‹ La dévotion au cœur de MarieChapitre 131 sur 221 · Œun'es complètes. VIII, p. 13.J-13G · texte numérisé non relu

Œun'es complètes. VIII, p. 13.J-13G

LE CCEUB Dli MARIE EN LUIMÈME 35 1

<( Oui, dit le P. Eudes, l'amour de la Mère du Sauveur envers son Jésus est si ardent et si puissant qu'il ravit et emporte son àme premièrement et son corps peu après, les réunissant ensemble et les emportant l'un et l'autre dans le sein et dans le Cœur de son bien-aimé Fils, c'est-à-dire, dans une fournaise immense d amour et dans un abîme incompréhensible de gloire, de félicités et de grandeurs inénarrables. Et certes il était bien convenable que la Mère d'amour, qui n'a vécu que d'amour pendant quelle a été ici-bas, et dont toute la vie n'a été qu'un exercice continuel d'amour, mourût aussi d une mort d'amour (1). »

L'amour se diversifie suivant la nature des relations qui nous unissent à la personne aimée. Muzzarelli s'appuie sur ce principe pour montrer que Marie porte un amour spécial à chacune des trois personnes de la Sainte Trinité (2).

Elle est la fdle aînée du Père, et de même qu'elle a été de sa part l'objet d'un amour tout particulier, de même elle a pour lui un amour à part. Et puis la maternité divine a établi entre le Père et elle des relations spéciales, puisqu'elle a engendré dans le temps celui qu'il engendre de toute éternité, et ces relations ne peuvent pas ne pas influer sur l'amour qu'ils ont l'un pour l'autre « Cette relation entre le Père céleste et Marie à cause du Fils unique commun à tous les deux dut produire dans l'âme de

1. Œuvres complètes, VIII, p. 45J. Cf. S. François de Sfiles, Amour de Dieu, 1. 7, cli. 13.

t. Le trésor caché, ch. 5.

352 ÉrUUE bOCIRINALE

Marie, dil Muzzarelli, un amour envers ce Père céleste <l'une qualité et d'une espèce que Icsprit humain ne peut comprendre. La pensée que Jésus, son propre Fils, était en même temps le Fils du Père éternel, répandait dans son àme et par communication dans son cœur, un sentiment d'amour tout nouveau et 1 neffable. »

L'amour de Marie pour Jésus a tous les caractères de Pamour maternel le plus tendre et le plus généreux. (I Comm.ent pourrait-on imaginer, dit Muzzarelli, quel a été l'amour maternel de MariepourJésus? Cet amour de Mère que la nature avait gravé dans son Cœur, parce qu'elle avait donné une partie de sa propre substance à Jésus, dont le coips était formé de son sang le plus pur, lui fut encore inspiré d'une manière admirable par le Saint Esprit. Amour qui augmenta, parce qu'elle le porta pendant neuf mois dans son sein virginal, parce qu'elle le nourrit de son propre lait et vit croître sous ses yeux de sa propre substance. Amour encore plus ardent à cause des peines, des travaux, des voyages, des persécutions, des dangers auxquels Marie a été assujettie pour le nourrir et le défendre. Amour pour un Fils très aimable, très vertueux, très obéissant, qui, en croissant en âge, croissait dans l'exercice de la sagesse et devenait toujours plus gracieux devant Dieu et devant les hommes. Amour pour un Fils unique que le Père céleste avait remis à Marie sur la terre et duquel dépendait le salut éternel de tout le genre humain. C'est encore peu : amour de Mère pour un Fils Dieu et homme. Que pourrait-on dire

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