‹ La dévotion au cœur de MarieChapitre 112 sur 221 · Bulle InefJ'abilis · texte numérisé non relu

Bulle InefJ'abilis

Cœin I)E MARIE. — 21.

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La croyance à llm maculée-Conception est d'ailleurs appuyée sur des raisons de convenance tellement fortes qu'elles suffiraient, semble-t-il, à emporter la conviction. Pie IX les résume dans la bulle Inejfahilùi .

« Il convenait, dit-il. qu'elle resplendit toujours de l'éclat de la sainteté la plus parfaite, quelle fut entièrement préservée, même de la tache du péché originel, et qu'elle remi)ortàt ainsi le plus complet triomphe sur 1 ancien serpent, cette Mère si vénérable, Elle à qui Dieu le Père avait ré.solu de donner son Fils unique, celui qu'il engendre de son propre sein, qui lui est égal en toutes choses et qu'il aime comme lui-même, et de le lui donner de telle manière quil fut naturellement un même, unique et commun Fils de Dieu et de la Vierge : — Elle que le Fils de Dieu lui-même avait choisie pour en faire substantiellement sa Mère ; — Elle enfin dans le sein de laquelle le Saint-Esprit avait voulu que, par une opération divine, fut conçu et naquit Celui dont il procède lui-même. »>

Malgré la force de ces raisons, il fut un temps où d'illustres théologiens hésitaient à professer llmmaculce-Conceplion de la très Sainte Vierge. Ils envoyaient bien la convenance, ils soutenaient même des principes d'oii elle découlait logiquement ; mais il leur paraissait impossible de concilier ce fait avec les enseignements on ne peut plus formels de saint Paul sur l'universalité de la déchéance originelle et de la Rédemption de. Îésus-Christ. Ce futl'honncurdeDwn* Scof de résoudre lesdilficullésqui arrêtaient les tliéo-

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logiens de son temps et même de s'armer de la principale pour en faire un argument en faveur de l'Immaculée-Conceplion, en montrant que, non seulement on peut la concilier avec l'universalité de la Rédemption, mais quelaRédemptionde Jésus Christ ne serait point parfaite si elle n'avait pas eu pour effet de préserver au moins la Sainte Vierge de la souillure originelle. Les objections ainsi résolues, la croyance à llmmaculée-Conception ne cessa de gagner du terrain, et,avantde frapper d'anathème l'opinion contraire, l'Eglise lui porta des coups si nombreux et si forts que, dès le XVIP siècle, le P. Eudes s'étonnait à bon droit qu'elle trouvât encore quelques rares partisans parmi les catholiques.

Le Cœur de Marie ne fut donc i)as, comme le nôtre, souillé de la tache originelle à son entrée dans le monde. Il en fut préservé et le premier instant de la vie de Marie fut un triomphe sur le démon. Dans la suite, ce triomphe ne fit que s'affermir. Il ne connut aucune éclipse, car jamais la Sainte Vierge ne se rendit coupable d'aucune faute, soit mortelle, soit vénielle.

Là-dessus jamais il n'y a eu de divergence de vues parmi les docteurs catholiques.

Saint Jacques nous dit que tous les hommes, même les plus saints, tombent dans des fautes plus ou moins graves. Tous, dit-il, nous offensons Dieu en beaucoup de choses : In muUis ojjendimiis omnes (1). Les Pères et les docteurs ont souvent

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