‹ La dévotion au cœur de MarieChapitre 15 sur 221 · JÀb. spec. grat., pari. 1, c · texte numérisé non relu

JÀb. spec. grat., pari. 1, c

COEUR DK MAIUE — 2.

18 ÉTUDE HISïOniQUK

Citons encore la vision dont la sainte fut favorisée en chantant les matines de la fcte de rAssomption :

('. Comme elle était au chœur, il lui sembla voir la Bienheureuse Vierge Marie couchée sur son lit. Et tout à coup elle crut voir la hauteur de l'infinie Majesté sahaisser jusque dans le" plus profond de l'alume, c'est-à-dire dans le Cœur de la très humble Vierge, et le remplir du torrent de sa divine volupté avec une telle abondance que son âme bienheureuse en fui absorbée et passa en Dieu. C'est ainsi que rame très sainte de Marie, sortie de son corps sous limpulsion d'une joie ineffable, étrangère à toute douleur, s'envolant joyeusement dans les bras de son Fils, reposa avec amour et tendresse sur son Cœur et fut conduite, aux applaudissements d'allégresse des saints, jusqu'au trône de la très parfaite Trinité.

a II est impossible à une créature d'exprimer avec quelle tendresse Dieu, le Père de toute paternité, reçut cette âme en son sein paternel. Les honneurs dont la sagesse inscrutable du Fils la combla, la révérence due ù une mère, la distinction sublime qu'il lui fit en la plaçant à sa droite sur un trône de gloire, dépassent toute pensée. L'Esprit Saint également la combla avec une telle afllucnce de son amour, de sa bonté, de sa suavité et de tous ses dons que tous les habitants du Ciel en furent remplis à leur tour. Les séraphins, qui depuis le premier moment de leur création ont brûlé au foyer de la divinité, se sentirent embrasés d'un nouveau feu à la chaleur de l'amour de la Bienheureuse Vierge

Marie. Les chérubins, si remplis de la science de Dieu, reçurent en quelque sorte une lumière nouvelle ; enfin tous les anges et les saints reçurent de la gloire d'une si puissante Reine un accroissement d'amour, de joie et de récompense. Alors la Très Sainte Trinité, se répandant en elle de toute la plénitude de la divinité, la pénétra tellement que, toute remplie de Dieu, tout ce qu'elle semblait faire, c'était Dieu qui le faisait en elle et par elle : ainsi il voyait par ses yeux, entendait par ses oreilles, et célébrait en son propre honneur par sa bouche les louanges les plus douces et les plus parfaites : il prenait enfin sa joie et ses délices dans le Cœur de la Vierge Marie comme dans le sien (1). »

Le Cœur do Marie n'occupe pas autant de place dans les révélations de sainte Gertriide que dans celles de sainte Mechilde ; mais les traits qu'on y trouve sont des plus gracieux.

« Un jour de l'Annonciation, aux matines, tandis qu'on chantait l invitatoire : Ave Maria, la sainte vit trois couranis jaillir du Père, du Fils et du Saint- Esprit et se rendre avec impétuosité dans leCœur delà Vierge Mèrepour retourner avec la même impétuosité à leur source ; et elle comprit que, par cetépanchement de la Très Sainte Trinité, il avait été donné à Marie d'être la personne la plus puissante de l'univers après le Père, la plus sage après le Fils et la plus bénigne après le Saint-Esprit (2). »

Page 1