CHAPITRE Ier
Que les esprits les plus élevés ne sont pas les plus dévots ; que la contemplation n’est pas nécessaire a la Dévotion.
Il se voit assez de gens qui ne sont obsédés, ni de cet esprit folet qui est intendant des jeux, ni de ce démon de midi qui préside au luxe, ni de cet autre démon de feu qui porte à l'amour et aux désordres qui Raccompagnent. Le jeu n'est que pour les riches oisifs, qui ont de l'argent inutile et du temps à perdre; le luxe n'est que pour ces superbes aisés , qui aiment
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le théâtre et les spectacles, qui se plaisent à Tembarras et à la montre; l'amour n'est que pour les complexions où il y a plus de sang que de pituite; il n'est que pour les saisons ou le soleil est encore chaud, où il fait encore des fleurs et de la verdure.
Il ne serait donc pas difficile à plusieurs de s'accommoder avec la Dévotion sur tous ces articles.
Mais ceux-là meme qui se relâcheraient de cecôté~Ia, se roidissent d'autre part, et font venir d'ailleurs de nouveaux sujets de rupture. La Dévotion (disent-ils) demande des esprits élevés et des âmes contemplatives; elle veut une application trop continuelle et trop tendue; il lui faut une perfection trop exacte et trop correcte; et les devoirs qu'elle impose, sont des corvées de trop grands frais et trop pénibles.
Ces appréhensions ne sont pas plus saines ni mieux fondées que les autres ; il y a, comme en toutes les autres, ou de l'ignorance ou de l’erreur; et quoiqu'il y ait, il y faut apporter du remède. C'est ce