XI
Visiter Marie, c'est un devoir, c'est un besoin, c'est dans tous les temps la plus douce consolation de l'àme fidèle.
C'est un devoir : Oublie-t-on dans le monde de visiter les personnes avec lesquelles on est uni par les liens d'une douce et tendre amitié? Mais quelle affection de la terre peut être mise en comparaison avec celle de Marie? Jamais tendresse pourra- t-ellc égaler l'ardeur de son amour?
Oublie-t-on de visiter ces êtres plus chers encore auxquels nous attache le double nœud de l'affection et de la nature? Ah! le temps qui nous en sépare est toujours trop long pour nos désirs! Mais quel frère, quelle sœur, quelle mère pourrait entrer en parallèle avec Marie? Son cœur n'est-il pas embrasé pour nous d'une charité ardente et pure dont rien ne saurait approcher?
Oublie-t-on de visiter, même par bienséance et par égard, ces hommes distingués dans la société que leur titre et leur fortune élèvent au dessus de leurs semblables? Ah! quel désir d'être auprès de leurs personnes! Quelle assiduité à mériter leurs bonnes grâces! Mais Marie n'est-elle pas au dessus de tous les princes et de tous les rois? Dispensatrice des trésors célestes, que la rouille ne dévore point, que la