II
ébats sous les arbres; des femmes avaient déposé leurs papiers, attendant le bateau qui leur apportait la capture du jour : une petite barque de pêcheurs, couverte de sa toile grise, approchait en effet.
Une acclamation de joie accueillit son arrivée, et en moins d'un quart d'heure la rive redevint déserte. La chaleur était accablante, il fallait songer à quitter cette vallée délicieuse. Souvent l'angle d'un rocher ou l'épaisse verdure d'un buisson nous dérobait l'approche d'une troupe de gens venant deBracciano.
La ville semblait déserte, personne dans les rues ; les boutiques étaient fermées, on voyait à peine de loin en loin \m pauvre voyageur, un moine à la robe de bure, une paysanne avec sa colle de couleur éclatante.
Que se passait-il donc dans celle ville d'ordinaire si animée 1 À un brusque détour de la route, sous les murs mêmes de Draeciano, nous vîmes se dresser... une guillotine ! ià où les enfants jouaient quelques heures auparavant avec l'insouciance de leur âge. L'idée que le fil d'une existence humaine allait être tranchée nous remplit d'horreur. Nous cherchâmes à fuir, mais une foule compacte s'était, en un instant, réunie autour de nous. 11 n'y avait plus possibilité d'avancer ni de reculer : un cri de terreur se fit entendre ; la porte pesante du donjon de l'ancien château des Orsini criait sur ses gonds rouilles. Le coupable avançait à pas lents, accompagné de plusieurs gendarmes pontificaux, entre âcyx moines qui le soutenaient. Il avait été condamné comme ayant participé au meurtre d'un paysan nommé Pietro Paglini.
Le criminel, Antonio Giuseppe, n'avait pas 20 ans, il paraissait absorbé dans une méditation profonde. Tout à coup il se prosterna la ligure contre terre devant une statue de la Madone, qu'une main amie plaça devant lui, eî il s'écria
plein de confiance : « Non, non, je ne mourrai pas, j'en suis sûr!... La bonne Vierge me sauvera ! »
il se leva et s'avança pâle mais ferme vers l'instrument du supplice. On lui banda les yeux et il monta sur l'échafaud, toujours soutenu par les moines qui priaient à haute voix. Je fermai les yeux avec horreur et je n'osai les rouvrir ; le cri : ïdedo ! Maria santissima! retentit tout d'un coup. Je regardai.
Le jeune homme était là à genoux, les mains jointes, la tête tournée vers le ciel, puis il s'écria avec transport : « Evviva Maria!» La foule répéta : Evviva Maria- ! Grazia! Grazia!
La machine fatale s'était brisée avant que le couteau meurtrier ne pût toucher le cou de l'enfant de Marie. 11 était sauvé ! Enlevé par la foule, Antonio fut porté comme en triomphe à l'église où il se prosterna aux pieds de la statue de sa céleste libératrice, cl lui adressa une longue et. fervente prière. Tout le peuple, les gendarmes eux-mêmes, profondément attendris, s'y associèrent avec ferveur. Au milieu des sanglots, éclataient presque à chaque instant les cris : Miracle ! Miracle ! ~- Les deux moines qui étaient venus l'assister dans le moment fatal, et qui s'étaient prosternés à son côté pour prier, se relevèrent au bout de^quelques instants, entonnant d'une voix forte le Magnificat qui fut chanté avec enthousiasme par la nombreuse assistance* et lorsque le sublime can{' ;ie de Marie fut terminé, l'un d'eux lui adressa de touchantes paroles sur le fait merveilleux dont elle venait d'être témoin et la puissance de l'auguste Mère de Dieu. 11 finit en l'engageant à se retirer paisiblement.
Lorsque toute la foule fut sortie, les portcs.de l'église se fermèrent. Les moines et les gendarmes, demeurés seuls avec Antonio, le reconduisirent dans la prison qu'il avait
quittée pour mourir et où, contre toute espérance, il rentrait vivant. Un courrier avait été dépêché à Rome pour faire connaître le miracle qui avait sauvé le jeune bandit, et rapporta le même jour une commutation de peine.
(Extrait du Journal d'une jeune Anglaise).
Mtc C.
Les fruits du Mois de Marie.
On lit les traits suivants dans la Couronne de Marie publiée par les II. Pères Dominicains.
Dans une de nos grandes villes, le mois de Marie se célébrait vers ces derniers temps avec un éclat vraiment prodigieux. Trônes splendides, guirlandes de fleurs, chants harmonieux, musique ravissante : tout dans l'art et la nature prêtait son concours pour glorifier la divine Reine des deux. Chaque jour, une lbulc immense se pressait dans la vaste enceinte de l'église pour rendre hommage à Marie, et s'édifier des paroles de vie que le prédicateur savait trouver dans son cœur. Chaque jour aussi Marie se montrait bonne et puissante, chaque jour elle faisait éclater davantage son rôle touchant de mystique glaneuse ; des conversions nombreuses et vraiment désespérées venaient sans cesse consoler le cœur du prêtre et réjouir l'Eglise.
Un soir que l'exercice était commencé , un homme au regard sinistre, aux cheveux hérissés, fendit la foule, et vint se loger derrière un pilier. Tout en lui annonçait l'étonnement et la surprise. Ses yeux se portaient tantôt sur le prédicateur , tantôt sur le trône où scintillaient mille lumières , tantôt erraient çà el là comme pour interroger les âmes et leur demander ce que pouvait signifier ce spectacle. Enfin, une pensée profonde le saisit, il devint calme et re-
cueilli ; la parole du missionnaire semblait pénétrer au plus profond de son être. Et quand la foule prosternée entonna avec ses mille voix le chant si beau des litanies , lui aussi tomba à genoux ; et cachant sa tête dans ses mains , il se mit à pleurer.. Une âme de plus venait d'être gagnée par la divine glaneuse. Que s'était-il opéré dans ce cœur ulcéré? Marie en a le secret; toujours est-il qu'après l'exercice, cet homme se présente à la sacristie, et au premier prêtre qu'il rencontre il adresse ces mots : « Monsieur, vous voyez devant vous tout ce qu'il y a de plus misérable au monde et de plus malheureux; mais c'en est fait, je renonce à mes abominables desseins. » Et le prêtre de répondre avec un intérêt plein de douceur : « Vous êtes malheureux? faitesmoi part de vos peines, et s'il dépend de moi de 1rs soulager, soyez sûr que je ne négligerai rien, car le cœur du prêtre c'est le cœur d'un père et d'un ami. » — « Depuis longtemps la vie m'est amère, reprend l'inconnu, mes jours n'ont été que des jours de souffrance. Ne pouvant plus supporter le poids de mes misères , j'avais résolu d'y mettre un terme , et après avoir dit adieu au fond de mon cœur à tout ce qui me restait de cher en ce monde, je me dirigeais vers un lieu solitaire pour me donner la mort: ce matin même je me suis procuré l'instrument de mon supplice, le voici (et il montrait l'arme qu'il avait choisie pour se détruire). Quelque chose d'irrésistible m'a poussé vers cette église ; ne pouvant continuer mon chemin , retenu par une force invisible , je suis entré ici malgré moi et sans motifs. Quel n'a pas été mon étonnement de voir ce que j'ai vu , d'entendre ce que j'ai entendu! Jamais pareil spectacle n'avait frappé mes yeux. Je ne sais ce qui s'est passé dans mon âme ; mais la vie maintenant me sera moins amère ; je renonce à mon noir projet, je veux vivre, oui je veux vivre... Ah ! s'il m'était donné d'aimer un peu celle qu'on nous a montrée si belle et
si puissante, et que vous appelez Mère de Dieu ! S'il m'était donné de nie convertir à elle.... il nie semble qu'un feu de bonheur brillerait sur mon front, et que mon âme n'aurait plus d'amertume.. » — « Vous convertir? répond le prêtre, vous convertir et aimer la sainte Mère de Dieu? mais c'est bien facile. » — Oh! non, ce n'est pas facile, bien moins facile que vous ne pensez : un protestant peut-il en un jour changer de religion et devenir un serviteur de Celle que nous méprisons? » — Vous êtes donc protestant? » — « Oui, et j'avais oublié de vous le dire ». — « Oh! que Marie est bonne, qu'elle est puissante! s'écria le prêtre; elle vient d'opérer un double miracle , arracher une âme de la mort éternelle et convertir un prolestant. Soyez fidèle à la grâce, laissez-vous conduire par celte divine Vierge qui vient de s'emparer de vous d'une manière si admirable. Nous aurons ensemble des conférences; je vous prêterai des livres qui achèveront de vous instruire, et vous deviendrez un fervent chrétien. »
Le nouveau converti accepta avec plaisir et reconnaissance, bénissant avec effusion Celle qui avait ravi son cœur, et se retira plein de joie et d'espérance.
Dans ces mêmes circonstances, une personne déjà avancée en âge se présenta au prédicateur, et lui dit : « Mon père, je ne sais pourquoi, mais il m'est impossible de me retirer sans vous avoir parlé : une seule fois en ma vie je me suis assise à la table sainte, encore je l'ai fait avec de mauvaises dispositions; depuis, le péché a été mon pain de chaque jour. Conduite dans cette église , presque malgré moi, par des âmes charitables , je n'ai pu résister aux charmes de cette divine glaneuse dont vous nous avez parlé; me voici, je veux me laisser glaner par elle, et ne pas sortir d'ici sans m'être réconciliée avec mon Dieu. »
Des faits de ce genre se renouvelaient tous les jours , et
LE MOïS DE MARIE. . 295
le prédicateur du mois de Marie changea sa station en une véritable mission; ses journées se passaient en partie au tribunal de la pénitence, et bien souvent cLps larmes d'attendrissement coulaient de ses yeux à la vue des prodiges de miséricorde qu'opérait Marie en faveur des âmes.
vif
.■ Quoique la confiance des enfants de Marie en leur divine Mère soit sans mesure, il y a néanmoins une différence bien grande entre les promesses que Ton fait à Dieu et celles que Ton fait à la très-sainte Vierge. La promesse que l'on fait à Dieu est un témoignage de reconnaissance pour toutes les grâces que nous recevons de lui , comme du premier principe de tous les êtres et comme de l'Auteur de tout don parfait, et cette promesse est un vœu et un culte de latrie.
Les théologiens enseignent que, pour être valide, un vœu doit être fait librement, d'une chose possible, bonne et plus agréable à Dieu que son contraire.
Mais la promesse que nous faisons aux Saints est une marque de gratitude envers eux , comme envers des médiateurs et des intercesseurs qui nous ont obtenu quelque faveur de Dieu.
Saint Thomas enseigne que les vœux que l'on fait à Marie ou aux Saints renferment deux promesses : l'une qui se fait aux saints, et celle-là , dit-il , n'est pas un vœu formellement, mais la matière d'un vœu ; l'autre se fait à Dieu, et elle est réellement un vœu. Ainsi celui qui dit : Je fais vœu
DES VOEUX EN i/HONNEUR DE MARIE. 297
à la bienheureuse Marie d'aller en pèlerinage à Notre-Dame de Lorette, promet à la sainte Vierge de faire ce voyage, et cet engagement n'est point un vœu , mais il promet aussi à Dieu d'accomplir la promesse qu'il a faite h Marie , et celle-ci est un vœu.
Toujours est-il certain que la dévotion de faire des vœux en l'honneur de Marie lui est très-agréable , et lui fournit l'occasion de nous acccorder les bienfaits les plus signalés.
Vœu de Mgr de Quélen, archevêque de Paru.
L'église de la Délivrance , située dans un bourg au bord de la mer, dans le diocèse de Baveux, est l'un des plus célèbres pèlerinages de France. L'antique chapelle , qui remontait aux premiers siècles du christianisme, fut, à l'invasion des Normands, pillée et ruinée de fond en comble. Deux cents ans s'écoulèrent sans qu'elle fût relevée. Après ce laps de temps, un seigneur la fit rebâtir, en ayant reçu l'ordre d'une manière toute miraculeuse. Depuis celte époque, l'église de la Délivrance n'a cessé d'être fréquentée par les pèlerins de tout pays, et favorisée des prodiges les plus étonnants.
A l'époque des ravages du choléra en France , on porta en procession l'image de Notre-Dame , et la confiance publique ne fut point trompée. Malgré l'intempérie de l'air, l'humidité des rues et autres accidents qui pouvaient , naturellement parlant, faire craindre pour ceux qui assistaient à la cérémonie , non-seulement ils ne furent pas atteints , mais dès ce moment le fléau diminua en ces lieux , ce qui ne contribua pas peu à augmenter la célébrité de ce sanctuaire.
Au mois de septembre 1838, Mgr de Quélen, archevêque
tKlC
de Paris, 0 L le pèlerinage de la Délivrance. Il officia dans cette église le jour de la Nativité de Notre-Dame, et donna au monastère des orphelins de Marie de la Délivrance une image en bronze de la sainte Vierge, en actions de grâces de la conversion récente du prince de Talîeyrand. Cette offrande était l'accomplissement d'un vœu fait antérieurement dans l'église de la Délivrance. Avant d'être exaucé, le prélat avait prié avec persévérance l'espace de vingt ans. * (Ami de la religion.)
Vœu de Jean Casimir, roi de Pologne, à Marie.
Nous empruntons le récit suivant à M. l'abbé Jélowiki, noble enfant de l'héroïque Pologne :
Lorsque, sous le règne de Jean Casimir, de pieuse mémoire, des ennemis injustes et des vassaux perfides ayant tramé un inique complot, se ruèrent sur la Pologne exténuée par des guerres incessantes ; lorsque le roi de Suède, conspirant avec notre vassal, l'électeur de Brandebourg; lorsque le czar de la Moscovie, soufflant la révolte parmi nos Cosaques, prirent notre pays entre quatre feux, et, en l'envahissant de toutes parts, forcèrent le Roi à quitter son royaume ; lorsque la Pologne , épouvantée par cet ouragan, se croyant perdue, commençait à fléchir le genou devant l'ennemi partout victorieux, la sainte Vierge seule sauva son peuple, et par la défense miraculeuse de Czenstochowa (1750) releva le courage du roi abattu. On le vit alors accourir à Léopol, l'une de ses capitales, et, suivi d'un nombreux cortège , entrer dans l'église. Là, prosterné pendant la sainte messe que célébrait le nonce du Pape, après avoir communié de ses mains, au milieu de Fémotion universelle et des sanglots de tous les assistants,
il adressa à haute voix ce vœu suppliant à la très-sainte Yierge :
« Auguste Vierge Mère de Dieu fait homme ! moi, Jean Casimir, par la grâce de votre Fi's, Roi des rois, mon Maître, et par la vôtre, roi de Pologne, prosterné à vos pieds, je vous choisis aujourd'hui pour ma patronne et pour Reine de tous mes États, J'invoque sur moi , sur mon royaume de Pologne, sur mes principautés de Lithuanie, de Russie, de Prusse, de Masovie, de Samogitie, de Livonie et de Czernichovie, non moins que sur les armées de mes deux nations et sur tous mes peuples, votre tutelle et voire protection : et dans le péril où se trouve mon royaume, j'implore humblement votre secours miséricordieux contre les ennemis de la sainte Église romaine. Touché de vos grands bienfaits, je me sens poussé à vous rendre avec mon peuple de nouveaux hommages; et je vous promets en mon nom, ainsi qu'au nom de mes satrapes et de mes peuples, devons servir avec plus de ferveur, et de'travaiîler avec plus de zèle à propager dans tons mes États le culte et l'honneur de Notre-Seigneur Jésus-Christ et le vôtre. En outre, je fais vœu qu'aussitôt que par la grâce de votre Fils j'aurai obtenu la victoire sur mes ennemis, et notamment sur les Suédois, je prendrai les mesures nécessaires pour que ce jour glorieux soit à jamais sanctifié et soîennisé. Et puisque, dans la grande douleur de mon âme, je vois clairement que c'est à cause de l'oppression et des gémissements du bas peuple que le juge suprême fait descendre sur mon royaume depuis sept ans différents fléaux, je vous promets qu'aussitôt 'après la conclusion de la paix, je prendrai, conjointement avec tous les ordres de mes États, les mesures nécessaires pour libérer le peuple de mon royaume d'une si lourde oppression. 0 Reine miséricordieuse , puisque vous m'avez inspiré ces vœux, daignez m'obtenir
auprès de votre Fils la grâce et la faveur de les accomplir ! »
A ce vœu prononcé aux pieds de Marie avec toute l'onction d'un roi pénitent, en présence du Sénat, du clergé, de l'armée et du peuple, un frémissement de joie et de courage saisit toute l'assemblée, et l'on se disait avec enthousiasme que la piété du Roi et sa dévotion envers la sainte Vierge, désormais Reine de Pologne , sauverait la patrie.
Et il en fut ainsi. Marie suscita des héros à son peuple, et, sans aucun secours étranger, car celui de l'Autriche, acheté au poids de l'or et arrivé trop tard, ne fut qu'une calamité; ces héros, marchant de victoire en victoire, chassèrent bientôt tous leurs ennemis, quoiqu'ils eussent rencontré de nouveaux alliés, et portèrent la guerre jusque sur leurs frontières. Le monde étonné vit une fois de plus la main de Dieu, toujours docile à la voix suppliante de Marie, humilier les superbes et exalter les humbles ; et cette pauvre Pologne qu'on croyait anéantie, devenue royaume de Marie, se retrouva debout. Dieu, qui, dans sa libéralité, lorsqu'on lui demande bien, donne toujours plus qu'on ne lui demande, lui réservait en outre, dans un avenir prochain, l'honneur, la gloire et le mérite, qui, quoi qu'on fasse, ne sera jamais oublié sur la terre et qui dans le ciel ne s'effacera jamais, de sauver la chrétienté sous les murs de Tienne. Cette gloire est notre patrimoine, et ce patrimoine, riche de tant d'espérance, après Dieu, nous le devons à Marie.
Résurrection d'un enfant enterré depuis quatre jours.
Un enfant était venu au monde privé de la vie : depuis quatre jours il était dans le tombeau. Sa mère, Marguerite
Amorose, du diocèse de Limoges, ne pouvait se consoler de cette perte, et ce qui augmentait sa tristesse, c'est que l'enfant n'avait pas été régénéré dans les eaux du baptême ; pleine de confiance, elle invoque Marie et lui promet d'aller en pèlerinage à Roc-Amadour, si elle obtenait de Dieu la résurrection de son fils ; puis à force d'instances et de larmes, elle détermine son mari à aller ouvrir le tombeau
de celui qu'elle pleure 0 prodige !,.... en ouvrant ce
tombeau le père y trouve son enfant plein de vie, jetant du sang par les deux narines. Il est tiré de son cercueil et baptisé Et voilà, continue Odode Gissey, une mère consolée , un père joyeux, un enfant heureux et recevant, par le mérite de la Mère de Dieu, deux vies, la vie corporelle et la vie spirituelle. La mère de ce fortuné enfant, étant relevée de couches, va à Roc-Amadour pour assurer chacun de cet extraordinaire miracle , et pour rendre ses remercîments à la Mère de la grâce, qui se fait connaître par tant de merveilles en son oratoire de Roc- Amadour.
Vœux de saint IJguori en V honneur de Marie.
Sous la protection et en l'honneur de Marie Immaculée, Alphonse fit les vœux de ne jamais perdre de temps, de secourir au besoin les pestiférés, de dire chaque jour, le matin, à midi et au soir, V Angélus au son de la cloche, et cela à genoux, en quelque lieu qu'il se trouvât ; de réciter le rosaire tous les jours et de publier les grandeurs et la gloire de Marie dans toutes les occasions, et spécialement tous les samedis. Aussi sabien-aimée souveraine répandait-elle sur lui les faveurs les plus signalées. C'est une tradition parmi les habitants de Scala que, tandis que Liguori châtiait sa chair et se livrait parfois à la contemplation dans une grotte
située au fond d'un jardin, sur une montagne déserte qui avoisine la ville, la Vierge immaculée lui manifestait sa présence. Ce lieu où notre Saint goûtait avec tant de bonheur les doux effets des apparitions de sa Mère bien-aimée lui fut toujours cher. Dans sa vieillesse, il soupirait encore après cette grotte chérie, et il ne pouvait en détacher son souvenir. « 0 ma grotte, ma chère grotte, s'écriait-il, oh! que ne puis-je encore te posséder comme autrefois! que ne puis-je goûter tes célestes délices! » Saint Alphonse-Marie de Liguori brûlait du désir de parcourir l'univers pour inviter tous les hommes à l'amour et au service de la Reine des anges; mais comme sa voix ne pouvait se faire partout entendre, il profita, pour satisfaire en partie les ardeurs séraphiques de son tendre cœur, des quelques jours de repos qu'il eut à Ciorane pour terminer et publier son ouvrage si précieux, si plein d'onction, de piété et d'érudition, des Gloires de Marie. Nous n'entreprendrons point de faire l'éloge de ce beau livre que tout le monde connaît et que tous les fidèles aiment à parcourir. Saint Liguori y attaque le célèbre Mnratori, qui avait osé combattre cette proposition si juste : que tous les dons que Dieu nous dispense passent ordinairement par les mains de Marie. Alors eurent lieu des controverses entre Muratori, quelques-uns de ses adeptes et notre Saint, qui triompha toujours à la gloire de la Vierge Immaculée.
Certains esprits-forts se donnèrent aussi la liberté de mépriser la croyance des fidèles au privilège de la conception immaculée de Marie, la traitant d'erreur populaire. Saint Liguori, tout rempli de zèle pour défendre les intérêts de sa bonne Mère, loin de reculer devant le camp ennemi, combattit, par sa voix et par ses écriîs, ces dangereux adversaires du plus grand privilège de la divine Marie. Il publia à cette occasion une savante dissertation latine dans la-
quelle il démontre et prouve, par l'Écriture,, les bulles des Papes, l'autorité des conciles, la doctrine des Pères et le sentiment commun des fidèles, que la Bienheureuse Vierge Marie a été conçue sans péché, disant que celte vérité lui parait plus claire que la lumière du jour en plein midi : esse hodie hice mcridiana clarior, et ajoutant, contre Lamindus Pritannius, qu'il est licite et méritoire d'émettre le vœu de donner sa vie pour la défense de ce privilège si cher et si glorieux à Marie et à Jésus, et qu'un tel culte peut être im juste motif de martyre. Oui ! Alphonse de Liguori se serait cru heureux de signer cette vérité de l'Immaculée Conception par l'effusion de son sang; entendons-le dire à sa Reine hien-aimée : « Je voudrais mourir pour l'amour de vous, pour la défense de votre virginité, de votre dignité de Mère de Dieu, de votre Immaculée Conception, si ma mort pouvait être utile à la défense de ces glorieux privilèges. » Et ailleurs : « Pour défendre le grand, le singulier privilège de votre Immaculée Conception, je suis prêt et je m'engage à donner au besoin ma vie. »
» Vœux de Louis IX et de Charles T7.
Le vaisseau qui portait Louis îX revenant de la Terre- Sainte, en 1254, ayant été assailli par une horrible tempête, le saint roi fit à Notre-Dame du Mont-Carmel un vœu à la suite duquel les éléments se calmèrent comme par miracle.
Charles VI, ce prince si malheureux et si digne d'un meilleur sort, institua, pendant les premières années de son règne, un ordre de chevalerie en l'honneur de la sainte Vierge, par suite d'un vœu qu'il avait fait en Languedoc. Pendant son séjour à Toulouse, il chassait fréquemment, avec Olivier de Clisson, Pierre de Navarre et une foule de
seigneurs de sa cour, dans Fantique forêt de Bouconne. Or, un jour qu'il s'était séparé de sa suite, en poursuivant une bête fauve avec trop d'ardeur, la nuit le surprit au milieu des landes sauvages, des solitudes sans chemins et de grands bois peuplés d'ours et de sangliers de la vieille forêt druidique; pour ajouter au péril de sa. situation, les ténèbres devenaient de plus en plus épaisses-, et un ciel nébuleux lui cachait les étoiles. Épouvanté de son isolement, ne sachant quelle direction prendre, le prince fait un vœu solennel à Notre-Dame d'Espérance, et se met humblement sous sa garde. Aussitôt un vent léger dissipe les nuages, et une étoile brillante laisse tomber ses rayons sur un sentier battu, qui conduit le jeune monarque hors de la forêt. Le lendemain, Charles, suivi de ses seigneurs, vint accomplir son vœu à la chapelle de Marie. Pour perpétuer le souvenir de sa périlleuse aventure, il fonda, peu de temps après, l'ordre de Notre-Dame d'Espérance, et voulut qu'une étoile en fût le symbole.
Vœux de Louis XIII.
Marie reçut au xvir3 siècle un des plus grands hommages qui puissent lui être faits sur cette terre, l'hommage du plus beau royaume après celui du ciel. Plusieurs fois déjà la France avait éprouvé la protection spéciale de Marie en retour de vœux particuliers qu'elle lui avait faits dans des circonstances critiques pour ses destinées. Elle lui avait dû notamment saint Louis, né d'un vœu de la reine Blanche à la Maternité divine; les grandes victoires de Bouvines, de Mons-en-Puelle et de Cassel hautement attribuées à son céleste secours par Philippe-Auguste, Philippe le Bel et Philippe le Valois, qui l'avaient invoquée dans le péril, et qui la glorifièrent dans le triomphe; enfin la Vierge de Dom-
remy balayant l'Anglais, et rétablissant le trône, dans sa course héroïque de Notre-Dame de Bermont à Notre-Dame de Reims, aux noms libérateurs de Jésus et de Marie. Louis XIII ne se crut pas moins redevable à Marie de la conservation de la France au milieu des troubles qui avaient menacé de la dissoudre, et de la naissance de Louis XIV après vingt-deux ans d'un mariage infructueux. Pour reconnaître cette protection et pour la fixer sur la France, ce pieux monarque fit à la Reine du ciel la consécration solennelle de sa couronne et de son royaume, en les plaçant sous son patronage par une perpétuelle dévotion. Le 15 août, fête de la céleste Assomption de Marie, fut le jour commémoratif de ce vœu national que la France acquitte encore tous les ans après tant de bouleversements et de commotions, et auquel on doit peut-être sa préservation et la fortune de ses armes. De ce vœu, au temps où il fut fait, sembla jaillir le grand siècle. La piété qui l'avait inspiré respire dans tous les beaux génies qui portèrent si haut la gloire de l'esprit humain, et dont les deux aînés, Corneille et Rossuet, furent les plus humbles serviteurs de Marie.
Le vœu!
Tulle, chef-lieu du département de la Corrèze, est une ville peu considérable du Limousin, vieille et assez mal bâtie, qui ne se fait admirer par aucun monument remarquable, et dont les rues tortueuses et mal entretenues sont encore plus mal pavées. La petite rivière qui donne son nom au département la traverse , et sépare le quartier neuf que l'on commence à bâtir, de l'ancienne cité de Raluze. Parmi les nouvelles constructions du côté de la ville, où tout respire la moderne élégance des monuments du jour, on voit le couvent des Ursulines adossé au penchant d'une
petite colline que couronne une triple terrasse bordée d'arbres toujours verts; de rosiers que l'été vient couvrir de mille fleurs odorantes ; de gazon émaîllé de marguerites, de pervenches, de primevères sauvages, de violettes et de cette autre fleur dont le nom rappelle celui du printemps. Là , pendant l'année , une foule de timides et pieuses jeunes filles, sous l'œil vigilant de leurs bonnes maîtresses, cherchent à déchiffrer les éléments de îascience et à découvrir le, savoir par l'étude. Un saint aumônier seconde de tous ses efforts les dignes religieuses qui, sous les auspices d'un prélat également distingué par ses talents et ses vertus, se sont vouées à l'enseignement de la jeunesse.
Or, l'on était aux premiers jours du mois de septembre 1852 : la cour du monastère, jadis témoin muet des ébats joyeux de la troupe enfantine, était déserte, maintenant que l'époque des vacances avait ramené toutes les pensionnaires au sein de leurs familles. Toutes, je me trompe; deux restaient encore se promenant silencieusement dans la grande allée qu'ombrage le feuillage touffu de jeunes tilleuls et de peupliers de la Caroline ; l'une paraissait avoir seize ans ; elle était svelte, élancée, son regard doucement mélancolique. Sur ses lèvres, de temps à autre, errait le plus gracieux sourire ; ses cheveux avaient la couleur de l'ébène, son teint la blancheur du lis et l'éclat de la rose; elle était belle, belle enfin comme le disait son doux nom de Noémi. Mais parfois un nuage de tristesse passait sur son beau front, sa tête charmante s'inclinait sur son épaule comme courbée par un mal inconnu : elle était poitrinaire. L'autre, plus jeune de deux ans, petite et pâlie par la fièvre, laissait lire dans ses yeux noirs toute la vivacité de son caractère; elle se nommait Amélie.
Après quelques pas faits en silence, la pins jeune des peu-
sionnaires adressa ainsi la parole à sa compagne : « Vous êtes bien heureuse, Noémi, de pouvoir aller à Roe-Amadour pour la grande fête du 8 septembre! Moi, qui suis trop souffrante pour faire le pèlerinage, je veux vous charger d'une commission pour la sainte Vierge ; vous la ferez, n'est-ce pas? —Avec bonheur, répondit Noémi. Laquelle? — Tenez, reprit l'enfant, ouvrant un petit porte-feuille de velours rouge, et en tirant une lettre, ce sera de porter cette épître à son adresse. — Vous voulez donc que j'aille au ciel ! s'écria la belle malade en souriant; elle est à l'adresse de Notre- Dame, un ange seul peut vous servir de messager. — Aussi n'est-ce pas au ciel que je veux l'envoyer, dit Amélie ; je vous prie seulement de vous en charger jusqu'à Roc-Amadour, et de la laisser tomber dans le sanctuaire vénéré ; pourvu qu'elle touche ses dalles saintes, je serai heureuse. — Elle les touchera, je m'en charge, comptez sur moi. »
Pour toute réponse, Amélie serra la main de sa compagne, et après quelques minutes de silence, ajouta : « Si Marie vous rend la santé,. que ferez-vous pour lui témoigner votre reconnaissance? — Je ne demande la vie que pour la consacrer à Dieu ; si je guéris, je me ferai religieuse. — Oh ! je ne me sens pas une si belle vocation ; mais je ne voudrais pas moins témoigner ma gratitude à notre bonne Mère, quoique d'une manière différente. D'abord je demanderai à madame la Supérieure de me donner l'écharpe d'azur à franges d'or, et la grande médaille d'argent des enfants de Marie; puis, si ma prière est exaucée, je consacrerai plus tard toutes les puissances de mon âme, toutes les affections de mon cœur, toutes les facultés de mon esprit à chanter les bontés de la Reine du ciel. — Ma faible voix, dit Noémi, serait perdue au milieu du concert sublime de ouanges qui, chaque jour, s'élève en son honneur. A l'om-
bre des autels, je prierai Dieu qu'on l'aime. — La mienne est faible aussi, reprit Amélie, mais peut-être ne restera-telle pas sans écho : d'autres lyres s'uniront à la mienne, et en chœur nous redirons :
Toujours je t'aimerai, Marie !
Toujours ! toujours !
Noémi rendue à la santé, a revêtu la bure des servantes du Seigneur, le voile des professes couvre déjà son modeste front ! Et Amélie, dont la barque est lancée sur la mer orageuse du monde; Amélie, qui a vu d'autres cieux que ceux delà France et de l'Europe, vient aujourd'hui, pour remplir son vœu de jadis, tracer ces quelques lignes, faible tribut d'amour offert à Notre-Dame, qui ne passerontprobabïement jamais sous les yeux de Sœur Noémi.
Marie-Amélie-Françoise, enfant de Marie.
Zèle du Bienheureux Bernardin de Feltre.
Ce Bienheureux, dans ses prédications, employa tout son zèle à propager le culte de Marie immaculée. Dans un discours qu'il prononça devant Ludovic-Marie Sforce, duc de Milan, il lui persuada de défendre le nom de Marie, qui était peu respecté dans ses États, lui rappelant que luimême portait le nom de la Mère de Dieu, et que les Milanais s'étaient engagés par un vœu à célébrer la fête de son Immaculée Conception. Il paria pendant deux heures en l'honneur de Marie; et ses paroles produisirent un tel effet sur le duc de Milan, qu'il promulgua des lois sévères contre ceux qui outrageraient la sainte Yierge. Bernardin fut aussi envoyé pour pacifier le peuple de Lodi qui s'était révolté, et par son zèle il obtint que tous se rendraient processionnellement à l'église, précédés de trois étendards avec
les insignes de la grâce qu'elle venait de leur faire. ïl les engagea à se consacrer eux-mêmes à la sainte Vierge, à remettre entre ses mains les clefs de la ville, et à la prendre pour avocate et protectrice. ïl prit donc sur l'autel de Marie les clefs de la cité, et les remit au gouverneur, en lui recommandant de tenir la place de la sainte Vierge et de maintenir la paix parmi le peuple. On fit ensuite dresser un acte public de cette consécration, pour affirmer la confiance de ce peuple envers Marie, son avocate.
(Bolland., 28 septembre.)
Le vœu à Marteau milieu du naufrage.
Le vaisseau marchand à voiles la Ville de Paris revenait dernièrement des côtes de la Guinée en France. Après quelques jours d'une heureuse navigation, survient une affreuse tempête. Une trombe épouvantable fond sur le vaisseau, qui semble tourbillonner sur l'abîme; les voiles, les mâts sont arrachés. Tout a'disparu sur le pont qui ressemble à un vrai ponton de vieux navire abandonné. Le capitaine appelle les matelots et les passagers, parce que le danger est extrême, le péril de faire naufrage imminent. Chacun se trahie de son mieux sur le pont, on s'attache les uns aux autres avec des cordes au navire, pour ne pas être emportés par les flots, qui fondent sur le vaisseau comme des montagnes.
A chaque instant, dit un missionnaire témoin de cette scène, nous croyions voir notre dernière heure; le vent redouble, le mugissement des flots tumultueux nous empêche de nous entendre. Tout à coup le capitaine s'écrie : « Nous sommes perdus! le vaisseau fait eau de toutes parts. » En effet, le pauvre navire était à demi enfoncé dans les îlots. Alors, au milieu de la consternation des cœurs abattus et
découragés, le missionnaire, d'une voix émue, s'écrie: «Mes amis, demandons pardon à Dieu avant de mourir, je vous donnerai l'absolution. »
Je me recueillis en moi-même, dit-il, et je fis à Dieu le sacrifice de ma vie; je le priai de me pardonner mes fautes et de recevoir mon âme ; j'attendis que le navire s'enfonçât pour donner l'absolution à l'article de la mort. En urî instant, une rafale de vent fondit sur nous, le vaisseau se pencha en avant. « Sauvez- vous, cria le capitaine', nous nous enfonçons! » Alors le missionnaire, inspiré du cieî9 cria : « Mes amis, un vœu à* Marie! promettons-lui d'aller pieds nus nous confesser et communier à la première église que nous trouverons : jurez-le! » Ils levèrent tous la main. 0 prodige! un coup de vent survient et soulève le vaisseau. « îl y a encore de l'espoir, cria le capitaine, jetons tout à l'eau ! »
Aussitôt nous descendons, nous jetons à l'eau toutes les marchandises et les tonneaux ; le vaisseau surnage un peu. Pendant dix heures, nous ne cessons notre travail. Enfin nous mêlions à la cape, c'est à dire nous attachons un drap en forme de voile en avant et en arrière ; le vent devenu plus doux nous emporte à la dérive. Où sommes-nous? où allons-nous? nous l'ignorons; mais Marie, qui nous a sauvés, le sait. En effet, le lendemain nous apercevons la terre; nous regardons et nous reconnaissons Bordeaux. Marie nous avait conduits au port, nous étions sauvés. Nous descendîmes tous à terre et nous remplîmes notre vœu,
(Messager de la Charité, 1856.)
La négligence réparée.
Jean-Léonard Gérufio a donné à Rome le premier élan de cette belle œuvre dont le but est de rassembler des enfants
DES VOEUX EN L'HONNEUR DE MARIE.- 3ii
pauvres et de pourvoir aux besoins de leurs corps et de leurs aines. 11 se trouva une fois dans un danger imminent de perdre la vie, et promit à la sainte Vierge, s'il recouvrait la santé, de faire un pèlerinage à la sainte maison de Lorette. Mais lorsqu'il fui guéri, il ne songea point à accomplir son vœu, Peu de temps après, la ville de Rome ayant été assaillie, Gérufio faillit périr misérablement. ïl pensa alors que ce qui lui était arrivé était une punition de sa négligence à remplir la promesse qu'il avait faite à la sainte Vierge. Il partit donc aussitôt de Rome et s'achemina à pied vers Lorette, où il demeura quelques jours ; son séjour dans cette ville fut profitable à son âme et lui fit éprouver de grandes consolations. 11 montra ensuite, dans tout le cours de sa vie, une dévotion particulière pour la Mère de Dieu. Il portait au cou un chapelet comme une chaîne précieuse, et il allait ainsi sur les places publiques de Rome. 11 proclama Marie avocate et protectrice des enfants qui étaient confiés à ses soins, et souvent il les rassemblait devant une de ses images et avec eux adressait des prières à cette puissante protectrice. 11 allait aussi avec eux dans les rues de la ville et leur faisait chanter à haute voix quelque cantique en l'honneur de la sainte Vierge. Parmi les louanges qu'il aimait à lui donner, celles-ci lui étaient plus familières : Divine Marie, Reine du ciel, mon seul refuge après Dieu, ayez compassion de celui qui recourt humblement à vous.
(Mu&arelti.)
L'Apôtre reconnaissant.
Dans le cours de l'année 1838, un jeune homme qui se destinait à l'état ecclésiastique avait été condamné à subir l'amputation d'une jambe, dévorée par cinq ulcères affreux. M. Perny, tel est le nom de ce jeune homme, cédant à un