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Général en chef au général Clianzy , à Saini-Péravy.
Saint-l'éravy, de Cercottes, le 3 décembre 1870, à onze heures du soir.
Si VOUS êtes attaqué demain matin, ou si vous ne pouvez vous maintenir dans vos positions par suite d'un mouvement de retraite du 15* corj>s, ce n'est pas sur Orléans que vous devez chercher a vous retirer, mais sur Beaugency, de m;inière que vous puissiez venir vous établir plus tard derrière la forêt de Marchenoir. Je crois cette direction possible et sans danger pour vous , par suite de l'envoi de forces assez considérables sur votre flanc gauche. Étudiez dès à présent votre retraite dans ce sens. Si nous étions forcés de prendre ce parti, il serait dangereux d'accumuler a Orléans les 15*, 16" et 17* corps. Siyné : d'Aurelle.
Général d'Aur elle à général Clianzy , à Saint-Péravy.
Saiiii-Péravy, de'Montjoie, le i décembre 1870, à tient' iieures ciaq miaules du oiatiu.
Je vous confirme l'ordre que je vous ai donné hier soir d'exécuter votreraouvementderetraitesurBeaugency ; vous.n'avezpas, pourpasser sur la rive gauche de la Loire , à compter sur le pont de Beaugency, TOUS ne pouvez la traverser qu'à Blois. Signé : n'AunELLE.
Le général en cffef au général Clianzy, à Saint-Péravy.
Saint-Péravy, d'Orléans, le 4 décembre 1870, à neuf heures du matin.
Ne vous mettez pas en retraite si vous n'y êtes pas torcé, je vais vous transmettre de nouveaux ordres tout à l'heure.
P. 0. Le capitaine aide de camp du général en chef,
Signé : de Langalkrie
Général d' Aur elle à général Clianzy, à Saint-Péravy.
Le A décembre 1870, à onze heures vinjt-huit minutes du malin.
Par suit» de nouvelles dispositions, dirigez-vous le plus tôt possible sur Orléans, avec les lu* et 17* corps. Ne faites partir pour Beaugency que les malades et écloppés. Venez occuper les positions qui avaient ■été préparées pour les 16* et 17* corps. Signé : d'Acrelle.
Lettre de Remployé du télégraphe de Saint-Ay.
Mon général, nous sommes à la gare de Saint-Ay. Nous avons installé notre appareil et cherché à communiquer avec Orléans par tous les fils passant à la çare. Tous ces fils sont interrompus, aussi bien ceux du service de l'État que ceux du service de la compagnie du chemin de fer.
Nous essayons aussi d'établir une communication dans la direction opposée à Orléans. Nous ne trouvons personne.
A en croire le chef de gare , il ne serait pas prudent de rester ici longtemps. L'ennemi aurait été vu, ce soir, à la Chapelle-Saint-Mesmin ; plusieurs personnes de Saint-Ay l'affirment. Vers quatre heures du soir, aujourd'hui, un train se dirigeant sur Orléans aurait à peine pu gagner la Chapelle-Saint-Mesmin ; il est brusquement revenu sur ses pas. Le chef de gare qui me donne ces détails ajoute que la mitraille tombait sur la voie entre la Chapelle et Orléans, mais plus près d'Orléans que de la Chapelle. Les fils télégraphiques ont dû être détruits.
Dans l'impossibilité de pouvoir établir aucune communication télégraphique à Saint-Ay, j'ai l'honneur, mon général, de vous prier de vouloir bien nous transmettre ici, le plus tôt possible, vos instructions. Nous attendons vos ordres à la gare.
J'ai l'honneur, mon général, de vous renvoyer la dépêche que vous adressiez au général d'Aurelle.
Veuillez agréer, etc.. Signé : Cronat,
chef d'ane brigade iélég;raphique.
P. S. Mon général, à neuf heures quinze minutes, un homme de bonne volonté , le facteur de la gare , se propose pour porter votre dépêche au général d'Aurelle , à Orléans. Le chef de gare me répondant de la moralité de cet homme , je n'hésite pas à lui confier votre dépêche. Nous attendons toujours ici, à la gare, mon général, vos instructions. Signé : Cnoukr.
N' 272. Au général en chef, à Orléans.
Huisseau, 4 décembre, sept heures du soir.
Mes convois et une partie du 17' corps étaient déjà engagés sur la direction de Beaugency, première ligne de retraite indiquée, lorsque j'ai reçu , de vous et du ministre , l'ordre de me diriger sur Orléans.
La première division du 16* corps et le 17* corps réunis entre Gémigny et Coinces, après avoir rallié les forces attaquées dans Patay, ont prononcé un mouvement dans la direction des Ormes, mais les positions de Boulay et des Barres étant déjà au pouvoir de l'ennemi et la division Barry s'étant repliée de Bucy-Saint-Liphard ,
j'ai dû diriger le mouvement par Gémigny, Rozières , sur Ruisseau, de façon à couvrir tous les convois.
Nous nous sommes établis, depuis la nuit, de la ferme d'Escuresà Huisseau. Je ne connais rien du 15* corps et de ce qui a pu se passer en avant de lui. J'attends vos ordi^es ce soir, mon intention étant, si c'est possible, de gagner les positions en avant d'Orléans par Changy, en tournant les bois qui sont impraticables. Siyné : Cuakzv.
Lettre du générai Barry.
Mer, 5 décembre 1870.
Mon général,
Je suis arrivé cette nuit à Mer avec quelques débris de ma division que j'ai pu rallier, en même temps que des fuyards d'autres corps, dans la ïbrêt de Bucy-Saint-Liphard.
J'ai pris cette direction parce que le mouvement tournant de l'ennemi par la droite de Boulay était tellement accentué que les troupes que j'avais disposées d'avance aux Barres , pendant la défense des lignes de Boulay , s'étaient déjà repliées en même temps que la division Maurandy; et que moi-même, tout près de Bucy-Saint-Liphard, j'ai failli êlre pris par un détachement de uhians précédant de l'infanterie et de l'artillerie, que j'ai arrêté en postant quelques mobiles sur la lisière du bois.
La retraite s'est opérée dans une confusion inexprimable , au milieu de tous les convois et de toute l'artillerie, en marche sur Beaugency et Mer.
D'un autre côté, un de vos officiers d'ordonnance * qui était venu me trouver sur la route d'Orléans aux Barres, avec vos instructions devenues inexécutables à ce moment, m'avait indiqué la direction de Blois comme dernière ligne de retraite. J'ai cru devoir me diriger sur Mer pour rallier ma division entièrement dispersée, tous les convois et toute l'artillerie prenant cette direction , croyant devoir aller à Blois, où même des batteries doivent déjà arriver en ce moment. Je sais que le colonel Carré est parti pour Blois ce matin avec son parc.
Les troupes de ma division arrivent successivement, mais très-lentement, sur Mer. Je ne sais si je pourrai les ralher aujourd'hui. Je • crois mes batteries en marche sur Blois. Elles sont tout à fait hors de service , n'ayant plus qu'un très-petit nombre de servants et de conducteurs.
' Note du. général en chef : Ceci est une erreur. Cet ordre n'a jamais été docnc; l'officier d'ordonnance, qu'on n'a jamais pu retrouver, a mal rempli sa mission, ou le général Barry aura mal compris. L'officier a pu indiquer Blois comme direction, générale de retraite, mais non comme point à aiieindic.
Ji86 APPENDICES.
Je ne sais où se trouve mon escadron de cavalerie, qni était parti avant que je me repliasse de Boulay, le village n'étant pas tenable pour lui.
Je donne l'ordre au sous-into niant de faire, aussitôt que possible. Je triage des convois, et l(>rs<|ue mes corps seront a peu près réunis, je ferai faire des distributions qui n'ont pas eu lieu depuis quatre jours '.
Je ne pourrai rétrograder sur Peaugency que lorsque mon monde sera rallié, aura mangé et se sera reposé. Les hommes ne peuvent plus faire un pas en avant.
C'est une division à lecomposer entièrement et incapable de faire aucun service pendant quelques jours. Si elle pouvait rester ici, elle y arriverait plus facilement.
Je n'ai en réalité ici, de ma division, que quelques centaines d'hommes isolés du 38* de marclie. J'arrête au passage tout ce qui se présente.
C'est la résistance que j'ai faite à Boulay jusqu'à midi , suivie du mouvement tournant de l'ennemi, qui a mis ce désordre dans ma division. Mais si je n'avais pas rési&té de cette façon, tous nos convois, étaient pris.
Le général commandant la 2^ division du lfi« corps.
Signé : Bahry.
P. S. Je n'ai reçu qu'à neuf heures ce matin le cavalier porteur de vos instructions.
Lettre du général Maurandy.
Beaugency, 5 décembre 1870.
Mon général,
Me conformant à vos ordres, transmis par M. le capitaine Bernard en ces termes : « Battez en retraite sans perdre de temps sur Beau- » gency, en protégeant, coûte que coûte, la marche du convoi des 16* » et 17* corps*, » je me dirigeai de Boulay sur les Barres, puis les Ormes. Là j'attendis que le convoi fût tout entier engagé dan.s le bois de Bucy-Saint-Liphard.
Pendant ce temps d'arrêt, je fus averti qu'une bafteric d'artillerie, qui avait été placée sans soutien aux épaulements élevés aux Ormes, venait d'être enlevée par des cavaliers ennemis.
Peu de moments après, elle était reprise par une compagnie de la
' Les iiommes avaient vécu avec leur réserve de vivres du sac.
' Note ilii (jéiiéral en chef: ComiDe le général Uarry, le f;éiiéral Maurandy avail mal eom|iris le» ordres qui lui étaient duiiiiis pour sa retraite. Eu l>ii iiiiiiquant Beaugency, t:e n'etail qu'une diiection et uuii uu puiut.a atteindre iuiCtnieiit.
Haute-Vienne ; je n'ai pas encore reçu le nom de l'officier qui la commandait, bien que je lui aie serré la main pour ce tait d'armes.
Un quart d'heure pins tard la division était attaquée en queue par de la cavalerie et de l'artillerie nous lançant de nombreux obus; cela ne dura qu'un instant, notre attitude imposant à l'ennemi, mais j'acquis la conviction que l'objectif de cette troupe était le convoi. Quelques moments plus tard, je fis placer les voilures sur une file et sur le côfé gauche de la route, toute mon infanterie échelonnée bordant sa droite.
Ce qui venait de m'arriver m'engagea à ne pas parquer le convoi à Meung, et je continuai de marcher jusqu'à Beaugency, où j'arrivai vers sept heures et demie. Tout le convoi , l'artillerie de réserve, etc., s'y trouvaient également réunis, seulement la file des voitures restait encore à environ deux kilomètres en arrière.
Ce matin, tout s'est mis en marche ainsi que vous l'ordonnez.
Mon opinion est que notre convoi est fort en l'air et qu'on ne saurait trop l'éloigner d'Oiléans. Nos troupes sont hors d'état de le protéger comme il conviendrait; elles sont éparpillées dans toutes les directions et littéralement épuisées.
Le général Barry est à Mer , où je me serais rendu dès ce matin , si votre ordre ne m'en avait pas empêché.
Je pense que les hommes qui manquent sont en grande partie avec lui. (Je lui ai prêté l'aide d'un régiment hier.)
Je suis, etc., .S/^w^: Madrandy.
P. S. J'ai envoyé votre dépêche au général Barry.