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LE COEUR DE MARIE EN LUI-MÊME

leur activité, que par leur mode d'action que les dons se distinguent des vertus.

Les dons du Saint-Esprit sont au nombre de sept, savoir, les dons de sagesse, d'intelligence, de conseil, de force, de science, de piété et de crainte de Dieu. Ils furent tous communiqués à Marie dès le moment de sa conception dans une mesure qui répondait à sa dignité et à son éminenle sainteté, et il va sans dire qu'ils firent sentir leur bienfaisante influence dans toute sa vie.

Le don de sagesse nous aide à connaître et à aimer Dieu. Il répandait dans l'âme de Marie des lumières si vives et un amour si ardent que la Sainte Vierge mettait toute sa joie dans la contemplation des perfections divines. Uniquement occupée de» vérités éternelles, elle n'avait que mépris pour les biens d'ici-bas et surtout pour la fausse sagesse du monde dont elle comprenait toute la folie.

Le don d'intelligence lui découvrait le sens caché des divines Ecritures et lui permettait d'en pénétrer les secrets les plus mystérieux avec une lucidité dont n'approcha jamais la science des plus grands docteurs.

Le don de conseil lui montrait la conduite à tenir et lui faisait prendre de généreuses résolutions toujours conformes aux lumières qu'elle recevait de l'Esprit de Dieu.

Le don de force lui apprenait à se défier d'ellemême, à mettre en Dieu toute sa confiance, à affronter, par amour pour lui, les plus grandes difficultés, el à supporter courageusement les tribulations et les

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peiséculions (lui venaient s'abattre sur elle cl sur son ilivin ImIs.

Le don de science lui faisait connaître les choses créées et l'usage quil faut en faire. C'est ce don qui , au dire du P. Eudes, lui révélait le prix inestimable des âmes et leinbrasait d'un zèle ardent pour leur salut.

Le don de piété lui communiquait une tendresse toute maternelle pour ses enfants d'adoption. Il la remplissait de compassion pour leurs aillictions et leurs misères et la poussait à ne rien négliger pour les secourir.

Enfin le don de crainte lui inspirait une vive horreur pour loul ce qui est de nature à déplaire à Dieu, et la portait à accomplir en toute circonstance ce qu'elle savait lui être le plus agréable dans le but unique de procurer sa gloire et de lui prouver son amour.

Les fruits du Saint-Esprit se distinguent des dons un peu comme le fruit se distingue de la branche qui le porte. D'après saint Thomas, ce ne sont plus des habitudes qui viennent se greffer sur nos facultés pour les perfectionner et en faire des instruments dociles à l'action du Saint-Esprit, ce sont les actes qui procèdent des dons et que l'àmc accomplit avec tant de perfection qu'elle trouve à le faire une suavité et uue allégresse incomparables. Saint Paul en compte douze, qui sont : la charité, la joie, la paix, la patience, la longanimité, la bonté, la bénignité, la mansuétude, la foi, la modestie, la continence et la chasteté (i).

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