‹ La dévotion au cœur de MarieChapitre 168 sur 221 · Cœur admirable, liv. 9, ch · texte numérisé non relu

Cœur admirable, liv. 9, ch

Prêtre, qui est Jésus, s'offrit à son Père pour lexpia lion du péché et la rédemption du genre humain. Et ce sacrifice, entouré de tant d'humiliations et de souffrances. Jésus l'offrit avec de tels sentiments d'amour pour son Père et pour nous que le jour de sa Passion fut pour son Cœur un jour de joie.

Marie avait reçu l'intelligence de ce mystère. Elle savait que le Verbe s'était incarné pour l'cxpiatiou des péchés du monde, et longtemps à l'avance, entrant dans ses sentiments de prêtre et d'iioslie. elle l'offrit à Dieu dans le secret de son (Jœur et elle s'offrit elle-même avec lui pour satisfaire à la justice divine. Quand Iheure suprême arriva, elle voulut être au pied de la croix pour y consommer, au milieu d'inexprimables douleurs, le sacrifice de son Fils et le sien. C est ainsi que, durant toute sa vie. et spécialement au temps de la Passion, Marie fit de son Cœur un autel où elle sacrifia son Fils bien aimé et ne cessa de s'immoler avec lui.

« C'est sur cet autel, dit le P. Eudes, que la Sainte Vierge a sacrifié à Di»'u toutes les choses de ce monde... C'est sur cet autel quelle a sacrifié à Dieu son être, sa vie, son corps, son âme... et généralement tout ce qu'elle était, tout ce qu'elle avait, tout ce qu'elle pouvait. C'est sur cet autel qu'elle a offert à sa divine Majesté le même sacrifice que son Fils Jésus lui a offert sur le Calvaire. Cet adorable Sauveur ne sest sacrifié qu'une fois à son Père sur l'autel de la Croix ; mais sa sainte Mère l'a immolé dix mille fois sur l'autel de son Cumr, et ce même Cœur a été le prêtio qui l'a immolé, et il s'est im-

LE CCEUR DE MARIE ET LR CŒUR DE JÉSUS iio^

molé aussi avec lui. De sorte que l'on peut dire que ce Cœur admirable a fait l'office de prêtre dans ce sacrifice, et y a tenu lieu de victime et d'au tel (1). »

Le P. Eudes aime à rappeler cette doctrine qui met dans un si puissant relief la conformité et l'union du Cœur de Marie à celui de Jésus ; et, quand il le fuit, il est rare qu'il ne cite pas un texte de sainte Brigitte, où le divin Maître déclare que sa Mère et lui n'ont eu qu'un Cœur pour opérer, sur le Calvaire, le rachat de l'humanité.

« Les Pères disent hautement, écrit-il, que la Mère du Sauveur a coopéré avec lui, d'une manière très particulière, à ce grand ouvrage de nolic Rédemption. Et c'est pourquoi cet adorable Rédempteur parlant à sainte Brigitte, dont les Révélations sont approuvées de l'Eglise, lui dit que lui et sa sainteMère avaient travaillé unanimement, iinocorde, au salut du genre humain {'S). »

Si les liens de dépendance et de conformité dont nous venons de parler unissaient étroitement les Sacrés Cœurs de Jésus et de Marie, 1 amour qu'ils se portaient mutuellement créait entre eux un lien encore plus fort. L'amour, en effet, tend à l'union, comme l'expliquent les philosophes, et les Sacrés

1. Cœur admirable, liv. 3, ch. 4, sect. 5. Cf. liv. JJ, méditation pour le sixième jour de 1 Octave. On reti'oiive la même pensée dans rollice du Cœur de Marie, par exemple, dans cette antienne des IP' Vêpres : « Christus Jésus, hostia sancta, semcl in ara crucis, multoties in allari Cordis Virginis .l^terno l'atri oblatus est. Alléluia. ».

2. Cœw admirable, liv. 12, méditalions, 1" série, neuvième méditation.

4 I G lÎTUDE UOCriUNAI.K

Cœurs de Jésus et de Maiie ont toujours été embra- }?és l'un pour l'autre d'un amour dont rintensilé dépasse la portée de notre intelligence. Qu'on juge par là de la perfection de leur union !

Dans le Cœur admirable, il est souvent question de l'amour de Jésus pour Marie. A vrai dire, l'ouvrage tout entier roule sur ce sujel. puisque c'est l'amour de Jésus qui a enrichi le Cœur de Marie de toutes les perfections qui en font la merveilleuse beauté. Toutefois, le Bienheureux a voulu en traiter à part dans le XII*^ livre. Là, il consacre plusieurs chapitres à montrer que le Cœur de Jésus est une fournaise d'amour à l'égard de Marie.

« Les grâces inexpliquables et inconcevables dont notre Sauveur a comblé sa Bienheureuse Mère, font voir manifestement, dit il, qu'il a un amour pour elle qui est sans mesure et sans bornes ; qu'après son divin Père, elle est le premiei- et le plus digne objet de son amour, et qu'il l'aime plus, elle seule, incomparablement que tous ses Anges, tous ses saints et toutes ses créatures ensemble (I). «

Et pour justifier cette asscition, le Bienheureux passe en revue les principaux privilèges que Jésus a daigné conférer à sa sainte Mère.

Le pieux auteur n'apporte pas moins de complaisance à exalter l'amour de Marie pour Jésus, et après en avoir célébré la continuité, l'intensité, la tendresse, il en signale les effets. L'un des principaux est piécisémcat celui dont nous nous occu-

i. Cœur adiiLirabU', liv. 12, ch. 3.

LE COEUR DK MAHlii: ET l'kGî.ISE 4 l7

pons, l'union du Cœur de Marie à celui de Jésus. « Cet amour très ardent du Cœur de Marie l'unit avec son Fils Jésus, dit-il, d'une manière si forte et si merveilleuse, que la mort, qui a rompu lunion très étroite de 1 âme sainte et du corps adorable de Jésus, n'a pu avoir aucune atteinte sur l'union inviolable qui est entre ce divin Sauveur et sa très clière Mère. Quand la cruelle lance du soldat inhuujain perça le côté et le Cœur de Jésus pendant en la croix, elle ne causa aucune douleur à son âme, car elle n'était plus dans son Cœur ni dans son corps, la mort l'en ayant séparée ; mais elle transperça l'âme de sa Bienheureuse Mère et la navra d'une plaie très sanglante et très douloureuse, car son amour la tenait unie au corps et au Cœur de Jésus. Oh ! qu'il est bien vrai que l'amour est plus fort que la mort, puisque la mort peut bien séparer lame de Jésus d'avec son corps, et que l'amour unit si intimement le Cœur et l'âme de Marie avec Jésus que la plus cruelle de toutes les morts ne peut les en séparer (1). »

m. — u'. cœuR DE .MAniK ET i/egi.ïse

L'Eglise est le corps mystique de Jésus-Christ. Elle ne fait qu'un avec lui, comme les membres ne font qu'un avec le chef : elle vit de la vie divine qu'il possède en plénitude et qu'il lui communique comme les membres vivent de la vie

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