‹ La devotion a Marie en exemples, ou, Excellence des prieres et des pratiques en l'honneur de la tres-Sainte ViergeChapitre 14 sur 35 · IL · texte numérisé non relu

IL

bonheur extraordinaire avec lequel elle était accueillie et conservée prouvait combien ces cœurs innocents y attachaient de prix. Dès qu'elle était connue dans un endroit, toutes les personnes pieuses s'empressaient de se la procurer. Mais ce qui nous frappa et nous édifia beaucoup dès les premiers temps de la propagation de la médaille, et nous aimons à le constater ici, c'est que dans deux villes de province, presque tous les jeunes gens se concertèrent pour la prendre comme la sauvegarde de leur jeunesse. Les quatre cents médailles en argent demandées cette fois nous furent envoyées pour être indulgenciées. BienteA)t on vit, dans plusieurs endroits, des paroisses entières s'adresser à leur pasteur poiir se la procurer, et l'on a vu à Paris un officier supérieur en acheter soixante pour d'autres militaires en grade qui l'en avaient prié.

Pendant que la médaille se propageait ainsi d'une manière vraiment prodigieuse dans toutes les classes et dans les toutes les provinces, on nous écrivait de toutes parts les choses les plus consolantes : des prêtres remplis de l'esprit de Pieu : qu'elle ranime la ferveur dans les grandes villes comme dans les campagnes ; des grands-vicaires jouissant de la considération la plus méritée tant par leurs lumières que par leur piété, et des prélats, même des plus distingués: qu'elle possède toute leur confiance, qu'ils la regardent comme un moyen ménagé par la Providence pour réveiller la foi si sensiblement affaiblie dans notre siècle, et, qu'en effet, elle la réveille chaque jour dans bien des cœurs où elle paraissait éteinte , qu'elle rétablit la paix et l'union dans les familles divisées par la discorde ; qu'enfin il n'est personne de tous ceux qui portent cette médaille qui n'en ressente des effets très-salutaires.

Mais ce n'est pas seulement en France, dans ce royaume consacré depuis longtemps à l'auguste Marie, et qui futtou-

jours l'objet de sa maternelle protection, que l'or* vit des fidèles de tout âge, de tout sexe et de toute condition rivaliser de zèle et d'empressement pour posséder et porter la médaille miraculeuse. Elle se répandit aussi bientôt avec la même profusion dans la Suisse, dans le Piémont, en Espagne, en Italie, en Belgique, en Angleterre, en Amérique, dans le Levant, et jusque dans la Chine, et nous pouvons assurer aujourd'hui que le nombre de ces médailles s'élève à plus de trente millions. Partout des chrétiens indifférents, des pécheurs obstinés, des impies, des protestants, des Juifs et des Turcs mêmes la demandent ou l'acceptent et la portent avec une religieuse vénération. Fasse le ciel que ce ne soit pas sans fruit! Fasse le ciel que nous soyons tous attirés et affermis dans la voie du salut par Celle à qui l'Eglise applique ces paroles de l'Ecriture : Celui qui m aura trouvée trouvera la vie et obtiendra le salut du Seigneur (Prov., viii, 36).

Les indulgences attachées à cette médaille, lorsqu'elle est indulgenciée par un prêtre qui en a le pouvoir, sont : 1° indulgence plénière à l'heure de la mort ; 2° indulgence plénière pour les fêtes des Apôtres et aux principales fêtes de l'année.

La famille consolée par Marie.

Soleure (Suisse), 19 janvier 1836.

Baptiste, scieur de bois très-connu dans cette ville, fut réduit à garder le lit deux mois entiers ; il était atteint d'une hydropisie de poitrine qui était à son plus haut degré. Un de nos meilleurs médecins le traita au commencement de sa maladie, et comme il déclara à sa femme qu'il n'avait aucun espoir de le guérir, elle se décida à en consulter un autre, nommé M. Gougelmann, à Attysvill, à une lieue de

Soleure. Celui-ci, après avoir vu Je malade, dit également qu'il ne pouvait donner aucun espoir. La désolation de cette pauvre femme fut à son comble. Une dame pieuse, témoin de sa douleur, lui remit une médaille miraculeuse. Le malade avait alors les jambes, les bras et tout le corps enflés. Il n'avait plus de "respiration et ne pouvait se donner le moindre mouvement ; son dos et ses deux coudes, sur lesquels il était obligé de s'appuyer, n'étaient plus qu'une plaie. Dans ce pitoyable état, on attendait à chaque instant son dernier soupir. Son confesseur étant venu visiter le pauvre mourant, lui remit la notice des prodiges opérés par la médaille, et le malade se mit de suite à la lire tout haut au grand étonnement de sa femme et du confesseur, qui étaient témoins que l'instant d'avant il ne pouvait presque plus parler; il ne cessa sa lecture que lorsqu'il eut ainsi parcouru tout ce qui était contenu dans ce petit livre, l'une des premières éditions. C'était le soir du 19 janvier. La femme du malade, accablée de fatigue, se coucha un moment auprès de lui ; ses enfants étaient dans une chambre à côté, où ils attendaient tristement la nouvelle de la mort de leur père. Le malade s'assoupit un peu vers trois heures du matin, et s'étant réveillé, il se trouva si bien, qu'il se sentit pressé de sortir de son lit pour aller se jeter à genoux au pied d'un crucifix et rendre ses actions de grâces à Notre-Seigneur et à sa divine Mère : ce qu'il exécuta au moment même. Sa femme s'éveillant et ne voyant plus le malade, l'appelle aussitôt, lui demandant où il est : Je me porte bien, répond Baptiste : la sainte Vierge, m'a guéri. El elle l'aperçoit à genoux dans la chambre. Les enfants accoururent au bruit qu'ils entendaient, et crurent que leur père touchait à sa dernière heure ; ils le trouvèrent bien portant et ses plaies entièrement guéries. Jugez, si vous le pouvez, du bonheur de cette pauvre famille et de l'heureux

effet que la nouvelle de ce prodige a produit sur un grand nombre de personnes. Depuis, le pauvre malade se porte très-bien.

La médaille cousue dans Vhabit d 'un pécheur '.

Beaucoup d'hommes n'ont qu'une connaissance très-vague des vérités religieuses, et ne veulent jamais réfléchir sur les puissants motifs de notre foi. Loin de Dieu, loin des pratiques du catholicisme, ils vivent obstinément dans une aveugle indifférence sur tout ce qui devrait le plus les intéresser. « Un officier français, qui avait vieilli dans les camps, avait n'esœur éminemment chrétienne, qui lui faisait à ce sujet des observations toujours inutiles. Désolée dé voir ce frère, qu'elle chérissait, vivre ainsi sans religion, elle eut recours à Dieu par de ferventes prières ; mais ses vœux ne lui semblaient pas exaucés. Enfin, elle s'adressa à Marie Immaculée dans sa conception ; elle engagea plusieurs personnes à joindre leurs prières à ses prières, et mit dans les habits de son frère une médaille miraculeuse. C'était pendant la semaine sainte. Le'jour de Pâques, cet officier voulut donner quelques signes de religion, assister aux offices. Il entendit un sermon sur la Résurrection de Jésus-Christ. Le prédicateur fit une comparaison qui convenait à sa position. Cette comparaison fut celle-ci : Si un général annonçait à ses soldats qu'il leur donnera l'immortalité s'ils se battent bien, et que pour confirmer sa promesse, il fût sorti lui-même du tombeau, quel est le soldat qui ne deviendrait pas invincible? Voilà la promesse que vous fait Jésus-Christ notre chef; il nous promet la glorieuse immortalité, et il a confirmé sa promesse par sa résurrection ; mais si nous* voulons jouir de cette immortalité, combattons nos ennemis, qui sont nos passions; soyons soldats fidèles, il nous assis-

tera dans nos combats, et nous rendra victorieux. » Cet officier fut singulièrement frappé de cette pensée. Dès lors il changea de vie et revint à la pratique de la religion. Sa sœur, joyeuse et satisfaite, ne douta pas qu'elle dût au divin Cœur de Marie la conversion de son Trère bien-aimé. (Cité par Mgr Dévie, évoque de Belley.)

Le juif devenu chrétien.

Au mois de décembre 1849, les Pères jésuites donnèrent une retraite au bagne de Toulon. A leur arrivée ils visitèrent tous les cholériques et leur distribuèrent des médailles. L'un d'eux leur dit qu'il voudrait bien en accepter une, mais qu'il est de la religion juive. N'importe, lui dit le missionnaire, promettez-moi seulement de ne la point profaner. Je le promets, répond le malade : il l'accepte et la place sous son chevet. Quelques jours après on prêche pour les malades : le juif écoute et une voix intérieure lui dit : Cette religion-là est la bonne sans doute ; comment des gens honorables et d'nn mérite distingué s'abaisseraient-ils jusqu'à des galériens, si Dieu ne leur inspirait pas un si grand dévoûment. Il pense à se faire catholique, mais une crainte l'arrête. Que vont dire mes camarades et mes parents surtout quand, mon temps de peine accompli, je retournerai chez eux ? Ces irrésolutions durèrent jusqu'au jour où les missionnaires tirent la cérémonie de la consécration à la sainte Vierge. Alors cette pauvre âme cède à la grâce ; il sollicite la faveur d'être instruit et baptisé. Ses désirs sont exaucés, et depuis lors il ne fait que parler de Marie et porte sa médaille avec joie et respect et se montre admirable par sa résignation et la vivacité de sa foi.

{Ami de la Religion, 1er décembre 1849).

Quelques traits nouveaux de conversions dues à la sainte Vierge et à la Médaille miraculeuse.

Nous recevions, dans le courant de juin 18(54, la lettre suivante d'une religieuse qui habite uirpays entièrement protestant.

« Une pauvre dame catholique, malheureusement éloignée depuis assez longtemps de toute pratique religieuse, était venue passer quelques mois dans notre ville. Elle y tomba malade. Nous allâmes la voir; nous lui parlâmes des sacrements, mais comme elle croyait que son état ne présentait aucun danger, elle remit la chose à plus lard. L'un de nos prêtres fut aussi la voir; ses instances lurent inutiles. Elle accepta seulement une médaille de la sainte Vierge, avant de retourner dans l'endroit où elle habite ordinairement. Deux mois après son départ, M. notre Curé reçut la nouvelle que cette dame était à la mort. Il fallait faire un voyage de trois jours pour arriver jusqu'à elle. Le zélé pasteur prend sur sa poitrine la sainte hostie et part. Le troisième jour, vers dix heures du soir, il se présentait chez la malade. Quelle ne fut pas sa douleur, quand il apprit que depuis plusieurs heures elle avait perdu la parole et toute connaissai.ee. Il entra cependant dans la chambre de la malade, et voila qu'à ('tâtonnement de toute sa famille, il l'eatend prononcer distinctement ces paroles : « Soyez le bienvenu, monsieur l'abbé, je veux me confesser. » Elle se confessa en effet immédiatement, et reçut le saint viatique. A minuit, elle dit au prêtre :« Vous devez être bien fatigué, monsieur l'abbé; allez vous reposer; je vous ferai appeler pour assister à mon dernier moment. » Jl se retira; a quatre heures du matin, on vint le chercher. La malade lui dit : « Le moment solennel est arrivé; prions

ensemble. » Peu de temps après, elle rendait le dernier soupir, laissant notre cher pasteur sous l'impression d'une indicible consolation, qu'il nous fit partager à tous à son retour. Il se plut et nous aussi à voir dans cet événement une merveille de la miséricorde et de la puissance de notre bonne Mère.

Nous savions qu'une dame protestante de la ville avait les plus grandes préventions contre le catholicisme, contre nos prêtres et contre tous ceux qui ne partageaient pas ses idées. Elle eut affaire à nous; nous l'engageâmes à revenir et elle revint en effet plusieurs fois, mais c'était toujours pour discuter et blâmer notre doctrine et toutes nos croyances. Elle connaissait d'ailleurs les moindres pratiques de notre sainte religion, ayant passé plusieurs années en France; mais tout lui semblait idolâtrie ou superstition. Un 8 décembre (fête de l'Immaculée Conception), elle vint nous voir ; le jour était favorable. Plusieurs de nos enfants priaient la sainte Vierge dans notre petite chapelle. Nous l'y conduisîmes et nous l'invitâmes à faire comme elles. «Non, s'écria-t-elle; je ne prierai jamais la Vierge; ne me le demandez pas. — Eh bien! lui dis-je, en lui montrant une médaille miraculeuse, prenez au moins ce petit souvenir, comme le portrait d'une personne que j'aime et portez-le pour moi. D'aujourd'hui en un an, je vous expliquerai pourquoi je vous fais cette demande. — Pour vous seule, je la porterai, répondit cette dame; à cette condition, j'accepte. » Je lui passai moi-même au cou la sainte médaille. Nous n'en parlâmes plus : la dame revenait souvent ; les mauvaises raisons s'affaiblissaient peu à peu ; enfin, avant le Carême, elle consentit à voir monsieur le curé, prit confiance en lui, et reçut ses instructions. Elle ne les accepta d'abord que comme des discussions dans lesquelles elle soutenait fortement ses idées; mais la bonne Mère

l'emporta, et notre chère protégée faisait son abjuration et ses Pâques, le dimanche du Bon Pasteur. L'un de ses neveux, plus qu'elle peut-être rempli de préventions, avait aussi reçu une médaille de la sainte Vierge. Tl nous avait dit en la recevant qu'il ne craignait nullement d'être vaincu, que ses idées étaient trop arrêtées : cependant, avant la fin de la même année, il était catholique.

Guérison de la sœur Hyacinthe, religieuse du Calvaire.

C'est madame la Supérieure générale de la communauté qui en donne les détails : sa lettre est du 7 février 1855.

« Je nage dans la joie, ma pauvre malade est parfaitement guérie par la vertu de la médaille miraculeuse. Je pourrais dire nos malades, car nos prières étaient faites pour la paralytique, et en mêms temps pour cette jeune personne que je vous ai dit être malade depuis onze mois ; elle ne pouvait rester debout que quelques heures dans la journée; il fallait l'aider à descendre, et encore était-ce rarement, pour la sainte messe, et vu sa faiblesse, lui donner le bras jusqu'à la sainte Table. Depuis jeudi, elle n'est plus qu'un peu faible, elle marche seule et mange, sans ressentir ses anciennes douleurs. J'espère Que le Seigneur achèvera son œuvre, et la rétablira entièrement; mais verions-en à notre chère Sœur.

« Voici la copie de ce que j'écrivis avant-hier à notre saint évêque, en sortant de la messe, sur ce prodige :

« Je viens annoncer à Votre Grandeur la grande miséricorde de Dieu sur notre communauté, par la guérison subite d'une de nos religieuses de chœur, nommée Sœur Hyacinthe, âgée de quarante-sept ans; cette bonne Mère fut frappée, le 14 janvier dernier, d'une attaque de paralysie qui, lui laissant la tête libre, se fixa aussitôt sur le côté

gauche, qui resta sans aucun mouvement, et même sans douleur. Nous nous hâtâmes d'appeler le médecin; on fit une forte saignée au bras ; le lendemain, on employa les sangsues, médecine, vésicatoire au cou, et trois jours après sur la cuisse paralysée, mais le tout sans succès. La pauvre malade n'eut plus qu'à se soumettre, et nous aussi, à la sainte volonté de Celui qui frappe et qui guérit. Après quinze jours passés dans ce pénible état, il me vint en pensée de faire une neuvaine en l'honneur de l'Immaculée Conception, dont nous portons toutes la médaille miraculeuse. Le quatrième jour de la neuvaine, que nous allions faire au pied de son lit, cette bonne mère désira faire la sainte communion. Je la fis porter au chœur par trois personnes : après la sainte communion, elle se trouva mieux de la jambe et put retourner avec l'aide de deux personnes. Sa confiance envers la Mère de Dieu s'augmenta de plus en plus; hier, le dernier jour de la neuvaine, elle me demanda de descendre, et elle est descendue en effet ce matin, toujours à l'aide d'une canne et d'une personne pour la soutenir, et a eu lé bonheur de faire la sainte communion. Immédiatement après, nous avons terminé les prières de la neuvaine, à la fin desquelles elle éprouva une douleur au bras, qui était sans aucun mouvement et même sans sentiment, ensuite un grand froid suivi d'une chaleur trèsforte. Elle vint à moi les deux bras levés, et me disant : Je suis guérie ! Elle l'est en effet parfaitement, elle marche et agit avec la même facilité que si elle n'avait jamais été malade.

« Vous peindre notre joie et notre reconnaissance, cela nous est impossible. La pauvre malade s'est trouvée mal d'émotion et j'étais à peu près dans le même état : j'avais peine à continuer les piières d'action de grâces, ne pouvant comprendre que le Seigneur eût accordé cette faveur dans

notre communauté, sous le gouvernement de la plus indigne de ses servantes.

« Je vous envoie cette copie qu'on avait conservée.

« Dans la même lettre, je priais Monseigneur de nous permettre de chanter le Te Deum à la fin du Salut. Sa Grandeur voulut bien me faire dire que non-seulement elle le permettait , mais l'ordonnait même ; ce qui fut fait. »

Le bouclier des enfants de Marie en Crimée.

M. l'abbé Loiselier, directeur de l'école normale de Versailles, nous communique une lettre émanant de son beaufrère, sous-lieutenant au 1er des zouaves, blessé à la bataille d'Alma. Nous y lisons :

« Je voulais te dire que nous devons bien des choses à la Vierge. Voici ce qui m'est arrivé: Le jour de la bataille, j'avais roulé mon caban autour de mon corps, en sautoir ; dans ce caban, j'avais mis une grosse calotte grecque, qui me sert de coiffure de nuit. Avant de recevoir cette balle au pied, j'en avais reçu une en pleine poitrine; mais le bienheureux caban était là : la balle traversa deux fois mon pauvre caban, puis la grosse calotte rouge, et est restée là; le soir je regarde à ma poitrine : la balle m'avait fait un bleu large comme un sou? et, au milieu de celte marque, je remarquai d'abord ma petite médaille. »

Extrait du journal la Concorde (Seine-et-Oise).

On sait que le général Canrobert a été blessé d'un éclat d'obus qui l'a frappé en pleine poitrine.

S'il n'a reçu qu'une forte contusion, c'est, disent le Moniteur de V Armée et le Constitutionnel, grâce à la plaque d'une médaille bénite qu'il portait sous son uniforme, et

que lui avait donnée une auguste main au moment de son départ pour l'Orient. {Progrès de VOise.)

Le soldat savoyard en Crimée.

Un jeune militaire de la Savoie, qui faisait partie de l'expédition de Crimée, écrivait à un de ses amis la petite lettre qui suit :

« Il faut que je te dise, à toi qui m'as toujours reproché de n'avoir pas plus de religion qu'un chien, que je porte sur ma poitrine une petite médaille de Notre-Dame de Myans que m'a envoyée ma mère. Cela te fera sourire, peutêtre; mais ici, mon cher ami, il y a beaucoup de camarades qui ont fait comme moi, qui ont bien changé depuis leur arrivée en Crimée ; il se passe peu de jours que je ne fasse un tout petit bout de prière en me rappelant les belles paroles du fameux tueur de lions, Jules Gérard, paroles que j'ai lues dans un feuilleton que tu me prêtas l'année dernière :

« Tant pis pour ceux qui *ie croient pas, dit Jules Gérard, moi je crois fermement, et je le dis tout haut, au risque de passer pour ridicule aux yeux des imbéciles qui jouent le rôle d'athées, et de l'opinion desquels je me soucie autant que de la poudre que je brûlais aux moineaux quaud j'avais douze ans. »

« Adieu, et vive la Savoie! »

Une victime de Solferino.

On écrit de Nîmes aux Précis historiques de Bruxelles: « Parmi les victimes de la journée de Solferino, se trouvait un jeune volontaire français, des environs de Nîmes. Fils unique, entraîné par le prestige des armes, il avait

quitté sa pauvre mère, résistant à ses pleurs et à son désespoir. Dans une des premières attaques, une balle était venue le frapper à la poitrine et s'était logée dans le poumon. Doué d'un grand courage, le jeune soldat se fit tailler en tout sens pour extraire cette balle, préférant mille fois, disait-il, rester sous le scalpel du chirurgien que de succomber lentement à une mort inévitable. On ne put obtempérer à ses désirs, et l'on reconnut bientôt que tous les efforts essayés n'ayant pu extraire la balle, le jeune volontaire devrait bientôt mourir. Il était protestant. Parmi les personnes dévouées aux soins des blessés, on comptait plusieurs âmes pieuses, qui souhaitaient ardemment le retour du malade à la foi. On touchait à la fête du Sacré-Cœur de Jésus. De ferventes oraisons lui furent adressées pour obtenir l'objet de tant de vœux. Une médaille miraculeuse avait été passée au cou du jeune soldat. La nuit qui précéda la fête solennelle de ce Cœur qui a tant aimé les hommes fut passée en prière. Dieu se laissa* toucher; il accorda cette conversion aux âmes qui la sollicitaient avec tant d'ardeur. Le malade entendit les voix salutaires qui l'appelaient au bercail de Jésus-Christ, Il fut baptisé, se confessa avec une piété sincère, et expira en murmurant une invocation à Marie. C'est de Bergame que nous apprenons ce nouveau trait des miséricordes divines. Dans nos hôpitaux de Turin, bien des conversions sont venues consoler les ministres des autels. »

Guêrison d'un cancer. (Lille.)

(Extrait d'une lettre delà sœur P , supérieure aux

Stappaert (Lille).

26 octobre 1834.

«.... Dans ce moment tous nos enfants font une neuvaine h. il

d'actions de grâces pour la guérison de Just. Fertin. (Cette jeune personne, âgée de vingt et un ans, avait depuis longtemps un cancer, et la Sœur à. qui cette lettre était écrite vient de nous dire qu'elle l'avait pansée elle-même pendant deux ans.) Ce cancer avait étrangement empiré depuis deux mois, et cette chère enfant ne pouvait plus continuer ses occupations. Toute la maison faisait pour elle la prière de 30 jours; mais il paraît que le bon Dieu voulait la guérir par la vertu de la Médaille miraculeuse. Le 20 septembre, nous commençâmes une neuvaine à cette intention, et le 29 elle fut entièrement guérie. L'écoulement cessa, les glandes disparurent, et peu de jours après elle se trouva dans un état de santé aussi parfait qu'autrefois. La foi et la confiance de toute notre maison ont fait une sainte violence au cœur miséricordieux de Marie, qui, du reste, vous le savez, ne nous refuse rien, et il n'aura pas été, je pense, moins touché des prières de la petite Thérèse. Je lui demandais quelquefois : Priez-vous bien pour votre sœur? — Oh! à tous les moments de la journée, me répondait-elle, avec toute la candeur que vous lui connaissez. »

Guérison de M. Bardet.

M. Bardet, demeurant à Paris, rue Saint-Sauveur, était atteint d'une affection cérébrale depuis dix-huit mois. Tous les médecins l'avaient déclarée incurable. Dans le moment le plus désespéré de sa maladie, son épouse, par le conseil de personnes pieuses, lui mit la Médaille miraculeuse, et fit pour lui, avec ses enfants, une neuvaine à la sainte Vierge. Dès ce moment il éprouva une abondante sueur et recouvra, sans aucun traitement, l'usage de toutes ses facultés. Il ne lui reste aucune trace de sa maladie. Sa foi ne lui permet pas de taire qu'il ne doit sa guérison qu'à la

sainte Vierge, dont il promet bien de ne jamais quitter la Médaille. Il a bien voulu nous donner ces détails écrits de sa main. Cette guérison eut lieu dans le mois d'octobre 1834. Nota. Nous venons d'apprendre, 10 novembre 1835, que sa santé n'a éprouvé aucun dérangement depuis sa guérison.

Guérison de M. Guisse, Major en retraite.

Paris, 19 mars 1835.

« Je ne saurais assez vous exprimer toute ma gratitude pour la Médaille de l'Immaculée Conception de la sainte Vierge et pour la notice.

« Le 4 janvier dernier, mon médecin avait déclaré à ma famille que je ne passerais pas la nuit. Alors une demoiselle pieuse qui habite la même maison, m'appliqua cette Médaille aux pieds, qui étaient comme paralysés, et soudain je pus les mouvoir; on me la passa ensuite au cou, et dès le lendemain matin j'étais hors de danger. Je suis à présent en pleine convalescence, et je suis bien persuadé que je dois à la sainte Vierge, par la vertu de la Médaille, d'avoir été rendu à la vie.

« Agréez, etc. Guisse,

« Major en retraite, rue des Acacias. »

Guérison de Mademoiselle Anastasie Oppermann.

Dijon, 7 avril 1835.

« Par cet écrit je certifie à toutes les personnes qui en feront la lecture, qu'à l'âge de dix-sept ans je me trouvai dans un bien triste état dont j'ai eu le bonheur d'être délivrée. Voici les détails :

ce Le saint jour de Pâques, 30 mars 1834, je m'aperçus

d'une rougeur dans l'œil droit, que je n'avais jamais vue ; je n'y fis pas d'abord grande attention, pensant que ce ne serait rien. Cependant le mal empira si fortement, que, dans l'espace de huit jours, je perdis entièrement la vue. On employa tout de suite les remèdes de l'art, qui ne produisirent presque nul effet, et je restai trois mois dans cet état, ne pouvant aller d'un endroit à l'autre qu'à l'aide d'une personne.

« Cependant Dieu, dans sa grande miséricorde, a daigné me rendre la vue par l'intercession de l'Immaculée Marie, vraie Mère des affligés. Une Sœur de Charité de la paroisse Saint-Michel se sentit pressée, durant la sainte Messe, de me parler de la Médaille miraculeuse-, en effet, cette bonne Sœur vint m'en parler, et m'excita à la confiance en la sainte Vierge. A la vue de la joie que j'éprouvai de ses paroles, elle me fit baiser la Médaille en présence de plusieurs personnes et me la donna. Aussitôt je me sentis émue; mais cette émotion si douce s'augmenta bien davantage, lorsque, quelques minutes après, j'entrevis la cornette de la Sœur, et environ un quurt d'heure plus tard, je vis bien plus distinctement l'habillement d'une personne qui était à côté de moi. Oh! alors je ne pus m'empêcher de m'écrier : Quel bonheur! je ne suis plus aveugle! 0 mon Dieu î quelle grâce vous venez d'accorder à votre sainte Mère pour une aussi faible créature que moi!

« Après cela la bonne Sœur me recommanda de faire une neuvaine à la très-sainte Vierge, disant qu'elle s'y unirait elle-même, et ferait la sainte communion à mon intention.

«L'époque où j'eus le bonheur de voir clair pour la première fois fut le mercredi dans l'octave de la Fête-Dieu ; le médecin étant venu le vendredi, fut bien étonné de voir un tel changement en moi : car il ne m'avait jamais répondu de ma guérison, parce que, disait-il, mon mai était grave,

et que j'avais sur les yeux une peau blanche et fort épaisse, mal dont il est bien rare de guérir.

« Je finis, en priant les personnes qui liront ce récit de vouloir bien s'unir à moi pour rendre à Dieu et à sa sainte Mère de continuelles actions de grâces, etdeprier l'auguste, l'Immaculée Marie, de nous couvrir toujours de sa puissante protection. Anastasie Oppermainn. »

Pour certifier la vérité des faits contenus dans la présente, 11 avril 1835:

Comparot, curé de Saint-Michel ; H. baron Fasser; veuve Oppermann ; Sigaul ; Riambourg ; Maria Cranis ; Julie Léguât; veuve Morin.

Gue'rison de madame Faquier, atteinte d'êpilepsie constatée

Ismérie Gellé, femme de Jean-Baptiste-Remy Vaquier, âgée de vingt-huit-ans et mère de quatre enfants, habitait la paroisse de Bouchavesnes, près de Péronne (Somme). En 1828, allant rendre de l'ouvrage dans une commune voisine, elle fut, par la rencontre d'un malfaiteur au milieu des bois, saisie d'une grande frayeur dont les suites ont été bien funestes, car, peu de jours après, elle tomba dans un état d'irritation nerveuse, et bientôt dans l'épilepsie la plus caractérisée. Ces accès étaient très-fréquents, et souvent quatre ou cinq hommes suffisaient à peine pour la tenir. Du reste, sa maladie, connue de tout le village, nous est certifiée non-seulement par elle et son mari, mais encore par M. le curé et par son médecin, dont voici les certificats :

« Je, soussigné, curé desservant de la paroisse de Bouchavesnes, certifie que la nommée Ismérie Gellé, femme

Yaquier, fut atteinte d'épiiepsie en 1828, ainsi que les années suivantes.

« 4 juillet 1835. « Gardien, curé desservant. »

« Je, soussigné, Jean-Denis Carpentier, officier de santé de la commune de Moislains, canton et arrondissement de Péronne, certifie avoir traité, dès Tannée 1828, la nommée Ismérie Gellé, femme Yaquier, atteinte d'épiiepsie durant sa grossesse; je déclare aussi que ses accès se répétaient encore après ses couches.

« En foi de quoi, etc.

« Moislains, 2 juillet 1835. Carpentier. »

« Nous, adjoint au maire de la commune de Moislains, arrondissement de Péronne, certifions que la signature cidessus est celle de M. Carpentier, officier de santé, demeurant audit Moislains, et que foi doit y être ajoutée.

« Moislains, 3 juillet 1835. Tabuy, adjoint. »

Yersle mois d'octobre 1835, Ismérie Gellé vint avec son époux et ses enfants habiter Paris ; ses attaques étaient toujours aussi fréquentes et aussi violentes. Une multitude de personnes en ont été témoins, et en particulier les Sœurs de Charité du sixième arrondissement et M. le docteur Defert, dont voici le certificat :

« Je, soussigné, docteur en chirurgie de la faculté de Paris, certifie qu'il y a environ deux mois, étant dans la maison de secours de la rue Aumaire, la nommée Ismérie Gellé, femme Yaquier, demeurant rue du Ponceau n° 17, a eu, en ma présence, une attaque d'épiiepsie.

« Paris, 29 juin 1835.

« Defert, docteur en chirurgie. »

Tel était l'état de cette pauvre mère de famille, lorsque le 29 avril, jour où elle avait eu trois attaques, une Sœur lui parla de la Médaille miraculeuse, et lui conseilla une neuvaine pour obtenir la guérison de son épilepsie. Aussitôt cette femme se sentit remplie de confiance, et commença sa neuvaine, qui consistait dans la récitation du chapelet, ajoutant, après chaque Ave Maria, l'invocation : O Marie conçue sans péché ! etc. Elle nous a fait observer que, depuis environ un mois, elle avait une de ces attaques tous les soirs en se couchant, et, dès ce premier jour delà neuvaine, elle n'en eut point, ce qui augmenta de beaucoup sa confiance envers l'Immaculée Marie, et ce ne fut pas en vain, car depuis ce moment jusqu'à ce jour 25 décembre, nonseulement elle n'a plus eu là moindre attaque, mais même elle n'a plus senti ce malaise qu'elle éprouvait autrefois dans les intervalles d'un accès à l'autre, et son mari me certifie pareillement qu'il n'a plus, depuis lors, remarqué dans ses traits une certaine décomposition qui lui annonçait toujours la présence de la maladie et Y approche des attaques, même dans les jours, en si petit nombre, où elle n'avait pas de crise. Au ,reste, sa guérison est connue de tous ceux qui ont quelque rapport avec elle; et, dans sa vive reconnaissance envers l'Immaculée Mère de Dieu, qu'elle désire si ar demment glorifier et faire glorifier, Mme Vaquier nous au. torise à faire connaître son adresse : rue du Ponceau n° 17, à Paris.

Guérison de Joseph Amandola.

Nous pensons que le lecteur sera satisfait de connaître dans toute sa simplicité la déclaration suivante d'un père de famille dont le Seigneur a daigné récompenser la foi par l'entremise de la divine Marie. Il serait impossible de dé-

peindre avec quelle effusion de cœur il témoigna sa reconnaissance à la personne qui lui avait donné la médaille, quelques jours après la grâce reçue par ce moyen.

« Je, soussigné, atteste, et, s'il le fallait, même avec serment, qu'un de mes fils, nommé Joseph, tomba gravement malade, pendant le mois de janvier dernier, d'une fièvre putride-véreuse, accompagnée de grands maux de tête. J'allai chez M. Pierre Falcone, médecin, pour le consulter ; ne pouvant lui parler tout de suite, je fus obligé de l'attendre dans un café près de son château. Là, j'entendis parler des prodiges opérés parla médaille de la sainte Vierge, surnommée miraculeuse, qui avait été apportée de France; on me dit que les RU. Pères de la mission avaient lesdites médailles qui opéraient des prodiges. Je me rendis aussitôt chez eux, et suppliai, pendant une heure, tantôt un missionnaire, tantôt un autre, de me procurer une médaille; mais ils n'en avaient plus. Enfin le supérieur, touché de mes instances, ordonna à un Frère de me donner celle de son chapelet. Lorsque j'eus reçu la précieuse médaille, je volai à la maison, et me jetant à genoux avec ma femme et mes enfants, je la donnai à mon fils maiade qui l'appliqua sur son front. Nous récitâmes le Salve Regina, le Sub tuum et l'oraison Concède. A peine eûmes-nous achevé ces courtes prières, qu'elles furent suivies de la guérison instantanée du malade. En foi de la vérité et à la gloire de la divine Marie, j'ai remis la présente déclaration, écrite et signée de nia propre main. Louis Amandola.

a Saint-Jean de Feduccio,22 février 1836. »

Guérison d'Henriette Vandenplassche. (Anvers.)

Henriette Vandenplassche, demeurant rempart Sainte-Catherine, section B, n° 288, à Anvers, âgée de cinq ans, était

devenue aveugle par suite de la rougeole; après quatre semaines de traitement et d'application des remèdes prescrits par un bon médecin de Ja ville, les parents apprirent, pour toute consolation, qu'ils devaient prendre patience, car elle pourrait bien rester six mois et peut-être un an aveugle.,.] d'où ils conclurent, avec raison, qu'il était très-douteux si jamais elle guérirait, d'autant plus que le médecin abandonna l'enfant. Une. personne guérie par la Médaille miraculeuse engagea la pauvre mère à commencer avec confiance une neuvaine en l'honneur de l'Immaculée Conception de la sainte Vierge, et elle lui procura la médaille bénite, que la mère mit au cou de l'enfant, recommandant à sa petite et malheureuse fille de bien dire ses Pater avec elle à la sainte Vierge, l'assurant qu'elle serait bientôt guérie. Tous les jours la mère conduisit sa fille à l'église, à la messe, et n'en parla à personne, pas même chez elle. Le huitième jour l'enfant souffrit plus qu'à l'ordinaire, et le neuvième jour, dans l'après-midi, la fille s'écria : « Maman, tiens, ma sœur a mis aujourd'hui une telle robe. » La mère toute surprise, lui demanda d'où elle le savait, et elle répondit : « Mais, maman, je le vois par les petits trous de mes yeux. » Depuis lors, l'enfant est guérie radicalement, et je l'ai trouvée aussi bien portante que moi. Les parents m'ont donné la permission d'écrire le nom, le prénom, l'âge et le numéro de la maison.

Guérison d'une dame et d'un enfant. (Metz )

Une femme d'une paroisse de Metz se trouvait très-mal; depuis plus d'un mois, elle ne pouvait avaler à la fois qu'une goutte d'eau qui ne passait même pas dans son estomac. Parents et médecins étaient persuadés qu'elle pouvait à peine vivre quelques jours. Une personne pieuse vint la

voir et lui fit prendre la Médaille miraculeuse. Dès le lendemain il y avait un mieux sensible, quelques jours après elle pouvait prendre un bouillon, et en très-peu de temps elle fut hors de danger. Aujourd'hui elle est parfaitement rétablie. Une dame du quartier apprend cette guérison au moment où elle partait pour conduire aux eaux une petite fille de neuf à dix ans, malade depuis longtemps de manière à lui donner de sérieuses inquiétudes pour l'avenir; elle donne la médaille à l'enfant, et le surlendemain du départ, avant d'être arrivée aux eaux, elle écrit à son mari : Nous ri avons plus besoin des eaux, notre petite est guérie, elle court et saute comme les autres enfants.

N. B. Ces détails sont certifiés par M. le Curé de la paroisse.

Conversion d'un riche habitant de Vile de Chypre.

Ile de Chypre, Asie-Mineure, 25 mai 1864.

Nous venons d'être les témoins, à Chypre, d'une merveille de la grâce de Dieu dont je m'empresse de vous donner connaissance : car le fait ne peut manquer de causer une douce émotion aux cœurs de tous ceux qui se font gloire d'être enfants de Marie.

Un homme très-riche et placé par sa position parmi les plus notables habitants défile, vice-consul de ***, mourait, il y a environ un mois et demi, dans les sentiments les plus chrétiens. Chacun s'étonnait du changement subit qui s'était opéré en lui; car depuis bien des années qu'il avait perdu sa fille, tendrement aimée, cet homme ne s'était pas approché des sacrements. Tar une de ces dispositions mystérieuses de la Providence, dont Dieu seul a le secret, à peu près tous les membres de sa famille étaient morts sans recevoir les consolations de la religion, ce qui redoublait l'inquiétude des cœurs chrétiens à son égard.

Le digne curé de L*** le visitait souvent, et se désolait de n'obtenir d'autre réponse à ses exhortations que celle-ci : Mon Fère, notes avons bien le temps... dans quelques fours nous verrons!...

Cependant les symptômes de la mort se montraient de plus en plus manifestes : la respiration devenait plus difficile; les extrémités se glaçaient. Mais l'endurcissement persistait. C'était toujours la même réponse ; toujours ces mots : « Dans quelques jours !... » sortaient de la bouche livide qui devait dans quelques heures se fermer à jamais.

Sur ces entrefaites, une dame française eut l'idée d'envoyer une médaille de Marie conçue sans péché au curé de L***, en le priant de la faire accepter au malade. Le lendemain nous apprenions sa mort. Nous étions tous désireux de savoir s'il était revenu à Dieu, quand le curé parut plein d'émotion, et nous assura que la très-sainte Vierge avait daigné opérer un véritable miracle en faveur de son pauvre ou plutôt de son heureux défunt. « J'étais assis près de lui, nous dit-il; je n'osais lui montrer la médaille, car peu de temps avant il m'avait imposé silence, en me disant de la manière la plus formelle qu'il ne voulait pas entendre parler de sacrement, et qu'il serait bien assez tôt dans quelques jours. Ne sachant quel parti prendre, j'ai recours à la sainte Yierge, je l'invoque pour qu'elle touche le cœur du pauvre moribond, et je glisse la médaille sous son oreiller. 0 merveille! peu d'instants après, il se retourne vers moi et me dit avec vivacité : « Eh bien! mon père, quand commence- . rons-nous? — Commencer quoi? — Mais, ma confession. Je ne veux pas tarder plus longtemps, car enfin on ne sait ce qui peut arriver. » — Immédiatement, en effet, la confession fut commencée. Quand il eut reçu toutes les consolations de notre sainte religion, le curé montra la sainte médaille au mourant. Celui-ci voulut étendre les mains pour

la prendre, mais ses membres tremblants ne remplissaient plus leurs fonctions. Alors le curé plaça l'image de Marie devant les lèvres du moribond : il la couvrit de mille baisers. — Mon Dieu! mon Dieu! disait-il^ ayez pitié de moi! Pardonnez-moi. Enfin, ayant la médaille sur la poitrine et le nom béni de son Sauveur sur les lèvres, il mourut doucement le matin du 11 avril.

Voilà, monsieur le curé, le récit fidèle d'une des innombrables grâces accordées par la très-sainte Vierge. Vous pouvez le publier si vous le jugez à propos.

Je crois que notre sainte Mère a des vues sur Chypre. 11 serait bien à désirer que l'Arcbiconfrérie y fut établie. Plus tard, je l'espère, il en sera ainsi. En attendant, donnez place à ses habitants dans vos saintes prières et recommandez-les à celles des Associés.

Enfants de Marie sauvés du danger.

On lit dans la Couronne de Marie :

Un jeune homme venait de recevoir la médaille dite miraculeuse, et il en avait donné une à sa jeune sœur. Le soir même du jour où ils la prirent tous les deux, ils se trouvaient dans une chambre au troisième étage d'une maison en réparation. Les ouvriers avaient eu l'imprudence d'entasser les tuiles au dessus du grenier correspondant à cette chambre. Tout à coup, sous le poids, le toit s'écroule avec fracas, entraînant dans sa chute le plafond du troisième étage. 0 providence! une poutre brisée en deux par le choc s'arrête au dessus de la jeune fille qui se trouve ainsi préservée de tout accident. Le jeune homme se tenait auprès d'une table massive qui fut écrasée, et il n'éprouva d'autre mal que celui d'être couvert de poussière, quoique le toit fût à jour au dessus de lui. Sa première pensée avait

été de porter la main sur sa poitrine, où se trouvaient son seapulaire et sa médaille. Nous tenons le fait du jeune homme lui-même, qui mérite toute confiance, et attribuait à la protection de Marie d'avoir été préservé, lui et sa sœur, d'un si grand danger.

Une jeune comédienne convertie.

Une pauvre fille, née à Paris, n'avait de chrétien que le baptême. Livrée par ses parents, dès l'âge de six à sept ans, aux petits théâtres de la capitale comme danseuse, elle n'avait jamais reçu les moindres notions de religion, elle n'avait jamais eu le bonheur d'aller à confesse, ni de recevoir à la sainte Table ce Dieu qui remplit de tant de joie le cœur des enfants quand ils s'en approchent bien préparés. À l'âge de seize ou dix-sept ans, se sentant du goût pour le théâtre, elle s'y était livrée, et jouait dans la province. Mais des affaires l'ayant ramenée à Paris, elle y tomba dangereusement malade. Ce coup, que la Providence ménage ordinairement dans sa miséricorde, afin de faire revenir le pécheur, ne toucha point le cœur de cette malheureuse ; il ne fit même que l'exaspérer et lui donner occasion de manifester ses sentiments impies. L'aumônier étant entré dans la salle de la maison de santé où elle s'était fait transporter, cette vue lui inspira un saisissement d'horreur : « Que me veut, s'écria-t-elle, ce ministre de la mort? qu'on ne le laisse pas s'approcher de moi ! » Cependant sa maladie était mortelle, et tout semblait annoncer la réprobation éternelle de cette pécheresse. Alors une personne charitable la recommanda aux prières de l'association en l'honneur du Sacré Cœur de Marie,, On commença ces prières le dimanche, 4 novembre ; le lendemain on lui envoya une médaille miraculeuse. Loin de rebuter ce signe de religion qui, quel-

ques jours auparavant, l'eût mise en fureur, elle le reçut au contraire avec plaisir, écouta les conseils chrétiens qu'on lui donna, promit de les suivre, mais en disant : « Qu'estce que je ferai? qu'est-ce que je dirai ? je n'en sais rien, on ne m'a rien appris! » L'aumônier, averti de sa nouvelle disposition, commença son instruction; bientôt après il reçut sa confession, et lui administra les sacrements le 15 ou le 16 novembre, et le dimanche suivant, 18, elle rendit son âme à Dieu, à neuf heures du matin. Les dernières paroles qu'on lui entendit prononcer furent celles-ci : « Marie conçue sans péché, ayez pitié de moi qui ai recours à vous. »

Récit du directeur des écoles d'Orient.

«Nous avons enNubieune mission catholique : elleestdirigée par un prêtre italien, natif de Yérone. Le territoire de cette mission s'étend sur une superficie de plus de trois cents lieues de long, de la première cataracte du Nil jusqu'à la ville de Khartoum. Je m'empressai de me rendre dans la maison du missionnaire. Nous nous entretînmes longtemps : nous parlions, lui de l'Afrique, qu'il a visitée jusqu'à l'Equateur, moi de l'Europe, dont il désirait avoir des nouvelles. La conversation étant tombé sur Paris, j'en profitai pour demander au missionnaire s'il connaissait l'Archiconfrérie. Comment, me répondit avec vivacité le religieux, si je la connais ! Nous l'aimons tous ici. Voyez ce petit noir qui joue à quelques pas de nous. C'est un enfant de Notre-Dame des Victoires. Voici son histoire.

« Je l'avais acheté, il y a de cela deux ans, au delà de Khartoum, à des marchands d'esclaves. Je voulais l'élever, en faire plus tard un petit clerc. L'un de mes premiers soins fut de le baptiser : je lui donnai le nom de Louis. Dans mon voyage pour revenir à la mission, je fus pris

d'une fièvre ardente, pendant laquelle on me dépouilla de tout ce que je rapportais avec moi. Mon plus cher trésor, le petit Louis, me fut aussi enlevé. Je le cherchai vainement quand je revins à la santé. Il me fallut partir sans lui. Je n'espérais plus le revoir jamais, quand un jour, me trouvant chez nos Pères de Khartoum, un chrétien cophte schismatique se présenta à moi et me dit : « Père, je viens te faire une restitution. — Laquelle? — Te rendre un petit noir qui t'appartient. — Mon petit Louis ! est-ce que tu l'as? — Oui, et je vais te l'amener. — Comment est-il tombé en ton pouvoir ? — Il t'avait été enlevé par des Berberas appartenant à une tribu du désert. Or, peu après la capture, cette tribu eut une guerre à soutenir. Louis fut emmené au combat. Le pauvre enfant reçut une affreuse blessure et fut laissé pour mort. Des marchands d'esclaves étant venus butiner sur le champ de bataille, s'aperçurent que l'enfant respirait encore et le prirent pour en trafiquer. Les ayant rencontrés, j'achetai le petit esclave pour l'employer à mon service. J'avais remarqué qu'il portait au cou un petit objet de cuivre. Je crus que c'était un gris-gris (espèce d'amulette que portent les noirs). Quel ne fut pas mon étonnement quand je vis que l'image de la sainte Vierge était représentée sur le petit objet de cuivre. Je compris que reniant appartenait à des chrétiens, et, tout de suite, je formai le projet de le rendre. A force de recherches, j'ai fini par découvrir que tu en es le maître. »

« Je n'ai pas besoin de vous dire, ajouta le missionnaire en terminant son récit, si je fus heureux de retrouver mon petit Louis. Je remerciai le chrétien cophte, mais je remerciai plus encore la sainte Vierge, qui avait voulu se servir de la médaille miraculeuse que je lui avais attachée au cou, le jour de son baptême pour me le rendre. Or, ajouta-t-il, encore, vous n'ignorez pas que la médaille miraculeuse est le

19f> LA DÉVOTION A MARIE.

signe des associés de l'Àrchiconfrérie. Ai-je donc tort de vous dire que mon petit Louis est l'enfant de Notre-Dame des Victoires ?

Délivrance d'un possédé. (Chine.)

Lettre des Missionnaires de Macao, du 25 août 1841 : « Une veuve qui n'avait qu'un fils, élevé comme elle dans le paganisme, le vit tomber tout à coup sous l'empire du démon; il était tellement possédé que tout le monde se sauvait devant lui et qu'il courait dans les champs, jetant des cris lamentables. Si quelqu'un se trouvait assez hardi pour vouloir l'arrêter, il était aussitôt saisi et renversé par terre. La pauvre mère était au désespoir et se mourait de chagrin ; mais la divine Providence daigna jeter des regards de bonté sur cette malheureuse famille. Un jour que ce jeune homme était plus que jamais tourmenté, il fuyait de tout côté comme un vagabond, ne sachant où il allait, chacun voulait courir après lui pour l'arrêter ; mais il repoussait brutalement tous ceux qu'il saisissait. Le Dieu de toute bonté permit qu'il se trouvât en cet endroit un chrétien qui, animé d'une foi vive et voyant le démon maltraiter ce malheureux d'une manière aussi tyrannique, dit à tous ceux qui couraient après lui de se retirer, qu'il se faisait fort de l'arrêter seul, de le calmer et de le ramener tranquillement à sa mère. Ce langage parut étonner tous les paysans ; cependant ils le laissèrent aller, quoiqu'il y eût, selon eux, un grand danger. Ce bon chrétien portait la médaille miraculeuse de l'immaculée Marie ; il la prit dans sa main, et, dès qu'il se fut approché du possédé, il la lui montra en commandant au démon de le laisser en repos et de s'enfuir; ce qu'il fit à l'instant même. Ce jeune homme, voyant le chrétien tenir sa médaille, se jeta à terre, humblement pros-

terne devant cetie image miraculeuse, sans savoir ce que c'était. Les païens, qui examinaient de loin ce qui se passait, étaient dans le plus grand étonnement. Cependant le chrétien lui dit de se relever et de le suivre, et, tenant toujours en main sa médaille, qui était devenue comme une pierre d'aimant pour le jeune païen, il le conduisit à sa mère. À peine fut-il auprès d'elle, qu'il la consola en lui disant : « Ne pleurez plus, je suis parfaitement délivré. Le démon m'a quitté dès qu'il a aperçu cette médaille. » Pensez quelle fut la joie de cette pauvre mère en entendant son fils parler ainsi ! Elle ne savait si c'était un songe ou une réalité. Le chrétien la rassura et lui raconta tout ce qui s'était passé, ajoutant que son fils ne serait plus possédé à l'avenir si elle voulait renoncer aux idoles et se faire chrétienne. Elle le promit bien sincèrement, et tous deux commencèrent à descendre leurs faux dieux de dessus l'autel. Alors le chrétien, dans la certitude qu'ils seraient fidèles dès qu'ils seraient instruits des vérités de la foi, se retira tout comblé des remercîments de la mère et du fils pour le service inappréciable qu'il venait de leur rendre. »

Extrait d'une lettre de M. Faivre, missionnaire apostolique dans la province de Nankin, du 6 mai 1841 :

« Les deux grands moyens dont le bon Dieu s'est servi pour faire le bien dans cette mission, sont la protection de Marie Immaculée et la croix de notre Sauveur. Pour la protection très-puissante de Marie, conçue sans péché, nous l'avons éprouvée si souvent et d'une manière si spéciale, soit en ce qui concerne nos personnes, soit en ce qui regarde le bien qui s'est fait dans la mission, que je serais trop long si je voulais rapporter en détail tous les bienfaits que nous avons reçus de sa main maternelle.

« Voyant les bontés de la très-sainte Vierge, si grandes envers nous et envers nos chrétiens, nous avons fait tout ce que nous avons pu pour l'honorer et la faire honorer par les fidèles, auxquels nous avons cherché à inspirer la plus vive confiance en cette bonne et excellente Mère. Le jour de l'Assomption 1839, nous lui avons consacré trèsspécialement cette Mission, que, depuis ce temps-là, nous avons appelée le Diocèse de Marie, Nous avons donné pour règle aux vierges d'honorer d'une manière toute particulière l'Immaculée Conception de Marie. Nous avons établi Marie Immaculée patronne du séminaire que la Providence a créé dans cette Mission, où il y a maintenant six élèves qui vivent avec régularité et édification, et font des progrès rapides dans l'étude de la langue latine. Tous les jours ils récitent le Te Mariant et observent quelques autres pratiques en l'honneur de la très-Immaculée Marie, leur patronne .

On n'espère jamais en vain en Marie,

Le trait suivant nous a été donné par une fidèle enfant de Marie, mademoiselle Coraly de Gayx, dont la mort prématurée a laissé inconsolables les pauvres et les malheureux, dont elle était la seconde providence.

Il y a dans notre paroisse un vieillard de 77 ans, qui faisait marcher de pair le métier de tailleur et de cabaretier. C'est l'un des plus riches de la paroisse et des plus érudits, ce qui ne veut pas dire grand'chose; mais enfin il savait assez lire pour repaître son esprit de tout ce qu'il y avait de pis dans les égouts des journaux les plus impies. Sa vie était un scandale; sa maison, une école de libertinage; il professait l'athéisme et l'immoralité : c'était là que toute notre jeunesse allait faire naufrage. Il parlait beaucoup de

religion, mais c'était pour la tourner en ridicule et l'outrager de toute manière : enfin, depuis quarante ans, cet homme était la peste du pays et le désespoir de tous ceux qui voulaient le bien. Un de ces jours, c'était dans les derniers jours d'août, le bruit court qu'il est fort malade; notre curé n'attend pas qu'on l'appelle; il se présente sans façon ; le malade le voit sans peine,, mais il l'accueille avec force quolibets et force sarcasmes sur notre sainte religion et ses divins mystères. Le pauvre curé se retire le cœur fort triste. Il vint me conter cela et m'engagea à aller le voir ; il écrivit à l'Archiconfrérie de la Plattée pour le recommander aux prières des bonnes âmes; il dit la messe à cette intention; des Memorare furent récités avec grande confiance. Je montai aussitôt en voiture pour aller faire mon excursion. Pensez si, pendant la route, je récitai des Souvenez-vous, et si je chargeai ma médaille de toutes mes recommandations!... Arrivée sur la porte, la bru vint me recevoir. -— « Ah ! mademoiselle, me dit-elle, n'approchez pas ! il sent si mauvais ! » Je ne sais si l'on redoutait ma visite, mais cet argument ne m'arrêta pas. Le malade eut l'air très-satisfait de ma visite ; il me dit combien il était fâché de la peine que je prenais, et me parla de ses souffrances avec détail ; alors je ne perdis pas mon temps, et, lui montrant ma médaille, je lui dis combien son état me touchait et que j'avais pensé à lui porter un talisman merveilleux pour guérir les malades ou calmer leurs douleurs, qu'il ne s'agissait que de baiser cette médaille de temps en temps, en priant la sainte Vierge de venir à notre secours. Un peu étonné de mon langage, il prit la médaille, la regarda, la tourna dans tous les sens. Quand je voulus la suspendre à son cou, il se laissa faire sans résistance. Je le priai de la baiser, il le fit aussitôt. Je croyais avoir déjà commencé à remporter la victoire, et je me retirai en di-

sant à Marie : « Je viens de faire tout ce qui était en mon pouvoir, à vous maintenant l'impossible. » Mais je ne fus pas plutôt partie que ce malheureux se mit à rire de mon cadeau et à dire que tous ceux qui croyaient à ces bêtiseslà n'étaient que des imbéciles. Sur ces entrefaites, le curé se présente de nouveau. — « Ah! monsieur, lui dit cet homme d'un ton railleur, je viens d'avoir une visite. Mademoiselle est venue me voir; elle est bien bonne, mademoiselle. Elle m'a donné quelque chose, une espèce de médaille, qu'elle dit venue de Rome et bénite par le Pape. Ce doit être bien précieux! Tenez, la voilà : est-elle d'or ou de cuivre? elle dit que la sainte Vierge peut me guérir. Mais moi, je n'y crois pas, à sa médaille. Elle a voulu l'attacher à mon cou ; je l'ai laissée faire; mais, si cela m'embarrasse, je m'en serai bientôt défait!... » Monsieur le curé voulut lui faire entendre raison; il lui parla de se confesser. «Me confesser! dit-il, qu'est-ce que cela veut dire? Moi, je n'ai rien fait de mal dans ma vie, si ce n'est de garder quelques morceaux de drap, quand je faisais des culottes, pour les donner à ceux qui en manquaient. D'ailleurs, je n'y crois pas, à la confession.» — «Mais, malheureux! lui dit le curé, si vous alliez perdre le ciel ! » — « Le ciel ! je ne veux pas y aller, au ciel : il n'y a que des femmes, des enfants et des imbéciles. Tous les gens d'esprit sont en enfer : et puis, qu'est-ce que le ciel? qu'est-ce que l'enfer?... Vous n'y croyez pas, je pense?... — Eh bien! si vous y croyez, vous êtes une f . . . bête. » Vous pensez quelle dut être la désolation du pauvre curé, quand il sortit de là. Il commençait à jeter le manche après la cognée, lorsqu'enfin, le jour de Saint-Augustin, 28 août, comme j'allais à la messe, je trouvai mon curé tout radieux. « Mademoiselle, me dit-il d'un air triomphant, je le tiens enfin, ce pauvre homme! la sainte Vierge l'a écrasé. Il a demandé lui-même à se

confesser; il l'a fait avec beaucoup de larmes; je lui ai porté le bon Dieu qu'il désirait avec ardeur. Avant de le recevoir, il a fait publiquement sa profession de foi et a demandé pardon à tout le monde; je lui ai donné l'extrêmeonction. Le voilà maintenant enchanté de son sort, disposé à souffrir ou à mourir, comme il plaira à Dieu. » Je courus aussitôt vers ce brave homme, il me reçut avec bonheur. « Eh bien! lui dis-je en entrant, vous avez reçu une belle visite! On m'a dit que le bon Dieu lui-même était venu vous voir!» — Oh! oui! me répondit-il, et, quand je serai au ciel, soyez tranquille, mademoiselle, je ne vous oublierai pas. » Puis il m'a montré la petite médaille qu'il a serrée sur son cœur, et je suis sortie de là les yeux pleins de larmes, l'âme inondée de joie, toute pénétrée de reconnaissance envers Marie, qui m'apprend tous les jours par de nouveaux prodiges à espérer contre toute espérance.

Guerison d'un frère de la Doctrine chrétienne.

Un Frère de la. Doctrine chrétienne, de la communauté de Paris, souffrait depuis longtemps d'un mal au pied qu'aucun remède n'avait pu guérir. Le mal empirait de jour en jour, sans qu'on pût en arrêter les progrès. Enfin, le chirurgien jugea que l'amputation était devenue indispensable. Le malade,, justement affligé de la perspective de cette opération, eut recours à la prière, sans que pour cela il éprouvât aucun soulagement dans son état. Pendant une nuit où il souffrait plus que d'ordinaire, il eut la pensée de recourir à la Médaille miraculeuse qu'il portait sur lui; il la prit aussitôt, la glissa sous les linges qui couvraient son pied pour la faire touchera l'endroit malade; il fit la prière O Marie conçue sans péché. Aussitôt il sentit la douleur se calmer, de manière à lui permettre de s'endormir. Il dormit

d'un sommeil très-paisible, et en s'éveillant le matin, il fut tout surpris de n'éprouver aucune douleur. Il touche son pied, se lève, et s'aperçoit que le mal a totalement disparu. Il court lui-même aussitôt en avertir la communauté, et la prie de s'unir à lui pour rendre grâces à Dieu d'une faveur aussi signalée et aussi glorieuse pour Marie, qui la lui avait obtenue. Le supérieur lui-même a attesté ce fait connu de toute la communauté.

Lettre de M. Perboyre.

— M. Perboyre, mort martyr le 11 septembre 1840, écrivait, le 10 août 1839:

« Comme j'étais à faire la mission dans une chrétienté du Houan, en novembre 1837, les chrétiens de l'endroit me présentèrent une jeune femme atteinte d'aliénation mentale depuis environ huit mois, me disant qu'elle désirait ardemment se confesser, et que, quelque incapable qu'elle fût d'une pareille action, ils me suppliaient de ne pas lui refuser une consolation qu'elle avait tant à cœur. Le triste état où elle était réduite ôtait toute apparence d'utilité dans l'exercice de mon ministère auprès d'elle; cependant je l'entendis par pure compassion. En la congédiant, je la mis sous la protection spéciale de la sainte Yierge, c'est à dire que je lui donnai une médaille de l'Immaculée Conception. Elle ne comprenait pas alors le prix du saint remède qu'elle recevait ; mais elle commença dès ce moment à en ressentir la vertu, en éprouvant un mieux qui alla se développant au point que, quatre ou cinq jours après, elle était entièrement changée. A un désordre complet d'idées, à des appréhensions qui la tenaient continuellement dans des angoisses mortelles, où je crois que le démon était pour beaucoup, succédèrent le bon sens, le calme et le bonheur. Elle

se confessa de nouveau et fit la sainte communion avec les sentiments les plus vifs de joie et de ferveur. {Notice historique sur V origine et les effets de la médaille miraculeuse).

Les Français en Crimée.

Un jeune sergent écrivaità sœur: « Je porte avec dévotion la médaille de la sainte Vierge et le scapulaire que m'a donnés la chère sœur; je vous prie de la remercier. »

Extrait d'une lettre d'un capitaine à son père.

« M. l'aumônier de ma division, que j'étais allé trouver (et tu sais pourquoi faire, car je n'ai pas oublié sous le frac tes bons conseils), m'avait donné le courage le plus décidé.

« Je lui ai montré la médaille que m'avait remise feu ma bonne mère, et il m'a répondu : « Allez, mon bon ami9 on ne périt jamais sous la protection de Marie ; et si le ciel demande pour votre pays le sang qui coule dans vos veines, la Reine du ciel vous ouvrira une patrie meilleure. »

Guérison et conversion.

Un homme riche et haut placé vivait dans une profonde indifférence ; quoique environné d'une famille pieuse, il se refusait à toutes les pratiques de la religion, et avouait même n'avoir pas la foi. Retiré dans une maison de campagne en 1835, dans le département de l'Orne, il fut atteint de douleurs si violentes et si continues, qu'on le crut sur le point de mourir. Dans ses grandes souffrances, il ne voulait entendre parler ni de prêtre ni de médecin. Sa pieuse compagne désolée ue peut que recourir à Marie, consolatrice des affligés et refuge des pécheurs. Elle se hasarde de lui

présenter une médaille de la sainte Vierge, il la rebute; le mal augmente, elle continue de prier et veut encore une fois lui donner sa médaille; alors il la reçoit et aussitôt demande un prêtre. Pendant qu'on va le chercher, le malade prie avec ferveur et demande à Dieu la grâce de faire une bonne confession avant de mourir. Il se confesse avec les sentimentsde la plus parfaite contrition; le danger n'ayant pas cessé, il reçoit les derniers sacrements, proteste que, si Dieu lui rend la santé, il réparera par une conduite plus chrétienne les scandales qu'il a donnés. Dès lors les douleurs se calment, et le médecin déclare bientôt qu'il est hors de danger. Voici la lettre qu'il écrivit à sa sœur quelques jours après, le 10 décembre 1835 :

« Je puis donc t'annoncer ma guérison et ma conversion miraculeuse; qui mieux que moi peut en juger ? Aussi je ne veux plus songer qu'à gémir sur ma vie passée et à remercier la divine Providence. Oh! que d'actions de grâces j'ai à lui rendre ! Mon cœur, mes pensées, tout changea en moi subitement ; la foi vint remplacer mes doutes, et, malgré Je souvenir de mes péchés, ma confiance fut entière du moment où j'eus recours à Marie. Je ne puis douter de sa protection visible, puisque j'en ai obtenu la santé du corps et celle de l'âme, bien préférable encore. Ma première sortie a été consacrée à aller remercier Dieu à l'église de Champeaux, où j'ai eu le bonheur de communier avant hier, jour de la fêle de l'Immaculée Conception, et j'ai été revêtu du saint scapuîaire. Je suis aussi heureux qu'on peut l'être sur la terre, et j'espère obtenir la persévérance, malgré tous les obstacles que je ne me dissimule pas pour l'avenir. La grâce qui m'a changé me soutiendra contre le démon et le respect humain. »

Sa ferveur, en effet, ne fit que croître, et il parlait avec effusion de cœur des faveurs signalées qu'il avait reçues de

Dieu par l'intereession de la divine Marie. (Cité par Mgr Dévie.)

V apostolat d'un enfant.

Voici ce qu'écrivait un missionnaire de la Chine en 1854 : « J'ai admis aujourd'hui à la première communion un enfant de douze ans, dont le père depuis longtemps négligeait ses devoirs religieux; il avait tout oublié, y compris même le signe delà croix. L'enfant me demanda une médaille de la sainte Vierge. « Je vous la donnerai, dis-je, mais à condition que vous convertirez votre père, que vous lui apprendrez les six prières nécessaires, et que vous l'amènerez à mon confessionnal. » Le petit garçon promit tout, et dès le premier soir se mit courageusement à l'œuvre. Je lui demandai un jour comment les choses marchaient; il me répondit, les larmes dans les yeux : — « J'ai reçu des coups. — Comment! il vous a battu, mon enfant; cela me fait beaucoup de peine, mais tout ne sera pas perdu devant Dieu. Ne craignez pas, je vous en supplie, de revenir à la charge. Quand je repasserai, j'espère que vous m'amènerez votre père. » En effet, à peine suis-je de retour, que mon petit garçon arrive avec son père. Je m'informai auprès de lui comment ses démarches avaient pu être couronnées de succès. Il me raconta la chose comme il suit : « Vous savez, me dit-il, que je fus battu, le premier soir. Quand je lui répétai, l'autre seir : « Père, il faut vous convertir et prier, il me dit: Laisse-moi en repos ou je te coupe le cou. Je répondis : Vous pouvez me faire tout ce que vous voudrez, pourvu que vous sauviez votre âme; je ne veux pas que vous alliez en enfer. — Petit diable, penses-tu qu'il y a un enfer? — Oui, il y en a un, et vous ne sauriez pas me dire pourquoi il ne pourrait pas y en avoir un. — Bah! bah! c'est encore

le Père sans doute qui ta fait accroire toiftes ces sornettes. Dormons bien cette nuit, nous y songerons après. — Papa, faites au moins un signe de croix. — Je ne saurais plus. — Je vais vous l'apprendre. » Et je l'aidai, à le faire deux ou trois fois, je revins de nouveau à la charge, le troisième jour, après le souper. « Papa, lui dis-je, nous allons répéter six prières; ce sera tout de suite fini. — Non, dit-il, je suis trop fatigué ; je préfère aller me reposer dans mon lit. — Ah! pauvre père, je crains que vous soyez étendu quelque jour dans un lit de feu, où les démons vous empêcheront bien de dormir. — Bon ! commence, je ne sais vraiment où tu as appris tout cela. » Cela se passait hier soir. Je lui dis enfin: « Le Père arrive demain; vous devez vous confesser. — Je n'ai pas ce temps-là; je dois m'occuper du jardin. — Cher papa, lui dis-je, vous aurez bien le temps d'être malade et de mourir; et quand vous ne serez plus, à quoi tous vos labeurs vous serviront-ils, puisque vous ne pourrez plus manger. » Il paraît que cette dernière observation fit impression sur le père; il rentra en lui-même. Inutile de vous dire que j'ai remis à ce jeune apôtre ma plus belle médaille. »

La médaille de Notre-Dame de Roc-Amadour.

Souffrant depuis un an d'une violente douleur à un genou, après avoir eu recours inutilement à plusieurs médecins, sur la proposition d'une Sœur institutrice dans notre paroisse, je pris sur moi la médaille représentant l'image de Marie de Roc-Amadour; je fis une neuvaine de prières pour obtenir de Marie ce que je sollicitais depuis longtemps de tous les médecins de la contrée. Je dois avouer ici, en l'honneur de Marie, que je n'eus pas plutôt sur moi cette médaille, que je sentis un mieux qui augmenta sensiblement

tous les jours, et que je fus radicalement guéri de cette infirmité qui m'empêchait de marcher. Je donne cette déclaration comme un témoignage de reconnaissance envers la bonne Marie, qui a daigné écouter mes prières,

A Roc-Amadour, où je me trouve aujourd'hui pour témoigner ma reconnaissance à Marie, 11 novembre 1847.

Serieys, de la Feuillade (Cantal).

CONGREGATIONS DE© EJOTANT^ £&E MARIE.

La charité, dit saint Paul, est le lien de la perfection chrétienne, à laquelle nous sommes tous appelés par la grâce de notre baptême. Aussi, dans ces beaux jours de l'Eglise naissante, où la multitude des croyants ne formait qu'un cœur et qu'une âme, les fidèles, unis par les liens d'une charité parfaite, pratiquaient tous la vertu avec une sainte émulation. Le zèle de la perfection était alors le caractère distinetif du chrétien, et la sainteté commune dans l'Eglise.

Mais, depuis que l'homme ennemi a semé l'ivraie dans le champ du Père de famille, depuis que la charité s'est refroidie parmi les fidèles, et que l'intérêt et la cupidité ont divisé les cœurs, la foi est devenue rare, et la piété, isolée au milieu d'un monde mauvais, se trouve exposée aux plus grands dangers.

s Pour i\ médier à une dépravation aussi générale et donner des secours efficaces à ceux qui échappent à la séduction générale, l'Eglise, toujours conduite par l'esprit de Dieu et pleine de sollicitude pour ses enfants, s'est appliquée à former de pieuses congrégations en l'honneur de Marie, qui sont autant d'arches saintes, dans lesquelles ses fidèles serviteurs trouvent un refuge assuré contre le déluge de désordres et de tentations qui désolent et inondent le monde entier.

L'expérience seule fait connaître les précieux avantages des congrégations établies sous la protection de Marie. Dans l'impossibilité de les énumérer tous, nous nous contenterons d'assigner les principaux.

Et d'abord, en vous enrôlant sous les étendards de la sainte Vierge, vous devenez doublement son enfant, en vous dévouant à son service par une protestation solennelle, que vous faites au pied de son autel, de l'honorer, de la servir et de l'aimer toute votre vie, de ne rien dire, de ne rien faire, et de ne permettre jamais que ceux qui dépendent de vous disent ou fassent rien contre son honneur. Enfin, vous lui promettez de ne l'abandonner jamais, mais de demeurer inviolablement attaché à son service jusqu'à la fm de votre vie.

De son côté, Marie, qui ne se laisse jamais vaincre en générosité, vous promet trois grandes faveurs insinuées dans l'acte de consécration. Premièrement, elle vous reçoit au nombre de ses enfants, vous imprimant sur le front une espèce de caractère virginal, un sceau de pureté et d'innocence qui vous distingue des autres chrétiens : Suscipe ?ne in servum perpetuwn.

Secondement, Marie vous promet de vous assister dans toutes vos actions, dans tous vos desseins, au milieu des périls et des dangers où vous pourriez vous trouver : Adsis nvihi in omnibus aclionibus meis. Enfin, elle s'engage à ne point vous abandonner à la mort, mais à vous visiter, à vous consoler dans vos angoisses, à vous protéger contre les tentations de l'ennemi de votre àme : Nec me deseras in horâ mortis.

11 est aussi très-avantageux d'avoir part aux mérites de tous les enfants de Marie et de former avec eux une touchante communion de prières et de bonnes œuvres ; en effet, dit saint Ambroise, si nous prions pour nos frères, ils

prient aussi pour nous, car nous sommes en eux par la charité. 0 mon Dieu, disait le saint roi David, je participe aux bonnes œuvres de ceux qui vous craignent. Le frère qui est aidé par son frère est invincible comme une ville forte, dit l'Esprit-Saint.

Quoi de plus salutaire pour les Enfants de Marie, Jetés de nouveau au milieu du monde où tout est piège et danger pour l'innocence, où la mort, selon l'expression d'un saint docteur, entre par tous les sens, quoi de plus doux que de venir quelquefois dans ces heureux asiles de la vertu où s'écoulèrent les plus belles années de la vie, aux pieds de la meilleure des mères, retremper son cœur, renouveler ses bonnes résolutions et secouer la poussière du siècle, qui s'attache même aux âmes les plus parfaites !

Quoi de plus utile que d'entretenir, comme les enfants d'une même famille, de saintes et d'aimables correspondances pour s'encourager dans le bien, pour s'aider mutuellement de bons et de charitables conseils !

Origine des congrégations de la sainte Vierge.

En 1563, vivait à Rome un jeune Religieux belge de la Compagnie de Jésus. Il était né à Liège, se nommait Jean Léon, et faisait au collège romain la dernière classe de grammaire, s'appliquant plus encore à former le cœur qu'à cultiver l'esprit de ses écoliers.

« Convaincu, disent les Heures à l'usage des congrégations, que la protection de la sainte Vierge est un moyen très-efficace pour conserver l'innocence et devenir un parfait chrétien, le jeune professeur assemblait de temps en temps les plus fervents de ses disciples pour leur recommander la dévotion à Marie et leur apprendre à se

rendre dignes de son amour. On élevait un oratoire, on récitait des prières en commun, on faisait des lectures édifiantes, on se proposait d'honorer la Mère de Dieu par l'imitation de ses vertus et par la fréquentation des sacrements. »

Ces affiliations n'avaient d'abord pour but que de former des écoliers plus parfaits ; mais bientôt elles franchissaient l'enceinte du collège avec les jeunes gens qui en sortaient pour embrasser une carrière, et qui demeuraient en communauté de prières et de souvenirs avec leurs maîtres et leurs condisciples. Après avoir appris la vertu à l'école et sous l'influence de Celle que l'Eglise appelle la Mère du bel amour, de la crainte et de la sainte espérance, ils se souvenaient d'elle au milieu du monde, et conservaient, sous son patronage, des mœurs pures et chrétiennes ; ou si, par l'entraînement des passions, ils s'engageaient dans les voies de l'iniquité, ils en revenaient plus tard par les secours de la miséricordieuse Vierge, à laquelle ils s'étaient voués dans leur enfance. C'était là un puissant moyen pour propager en tous lieux le culte de la Vierge.

Les fruits abondants que ces pieux élèves recueillirent de ces réunions et le baume de vertu que leurs exemples répandirent dans le collège appelèrent l'attention des premiers supérieurs, et le R. P. Claude Aquaviva, général de la Compagnie de Jésus, s'en ouvrit au Souverain Pontife alors régnant, Grégoire XIII. Le Pape, touché des résultats heureux de ces écoles de salut, voulut, de son autorité apostolique, les ériger en congrégation, sous le vocable de l'Annonciation de Notre-Dame, et il en nomma supérieur le Général même de la Compagnie de Jésus. La bulle d'érection est du 5 décembre 1584 ; elle accorde à la nouvelle congrégation de riches indulgences, lui confère le droit de s'affilier d'autres agrégations du même genre qui s'établiraient dans les di-

vers collèges des Jésuites et exprime le désir déjà formé par le chef de l'Eglise de voir cette religieuse institution se consolider et croître toujours davantage. Utpium hoc institutum peramplius coalesceret. Telle fut l'origine des congrégations de la très-sainte Vierge.

Quelques années plus tard, Sixte V, et ensuite Clément VIII et Grégoire XV, non moins ardents à procurer la gloire de Dieu et le salut des âmes, étendirent les faveurs et les privilèges dont Grégoirre XIÎ1 avait enrichi les congrégations d'écoliers à toutes les congrégations de pieux fidèles qui se formeraient dans l'Eglise, maisons-professes, séminaires et résidences appartenant à la Compagnie de Jésus ou confiés à sa direction.

Après ces Papes célèbres, Benoît XIV, dans ses Lettres apostoliques de la Bulle d'Or, du 27 septembre 1748, semble ne pas trouver d'expressions assez énergiques pour exalter le bien qui s'opère dans les congrégations de Notre-Dame. « On ne saurait croire, dit-il, les avantages qui ont découlé de cette louable et pieuse institution sur les hommes de tous les rangs : Ex hoc laudabili et pio instiiuto..., incredibile est quanta in omnium ordinum homines util it an dérivât a fuit. Les uns, continue cegrand pontife, entrés dès leur enfance, sous le patronage de la bienheureuse Vierge dans la voie de l'innocence et de la piété, et conservant, sans jamais dévier, des mœurs pures, une vie digne de l'homme chrétien et d'un serviteur de Marie, n'ont jamais cessé de donner au monde les plus beaux exemples et ont mérité la grâce de la persévérance finale. D'autres, misérablement, égarés par les séductions du vice, sont revenus, de la voie d'iniquité dans laquelle ils s'étaient engagés, à une pleine conversion par les secours de la très-miséricordieuse Mère de Dieu, au service de laquelle ils s'étaient dévoués dans les congrégations. Ils ont embrassé une manière de vivre so-

bre, juste, pieuse même, et, .soutenus par l'assiduité aux exercices religieux de ces congrégations, ils ont jusqu'à la fin persévéré dans cette vie nouvelle. Il en est aussi que la tendre dévotion qu'ils avaient conçue de bonne beure envers Marie a fait arriver aux degrés les plus éminents de la charité divine, et que l'on a vus laisser généreusement et de grand cœur au monde ses biens et ses plaisirs vains et passagers, pour demander à la vie régulière un état plus sûr et plus saint, et s'attacher, par les vœux de la religion, à la croix de Jésus-Christ, pour ne plus s'occuper que du salut du prochain et de leur propre perfection.

« Par tout ce qui précède, on voit combien fut éclairée et salutaire la conduite des pontifes romains, nosprédécesseurs, qui, dès le commencement ont accordé à l'OEuvre des congrégations la protection toute particulière du Siège apostolique et se sont appliqués à en favoriser le développement et le progrès, en comblant les directeurs des congrégations et les associés d'un grand nombre de grâces et de privilèges insignes...

« Nous enfin qui, avant d'être en dignité, avons été membre de la congrégation de la Bienheureuse Vierge Marie, érigée sous le vocable de son Assomption, dans la maisonprofesse de la Compagnie de Jésus, à Rome ; nous qui nous rappelons avec un agréable souvenir d'avoir fréquenté ses pieux et instructifs exercices pour notre plus grande consolation spirituelle; nous donc, jugeant qu'il était du devoir de notre ministère pastoral de favoriser, de promouvoir, à l'aide de notre autorité, ces institutions solides, pieuses, qui font avancer dans la vertu et contribuent puissamment au salut des âmes, par nos Lettres expédiées en forme de Bref, le 24 avril dernier, nous avons approuvé, confirmé, étendu et amplifié toutes les concessions et grâces antérieures de nos prédécesseurs, comme il se voit parla teneur

Page 1