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même aux plus endurcis dans le crime, ces sentiments religieux qui amènent la conversion? On se moque des grandes indulgences accordées pour l'aumône la plus légère, sans considérer que l'accumulation de toutes ces petites sommes fournit les moyens de mener à bonne fin les plus difficiles entreprises, comme la conservation de la Terre Sainte et la Propagation de la Foi.
Nous cédons au plaisir de citer ici quelques extraits du beau Mandemept de Monseigneur Pavy, évêque d'Alger, pour le Carême de 1858 :
« Nous n'aurons pas de peine à justifier là beauté de ce culte. Marie est devenue le type de la beauté religieuse. En se reflétant dans la pensée, dans la parole et sous la main des artistes chrétiens, la beauté morale de la Vierge Marie a ouvert dans le monde une source intarissable de merveilles inconnues à l'antiquité grecque et romaine; elle a fait naître en architecture, en peinture, en sculpture, en musique, en éloquence, en poésie, une multitude de chefs-d'œuvre, de telle sorte que rien n'a répandu plus d'éclat sur le catholicisme que la dévotion à Marie.
Fut-il jamais de culte plus riant, et l'imagination donna-t-elle jamais une expression plus riante à la nature elle-même? Une jeune femme parée en même temps des charmes de la pudeur virginale et des grâces fécondes de la maternité, tenant sur ses bras un enfant souriant du sourire de sa mère, et l'un et l'autre tendant le cœur et les mains aux foules agenouillées qui les prient ; de riches autels étincelants de feux et de fleurs, des temples magnifiques placés de distance en distance, comme des trônes de gloire et des sources de miséricorde, ou d'humbles chapelles se dressant au sommet des monts, comme des phares d'espérance/ et se cachant dans les creux des vallées, comme de doux nids de paix et d'amour; de su-
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perbes colonnes, obélisques de la piété, portant jusqu'à,, ciel ses statues couronnées du diadème ; de tendres et naïfs cantiques emplissant de leur mélodie tous ses sanctuaires, et de là montant, sur l'aile des anges jusqu'au trône de leur Souveraine; de touchantes prières la nommant des noms les plus doux, l'appelant l'espoir et là vie du monde; le petit enfant venant balbutier à ses pieds les premières paroles du cœur, les jeunes gens et es jeunes filles lui consacrant leur innocence, les'époux leur union, les vieillards leurs derniers ans, le voyageur sa route, le guerrier son épée, le marin ses dangers le négociant ses affaires, le riche son opulence, l'indigent sa pauvreté, le malade ses douleurs, le mourant ses angoisses, le religieux et la religieuse leurs chastes abnégations Je prêtre son dévoûment, les rois et les reines leur sceptre et les nations leur orageuse fortune ; l'année liturgique pleine de ses souvenirs; des fêtes nombreuses rappelant de temps en temps aux fidèles un trait de sa vie, une de ses vertus, une de ses gloires, ou l'un des principaux miracles de sa protection ; un mois tout entier, le mois des fleurs et de l'épanouissement de la nature, appliqué à glorifier son nom par l'embellissement de ses autels, par des rendez-vous unanimes de prières, par des prédications et des méditations incessantes ; chaque jour l'Angelus rappelant trois fois la mémoire de sa glorieuse mater-
(1) L'infortunée duchesse de Montmorency, arrivée à sa dernière heure, se fit apporter sur son lit le cœur de sainte Chantai et le tint longtemps sur sa poitrine. Elle était au plus bas quand elle entendu sonner V Angélus; elle eut encore la force de se mettre à genoux sur son lit en prononçant ces paroles ; « Il faut se faire un plaisir de s'acquitter de son devoir jusqu'au bout. » Elle rendit le dernier soupir en invoquant la Consolatrice des affligés.
[Noie de l'auteur.)