Vie (le Marie des Vallées, 1. 7, ch
2. Cf. Œuvres complètes. II, p. SU ; Vill, p. 463. Dansropuscule qu il publia en J6b6 sur la Décotion au (rès saint Cœur de la très précieuse Vierge, le Hienlieureux a maintenu la prière mais eny faisant mention dc.^ pi-omesses qui lui avaient ete faites. U. Œuvres coiiiplètes, t. vin, p. 493.
Au commencement de 1648, le P. Eudes prêchait une grande mission à Autun. L'occasion lui parut l)onne pour célébrer avec solennité la fête du Cœur (le Marie. Dans ce but, il fil approuver par les chanoines Claude Saunier, Philippe de Monlaigu et Claude Desprez. 1 office et la messe du Cœur de Marie en même temps qu'un office et une messe du saint Nom de Mûrie, qui étaient également de sa composition ; il y joignit ri4i'e, Cor sanclissimum et une autre salutation à la Sainte Vierge qui commence par ces mots : Ave, Maria Fili Dei Patris, et, avec lautorisation de l évêque du lieu, Mgr Claude de la Madeleine de Ragny, il les fil imprimer à Autun même sous ce titre : La dévolion au très saint Cœur et au très sacré nom de la Bienheureuse Vierge (l ).
Mgr de Uagny ne se contenta pas d'autoriser limpression des offices du P. Eudes : il exhorta les fidèles de son diocèse à s'en servir pour célébrer, aux jours marqués, les deux fêles du saint Cœur et du saint nom de Marie.
« Vu par nous, dit-il dans l'acte qu'il délivra au liienheureux, vu par nous, Claude de la Madeleine de Ragny, par permission divine évêque d' Autun, les présents offices de la solennitédu très saint Cœur de la Bienheureuse Vierge, qui se célèbre le huitième jour de février, et de la fête de son très saint nom de Marie, qui se fait le vingt-deux septembre;
i. I.c livre parut chez Biaise Simonnut. Il ne portait pas de nom (l'.Tulpur, ce qui cxplinue qu'on ait pu se servir de roffice «lu liienheureux sans en connaîtrcla provenance. Voir Œuvres romplétei, VIII, p. 401.
ensemble l'attestation des docteurs en théologie, par laquelle nous est apparu n'y avoir rien en iceux offices, qui ne soit conforme à la foi et piété de l'Eglise calholiqno, apostolique et romaine, et à l'édification des fidèles ; Nous avons permis et permettons qu'ils soient imprimés pour l'usage de ceux qui auront dévotion de les réciter en l'honneur de ce très saint Cœur et de ce nom très sacré : exhortant tous et un chacun de notre diocèse, tant séculiers que régulier?, de s'en servir pour rendre l'honneur et la vénération qui est due à deux choses si sacrées et si vénérables, comme sont le Cœur très divin et le nom très béni de la Mère de Dieu, desquels il est fait une si honorable mention dans le saint Evangile, et pour en célébrer la mémoire et la fête dans les jours susdits.
En témoignage de quoi nous avons ^igné le présent et y avons fait apposer notre sceau.
A Autun, ce 20 janvier 1648,
Claude de la Madeleink, Evêque d AiiUin (1), »
i. Même après les décrets de saint Pie V et d'Urbain VIII, qui réservaient au Souverain Pontife l'approbation des offices nouveaux, lesévéquesde Francese croyaient en droitd'autoriser, dans leurs dioccces, la célébration <Ie fêtes nouvelles avec messe et office propres, et c'est un fait constant qu'ils ne recouraient, pas au Saint-Siège pour l'approbation de leur Propre.
Les Souverains Pontifes toléraient cet état de choses, et, si dans certains cas la Congrégation des Rites refusa de revêtir de son approbation des olfices autorisés par quelques évêques, comme cela eut lieu pour l'office du Cœur de Marie qui lui fut soumis en 1660 à l'insu du P. Eudes, du moins elle n'en proscrivit par l'usage.
Il y a plus. Lorsqu'en 1G37, les Visitandines de Dijon soUici-
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Tout était prêt pour la célébration de la fête du Cœur de Marie. Elle eut lieu dans la cathédrale d'Autun le 8 février 1648, et il n'est pas douteux que le P. Eudes ne lui ait donné toute la solennité possible et que les fidèles, entraînés par les exercices de la mission, n'y soient accourus en foule.
A partir de ce moment, la dévotion au Cœur de Marie fit de grands progrès dans la ville et le diocèse d'Autun, et des grâces extraordinaires vinrent montrer au peuple qu'on ne s'adresse jamais en vain au Cœur de la Bienheureuse Vierge. Témoin le fait suivant dont nous empruntons le récit au P. Eudes lui-même :
« Pendant une grande mission que nous faisions, mes confrères et moi, dans la ville d'Autun, en 1648, durant laquelle nous célébrâmes dans l'église cathédrale la fête du Sacré Cœur de la Reine du Ciel, ce qui alluma le feu de celte dévotion en beaucoup de cœurs, il arriva qu'une religieuse bénédictine, professe de l'abbaye de Sainte Marie de Saint-Jeanle-Grand d'Autun, nommée Françoise du Rey, dite de la Croix, âgée de 18 ans, étant malade de la rougeole, qui lui avait ôlé l'usage de la vue et causé une Huxion violente sur les yeux avec des douleurs continuelles et très aiguës, elle appela à soi son in-
tèrent ii Rome lélablissenjent delà fêle du Cœur de Jésus, le Car llna! Ciho, auquel elles s'étaient adressées, leiir répondit, (ju'il lallail d'abord établir celte fête dans le diocèse, avec la l)eriiiis&ion de l'orilinairo, et qu"ensuile on pourrait recourir au Sainl-Siépe pour l'étendre ot l'affermir. Cf. Letierce, Le Sacré Cœur et la Visitation, p. 2u2 ; Thomas, Théorie de la dévotion au Sucri! Cœur de Ji-sus, p. 195.
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firmièrc et la pria de se mettre à genoux auprès do son lit et de lui faire dire par cœur la salutation au très saint Cœur de la Mère de Dieu, Ave, Cor sancfissltnum, imprimée dans un petit livre. Ce qu'ayant fait, elle demanda ce petit livre qu'elle appliqua sur ses yeux environ l'espace dun Miserere, suppliant la très sainte Vierge de lui rendre la vue et la santé par les mérites de son très saint Cœur. En suite de quoi ayant ôté le livre de dessus ses yeux, elle n'y sentit plus aucune douleur, mais elle les ouvrit sans aucune difficulté et commença à voir aussi clairement que jamais. »
« J'en ai, ajoute le P. Eudes, une attestation authentique, outre que j'en ai été témoin oculaire (1). »
D'Autun le Bienheureux se rendit à Gitry-en-Brie el à Fère-en-Tardenois, et, dans chacune de ces deux localités, il prêcha une mission dont le succès fut immense.
\ Fère-en-Tardenois, il eut la joie d'obtenir pour ses offices du saint Cœur el du saint Nom de Marie, l'approbation du chanoine du Tour, le i'ô juillet 1648; celle de Mgr Simon Legras, évêque de Soissons, le 2ti juillet !64S, et celle de Mgr Henri de Baradat, éveque de Noyon, le 8 août 1648.
Peu après, il en obtenait d'autres de Mgr de Hardi villiers, archevêque de Bourges (22 août 1648l et de Mgr Jacques du Perron, évêque d'Evreux (14 septembre 1648).
L'année suivante, Mgr Claude Auvry, évêque de
t. Lettre à la Mère Mechtilde du Saint-Sacrement. Cf. Œuvres complètes, l. Xl^ p. 63.
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Goulanccs (12 novembre 1049) et Mgr Lconor do Matignon, évoque de Lisicnx (30 novembre 1649) lui en délivreront de nouvelles il). Mgr Auvry et Mgr de Matignon ne se contentèrent pas d'aî)prouver les offices du Bienheureux ; comme Mgr de Ragny, ils exhortèrent les fidèles de lour diocèse à en faire usage pour célébrer les deux fêles du saint Cœur et du saint Nom de Mario.
Ces succès, si consolants pour le P. Eudes, irritèrent les Jansénistes. Déjà, nous l'avons vu, des murmures s'étaient élevés contre la fote du Cœur de Marie (2). Ils dégénérèrent en attaques ouvertes. Les Jansénistes prétendirent que la fêle du Cœur de Marie ne reposait sur aucun fondement sérieux et qu'elle n'avait pas d'objet précis. Le P. Eudes répondit à leurs clameurs par un Dhcours sur la dévotion au Cœur de Marie, qu'il inséra dans la seconde édition de son livre d'Aulun publiée à Cnen dès lHoO(3). Sans mentionner les attaques de ses adversaires, il les prend une à une et les réduit à néant.
Dans un premier article, il montre que la dévotion au Cœur de Marie n'est pas nouvelle, et qu'elle
i. Voir il' lexlc «Je ci's ;i])|»rol)aiions (ians le Cœur admirabU liv. 8, ch. "i, sauf celle ilii cijaiioiiie du Tour (;iron Iruuve dans les Q^urres roiii/tfi'/f'.'i, XI. p. âOCi.