V. PIFFUSION DE LA FETE DU CŒUR DK MARIE
l.a fête nouvelle établie dans la société îles Hons Amis, ai. Uefii{;îe (Je Dijon, chez les Bénédictines du Saint Sacrement, les Bénédiotinos de Montmartre cl dans d'autres instituts religieux. — Sa célébration dans plusieurs diocèses. — Elle est recommandée par le P. de Barry, par Dom Marclièse et parie i*. II. Nicquet.
Les approbations dont nous venons de parler étaient le fruit de bien des efforts et de bien des démarches. Chacune d'elles, dit le P. Bainvel, était « une conquête. » C'était aussi une force qui aidait le Bienheureux à propager sa chère dévotion. Il y ennploya toute l'ardeur de son zèle et il eut la consolation de voir ses efforts couronnés de succès. L'un de ses ennemis, un religieux de Barbéry dont nous ignorons le nom, reconnaît avec dépit qu'il réussit à introduire la fcle du Cœur de Marie « en quantité de monastères de Filles de Sainte Marie, Bénédictines, Ursulines, Carmélites et à rnermitage(l). » En 1672, le Bienheureux lui-même constatait avec bonheur « qu'elle était solennisée par toute la France cl en plusieurs ordres et congrégations religieuses avec; tant de bénédictions qu'il y avait lieu d'espérer qu'elle se célébrerait un jour très solennellement ])ar tout l'univers (2). «
Nul ne montra plus d'empressement que M. Bou don à accueillir la dévotion et la fcle nouvelles. Tout jeune encore, il réussit à faire adopter l'une et
i. Cité par le 1'. Le Doré, Les Sacres Cœurs, l, p. 245. 2. Œuvres cotnplètes, X, p. 4G0.
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l'autre par la pieuse société qui se forma à Paris sous la direction du P. Bagot, jésuite, vers iCi'», et qui plus tard donna naissance à la société des Mis sions étrangères. Il nous reste une lettre en date de 1669 dans laquelle Boudon lui-même raconte à M. Bosguérard ce que l'on faisait à l'origine dans cette société pour lionoier le Cœur de Marie.
« Mon cher Monsieur, lui dit-il, vous m'avez donné une consolation bien grande de m apprendre les saints mouvements que la grâce inspire pour honorer le Cœur de notre très bonne Mère ; c'est une grande marque que Dieu tout bon a dessein de se servir de ces bons messieurs pour sa gloire en leur donnant une application si spéciale au Cœur qui a attiré le Fils bien-aimé du Père éternel sur la terre et dont il a bien voulu recevoir sa vie humaine après son incarnation dans les pures entrailles de la très Sainte Vierge...
« Il est vrai que, dans le commencement de l'établissement de la maison, on y eut beaucoup de dévotion, et assurément ce ne fut pas sans en recevoir beaucoup de grâces. J'en fis faire un petit tableau, tel qu'il se voit encore chez ces Messieurs de Saint- Marcel; nous en récitions tous lesjours les litanies, qui sont dans le livre qu'en a composé le P. Eudes ; mais parce que cela est long, on pouvait se contenter de la salutation qui y est à ce saint Cœur ; tous les ans, on choisissait un jour pour en célébrer la fête comme l on fait celle des plus grandes solermités de Notre-Dame, et l'on allait à quelque église dédiée sous l'invocation de la sainte Mère de Dieu. L'on
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faisait plusieurs pratiques on l'honneur de ce sacré Cœur, selon que la divine inspiralion y excitait. Dans la suite, quelques-uns eurent peine sur cette dévotion, qui, à la vérité, fut combattue des le <'ommencement, mais sans être abattue ; enfin vers Pâques, ou environ queUnie temps après ou devant, l'on proposa devant une assemblée de toute la maison qu'il fallait se départir de cette dévotion, qu'il fallait ôter des règlements le jour qui y était marqué pour en faire la fêle, et, à la pluralité des voix, il fut conclu de la sorte. Il me vint bien à l'esprit que c'en était fait de la maison, au moins de la maison telle qu'elle était, et je puis assurer qu'elle était bien autre qu'elle n'est ».
Et le pieux écrivain ajoute :
(I Quand je sortis de la maison, liés peu après, pour un voyage, je vous avoue que j'eus quelque chose de particulier en sortant dans les rues de Paris, qui ne venait ni d'imagination Jïi de préoccupation : cela n'était pas naturel, et j'étais pressé d'une très grande douleur, quasi jusqu'à jîleurer, sans en savoir bien pourtant le sujet : mais je l'appris bientôt, un mois ou deux après, (|uand on me manda que la résolution était prise de quitter. 8i j'ai bonne mémoire, cette résolution fut prise environ le temps qu'on avait coutume de célébrer la fête du saint Cœur que l'on avait abandonnée (1 i. •>
Dans leur jeunesse, Mgr de Montnjorency-Laval