‹ La dévotion au cœur de MarieChapitre 26 sur 221 · LA DÉVOTION AVANT LE 8. KUDKS · texte numérisé non relu

LA DÉVOTION AVANT LE 8. KUDKS

nilé a béni et chéri ce Cœur d'une bénédiction et faveur toute extraordinaire... Une semble donc point hors de saison, au temps environ qu'on fait la fête de la sainte Trinité, qui a tant chéri et avantagé le Coeur de Marie, de se souvenir encore et faire fèteparticu lière de ce même Coeur. Qui aura un bon cœur pour la Mère de Dieu ne trouvera point mauvais, Philagie, qu'en votre particulier vous honoriez durant cette octave le Cœur de votre chère Mère.

« Que s'il est question de donner des preuves de cette dévotion au Sacré Cœur de Notre-Dame, lisez les Chroniques de l'ordre de saint Dominique. Vous trouverez que le B. Herman de cet ordre, allemand de nation, qui vivait l'an 1245, était très affectionné à la Mère de Dieu, surtout à son béni Cœur, ([ui avait si tendrement et amoureusement aimé Dieu ; Cœur qui, par des élans amoureux, avait avancé l'exécution de l'Incarnation et attiré le Verbe divin à nous : Cœur le plus saint et le plus utile au genre humain qui ait jamais existé après celui (le Jésus, son Fils ; Cœur qui eut un soin incompa rable à élever le petit Jésus et à conserver toutes les paroles qu'elle ouït l'espace de trente-trois ans de la bouche de son cher Fils ; Cœur non pareil en constance et douceur parmi les affronts et cruautés exercés sur son bien-aimé Enfant. Â l'hon neur de cet aimable Cœur, ce saint religieux disait tous les jours un Ave Maria (I). »

Après ce préambule sur la fête du Cœur de Marie»

t. Le Paradis ouvert à Philagie, ch. 6, Dévot. 4 .

ii KTUDE HISTORIQUE

le P. «le Barry propose une octave (if dévotions pour la céh'ibrer. Il conseille à ses lecteurs de consacrer leur cœur à la Sainte Vierge, de produire à son égard des actes d'amour et de confiance, de former son nom sur leur cœur, de l'invoquer fréquemment, et enfin de réciter le Magnificat et quatre psaumes dont les premières lettres juxtaposées donnent le nom de Marie.

Comme on le voit par les paroles du V. de Barry, la dévotion au Cœur de Marie n'était plus, comme au moyen âge, l'apanage de quelques âmes privilégiées. Elle commençait à pénétrer dans le peuple, et déjà quelques personnes pieuses célébraient, le premier juin, une fête en l'honneur du Cœur de la Bienheureuse Vierge. Toutefois, remarquons-le, cette fête n'avait aucun caractère liturgique. C'était une fêle de pure dévotion, qui n'avait reçu de l'autorité ecclésiastique aucune approbation, et qu'un petit nombre de personnes dévotes célébraient dans le secret de leur vie privée et en se servant de pratiques de leur choix.

Bien plus, la dévotion dont celte fétc était la principale expression semblait encore assez mal définie. Personne n'avaitessayé d'en déterminerrobjetprécis, ni d'en établir le bien-fondé, ni de lui assigner des pratiques spéciales. Il est vrai, nous venons de le voir, qu'on trouvait dans la sainte Ecriture et dans les écrits des Pères et des m>»stiques du moyen âge des ajjerçus magnifiques sur les perfections du Cœur de Marie. Mais ces aperçus, épars dans des livres divers, il restait à les réunir et à les coordon-

ner. Il restait également à rattacher au Cœur corporel de Marie ce que nous savons de sa vie intime et surtout de son éminente charité. L'objet de la dévotion une fois fixé, il fallait montrer la place qu'elle doit occuper dans la vie chrétienne en expliquant la manière de la réduire en pratique. En somme, la dévotion au Cœur de Marie n'existait guère qu'à l'état de tendance un peu confuse. Il était réservé au bienheureux Jean Eudes de lui donner l'organisation qui lui manquait, de lui conquérir les suffrages du clergé et du peuple et de l'introduire dans la liturgie catholique.

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