‹ La dévotion au cœur de MarieChapitre 159 sur 221 · Hymne de Matines · texte numérisé non relu

Hymne de Matines

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mystère de son Incarnation pour être notre frère, notre docteur, notre lumière, et pour nous enseigner la vraie sagesse par ses paroles et par l'exemple de ses actions. Il nous l'a donné en sa Passion et en sa mort pour être notre Rédempteur et notre rédemption. Il nous l'a donné en sa résurrection pour être notre justification : Reswrexit pvopier jiislijicationem nostrani. Il nous l'a donné dans la sainte Euchaiistie pour être notre vie et notre sanctification. De môme le Cœur très charitable de notre Mère d'amour, et qui est tout transformé en la charité du Père éternel, nous a donné ce même Jésus en toutes ces manières. A raison de quoi nous lui avons des obligations infinies dont nous devons sans cesse la louer et la remercier, mais spécialement après lavoir reçu dans le Saint-Sacrement. Car c'est à elle, après Dieu, que nous avons l'obligation de ce trésor immense que nous possédons aussi souvent que nous le voulons. Grâces infinies et éternelles en soient rendues, ô Mère de Jésus, à la charité immense de votre divin Cœur (1) ! »

En plus de la vie dont il jouit dans le sein de son Père et de celle quil a prise dans le sein de sa Mère, le Verbe incarné vit encore dans le cœur des fidèles. Jésus, en effet, n'a pris notre nature que pour nous rendre participants de sa vie divine, de sorte que, comme l'enseigne saint Paul, nous ne formons avec lui quun corps mystique dont il est le chef et dont nous sommes les membres, et que, aussi longtemps

(1) Cœur admirable, liv. o, ch. 9.

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que nous lui restons unis par la grâce sanclifiante, nous pouvons dire avec saint Paul : Je vis, ou plulot, non, ce n'est plus moi qui vis, c'est Jésus-Christ qui vit en moi. Vivo, jain non ego, vivif vero in me (^iristus. Or, cette vie de Jésus en nous, pour en trouver l'origine, il faut remonter jusqu'au Père, car la vie que Jésus possède en lui-même et qu'il nous communique, il la lient de son Père. Mais, ici encore, Dieu le Pèie daigne associer Marie à sa fécondité. Qui ne sait en effet que Marie est la Mère des chrétiens, qu'elle les a adoptés et même, en un sens, enfantés uu pied de la croix, et qu'avant de nous parvenir, toutes les grâces qui nous font vivre de la vie surnaturelle doivent passer par son Cœur?

Le P. Eudes ne s'en tenait pas là. Il ne craignait pas de dire que la Bienheureuse Vierge n'a qu'un Cœur avec le Père éternel .

(( Considérez, dit-il dans le Cœur admirable, que non seulement le Cœur sacré de la glorieuse Vierge est un vif portrait du Cœur divin du Père éternel, mais encore que le Cœur de cette très précieuse Vierge n'est qu'un Cœur avec celui du Père des Vierges: un, dis-je, non pas en unité de nature ou d'essence, mais en unité d'esprit, de volonté, d'amour et d affection. Car le Cœur de la Mère de Jésus n'a jamais eu d'autre esprit, ni d'autre volonté, ni d'autres affections que le Cœur du Père de Jésus. Et il est parvenu à celte union, ou plutôt à cette unité, y)ar trois moyens: 1° Par une entière séparation de tout péché ; 2" par un parfait dégagemenldu monde, de l'amour-propre et de toutes choses ; 3" par un

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jimour ires aident vers la divine volonté, et par une prompte et cordiale soumission et abandon à tous ses desseins et à tous ses ordres. »

Et le Bienheureux ajoute cette belle prière :

(( O ma très bonne Mère..., je vous donne mon cœur: imprimez-y une participation de la haine infinie que vous avez contre le péché ; rompez les liens et brisez les chaînes de ce pauvre esclave ; détachezle entièrement du monde, de sa propre volonté et de tout ce qui déplait à Dieu. Donnez-le à la divine volonté et la priez dy établir son règne absolument et pour jamais, afin qu'à a otre imitation, je n'aie })lus ([u'un espiit, qu'une volonté et qu'un cœur avec mon très aimable Père (1). »

Entre le Cœur de Marie et la personne du Fils la ressemblance n'est pas moins frappante.

Le Fils, en ciïét, est le premier terme des processions divines : le Père lui communique toutes ses grandeurs et toutes ses perfections et il en fait le premier objet de ses complaisances. Or, le Cœur de Marie participe, dans une certaine mesure, à ces privilèges. N'est-il pas, parmi les pures créatures, le chef-d'œuvre des mains divines ? Dieu ne lui at-il pas départi la plénitude des grâces qu'il se propose de répandre dans le monde, et, après le Cœur de Jésus, n'est-ce pas dans ce Cœur admirable qu'il met toutes ses complaisances ?

Dans les processions divines, le Fils ne reçoit que

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