INTRODUCTION. IX
nité, et la salutation de Fange placée après le Pater dans les vœux du matin et dans les supplications du. soir, à l'entrée et à la conclusion de l'office public ; des congrégations, des confréries, des associations de tout genre instituées sous son patronage ; des processions et des pèlerinages sans nombre dans les sentiers desquels se déroulent, en suivant sa bannière, d'immenses multitudes, de longues files de vierges voilées de blanc, d'enfants et de peuple, faisant retentir les airs de ses hymnes, de ses antiennes, de ses litanies et de son rosaire; dans chaque maison chrétienne, sa douce image à côté de la croix de son Fils, sur la poitrine des braves, de la jeune fille, de l'artisan, sa médaille protectrice.
0 folie de l'orgueil humain ! On rencontre des esprits chagrins qu'attristent ces magnificences, et des esprits dédaigneux qui n'ont pour elles que du mépris. Les premiers prennent ces expressions diverses de la dévotion à Marie pour des rêves de l'imagination, pour des entraînements de poésie incompatibles, soit avec la gravité de l'Évangile, soit avec les hautes lumières de la raison moderne ; les seconds pour des puérilités tout au plus pardonnables à l'enfant qu'elles amusent, à la jeune fille qu'elles gardent dans la naïveté de son ignorance, à la femme qu'elles soutiennent et consolent, au menu peuple qui ne sait pas monter plus haut. Pour les uns, c'est une brillante superstition qu'ils déplorent; pour les autres, une futilité dont ils se moquent.
Nous ne chercherons pas à mettre d'accord entre eux les adversaires de notre culte ; mais nous dirons aux esprits chagrins que ce culte, étant fondé sur la vérité et restant dans les termes de la vérité, il ne saurait être superstitieux. Nous dirons aux esprits frondeurs que leur objection porte sa réfutation en elle-même. En effet, dé-