‹ La dévotion au cœur de MarieChapitre 105 sur 221 · I.'uiîJET DK LA DICVOriO.N 30 f · texte numérisé non relu

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propose. Pour lui, le cœur c'est, avec l'organe cardiaque, la partie supérieure de l'âme, mais parmi les perfections et les actes dont elle est le sujet, il s'attache surtout à l'amour qu il nous présente comme l'objet principal de sa dévotion. Depuis les révélations de Paray-le-Monial, et surtout depuis le décret de 1705, qui approuve la fête du Cœurde Jésus en spécifiant que le but de cette fête est d'honorer symboliquement lamour du Sauveur, les théologiens qui traitent de l'objet de la dévotion aux Sacrés Cœurs indiquent immédiatement l'amour (1). Pour eux, l'objet de la dévotion c'est à la fois le cœur de chair et l'amour. Le cœur de chair en forme 1 "élément sensible, et l'amour en est l'élément spirituel. Toutefois, il nen est pas un seul, croyons-nous, qui

1. Il y a poiuianl, même de nos joiu's, des théologiens qui parlent du cœur spirituel de Marie a peu près de la nnème manière que le P. Eudes. « Je vois encore sous ce mot (de Cœur de Marie), dit M. Sauvé, Ydme im/noculée de Marie douée des facultés d'aimer les plus délicates et les plus puissantes, et qui les a toujours exploitées duns toute leur puissance et toute leur délicatesse ; je vois son immense amour qui lui a fait sacrifier pour l'amour d." Dieu et pour notre salut son Fils adoré. » Le culte du Cœur de Marie, p. 18. Dans son Catéchisme à Tusage des humbles serviteurs du saint et immaculc Cœur de Marie, le 1'. Marrelle, S. J., se pose la question : Qu' c7itendes-vous par le saint Cœur de Marie ? Voici comment il y répond : ^ Je n'entends pas seulement cette noble portion du corps sacré de la Mère de Dieu, qui, dans Marie comme dans les autres hommes, est la première à vivre et la dernière à mourir^ mais encore sa volonté avec toutes ses affections, son âme sainte et les vertus dont elle était admirablement ornée. » Et la question qu'il se pose ensuite est celle-ci : Quels rapports trouves-i'ous entre le cœur matériel et l'âme sainte de Marie ? Voir encore, dans le môme sens, le substantiel et le pieux opuscule intitulé : Les quatre saisons sanctifiées par la d-voiioii au Cœur de Marie.

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restreigne la dévotion au culte de l'amour. Ils retendent, comme le Bienheureux, à toutes les vertus, à toute la vie intime et à toutes les perfections de l'âme sainte de Jésus et de Marie.

Ainsi, d'après le P. de GallilTet, dont on connaît l'autorité en cette matière, l'élément spirituel qui, avec le cœur de chair de l'Homme- Dieu, constitue l'objet de la dévotion au Cœur de Jésus, ce n'est pas seulement son amour, mais encore son âme sainte avec les dons et les grâces qu'elle renferme, les vertus et les affections dont elle est le siège et le principe. L'illustre théologien ne fait exception ni pour les vertus intellectuelles, ni pour l'intelligence ellemême ; au contraire, il les comprend positivement dans l'objet de la dévotion quand il nous invita à considérer le Cœur de Jésus « plein de vie, de sentiment et d'intelligence. » Et voici en quels termes il résume sa doctrine sur ce point :

« Qu'on envisage donc, dit-il, ce composé admirable qui résulte du Cœur de Jésus, de l'âme et de la divinité qui lui sont unies, des dons et des grâces qu'il enferme, des vertus et des affections dont il est le principe et le siège, des douleurs intérieures dont il est le centre, de la plaie qu'il reçut sur la croiv : voilà l'objet complet, pour mexprimer ainsi, qu'on propose à ladoration et à l'amour des fidèles (1). »

1. L'excellence de la dc'rotion au Cieur adorable de Jesiis- Christ, \). i. 1. 2, oh. 4, à \a fin. Après avoir cité ces textes, le P. liainvel ajoute ces paroles qui s'appliquent à la (i(''vot.ion au (jceur de Marie aussi bien qu'à la dévotion au (lœur de Jésus : « Nesl-il pas vrai quo cet objet si ample et si étendu

l'objet de la dévotion 303

L'Eglise elle-même, dans sa liturgie, donne au mot « cœur » un sens aussi large que le P. Eudes et le P. de Galliffet. Les litanies du Cœur de Jésus approuvées par Léon XIII suffiraient à le prouver. Le Cœur de Jésus y est présenté comme un « abîme de toutes les vertus » et comme « contenant tous les trésors de la science et de la sagesse. »

Mais, puisqu'il s'agit présentement du Cœur de jMarie, prenons roffice approuvé en 1855 pour en célébrer la fête. Divers passages de cet office, spécialement les leçons du second nocturne, ont pour objet l'amour de Marie ; mais, dans d autres endroits, il est question de son âme : Magnificat anima mea Dominum ; de son intelligence: De Corde protulit verba boiia ; de sa mémoire : Conservabat omnia verba hœc conferens in corde suo ; de la partie supérieure de son âme : Ave, gratia plena ; Deus qui in Corde Mariœ Spiriliis Sancti habitacuhun prœparasti ; de son humilité : Respexit hamilitateni ancillse siise ; en un mot de tout son intérieur : Oninis gloria ejiis ab intus. Et pourtant c'est toujours le Cœur de Marie que l'Eglise veut célébrer,

déborde la définition reçue, !e « culte du cœui" de chair comnie oniblème de l'amour de Jésus pour nous ? »... Les auteurs modernes sont plus circonspects dans le choix de leurs expressions, quand ils définissent l'objet propre de la dévotion. Mais dans leiii's développements, quand ils se surveillent moins, ils arrivent à en dire autant. Et il faut reconnaître que l'idée vivante de la dévotion doijorde de toute part cette formule du cœur comme emblème d'amour : elle va chercher dans le Cœur de Jésus toute la vie intime du Dieu fait homme, toutes les richesses cachées dans son humanité et, pour parler comme les Suipiciens, tout « l'intérieur de Jésus. » La dévotion au. Sacré-Cœur de Jésus, 3' édition, p. 112.

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11 n'y a donc pour le fond aucune différence entre la Ihéorie aujouid'hui reçue et celle du Bienheureux touchant l'objet de la dévotion au Cœur de Marie. Que le regard se porte d'abord sur toute la vie intinne de Marie pour s'arrêter ensuite spécialement à 1 amour, ou qu'il se porte d'abord sur l'amour poui' s'étendre ensuite à toute la vie intime de la Bienheureuse Vierge, cela n'a qu'une importance minime. Dans les deux cas, l'objet de la dévotion reste le même : il n'y a de différence que dans les procédés employés pour le déterminer.

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