Œuvres cotnplètes, VJ. p
330 ÉTULE DOCTUINALE
La question est facile à résoudre.
Envisagée j^arson côté négatif, la pureté du Cœur de Marie était incapable d'accroissement. De même, en effet, dit Muzzarelli, qu'il est impoî^sible de vider davantage un vase qui est entièrement vide, de même le Cœur de Marie, affranchi totalement, dès le début, du péché et de ce qui conduit au péché, n'a pu, dans la suite, s'en affranchir davantage. Mais la pureté du Cœur de Marie ne consista jamais dans la simple exemption du péché. Elle consistait surtout dans la haine du mal et dans un attachement inviolable au souverain bien qui est Dieu. Or, envisagée à ce point de vue, il est clair que la pureté du Cœur de Marie n'a cessé de grandir, parce que son amour pour Dieu croissait à tout instant et que sa haine pour le péché augmentait en proportion. Entre la pureté du Cœur de Marie au moment de son entrée dans le monde et celle à laquelle la Bienheureuse Vierge était parvenue, lorsqu'elle quitta cette terre pour entrer dans la Jérusalem céleste, il y a donc la même différence qu'entre la lumière encore pâle du soleil à son lever et l'éclat éblouissant dont il brille en plein midi.