten.» Il faut sans doute sousentendre les mots die heilige Schrift,

Christ quand il veut et aussi souvent qu'il le veut par le sacrifice de la Sainte-Messe et l'absorbe de nouveau ^

10. Nous croyons et nous professons qu'il est fort louable de faire lire des messes pour les morts, de distribuer des aumônes en leur nom et de travailler à les délivrer du purgatoire ^.

11. Nous croyons et nous professons que la Pape a le pouvoir de modifier les Saintes-Écritures, d'en retrancher ou d'y ajouter ce qu'il veut et même de les brûler tout entières.

12. Nous croyons et nous disons qu'après la mort les âmes sont purifiées au Purgatoire et que les messes du prêtre les délivrent de nouveau des tourments de l'Enfer.

13. Nous croyons et nous sommes certains que c'est chose bonne et sanctifiante de recevoir le Saint-Sacrement sous une seule espèce, mais qu'on agit d'une façon damnable et hérétique en le recevant sous les deux espèces.

14. Nous croyons et nous professons que ceux qui reçoivent le Saint-Sacrement sous une seule espèce, reçoivent N. S. Jésus-Christ avec son sang, ses os et ses cheveux et tout son corps divin '^, mais que les hérétiques ne mangent qu'un mauvais pain et ne boivent que du vin.

15. Nous croyons et nous professons qu'il existe sept sacrements dans l'Église romaine.

16. Nous croyons et nous pensons que Dieu est honoré par les images et connu des hommes par ce moyen.

17. Nous croyons et nous professons que la Bienheureuse Vierge Marie est plus digne de l'adoration des anges et des hommes que Christ, le fils de Dieu lui-même^.

i Ces paroles étonnantes et qui pendant un instant m'ont fait douter de l'authenticité de notre document, se retrouvent sous une autre forme dans un sermon du P. Emilien Ferrer, prêché en 1654 et cité par Peschek, H., p. 459. Voyez aussi sur cette exagération calculée des dogmes controversés, le même auteur, n, p. 157.

* C'est là, d'après Mohnike, p. 241, le sens de la locution obscure du texte allemand : vor die Verstorbene Badestuben heitzen ; dans la version de Peschek cet alinéa manque en partie.

8 Nous traduisons par ces derniers mots l'expression : ttnd die ganUe Gottheit.

^ Voy. également le formulaire ahrégé de Ologau, article 5, Mohnike, p. 144.

18. Nous croyons et nous professons que la Mère de Dieu est la Reine des cieux, qu'elle gouverne le Fils et que le Fils de Dieu doit exécuter ses volontés.

19. Nous croyons et nous affirmons qu'il est bien plus utile et plus profitable d'entendre une messe chez un prêtre romain que d'écouter cent sermons ou davantage chez les hérétiques.

20. Nous croyons et nous disons que les ossements des Saints recèlent une force miraculeuse ^ et que les fidèles sont tenus de les vénérer, de bâtir pour eux des églises et des chapelles el de leur léguer une partie de leurs biens.

21. Nous croyons et nous professons que la doctrine romaine est catholique (universelle), pure et divine, conduisant seule au salut, antique et toujours nouvelle et véridique ; la doctrine évangéUque au contraire, que nous avons abandonnée de plein gré-, est fausse et trompeuse, blasphématoire et maudite, hérétique, révolutionnaire, impie, née sans l'aide de Dieu^ et inventée par les hommes. Telle est notre sincère profession de foi.

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