‹ La dévotion à Saint Antoine de Padoue [microforme]Chapitre 44 sur 62 · ONZIÈME MARDI · texte numérisé non relu

ONZIÈME MARDI

Patience héroïque de saint Antoine

1° C'est peu de pratiquer les autres vertus, si l'on manque de patience, c'est-à-dire si l’on ne se résigne à souffrir. On ne peut servir Dieu, on ne peut mériter le ciel sans la patience.

En nous appelant au christ:anisme, Dieu nous a appelés à la croix parce qu’il nous a appelés à la suite de Jésus crucifié. C’est par beaucoup de tribulations qu'il nous faut entrer dans le royaume de Dieu.—Les méchants trainent péaiblement leur croix, les saints la portent joyeusement.

2° Comme on éprouve l'or dans la fournaise, ainsi Dieu se plut à perfec-

150 SAINT ANTOINE D® PADOUE a tionner par l'épreuve la vertu de notre saint. Antoine brûlait du désir du martyr ; Dieu ne jugea pas à propos de le lui accorder. Une fièvre maligne s’empara de lui sur les rives d'Afrique ; clle ne le quitta Presque plus ; aussi tous les historiens nous disent que saint Antoine était d'un tempérament maladif. Lorsque l’obéissance a ouvert devant le saint la carrière du ministère apostolique, la maladie l’arrête au milicu de sa course ct le tient sur un grabat pendant près de deux ans. Que n'eut-il pas à souffrir dans ses nombreux voyages ! Son corps, miné par , la fièvre, avait à lutter contre des fatigues de tout genre et des privations de tous les jours. Comme si ce n'était Pas assez de souffrances, des pécheurs obstinés injurient ct frappent le charitable apôtre. Les hérétiques le calom-

nient et cherchent à attenter à ses jours par le fer et le poison, L'âme séraphique d’Antoine ne repoussa jamais la croix. Tendrement unie à Jésus crucifié, elle se réjouissait de souffrir avec lui et pour lui.

3° Les moindres peines sans la patience deviennent insupportables. On ne se soulage pas par l'inquiétude et le chagrin : on ne fait au contraire qu'aigrir son cœur et irriter le mal. La patience calme notre esprit et adoucit nos maux. La patience expie le péché ; et en peu de temps elle peut es expier beaucoup. Si nous comprenions ce que nos péchés méritent, loin de nous plaindre, nous dirions que Dieu se contente de trop peu de chose.

Enfin, la patience perfectionne notre vertu. Ce n’est pas une merveille d’étre calme et patient quand on n’a rien

à souffrir. Heureux Ceux qui souffrent avec résignation ! Plus heureux ceux qui souffrent avec amour ! Très heu- EUX Ceux qui souffrent avec le désir de souffrir de plus en plus !

DOUZIÈME MARDI Pénitence de saint 1 nloine

1° n’y rien au monde qui console plus pendant la vie, ct qui rassure plus à la mort que la pénitence. Par elle nous expions le péché, par elle nous nous en préservons, par elle nous Persévérons dans la grâce. Voulezvous, dit saint Augustin, ne pas étre puni de Dieu ? punissez-vous vous-même. . Il faut nécessairement que le péché soit puni ou par celui qui l’a commis, Ou par celui contre qui il a été commis.

La vie chrétienne, dit le saint Con-

cile de Trente, doit être une péritence continuelle.

2° Qui pourrait dire jusqu'à quel

point saint Antoine a porté l'esprit et la pratique de la pénitence ? Dès sa plus tendre enfance, il mortifie ses appétits et ses goûts ; il mate son corps innocent par les veilles et les privations. Devenu Frère mineur, il jeûne les sept carèmes institués par saint François ; sa vie est un carême perpétuel. Il n’accorde qu’un petit nombre d'heures au repos ; et quel repos ! pris le plus souvent sur la terre nue. Il est vêtu d’une simple tunique d’étoffe rude et grossière qui ne peut le défendre des rigueurs du froid en hiver, et qui, par sa pesanteur, lui rend plus intolérables les chaleurs de l'été. Sous cette tunique, il cache de rudes cilices ; il ensan-

glante son corps par de fréquentes disciplines. Aces :ortifications volontaires viennent :’:.Jouter la fatigue des voyages, accomplis à pied la plupart du temps,ila privation de nourriture, les fatigues de la prédication et du tribunal de la pénitence. Arrivé au terme de sa vie, ce vrai pénitent me croit pas avoir assez fait ; et d’une voix tremblante, il récite avec ses Frères les psaumes de la pénitence.

3° La Providence nous fournit mille moyens de faire pénitence. Pourquoi ne les mettoms-nous pas à profit ?

Un caprice que l’on refuse de satisfaire; une incommodité passagère que l’on souffre sans se plaindre ; l’humeur fàcheuse d’une personne avec laquelle on est obligé de vivre et que l'on supporte avec charité ; un peu de froid ou de chaleur que l’on souffre avec

patience ; un service que l’on rend de bonne grâce au prochain ; toutes ces choses et d’autres semblables ne sont pas indignes d’être offertes à Dieu.

Ce ne sont que de petites gouttes, mais

elles peuvent remplir peu à peu le calice d’amertume que Jésus-Christ nous présente. Par ces 72ens, nous pou-

vons expier beaucoup et grossir notre trésor pour l'éternité. Humilions-nous d'offrir à Dieu si peu de choses, mais adorons la bonté divine qui s'en contente. Saint Antoine, modèle accompli de .pénitence, obtenez-moi l'esprit de la pénitence chrétienne.

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