‹ La devotion a Marie en exemples, ou, Excellence des prieres et des pratiques en l'honneur de la tres-Sainte ViergeChapitre 11 sur 35 · II. G · texte numérisé non relu

II. G

la soustraire à d'autres profanations, elle eut l'idée de la livrer aux flammes, et la mit en effet sur un brasier ardent avec la planche sur laquelle elle était collée. Or l'image était de simple papier. La sœur se rendit ensuite à l'église, entendit la messe, fit ses dévotions et revint à son emploi sans songer à l'image. Quelle ne fut pas sa surprise, en s'approchant du foyer de la voir intacte, bien que la planche sur laquelle elle était appliquée fut tout en feu et toute charbonnée ! Elle remarqua même que les flammes revenaient au dessus de la gravure, l'enveloppaient de toute part et formaient une sorte de couronne de feu. Mettre sa main dans le brasier, retirer l'image du Rosaire, constater qu'elle était plus nette et plus belle qu'auparavant et la jeter de nouveau au milieu des flammes sont des actes que la sœur accomplit sans s'en rendre compte, et comme poussée par une force mystérieuse. La très-sainte Vierge, qui voulait faire un miracle en faveur de sa dévotion privilégiée, la pressait, sans aucun doute, d'agir ainsi. Quelque temps après, voulant voir si l'image était consumée, elle s'approcha du feu et la trouva aussi intacte qu'auparavant. Saisie de frayeur, elle tomba à genoux, versa des larmes et se frappa la poitrine, craignant d'avoir commis une faute et de s'être rendue coupable de profanation, en jetant au feu, pour la seconde fois, la sainte image. Toujours sous le coup de son effroi et de sa piété, elle avança le bras dans le foyer ardent et en retira la gravure, sans que son bras, ni sa main, ni son visage, ni ses vêtements fussent atteints par la flamme qui sortait alors du foyer tout embrasé. Le miracle était évident ; la joie des religieuses delà Visitation fut immense. Acte fut dressé du prodige, le 28 août, et les dépositions, faitefe sous serment, furent signées par le vénérable M. Dufour, chanoine et archidiacre de l'église de Toulouse, vicaire général de monseigneur

l'archevêque Pierre de Marca, et par l'abbé Brassac, secrétaire.

Ce fait se passait en l'an du Seigneur 1659.

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