‹ La deuxième armée de la LoireChapitre 210 sur 302 · COMBAT DE SAINT-JEAN-SUR-ERVE · texte numérisé non relu

COMBAT DE SAINT-JEAN-SUR-ERVE

Arrivé dans la nuit au village de Saint-Jean-sur-Erve, le vice-amiral Jauréguiberry , qui né continuait son mouvement de retraite qu'à contre-cœur, étudia dès le matin les positions sur lesquelles il se trouvait, et les jugeant favorables à la défense , résolut d'essayer encore une fois d'y arrêter la marche de l'ennemi.

Le village de Saint-Jean , situé dans un bas-fond sur les bords de l'Erve, est dominé du côté de Laval par des hauteurs en amphithéâtre. Il fut décidé que 4 batteries de la V division s'établiraient derrière les épaulements naturels d'un chemin creux qui contourne les hauteurs , pour battre la route du Mans à Laval ainsi que la vallée de l'Erve , dominée sur une étendue considérable du nord au sud. Deux sections du génie se mirent immédiatement à pratiquer des embrasures dans les talus de ce chemin creux , et achevèrent ce travail sous le feu de l'ennemi , tandis qu'une autre section préparait, malgré les dangers de cette opération, la destruction du pont de Saint-Jean. L'artillerie fut répartie de la façon suivante : la 24* batterie de 4 du 15" régiment (lieutenant Michaëlli) à l'extrême droite du plateau; la 23* batterie de 4 du 10* régiment (capitaine Thiébault) au centre et à droite; la

* Voir la noie n° 37.

19* batterie du 10* régiment (capitaine Delahaye) , composée de 3 mitrailleuses , à gauche et en face de la ferme de la Séraunière; enfin la 19* batterie du 8* régiment (6 mitrailleuses , capitaine Perret) , 4 pièces dans le chemin creux à l'extrémité du plateau,. les deux autres à cent mètres en avant pour fouiller les ravins.

Les troupes prirent les positions suivantes : La l'* division formant l'aile gauche au-dessus et en arrière de Saint- Jean-sur-Erve ; ce qui restait de la 2* division à droite , déployant toutes deux de nombreux tirailleurs abrités à mi-côte derrière des haies et des fossés, avec deux compagnies en avant du village sur la route du Mans. Malheureusement ces divisions, qui ne comptaient pas à elles deux plus de 6,000 combattants, n'étaient pas assez fortes pour garder toutes les issues et les hauteurs par lesquelles l'ennemi pouvait déboucher.

Les Allemands se présentèrent vers onze heures et demie, au moment où nos troupes achevaient de se placer. L'action se borna d'abord à un feu de tirailleurs. A midi et demi , une batterie prussienne essaya de tirer à 4,000 mètres sans atteindre aucun résultat. Une colonne d'avant-garde s'avança alors, suivie de deux pièces qui vinrent s'établir à 2,500 mètres environ de notre position, sur la route de Laval au Mans. Nos deux batteries de 4 firent converger leur tir sur ces pièces, tandis que nos mitrailleuses tiraient sur l'infanterie. Cette dernière, écrasée par ce feu intense , dut s'arrêter et attendre l'effet de trois nouvelles batteries qui étaient venues se mettre en position en face de la grande route. Le lieutenant Michaèlli lutta courageusement contre une de ces batteries , sous une grêle d'obus qui blessèrent le sous-lieutenant Rovel, tuèrent neuf chevaux, brisèrent un affût et détériorèrent presque toutes ses pièces. Les mitrailleuses du capitaine Delahaye arrêtaient également la marche des

colonnes ennemies et les obligeaient à se déployer. C'est à ce moment qu'un obus, après avoir traversé le cou du cheval de l'amiral , vint frapper mortellement le brave colonel Béraud, chef d'état-major général du 16* corps.

L'ennemi, qui, bien qu'en nombre supérieur, ne pouvait aborder de front nos positions, prononça alors un mouvement tournant sur notre droite, trop faible par suite de notre insuffisance numérique. L'amiral ne pouvant la renforcer, la fit soutenir par les mitrailleuses du capitaine Delahaye , dont le tir (377 coups) fut très-efficace, en même temps qu'il soutenait le moral de nos tirailleurs. Nos canons à balles avaient, par une seule décharge, réduit au silence une section de montagne que l'ennemi avait audacieusement établie devant elle et à bonne portée.

Au centre et à gauche, nos batteries, bien que souffrant beaucoup , arrêtaient partout les efforts désespérés que faisaient les Allemands pour enlever la position. Les 6 pièces de 4 du capitaine Thiébault répondirent avec avantage, pendant toute la durée du combat, à 8 pièces établies sur la droite de la route , tandis que le capitaine Perret, dirigeant le feu de ses mitrailleuses avec beaucoup d'habileté , faisait replier à diverses reprises une autre batterie qui cherchait à se poster à 2,000 mètres , et dispersait des colonnes qui essayaient de déborder notre gauche. La batterie Thiébault avait tiré 180 coups et comptait 1 officier blessé, le Heutenant Gognon, 2 hommes tués, 5 blessés, 6 chevaux hors de combat, 2 coffres d'avanttrain et 1 roue brisés. La batterie Perret, qui avait consommé 576 boîtes, n'avait eu qu'un homme tué, 2 blessés, 4 chevaux tués et son matériel assez fortement endommagé.

Vers cinq heures et demie, le feu cessa sur toute la hgne. Nos troupes n'avaient pas perdu un pouce de terrain et l'ennemi n'avait pu pénétrer dans le village de

Saint-Jean. L'affaire paraissait terminée, lorsque vers six heures, la nuit venue, le colonel Ribell, commandant l'aile droite , vint informer l'amiral que le 22* mobiles ayant abandonné trop tôt ses positions , l'ennemi , profitant de cette trouée , nous avait débordés à la faveur de l'obscurité et pénétrait dans le village. C'était, en effet, une colonne qui ayant franchi le pont de Saint-Pierre-sur- Erve , avait pu tourner nos positions par les chemins creux que, faute de monde, l'amiral n'avait pu garder. Il fallut dès lors songer à la retraite , qui s'opéra en bon ordre sans l'abandon d'une seule pièce et d'une seule voiture.

Nos pertes dans cette journée étaient numériquement insignifiantes, si on les compare à celles de l'ennemi. Des officiers prussiens faits prisonniers quelques jours après avouèrent avoir perdu dans cette affaire 3,000 hommes tués ou blessés , et ce renseignement est encore confirmé par les dires des gens du pays, qui le recueillirent également des troupes qu'ils eurent à loger.

Le général Le Bouëdec, dont les troupes occupaient le village de Saint-Jean, avait essayé en vain d'y tenir; le 40* de marche , commandé par le chef de bataillon Mercier, ne s'était retiré qu'après avoir fait des prisonniers. Le même soir , tout le 16* corps put gagner Saint-Jean-le- Bruant sans être inquiété *.

Ainsi sur nos deux ailes, à Sillé-le-Guillaume et à Saint-Jean-sur-Erve , nous avions tenu tète à l'ennemi en lui infligeant des pertes sérieuses. Un temps effroyable, une neige incessante mêlée de pluie qui provoquait le dégel et qui rendait les routes impraticables , les fatigues d'une marche pénible , les privations de toutes sortes et l'effet démoralisant de la retraite , n'avaient point empêché cette fois encore nos braves soldats de faire résolii-

• Voir la noie n* 38.

ment leur devoir. Il est fâcheux que cet exemple n'ait pas été suivi par le 17* corps, qui s'était retiré trop précipitamment et en désordre , ne s'arrétant même pas à Sainte- Suzanne, la position la plus importante du pays sur laquelle il lui était prescrit de tenir.

Le général en chef, qui n'avait quitté Sillé-le-Guillaume qu'à quatre heures et demie, arriva à Evron à huit heures du soir. La dépêche suivante, qu'il adressa pendant la nuit au ministre , résume la situation :

« Les attaques de l'ennemi sur tous les points de la » ligne ont été très -pressantes. A l'aile gauche, le » 2V corps a bien résisté, s'est maintenu sur ses positions » jusqu'à la nuit et a fait des prisonniers, dont un chef » de bataillon. Il n'en a pas été de même au centre : le » 17* corps a cédé paitout; ses troupes se sont débandées, » il n'a occupé aucune des positions prescrites pour » couvrir la retraite , et je l'ai retrouvé ici, où je suis » arrivé cette nuit, après avoir assuré les mouvements du » 21* corps. Le 16® corps s'est battu à Saint-Denis- I) d'Orques ' ; je suis encore sans renseignements exacts, » mais je sais qu'il s'est replié. Les convois et le ma- » tériel roulant, partout retardés par la neige et le verglas, j» n'ont pu marcher que lentement et obstruent les routes. » Je suis obligé de les faire marcher toute cette nuit sur « les directions qui les éloignent le plus de l'ennemi. Je ne « suis pas sans préoccupation , car je n'ai autour de moi » ici que le 1 7* corps débandé, et l'ennemi occupe Sainte- » Suzanne. Dans cette situation, je ne puis plus songer » qu'à la retraite au delà de la Mayenne , que je passerai » sur tous les ponts en arrière de moi. Les prisonniers et » les gens venant du Mans affirment que l'ennemi qui t poursuit est nombreux ; je suis sûr de deux corps d'armée.

* Le combat avait eu lieu à Saint-Jean-sur-Erve. — L'erreur provenait d'un premier renseignement inexatt.

» J'ai eu ce soir à lutter contre des demandes instantes » de généraux qui voulaient continuer la retraite cette

» nuit.

» Il me tarde , Monsieur le ministre , de vous voir à » Laval, ainsi que vous me l'avez annoncé; je compte y » être demain soir. Gomme il me faut un point d'appui » solide , je vous demande de diriger le 19* corps de Fiers » sur Domfront d'où je l'appellerai facilement à moi '. »

COMBAT d'ALENÇON.

Pendant que l'armée principale battait ainsi en retraite, le corps de Gathelineau, qui éclairait son aile gauche, se retirait par Vilaine sans être poursuivi ; mais des faits plus graves se passaient à Alençon. Nous avons dit que sur la demande du préfet de l'Orne , qui signalait l'ennemi du côté de Mortagne , le général Lipouski avait été dirigé dès le 9 sur Alençon. Il y arriva le 14 avec sa colonne forte de 2,000 francs-tireurs , 8 pièces de montagne , et d'un escadron du 8* chasseurs. Il dirigea le même jour un détachement sur Beaumont pour couper le pont , dont la rupture n'avait pu avoir lieu par suite de la retraite des mobilisés de la Mayenne ; mais l'ennemi occupait déjà ce point , et l'opération ne put réussir.

Les cavaliers elivoyés en reconnaissance signalaient alors une forte colonne ennemie (infanterie, cavalerie et artillerie) s'avançant par la route du Mans. Le général Lipouski , en outre de ses francs-tireurs , avait sous la main 4,000 mobilisés de la Mayenne et de l'Orne sur lesquels il comptait pour défendre Alençon. Deux de ces bataillons envoyés au devant de l'ennemi durent se replier et entraînèrent les autres. Deux compagnies de francs-

^ Voir la note n» 39.

tireurs avec deux pièces étaient établies à un kilomètre de la ville sur une petite crête qui domine la route; à gauche, quatre autres compagnies gardaient la jonction des routes de Mamers et de Marolles ; enfin une autre compagnie était retranchée dans une maison isolée et entourée d'un jardin dont les murs crénelés offraient un bon abri. L'action commença à onze heures trente minutes. Les Prussiens s'avancèrent en colonne serrée , précédés de nombreux tirailleurs qui ouvrirent bientôt le feu, sans pouvoir toutefois franchir la rivière, le pont du chemin de fer ayant été rompu le matin. Sur la route du Mans , l'attaque était des plus vives ; il fallut envoyer quatre autres compagnies et deux nouvelles pièces pour soutenir les troupes déjà engagées. L'ennemi s'était avancé jusqu'à huit cents mètres, lorsque le capitaine Ducamp, s'élançant en avant avec sa compagnie , put prendre position dans un cimetière à la droite de la route et à trois cents mètres des pièces ennemies. Cette audace coûta la vie à ce brave officier; mais les autres compagnies, électrisées par son exemple, s'élancèrent en avant et forcèrent les Allemands à reculer. Après s'être ralliés, ils essayèrent en vain de tourner notre droite et d'établir de nouvelles pièces en batterie pour contre-battre celles qui défendaient le carrefour des routes de Mamers et de Marolles. Ce combat avait duré jusqu'à la nuit; mais les munitions d'artillerie étaient presque épuisées , les barricades établies dans la ville n'étaient point des défenses suffisantes pour résister à l'ennemi, qui, recevant de nombreux renforts, ne manquerait pas d'attaquer sérieusement le lendemain. Le général Lipouski ne voulant pas , d'un autre côté , exposer Alençon aux conséquences d'une lutte dans la ville, se décida à se mettre en retraite par la route de Prez-en- Pail et à gagner, dans la nuit, Saint-Denis. Il avait eu 40 artilleurs tués ou blessés et 120 francs -tireurs mis hors

de combat, dont 3 officiers. D'après les renseignements qu'il a pu recueillir, les pertes de l'ennemi pourraient être évaluées à 8 ou 900 hommes tués ou blessés ' .

Le 16 janvier, de bonne heure, le général en chef recevait des nouvelles de l'amiral et apprenait son mouvement sur Laval malgré son brillant combat de Saint-Jeansur-Erve.

Tous les corps reçurent alors les instructions suivantes réglant les diverses dispositions à prendre pour la retraite.

« Au grand quartier général à Evron, le 15 janvier 1871 (n° 216).

« Comme on pouvait le prévoir hier, l'ennemi, qui avait » engagé ses tètes de colonne sur toutes les routes menant » sur nos lignes de Montreuil-le-Ghétif à Loué , a attaqué » presque toutes nos positions; le 21* corps l'a vigoureu- » sèment maintenu sur les routes de Sillé à Fresnay , à » Segrie, à Neuville et à Gonlie, lui faisant des prison- » niers, donnant à nos convois le temps de prendre de » l'avance sur les directions indiquées , et ne quittant ses » positions qu'à la nuit tombante , ainsi que le prescri- » valent formellement les instructions d'hier.

» Le 17" corps, aux prises de son côté avec quelques » avant-postes ennemis qui s'étaient portés sur ses posi- » lions, s'est débandé , a battu en retraite beaucoup trop » tôt et beaucoup trop vite, découvrant ainsi le flanc droit » du 21* corps ; il n'a pas occupé la position si importante » et si forte de Sainte-Suzanne malgré l'ordre donné à » diverses reprises, et, s'est rabattu en grande partie sur » Évron , laissant ainsi l'ennemi s'établir sans coup férir à » Sainte Suzanne et menacer sérieusement, tout à la fois, » la droite du 21' corps, les convois et l'artillerie engagés

' Les détails de cette affaire d'Alençon ont été fournis par un rapport officiel du général Lipouski.

» sur la route de Laval parallèle au chemin de fer, Évron » et enfin la ligne de retraite de demain , s'il vient à se » porter directement soit sur Laval , soit sur Montsurs ' .

» A dix heures du soir, le général en chef est encore » sans nouvelles du 16' corps, qui a dû être engagé sérieu- » sèment du côté de Saint-Denis-d'Orques, et se retirer '> sur Laval par la grande route du Mans.

« Il est donc de la dernière importance que la position » de Sainte-Suzanne soit réoccupée par le 17' corps, dont » le rôle, dans la journée de demain, est d'opérer son mou- » vement de retraite sur Laval en se reliant constamment » avec la division du 2P corps marchant sur la route de » Sillé à Laval par Évron et Montsurs , pour empêcher » l'ennemi d'inquiéter les convois engagés sur cette route, » de se reporter sur les derrières du 21* corps, et de pré- » céder enfin l'armée sur Laval,

» Dès cette nuit les convois continueront, sans perdre de « temps, leur marche dans toutes les directions qu'ils ont » à suivre pour se porter au delà de la Mayenne.

» Pour éviter l'encombrement, ceux du 21' corps ne » devront point dépasser Evron dans la direction de » Laval , et seront dirigés directement sur Mayenne par )) les routes les plus courtes à partir des points où ils se » trouvent.

» Le convoi du grand quartier général, qui esta Mont- » surs, au lieu de suivre la route de Laval le long du che- « min de fer, s'engagera aussitôt cet ordre reçu sur la » route qui conduit le plus directement au pont de Saint- » Jean-sur-Mayenne, pour traverser la rivière sur ce point » et venir attendre des ordres à Saint-Germain-le-Fouil- » loux, sur la rive droite de la Mayenne.

» Le convoi et le matériel roulant du 1 1" corps suivront » la même route et passeront par le même pont que le con-

* Voir la note n<> 40.

» voi du grand quartier général , afin de s'éloigner le plus » possible de la direction que l'ennemi pourrait suivre » pour aboutir directement à Laval.

» Afin de protéger efficacement cette marche des » convois, les mouvements de retraite des 16% 17* et » 21* corps devront s'opérer lentement et ne commencer » que lorsque les convois auront une avance suffisante et » ne courront plus aucun danger. On devra garder par des » colonnes toutes les routes menant dans la direction de » Laval, et disputer le terrain pied à pied.

» Quant au 1 6' corps , il devra continuer la retraite sur » Laval et passer la Mayenne sur les ponts de cette ville , » tout en protégeant les convois engagés sur la grande » route du Mans à Laval et en se reliant, autant que pos- » sible et constamment, avec la droite du 17* corps.

» Afin de ménager les troupes, autant que pour donner » au matériel roulant le temps de se porter au delà de la » Mayenne , chacun des corps d'armée ne devra pas faire » demain plus de douze à quinze kilomètres. Ce n'est donc » qu'après- demain 17 que ces corps devront passer la » Mayenne. Chacun d'eux devra prendre à l'avance les » dispositions nécessaires pour la destruction immédiate , » dès qu'il aura passé la rivière , des ponts sur lesquels il » l'aura traversée.

» Le 17 , l'armée devra occuper les positions suivantes :

» Le 16* corps, à cheval sur la route et le chemin de fer » de Laval à Vitré , sa gauche à Changé , son centrç à » Saint-Berthevin.

» Le 17* corps, qui aura passé la Mayenne à Saint- » Jean , s'établira le long de la route n"* 4 , son centre à » Saint-Germain-le-Fouilloux , observant tout le cours » de la Mayenne en face de lui jusqu'au pont de Mont- » giroux.

» Le 21* corps, sa gauche à la ville de Mayenne, sa

» droite à Contest, se reliant par sa cavalerie avec la » gauche du 17* corps.

» Il est de la dernière importance , pour éviter un dé- » sastre, que chaque commandant de corps d'armée » indique bien à toutes ses divisions les mouvements à » exécuter , les directions à suivre , les distances à parcou- )) rir , et les mesures à prendre pour surveiller l'ennemi et « lui résister partout où il se présentera.

» A moins d'avis contraire , le grand quartier général » sera demain soir à Laval.

» La division de cavalerie du 1 6* corps, qui est à Laval, » devra en partir dès demain pour venir s'établir àl'Huis- » série , de façon à surveiller tout le cours inférieur de la « Mayenne à partir de Laval et le plus tôin possible dans )) la direction de Château-Gonthier.

» La division de cavalerie du 1 7* corps devra être pla- » cée en arrière des lignes occupées par ce corps.

» Les convois et les parcs de chacun des corps d'armée » devront être mis bien à l'abri derrière les lignes aussi » longtemps que l'ennemi menacera. Chaque commân- » dant de corps d'armée fera reconnaître les positions au » delà de la Mayenne , de façon à s'établir le plus solide- » ment possible pour faire tête à l'ennemi , s'il cherchait » à nous poursuivre au delà de cette rivière. »

Ces instructions furent exécutées en tout point et sans que l'ennemi cherchât de nouveau à inquiéter la retraite. L'état des chemins, la fatigue non moins grande chez ses troupes que chez les nôtres, les deux combats sanglants de Sillé-le-Guillaume et de Saint- Jean-sur-Erve le forçaient de s'arrêter et de se montrer plus circonspect.

Après s'être assuré en arrivant à Montsurs, le 16 à midi, que tous les corps étaient bien engagés dans les directions qu'ils avaient à suivre et qu'ils n'avaient plus rien à craindre pour le moment, le général en chef yint coucher

à Laval pour remédier à l'encombrement de cette ville envahie par les fuyards , étudier les passages de la Mayenne, préparer la destruction des ponts s'il devenait nécessaire de les couper, et reconnaître les positions qu'il fallait occuper pour rallier l'armée et la réorganiser '.

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