CONCLUSION
Nous avons termine le récit de la campagne de la deuxième, armée. ^ Si, pressé de faire connaître la part qu'elle a prise au grand drame dont la France vient d'être le théâtre, le temps nous a manqué pour donnera la forme tout le soin qu'un pareil sujet méritait, le fond est complet et exact ; c'est là l'essentiel.
Pendant les rudes journées de Josnes, un officier supérieur allemand fait prisonnier, ne dissimulant rien de l'étonnement que lui causait la résistance de nos jeunes troupes, comparait ces batailles de la Beauce à celles de 1866 ' auxquelles il avait pris part, et avouait que ces dernières n'étaient qu'un jeu d'enfants ^ auprès de ces luttes acharnées et incessantes qu'il leur fallait de nouveau soutenir pour réduire un pays qu'ils croyaient à bout de ressources après ses désastres. C'est là le plus bel éloge de ces armées nouvelles que la volonté et le patriotisme de la France ont fait surgir.
Quelles sont donc les véritables causes de nos défaites, alors que les efforts produits depuis le commencement de la guerre dépassent ce qui aurait suffi pour repousser l'ennemi de notre territoire ? Il faut les voir, cela est vrai, dans la faiblesse et l'insuffisance de notre organisation militaire que des idées fausses, aveugles ou passionnées avaient amoindrie depuis quelque temps, dans le défaut
* Cette conversation nous a été rapportée par le colonel Feidling, attaché du gouvernement anglais au grand quartier général de la deuxième armée.
2 Traduction littérale do l'expression allemande employée par l'officier prussien.