‹ La détresse d'une m`ereChapitre 4 sur 13 · L.V . . :..__ . ^ . Co · texte numérisé non relu

L.V . . :..__ . ^ . Co

moi... Mais tout ceci, n't.-ît-ce pas ilhigion de nia part?... J'ai cru deviner dans lour éclat de rire nne sorte de déâ et do menace... Mais tout cela, n'e^t-ce pas un rôve ?...

♦L'après-inidi, à l'appel de la cloche, il ne vit rentrei que Taîné des Sainbul.

Denis ne reprenait pas son travail : il était malade ei avait besoin do quelques jours de repos. Ce i'ut Pierre luimême qui prévint Mirador.

Une heure après, Mirador frappait chez les Sambut.

Denis était couché et du fond de l'alcôve cria :

— Entrez ! la clef est sur la porte...

Le prétexte de la visite de l'officier était tout naturel. Chaque fois qu'un de ses ouvriers tombait malade, Jean s'en inquiétait, le venait voir, envoyait son médecin. Denis aurait donc dû s'y attendre. Cependant, il eut un brusque mouvement de surprise et son regard effaré erra un moment sur tous les coins de la chambre, comme s'il avait eu à redouter un danger. Mirador, subtil, le remarqua et n'en eut pas l'air.

— Vous n'avez pas voulu suivre mes conseils, dit-ii, et vous en êtes puni...

Il essaya de voir la jambe blessée. Denis, comme la première fois, s'y refusa avec une opiniâtreté étrange.

— Ça va mieux. Deux jours de repos et il n'y paraîtra plus.'

Jean crut prudent de ne pas insister. Il gardait, du reste, un air souria.nt. En véVité, il n'était venu que par intérêt pour la santé de Denis.

Les deux frères habitaient une maisonnette compose? d'un rez-de-chaussée formé â^^ deux chambres au-dessus desquelles était un grenier. Une femme de journée les aidait de temps à autre pour des besognes qui leur eussent demandé trop de temps et faisait leur cuisine — très sommaire. Les Sambut étaient des ouvriers modèles, économes, ré^^uliers et taciturnes. Bieïi avec tout le monde, ils ne fréquentaient personne. On les voyait toujours ensemble. Du reste, assez obligeants, ils ne refusaient pas les services qu'on leur demandait. Mais dans la ruche bourdonnante et travailleuse, ils formaient bande à part et vivaient comme en pleine solitude. Rarement il leur arrivait d'adresser les premiers la parole aux autres. Quand on les questionnait, ils répondaient juste ce qu'il fallait. Ils avaient un esprit sérieux, passaient pour être têtus, fermés à la compréhension des plaisanteries.

On était obligé de les estimer, personne ne les aimait.

En somme, deux caractères sournois et, disait-on, vindicatifs, bien que, en ceci, on ne fournît aucune preuve.

Devant le silence voulu, obstiné, de Denis, tout autre que Mirador •■^•^ .i-^^-. i r^rié la partie, mais Mirador avait

un but. Il fit seul les frais de la conversation. Pendant qu'il parlait, son regard furetait autour ds fci. Et du fend de Faicôve à demi plongés dans l'obscurité, deux yeux noirs, brillants, ne perdaient rien de sa curiosité et la devançaient pour ainsi dire.

La chambre était d'une propreté rigoureuse et d'un ordre parfait. Tout y était ciré, lavé, frotté, épousseté. On n'y eût pas relevé un grain de poussière.

Et" Mirador pensait :

— La raison plaide en faveur des frères Chenavat et empêche de les croire coupahles d'un crime monstrueux... Mais la raison, du moins en apparence, plaide également en faveur des frères Sanxbut... D^un point à l'autre de leur état social, les causes d'antisuspicion restent les mêmes... Dans l'existence des frères Sambut tout parait avoir été réglé avec un soin méticuleux... L'un est un ouvrier excellent, l'autre est un contremaître juste, sévère, jamais pris en défaut... Chez les uns commue chez les autres, il semble difficile que puisse naître la pensée d'un meui-tre... Chez les frères Chenavat comme chez les Sambut, la pensée, voudrait se rattacher à quelque note discordante... Et, bien au contraire, toutes choses semblent en harmonie... Alors, ne me trompé-je point, là aussi ?...

En causant avec Denis — lequel ne répondait que par monosyllabes — Mirador s'était levé et parcourait la chambre à pa-s lents, tournant sur lui-même, allant de la porte à l'alcôve et de l'alcôve à la porte vitrée qui communiquait avec la chambre de Pierre. Là, il s'arrêtait parfois. Point de rideaux sur les vitres et Jean pouvait ainsi jeter un coup d'œil à l'intérieur.

Dans cette chambre, il saisit un détail...

Sur un vieux meuble, commode en bois de sapin, qui servait en même temps de t-able de toilette, il y avait, ramassés dans un angle, des débris de verre...

A première vue, cela ressemblait assez à des cassures de verre de lampe...

Mirador le crut...

Quelques secondes plus tard, quand il se retrouva devant la porte vitrée, un regard plus attentif lui démontra qu'il se trompait.". C'étaient des débris d'éprouvettes et de cornues de verre, avec de longs tubes minces...

On avait broyé le tout... sans doute avec l'idée de s'en débarrasser bientôt...

Et le soupçon surgit à la pensée de Mirador !

— L'un des deux s'occupait en secret d'expériences de chimie...

De là à se dire que c'était celui-là qui avait préparé^ la strychnine au revers des tirnbres-poste, il n'y avait qu'un cas..

Il sembla que le regard aigu de Denis devinait ce soupçon.

C'était la lutte de finesse et de dissimulation qui se continuait entre eux.

Deux autres détails le frappèrent, dans la chambro du ble=5sé... cette fois... et la surprise fut si grande chez l'officier qu'il faillit se trahir.

Des vêtements étaient pendus à des crochets, près do l'alcôve, habits de travail, blouses ou vestes des dimanches et des jours de repos... Ils étaient les uns par-dessu.3 les autres, mais Mirador eut tout à coup l'attention attirée et retenue invinciblement par le bas d'un pantalon... Rien de plus simple et rien de plus vulgaire... L'étoffe de ce pantalon est un lainage commun, gros-bleu, très épais et très solide, légèrement élimé par le frottement contre la chaussure... une étoile qui venait de Sedan, avait dit le père Isidore, le tailleur de Clermont... Et ce tailleur avait môme ajouté : » Pour ce m.orceau, il a été arraché du genou, c'est sûr ! » Et c'étaient ces souvenirs, c'étaient ces paroles qui remontaient à l'esprit de Jean.

Mirador était revenu s'asseoir au chevet de Sambut et il avait, d'un geste très indifférent, rapproché sa chaise du paquet de vêtements.

Il continuait de causer.

Et tout en causant il se livrait à une occupation bizarre. Il vous est arrivé souvent, par distraction et sans penser à rîen, de des&iner sur la terre ou sur le sable, des lignes, des ronds, des dessins fantastiques, du bout de votre canne, le dos incliné 'et les avant-bras appuyés sur les genoux. C'est ainsi que vous achevez, tout en dessinant, l'entretien commencée.

Telle était l'occupation de Mirador.

Dn bout de sa canne, il ne traçait aucune ligne sur les carreaux de briques dont était parquetée la chambre, mais il séparait un à un les habits pendus, tapotait, fouillait, les reculait, les ramenait, tout cela de l'air le plus nonchalant et le plus innocent du monde...

Et, du fond de l'alcôve, Sambut assistait à ce manège.

Ce manège. Mirador le ponctuait d'un flot de paroles auxquelles il ne prenait pas garde d'apporter un sens bien précis, trop absorbé qu'il était par la « distraction » innocente à laquelle il se livrait :

— Et quel est votre avis, à vous, Sambut, sur l'assassinat de Jarnoles ?

— Ma foi, monsieur Jean, on n'y a guère réfléchi... lo temps a manqué... Toutefois, les gens croient que le vieux était malade et qu'il a voulu en^^finir, avec Léopold... Et vous, naonsieur Jean, votre opinion ?

— Moi, je ne crois pas à un suicide, comme vous...

€'6 i.V I>É1'RBSSE d'une MERE

«— Alors, vous croyez ?...

— Que ceux qui ont tué PJchard ont tué Jarrioles, pars* que Jarrioles les connaissait.

Denis dit gravement :

— C'est drôle que la justice ne découvre rien...

— Elle trouvera, n'en doutez pas I

— Faut penser qu'on a affaire à de rudes malins...

> — Les malins ne prévoient pas tout... On ne peut pas tout prévoir...

Une parolô échappa au blessé, qu'il eût peut-être voulu retenir : ^

— C'est vrai, tout de même !...

Puis il se tut, et Mirador continua de parler, à tort- et à travers, essayant de retenir l'attention de Scmbut. Mais Sambut ne voyait plus qu'une chose : cette canne qui, maniée d'un geste distrait, et redouathîe, fonillait les vêtements près de lui. Elle était près d'atteindre son but. Elle avait écarté petit à jietit les blouses et^ l<^s vestons, ramené par-dessus les autres, un pantalon gros-bleu, et maintenant elle ne paraissait plus viser qu'à un résultat, celui de soulever les deux Jambes du pantalon et de les retourner dans tous Iss sens.

Mirador laissa tomber sur Sambut un regard rapide.

Il avait cru surprendre une respiration haletante, oppressée...

S'il avait pu voir, peut-être eût-il remarqué que l'émotion qu'il devinait, se manifestait par une 'extrême pâleur. Mais c'était là une conjecture... Le visage du blessé restait obstinément dons l'ombre.

Le cœur de l'officier battait avec violence.

La preuve qu'il cherchait, il la tenait là sous la main, au bout de cette canne si inoiïensive et qui, pour l'instant, faisait l'office d'une arme redoutable. Un morceau d'étoffe avait-il été arraché au genou droit du pantalon par la dent de Léopold ?...

La main de Mirador tremblait.

Un geste encore, un dernier mouvement, et il allait le savoir...

Un bîTJit se fit entendre à la porte d'entré

Un homme frappait ses sabots- sur la pierre p^-. -.

tomber la neige.

La porte s'ouvrit.... Miî^ador p-e retourna avec un sursaut, comme si on l'eût tiré brusquement d'un sommeil profond...

Pierre Sambut, l'aîné, était là...

Il salua l'officier en souriant... En souriant, il s'approcha du lit, se posant, sans y prendre garde, entre Mirador et la paquet de vêtements, objet de son angoisse...

— Faut pa^ vous inquiéter, monsieur Jean... Denis, qui

r\ :.LTu::.:;- d'vsz -ère 67

est brave, a voulu se forcer à travailler... Alors, ça cuit dans son genou... C'est l'affaire de deux jours de repos... Après quoi il n'y paraîtra plus I...

Il s'appuya le dos contre le mur, mit les mains dans ses pociips et attendit.

Une fois de plus, Mirador se sertit joué... deviné...

Et le calme étrange de ces deux hommes le déconcerta...

Ne suivait-il pas une fausse piste ?... Et si ces deux

jres étaient innocents ? A mille lieues de se douter qu'un soupçon pouvait les atteindre?... Alors, rien de -plus naturel, chez eux, que ce calme qui semblait, à l'officier, Texpres. ion d'une énergie si rare et si terrible...

Pourtant, il ne se leva pas.

Un troisième détail venait d'arrêter son attention...

Sur une planche de la table de nuit une paire de gros brodequins...

Or fotficier a pris le dessin de certaines empreintes, ; ttement marquées, com.me dans du pifâtre, sur la ncigo durcie et accumulée sous la semelle. A l'une des chaussures, tous les clous manquent au talon... A une autre, trois clous seulement, au niilieu, Tun près de l'autre, et longltudinalement... Les premiers- aux brodequins les plus forts, chaussant les pieds plus larges et plus longs, les seconds aux brodequins plus étroits, appartenant sans doute à un homme de plus petite taille.

Ce sont ces derniers que Mirador se mit à regarder attentivement.

Déjà, tout en causant avec Pierre Sambut, il a tendu la canne pour atteindre les brodequins, les jeter sur le parquet, les retourner, et y chercher la constatation qui fixerait enfin les doutes si douloureux au milieu desquels il se meut, lorsque Pierre s'assied, d'un geste naturel, défait SCS sabots et ses chaussons do l«irie..; .

Et chausse les brodequins...

Mais il se met à rire :

— Tiens, dit-il, ce ne sont pas les miens... mais ceux

3 mon frère...

Il disparaît un instant dans sa chambre.

Et en disparaissant, il les emporte !...

Tout ce drame — car ce fut un drame, du moing p rofficier — s'est déroulé sans émotion apparente. Mira n'a remarqué aucune hésitation, pas môme ce léger tre blement particulier des voix qui essayent de se rafferm dans la parole des deux Sambut...

Il sort de là comme il y était entré

Sans preuves !...

68 LA DÉTRESSE OlUNE MLRE

Vî

Sans preuves, soit. Et pourtant son esprit ne pouvait EB détacher de ces deux figures énigmatiques, aux yeux sorabres.

Certes, il n'avait rien vu de ce quïl voulait voir...

Mais ils Ten avaient empêché I...

Donc, ils redoutaient quelque découverte !... Donc, ilsavaient que la déchirure des dents de Léopold, au g^^r.ov du pantalon, pouvait les trahir, ainsi que pouvait les trahir l'inspection des chaussures de Denis ou de Pierre /

Alors, s'ils avaient cette terreur, c'est qu'ils étaient coupables ?

— Oui, mais ce que je prends pour de 3a terreur, n'est-ce pas tout simplement de l'indifférence ? Et ne vais-je pas chercher dans mon imagination, à moi, un tas de choses que je leur prête bien gratuitement, à eux ?...

Il consulta sa montre. Il n'était que deux heures.

— Allons consulter Larmouset !...

Il aurait pu prendre son auto, mais il eût donné l'éveil. Il sortit de la verrerie sans être vu, ga^na la gare juste au moment où arrivait un train pour Verdun.

Il rencontra Larmouset au parquet, vers quatre heures.

En le voyant entrer, le gros garçon se leva vivement :

— Vous avez du nouveau, je parie ?

— Du moins je n'ai pas oublié l'engagement pris. Que vous avais-je dit ?

— Vous m'aviez dit : « J'ai besoin de huit jours pour débrouiller cette affaire. » A quoi je répliquai : « Je vous donne six mois ! Et Dieu veuille que cela vous suffise I » Il y a de cela, si je ne me trompe, quinze jours...

— Treize, cher amJ, treize seulement...

— Vite, alors, vite... je vous écoute...

Mirador sourit... resta silencieux, après quoi il dit, posément :

— Je ne vous apporte rien...

Un vif mouvement de contrariété chez le juge. Pirs, aussit-ôt, cette réflexion :

— Cependant, vous n'êtes pas venu pour rien...

— Voici, je vous laisse le soin de conclure vous-m.ême. Mirador raconta les événements de ces derniers jour.=

où il lui semblait que les frères Sambut avaient été mé]é'>, les tentatives qu'il avait faites, les indices qu'il avait cru recueillir, les espérances qu'il avait formées.

Et lorsqu'il eut terminé :

*— Que pensez-vous de tout cela ?

i— Pourquoi les Sambut auraient-ils assassiné Richa-; 1 ?

LA DKTF'.ESSE D'UNE MÈRE fiO

— Je l'ignore absolument. Leurs relations étaient excellentes.

— La cause du premier crime m'échappe. Et, du reste, il ne me paraît pas que vos indices se rattachent à ce ciime, mais au meurtre de Jarrioles...

— N'oubliez pas qu'il est certain que les meurtriers de l'aveugle...

— Doivent être les assassins de Richard ? Je ne l'oublie pas. Ici, du moins, nous avons une apparence de piste... Cette blessure... ce lambeau de vêtement... le dessous des semelles des brodequins... Voilà des faits matériels... ci tant est que vous ne vous soyez pas trompé, cher am.i.'.. Et les craintes qu'ils ont manifesté, les précautions qu'ils ont prises pour vous empêcher d'arriver jusqu'à la certitude, voila une preuve morale... Tout cela peut s'écrouler comme un château de cartes, par malheur, si nous découvrons que le pantalon en lainage gros-bleu n'a Jam.ais été déchiré ni au genou ni ailleurs, que les brodequins ne répondent en rien aux dessins d'empreintes et que la bles« sure de Denis Sambut a bien été causée par une chute sur des tessons de bouteilles, ce qui est possible, et ce que les ouvriers, témoins de l'accident, affirment, avec les frères Sambut...

— Conclusion ?

— Il nous faut la vérité, coûte* que coûte... Je la veux et je Taurai ! Je vous accompagne avec deux agenta Nous arriverons, exprès, au milieu de la nuit. Il ne faut pas qu'on soupçonne ma présence. Et, demain, à la première heure, je frappe chez Jes Sambut. Je les interroge, je perquisitionne. Et si j'ai le moindre doute, je les arrête...

Ils étaient à la Chalade vers minuit. L'auto de Larmouset les avait laissés à l'orée de la forêt et ils avaient fait le reste du chemin à pied.

Ils passèrent devant la maisonnette habitée par les Sambut. Et là, au tournant du chemin, abrités par une haie, ils examinèrent^ attentivement.

La maison, comme toutes celles du village, était ensev-elie dans l'obscurité. La campagne était très calme. On n'entendait pas le moindre bruit, pas un aboi de chiens^ paa un ruminant dans les étables

Ils attendirent quelques minute.

Au moment où n.s reprenaient •" Mcwfn de la verrerie, ils aperçurent oomnn*» ni* fi'Ciîi- fugitive derrière les vitres des fenêtres, et de<? arr-.bres mouvantes.

Ils se rassirent dans l'angle d'une bergerie.

— Ils veillent, murmura Mirador.

Mais 11 se trompait sans doute, car la lueur avait disparu et ne se renouvela point Toutefois, Larmouset u'étaM» pas saits inquiétude.

— - Sl!3 ont cnielque soupçon depuis votre visite, il se pe-'it qu'ils éventent votre présence.

Il fît'sigTJe^aux agents d© Verdun qu'il avait amenés avec

-— Vous veillerez tonte la nuit... A sept heures ]& vous relèverai de faction.

Les deux agents prirent position, Tun devant la maison qui était bâtie sur le bord d'un chemin vicinal, l'autre derrière les jardins bordés de baies par où les Sambut auraient pu 3"en alîer s'ils avaient eu quelque velléité de s'enfuir.

Mirador et Larmousôt s'éloignaient déjà î'^ ---^ ^'^-

agents les rappela.

— La mênje lumière ! dit Larcaouset.

Puis la nuit enveloppa de nouveau la maison. Et tou= jours le môme silence.

Que faisaient-ils ? Que voulaient dire ces alternative i de clarté et d'obscurité ?...

La porte s'ouvrit. Un homme parut sur le seuil, y re?ta quelques se<:ondes immobile, observa, alluma UTie cigarette et rentra.

— Pourquoi ne dorment-ils pas à pareille heure ?

Us restèrent encore en obser\'ation, mais rien rie vint pîi:~ les distraire. Ils partirent, laissant les deux agents au aguet3.

— J'ai bon espoir, fit le jug«... Demain, nous approcherons'de la vérité...

Le lendemain, avant sept he«res, l'un des agents se pro sentait chez Larmouset.

Il venait au rapport, ne signalait rien de nouveau : I^ nuit s'était écoulée dans le calme le plus complet... Les jei: fugitifs dé lumière ne s'étaient pas renouvelés... So collègue était resté à son poste afin de parer à tou* éventualité, mais rien à craindre : les deux Sambut r 9é doutaient de rien... On les prendrait au saut d Mt...

Larmouset se dirigea vers ITiabitation des frères.

Il cogna à la porte.

Et comme on n'ouvrait pas assez vite, il tourna le loque et poussa... 1

La oremière chambre étSit^nde... Le juge tâta les draps; du lit'.. Ils étaient '.m.ids... Deiùs Samhut devait être levé depuis longtemps...

Ils passèrent dans la seconde fb^mbre.

Elle était vide comme la première, e> le IH n'avait pas été défait !...

Ils apT^^lèren*^ :

— Denis ! Pierre Simbut II

Leurs voix résonnèrent, tristes, dans la maison déserte f

Les deux hommeîi se rei^arclèront nv '..\:o. la

môme juixu'if^ :

les a^,'*^'iils ?...

Page 1