CINQUIEME MARDI
Amour de saint Antoine pour Notre Seigneur Jésus-Christ
1° Jésus-Christ nous a aimés, et il s’est sacrifié pour nous ct pour notre
salut, il a abaissé sa gloire et il est descendu des cieux. Pour nous, il s’est fait petit, pauvre ct souffrant. Pour nous, il est mort sur la croix. Pour nous, il est demeuré dans le sacrement de son amour. Il nous déclare que ses délices sont d'être avec nous. N'a-t-il pas droit à notre amour ?
2° Qui pourrait dire combien saint Antoine a aimé Notre Seigneur Jésus- Christ ! Son Cœur fondait de tendresse quand il contemplait son Jésus dans les abaissements de la Crèche. Le Sauveur pouvait-il ne pas répondre à un amour si tendre ? Celui qui avait dit : Si quelqu'un m'aime je viendrai à lui, Jésus vint piusieurs fois sous une forme sensible consoler son fidèle serviteur. C’est pour cela qu'on représente ordinairement saint Antoine
Er
avec l'enfant Jésus qui lui sourit et le caresse.
Après les mystères de la sainte Enfance, notre saint aimait surtout à méditer la Passion de son bien-aimé.
Sans cesse il portait, gravées dans son cœur par une compassion amourcusc, les plaies, les ignominies, les doulcurs de Jésus crucifié. I cherchait à exciter dans les autres la passion ct l’amour pour Jésus souffrant. Son premier sermon fut le développement de ce texte : Pour nous le Christ s’est fait obéissant jusqu'à la merk, jusqu'à la mort de la Croix ! Au chapitre d’Arles, comme il prêchait sur ces mots placés au haut de la croix : Jésus de Nazareth, roi des Juifs, on vit distinctement saint François qui bénissait le prédicateur ct l'auditoire. Dans son amour pour Jésus crucifié, Antoine
avait toujours désiré mourir un vendredi. Cette consolation ne lui tut pas refusée. Sa très sainte Ame sc sépara de son corpsun vendredi, à l'heure même où son'bien-aimé Sauveur était mort pour le salut du monde.
3° St quelqu'un, dit l'apôtre saint Paul.w'aime pas Notre Seigneur Jésus- Christ, qu'il soit anathème ! Ah!
quand méme nous ne scrions pas à Dieu,notre créateur, nous devrions étre à Jésus-Christ, notre rédempteur ! Si nous ne pouvons pas lui rendre vie pour vie, au moins devons-nous lui rendre amour pour amour. Efforçonsnous d'aimer Notre Seigneur. Aimons celui qui nous a tant aimé alors que nous le méritions si peu. Aimons-le :
dans notre âme, pour laquelle il s’est sacrifié ; dans son Église, qu’il a investic de son autorité ; dans les pauvre,
qui continuent sa vie humiliée et souffrante. Aimons-le dans le saint sacrifice de la Messe, dans le tabernacle où il réside, à la table sainte où il se donne à nous. Mon fils, nous dit-il, donne-moi ton cœur | Saint Antoine, at de Jësus, obtenez à mon pauvre cœur un peu d'amour pour Celui qui m'a tant aimé !
SIXIÈMK MARDI
Dévotion de saint Antoine à la très sainte Vierge
1” Après l'amour de Notre Seigneur Jésus-Christ, il n’est rien dans la religion de si saint, de si consolant, de si salutaire que la dévotion à Maric.
Cette dévotion cst de tous les temps, de tous les lieux ; elle convient à tous les âges, à toutes les conditions. La
dévotion à Marie consiste . essentiellement dans ces trois sentiments : respect, confiance et amour. Notre respect est dû à la dignité de Marie, à la sublimité de ses mérites, à son élévation dans la gloire. Notre confiance repose sur sa bonté ineffable et sur le pouvoir immense qu'elle a surle cœur de Dieu. Notre amour lui est'dû parce qu’elle est notre mère et qu'elle ne demande qu’à nous combler dés témoignages de sa tendresse maternelle.
2° Tous les saints ont rendu à Marie ce triple culte de respect, de confiance et d'amour. Mais saint Antoine brille au premier rang parmi les dévots serviteurs de la sainte Vierge. Ilétait né le jour de l'Assonption de Marie, et il avait reçu le baptême dans l’église cath‘drale de Lisbonne, consacrée aussi à L'Assomption de Marie. Tout pctit
enfant il ne pouvait être consolé que
par la vue de la sainte demeure de Marie.
Par les soins de sa pieuse mère, il grandit dans l'amour de Marie. Dans ses nombreuses pér‘grinations, dans sa solitude, dans ses études, il aimait à redire l'hymne de son enfance, O Gloriosa Domina |! Dans ses tentations, dans les dangers qui menaçaicnt son
corps et son âme, il appelait à son sccours sa bonne Mère, sa Glorieuse Reine. Il chercha à communiquer aux peuples l’ardent amour dont il était embrasé pour Marie. . Il a laissé de nombreux et doctes sermons sur les grandeurs ct les bontés de sa glorieuse Reine. Enfin, avant de rendre le dernier soupir, il voulut adresser un dernier et solennel hommage à celle qu’il avait tant de fois appelée la porte
brillante de éternelle lumière ; et de sa voix mourante, il chantaït son hyinnc favorite, O Gloriosa Domina.
3° Puissions-nous à notre dernière heure être assistés, comme saint Antoine, par la Mère des miséricordes !
Pour nous ménager ce bonheur, ayons pour Marie une tendre et filiale dévotion. Avant tout, efforçons- nous d’imiter ses vertus, son humilité, sa pureté, sa piété. Prononçons souvent son saint nom avec amour. Recourons à elle dans nos périls, dans nos peines, dans nos tentations. Mettons sous sa protection nos actions et nos entreprises. Ayons toujours sur nous la livrée des enfants de Marie, médaille, scapulaire, chapelet. Célibrons avec piété les fêtes de Marie, particulièrement les sept principales : Immaculée Conception, Nativité, Annonciation,
PRATIQUES ET ŒUVRES 135 Visitation, Purification, Compassion, Assomption. Le samedi, jour spécialement consacré à la très sainte Vierge, faisons quelque pratique de piété et de mortification en son honneur. Enfin ne passons aucun jour de notre vie sans payer à notre divine Mère au moins un léger tribut d’hommages.
Le vrai serviteur de Marie ne saurait
périr.