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N» 1181. Général Chanzy à amiral Jauréguiberry .
Le Mans , 9 janvier.
Le sous-préfet de Saint-Galais arrive et m'informe que les Prussiens sont entrés dans cette ville, hier matin, au nombre de 10,000 avec quarante canons, commandés par le prince Frédéric-Charles, En ve- .nant ici à pied, il a ti'ouvé des troupes ennemies à Saint-Cérottê, Saint-Gervais-en-Vie et Poncé , et une vingtaine de canons , du côté de Bessé. L'attaque se dessine donc de tous les côtés à la fois. Dans ces conditions, je crois préférable de rappeler de suite à vous le général de Curten, trop en flèche à Château-Renault; de ne laisser en avant du chemin de fer de. Château-du-Loir à Tours que la brigade Cléret, pour protéger la ligne contre les coureurs , ayant toujours sa retraite assurée sur le Lude; de défendre le Loir avec vos deux divisions Barryet de Curten en poussant à votre gauche sur Grand-Lucéla division Joulïroy , pour fermer cette trouée et se relier avec la division du 17* corps que j'envoie à Bouloire. Enfin, si vous savez que l'ennemi marche sur votre flanc gauche, rabattez-vous successivement sui* vos positions du Mans, sur lesquelles je maintiens en réserve votre 1™ division qui est tout ce qui reste ici.
Dans le cas où vous vous rabattriez, ayez des cavaliers à Ecommoy pour vous porter les dépêches que j'adresserai à cette station.
Dites-moi de suite quelle est la situation de vos côtés.
Signé : Chanzt.
N» 1185. Général Chanzy à M. le ministre de la guerre.
Le Mans, 9 janvier, onze heures du matin.
Les projets de l'ennemi sont aujourd'hui manifestes. Son but est de nous attirer en dehors de nos positions du Mans pour chercher à nous battre en détail, ou bien de nous refouler sur ces positions et de
nous y bloquer pour empêcher la marche qu'il prévoit sur Paris. Les trois lignes d'attaque sont : par la vallée de l'IIuisne, armée du duc de Mecklombourg avec menace sur Alençon, Bellesme et Mortagne; par la route de Vendôme au Mans par Saint-Galais, où se trouverait, dit-on , le prince Frédéric-Charles ; et enfin au sud du Loir par Herbault et Château-Renault, pour couper la ligne de Tours au Mans. Ces deux dernières attaques sont faites par l'armée du prince Frédéric- Charles, qui paraît nombreuse et formée de tout ce qu'il a pu tirer de la vallée de la Loire. Dans ces conditions, obligé de faire tête à l'ennemi dans autant de directions, il est indispensable et urgent do faire arriver à Alençon au moins une division du 19" corps et de diriger immédiatement sur Tours ce que le 25" corps doit avoir maintenant de disponible à Vierzon. Je renouvelle également et instamment ma demande de faire venir sur Alençon , pour couvrir le chemin de fer du Mans à Caen, les 9,000 mobilisés de la Mayenne que le préfet m'a déclaré être prêts et bien outillés. '
Tous ces mouvements sont urgents et devront être faits par les voies les plus rapides. Il nous faut être nombreux partout, et ne pas nous exposer à voir nos lignes forcées en certains endroits.
Signé : Chanzy.
N" 1201. Général Clianzy à amiral Jauréguib ei^r y , Château-du-Loir .
Le Mans, 9 janvier, quatre heures trente-deux' minutes, soir.
Un officiei*de cuirassiers, arrivant de Grand-Lucé, dit avoir entendu le canon du côté de Courdemanche. D'un autre côté, le général Digard m'écrit de Grand-Lucé que Montreuil-le-Henri serait encore occupé par la brigade Thiéry, mais que le général de JoufFroy se serait dirigé, avec son infanterie et son artillerie, sur Jujiilles pour rallier le général Barry. L'ennemi occupe Évaillé et Tresson, menaçant Parigné-l'Evêque.
Il résulte de cette situation qu'à part quelques escadrons de cavalerie et quelques francs-tireurs à Parigné et au Grand-Lucé, cette route sur le Mans n'est pas sérieusement défendue.
L'ennemi en profitera dès qu'il en aura la conviction. Faites donc rechercher de suite le général de Joutfroy en envoyant dans toutes les directions, donnez-lui l'ordre défaire occuper solidement Grand-Lucé et Parigné-l'Evêque, et de se mettre en communication avec le général de Colomb , qui couche ce soir à Ardenay.
De votre côté, faites de nouveau rechercher le général Barry qui ne peut être loin puisqu'il s'est replié de Chaliaignes. Il doit être à
Jupilles, ou dans la forêt de Bersay ; donnez-lui l'ordre de se replier sur Écommoy.
Quant à vous, il ne faut pas songer à marcher sur la Flèche; l'important, si vous ne pouvez tenir à Château-du-Loir jusqu\i votre jonction avec de Curten, est de vous rabattre sur Écommoy pour de là rentrer dans vos lignes du Mans. Le mieux, pour éviter une marche de flanc, est de marcher à votre tour sur le flanc de l'ennemi, si de la Chartre il se dirige soit sur le Grand-Lucé, soit sur Jupilles. Quant au géne'ral de Curten, en le prévenant de suite, vous pourrez savoir à peu près à quelle heure il vous rejoindra à Château-du-Loir demain. Une fois rallié au général Barry à Écommoy et au général de Jouflroy au Grand-Lucé , vous pouvez inquiéter sérieuseùient l'ennemi et , dans tous les cas , opérer votre retraite en de bonnes conditions le long du chemin de fer. Signé : Chanzy.
N" 1213. Général Chanzy à amiral Jauréguiberry , à Château-du-Loir.
Le Mans, 9 janvier.
Je ne puis m'expliquer que vous soyez sans nouvelles des généraux de Curten et Barry, le premier ne pouvant être au delà de Neuillé-Pont-Pierre , le deuxième ne pouvant être, avec le général de JoufFroy, qu'à Jupilles ou dans la forêt de Bersay. Envoyez donc des officiers et des cavaliers dans ces directions. Sur l'Huisne, le général Rousseau a été repoussé jusqu'à Pont-de-Gennes ; je crois la division du 17* corps sérieusement engagée en deçà d'Ardenay. La cavalerie et les francs-tireurs, qui se trouvaient à Parigné et Grand- Lucé, se sont repliés sur Mulsanne, à la nouvelle que des colonnes ennemies approchaient. Je ne sais où est le général de Jouflroy, qui, au lieu de couvrir les grandes routes donnant accès sur le Mans , m'immobilise une partie de l'armée.
Dans cette situation, c'est à défendre nos positions en avant du Mans que nous devons nous acharner. Opérez donc votre retraite avec les généraux de Jouff'roy et Barry, tout en assurant celle de Curten, qu'il faut hâter. J'ai donné au général Deplanque ordre de faire reprendre Parigné cette nuit; à une brigade du 17* corps, ordre de venir s'établir à Pontlieue et Changé; au général Michel, ordre de tenir à Mulsanne jusqu'à ce que vous lui prescriviez de se replier. Je crois toujours qu'en attaquant demain l'ennemi sur son flanc gauche, vous pouvez lui infliger un échec grave : tentez-le.
Signé : Chanzy.
N* 624. Général Chanzy au général de Colomb, à Saint-Hubert.
Le Mans, 9 janvier 1871.
Il faut avant de songer à battre en retraite sur le plateau d'Auvours , que le ge'ne'ral Paris attaque à son tour l'ennemi demain au jour et tâche de le culbuter au delà d'Ardenay. La position d'Auvours n'est qu'un dernier refuge ; elle est déjà gardée par quelques troupes du général Goujard. Le plateau d'Auvours est une série de positions qu'on ne peut indiquer de loin, et qu'il faut reconnaître soimême.
Ayant appris que les troupes qui occupaient Parigné-l'Evêque l'avaient abandonné sans combattre, j'ai donné l'ordre au général Deplanque de faire reprendre cette position cette nuit, et au général Roquebrune l'ordre devenir établir demain matin, entre Pontlieue et Changé, la brigade du 17* corps restée sur la rive droite de la Sarthe. Le général Jaurès se porte demain à Pont-de-Gennes en faisant occuper Champagne, la Belle-Inutile et Saint-Mars-la-Brière.
Siyné : Cuanzy.
Général commandant le 17" corps à général Chanzy.
Yvré, 9 janvier, neuf heures trente-cinq minutes.
Je suis à la station d'Yvré, j'ai vu le général Paris à Saint-Hubert, d'où j'arrive. Il est resté en bonne position jusqu'à la nuit, mais, débordé sur ses deux ailes, il a été obligé de se retii'er. La tête de colonne arrive à l'instant, je vais la faire monter sur le plateau d'Auvours et y prendre position de mon mieux pour la nuit. Ma réserve d'artillerie et mes convois s'établissent entre Yvré et le Mans. Aucune nouvelle des généraux de Jouff'roy et Goujard. Le général Paris a entendu la canonnade ce matin sur sa droite; il a eu devant lui des forces très-considérables. J'attends vos instructions à Yvré , veuillez me les envoyer à la station. L. de Colomb.
N" 626. Général Chanzy au général de Colomb, à Yvré-tÉvêque.
Le Mans, 9 janvier 1871.
Je vous réitère les ordres que je vous ai déjà donnés, et qui sans doute ne vous étaient pas parvenus quand vous m'avez expédié votre dépêche de neuf heures trente-cinq. Je n'admets la retraite sur Auvours que si vous êtes battu. Faites reporter demain au jour la divi-
sion Paris en avant; il faut qu'elle attaque vigoureusement l'ennemi s'il continue sa marche sur le Mans, et qu'elle reprenne les hauteurs d'Ardenay; de ce côte-ci, je fais reprendre Pai-igne-l'Evêque, cette nuit, par les troupes Deplanque.
Je le repète, les Prussiens n'avancent que parce que nous cédons trop facilement.
A notre tour de les attaquer.
Vous êtes là , et je compte sur vous. Signé : Chanzy.
N" 727. Général Clianzy au général Rousseau, à Nogent.
Le Mans, 31 décembre 1870.
Il résulte des renseignements que je reçois que des détachements ennemis répartis dans le Perche et sur la rive droite de l'Huisne voudraient tenter une démonstration sur Nogent. Vous avez pour déjouer ce projet, outre les forces que comporte votre colonne, les coq>s francs du colonel Lipouski et les contingents de CatheHneau. Organisez donc une résistance sérieuse, ne perdez pas un pouce de terrain. Si le point de Nogent est mauvais pour la défense , prenez l'olFensive, portez-vous dans la direction de Chartres, en ne quittant pas la ligne du chemin de fer. Etablissez-vous solidement sur une bonne position, du côté de Bretoncelle, par exemple. Le général Jaurès tient prêts des renforts s'ils vous sont nécessaires.
Signé : Chanzy.
N° 1137. Général Chanzy à général Rousseau, à Connerré. A comnniniquer aux colonels CatheHneau et Lipouski.
Le Mans, 8 janvier 1871.
Le général Jaurès part demain matin pour Montfort avec des renforts et prend le commandement de toutes les forces de ce côté. Mettez-vous en communication avec lui et prenez ses ordres.
Signé : Chanzy.