Cité par le P. Le Doré, 1. c., p
l'objkt df. l\ dévotion 309
de Jésus-Clirist, celui-là n'est pas chrétien : Si qnis Spirifiwi Christi non hahef, hic non est ejus. Oi\ l'esprit de Jésus, ce sont évidemment les dispositions et les intentions de son Cœur adorable ; mais c'est aussi et même principalement le Saint-Esprit lui-même. Le Saint-Esprit est, en effet, l'esprit de Jésus, puisqu'il est l'amour substantiel du Père et du Fils et qu'il procède de l'un et de l'autre. Il lest encore parce que la sainte humanité de Jésus fut toujours remplie de ce divin esprit et suivit en tout sa conduite et ses inspirations. On peut même, à ce double litre, le considérer comme le Cœur divin de Jésus, et le P. Eudes n'a pas manqué de le faire.
Or, poiH' nous initier à sa vie divine, Jésus ne s'est pas contenté de nous donner part aux dispositions de son Cœur, il a voulu nous donner celui qui est à la fois son Esprit et son Cœur. C'est pour cela que le Saint-Esprit vient habiter noire âme, etque l'Eglise l'appelle l'Esprit vivificateur, Spirifum invificcmfem.
Le P. Eudes revient souvent sur cette pensée. On la retrouve dans tous ses ouvrages ; par où l'on voit qu'elle occupe une place importante dans sa théorie de la vie spirituelle. Voici, par exemple, un passage de son Manuel, où il l'expose avec une admirable précision : « Adorons et aimons Jésus comme principe du Saint-Esprit avec son Père, et comme celui qui nous l'a mérité par son sang, et qui nous l'a donné pour être, en quelque manière, notre esprit et noire cœur (1)... »