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Union du Oîkiii- «le Marie et. du Cœur de Jlsus. - Caraclères de celle union : dépendance, conformité, amour.
Le P. Eudes aimait à caractériser les rapports des Sacrés Cœurs de Jésus et de Marie en disant qu'ils ne font qu'un Cœur. Toutefois, nous l'avons vu, pour qu'on ne se méprît pas sur le sens de ses
\. Cœur admirable, liv. .5, oh. 12.
LK CŒUR DE MARIK KT IF. CfSUP. l)K JKSUS 405
paroles il prenait la précaution d'y ajouter un adoucissement ou une explication, en disant qu'ils ne sont qu'un a en quelque manière », « en unité d'esprit, d'affection et de volonté. »
« Encore que le Cœur de Jésus soit diflërent du Cœur de Marie, et qu'il le surpasse infinimen! en excellence et en sainteté, écrit-il en diveis endroits de ses ouvrages, si est-ce que Dieu a uni si étroitement ces deux cœurs qu'on i>eut dire avec vérité qu'ils ne sont qu'un cœur, parce qti'ils ont toujours été animés d'un même esprit et remplis des mêmes sentiments et affections (I). »
En étudiant la question de plus près, il est aisé de voir que l'union morale des Sacrés Cœurs de Jésus et de Marie se résoud dans les trois liens de dépendance, de conformité et d'amour qui rattachent le cœur des fidèles à celui de Jésus, avec cette diiTérence qu'entre le Cœur de Jésus et celui de sa divine Mère, la perfection de ces liens répond à l'excellence incomparable que donne à Marie sa dignité de Mère de Dieu.
La dépendance qui existe entre le Cœur de Jésus et celui de Marie varie suivant le point de vue auquel on se place.
Au point de vue naturel, Jésus a voulu dépendre de sa très Sainte Mère. C'est dans son sein qu'il s'est incarné et c'est d'elle qu'il a pris le corps dont il
i. La déooti()7i au Très Saint Cœur de Marie, p. 18. Edit. 1663. Cœur admirable, liv. 11, m.'niituîion pour le troisième jour (le l'octave.
406 KIL'DF. D(»CrRl>ALF.
sesl revêtu. D'où il suit que, comme le dit saint Augustin, la chair de Jésus est la chair de Marie. Le Cœur de Jésus est aussi, en un sens, le Cœur de Marie, puisque c'est du Cœur de Marie qu'il a reçu, dune façon plus ou moins médiate, les éléments qui le constituent et la vie qui l'anime. Le P. Eudes en fait la remarque (1). Toutelois ce n'est point sur cette dépendance qu'il insiste le plus., mais bien sur celle qui, dans l'ordre surnaturel, rattache le Cœur de Marie à celui de Jésus.
A ce point de vue, les rôles se trouvent renversés, et, au lieu de communiquer la vie au Cœur de Jésus, c'est Marie qui la reçoit de lui, puisqu'elle fait partie, comme nous, du corps mystique dont Jésus est le chef.
« Le Cœur de Jésus, dit le P. Eudes, est le principe de la vie de la Mère de Dieu. Car pendant que cette Mère admirable portait son Fils bien-aimédans ses bénites entrailles, comme son corps virginal était le principe de la vie corporelle et naturelle de son divin Enfant, le Cœur de cet Enfant adorable était aussi le principe de la vie spirituelle et surnaturelle de sa très digne Mère ; et conséquemment ce Cœur déiflé du Fils unique de Marie était le principe de toutes les pieuses pensées et affections de sa Bienheureuse Mère, de toutes les suintes paroles qu'elle disait, de tontes les bonnes actions qu'elle faisait, de toutes les vertus qu'elle pratiquait et de toutes les peines et douleurs quelle souffrait sain-
i. Cœur admirable, liv. 1, ch. 5 cl passim.