‹ La dévotion au cœur de MarieChapitre 36 sur 221 · Œuvres complètes, Vill, p. ill, sq · texte numérisé non relu

Œuvres complètes, Vill, p. ill, sq

« Le Cœur très aimable de Marie, dit le saint missionnaire, est la source de toutes les pieuses pensées qu'elle a eues, de toutes les bonnes paroles qu'elleadites.de toutes les saintes actions qu'elle a faites, de toutes les vertus qu'elle a pratiquées et de toute la sainteté de sa vie. Car, comme, selon la parole de Notre-Sei gneur, les mauvaises pensées, paroles et actions procèdent du cœur : De corde exeant cogitationes malœ, blasphemiœ, Jurla, etc. ; aussi les bonnes pensées en tirent leur origine. C'est pourquoi si l'Eglise célèbre plusieurs fêtes pour honorer des actions particulières de la Mère de Dieu, comme la fête de sa Présentation, de sa Visitation, de sa Purification, quel honneur doit-on rendre à son très saint Cœur, source de tout ce qu'il y a de saint et de sacré en elle, vu principalement qu'il est le siège de l'amour, lequel est le principe, la mesure et la règle de toute sainteté ? »

« Si l'Eglise, ajoute le Bienheureux, célèbre tous les ans une fêle en l'honneur des chaînes dont le prince des apôtres, saint Pierre, a été lié, quelle solennité mérite le Cœur très sacré de la Reine du Ciel?

M En l'église de Sainte-Croix en Jérusalem, qui est à Rome, et en plusieurs autres églises, on garde avec tant de soin comme un riche trésor, et on révère avec tant d'affection comme de précieuses reliques, le voile dont cette grande princesse a couvert sa tête.

« En la ville de Trêves, son peigne qui y fut donné par l'impératrice Sainte Hélène.

7() ÉTUOK HISToniQPE

(( En l'église cathédrale de Chartres, sa chemise qui est conservée dans une châsse toule couverle d'or et de pierreries.

« A Semur. en Bourgogne, l'anneau avec lequel elle a été épousée.

« A Reims, dans l'église cathédrale, quelque partie de son lait virginal, lequel on expo-c Ions les jours dans une chapelle qu'on nomme la ch.Tpellcdu saint Lait, pour y être honoré des fidèles.

« A Soissons, dans léglise des Religieuses de Saint-Benoîl. un do ses souliers, par lequel Dieu a opéré tant de guérisons miraculeuses de toule sorte de maladies qu'on l'appelait autrefois le médecin de Soissons.

<( A Sainte-Marie la Grande, de Rome, une petite flotte de ses cheveux, comme aussi en plusieurs autres endroits...

« A Conslantinople, l'impératrice Pulchérie, au rapport de Nicéphore, fit bâtir trois belles églises en l'honneur de la Très Sainte Vierge : lune appelée Notre-Dame de la Guide, en laquelle elle mit un fuseau qui avait servi à la Mère de Dieu et des langes du Sauveur... L'autre nommée des Blaguernes, sur le port de Constantinople, là où elle mil en dépôt les sacrés suaires dont le coips delà Bienheureuse Vieig*' fut couvert... La troisième en la grande place des Fondeurs, en laquelle elle déposa la ceinture de Notre Dame, qu'elle avait eue de son pèie .Vrcadius. qui l'avait fait magnifiquement enchâsser, et qui \ était gardée avec tant de vénératioîi que tous les ans on y faisait une gjande solennité en llionneur do

cette sainte relique. En témoignage de quoi nous avons des sermons tout entiers qui ont été faits par saint Germain, patriarche de Conslantinople, en la célébrité de la vénération de cette sacrée ceinture de la Reine des Anges.

« Or, si l'Eglise, qui est toujours conduite par le Saint-Esprit, honore tant les moindres choses qui ont appartenu à la Mère de Dieu, et si elle célèbre (les fêles en Thonneur d'une ceinture qu'elle a portée sur ses habits, de quelle manière doit-on célébrer les louanges de son très digne et très honorable Cœur (1) P »

Le P. Eudes avait à déterminer l'objet spécial de la dévotion qu'il prêchait avec tant d'ardeur. 11 y consacre un troisième article. Après avoir étudié les divers sens que la Sainte Ecriture donne au mot « Cœur », il enseigne que, sous le nom de Cœur de Marie, on honore à la fois le Cœur de chair de la Bienheureuse Vierge et sa vie intime, ses vertus, ses joies, ses douleurs, mais surtout son amour pour Dieu et pour les hommes.

« Surtout, dit le Bienheureux, [sous le nom de G<»ur de Marie] nous entendons et désirons révérer et honorer premièrement et principalement cette faculté et capacité d'aimer tant naturelle que surnaturelle qui est en cette Mère d'amour, et qu'elle a toute employée à aimer Dieu et le prochain, ou, pour mieux dire, tout l'amour et toute la charité de la Mère du. Sauveur au regard de Dieu et du prochain.. .

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