L.\ DîiVOTlON AVANT LK B. EUDliS
C'est la vivacité de sa foi proclamée par Elisabeth : Beata qiiso cvcdldisti.
C'est encore et surtout le Magnificat, oh Mario nous révèle ses pensées et ses sentiments les plus intimes, et que le bienheureux Jean Eudes appelle avec raison le Cantique de son Cœur.
Vraiment, ces deux premiers chapitres de saint Luc contiennent en substance toute la théologie de la dévotion au Cœur de la Mère de Dieu, et c'est à bon droit que le P. Eudes donne à l'auteur le titre glorieux d'Evangéliste du Cœur de Marie.
Dans saint Luc, le Cœur de Marie se montre avec toutes les perfections que réclame la maternité divine. Un texte de saint Jean nous le fait voir sous un jour nouveau. C'est celui où le divin Maître, du haut de sa croix, confie saint Jean à Marie et Marie à saint Jean, en disant à l'un ; Voilà votre mère, et à l'autre : Voilà votre Jils (1).
Dans le cours des âges, les interprètes de la sainte Ecriture et, après eux, les fidèles s'habituèrent à voir dans la personne de saint Jean le représentant de l'humanité tout entière, et les paroles de Jésus à Marie furent considérées comme la proclamation de sa maternité spirituelle à l'égard des chrétiens. Un des fruits de cette doctrine, ce fut, chez les fidèles, une foi plus vive et un recours plus confiant à la tendresse maternelle de Marie. La dévotion au Cœur de la Bienheureuse Vierge y trouva son profit. Elle apparut d'autant plus douce et plus attirante qu'elle
d. Joan. X.IX, 27.
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prcscnlait à la Yénéralion des Qdèles un Cœur f[ui, tout en restant le tronc Je toutes les vertus et le paradis de délices des trois i^ersonnes divines, devenait aux yeux de tous le Cœur dune Mère toujours prête à accueillir ses enfiinls et à les prendre sous sa protection.
Il \ a dans rAncioM Testament des passages et mênae des livres entiers, qui, au sens lilléral, ne visent pas la sainte Vierge, mais que tout le monde lui applique, et dont lEglisc elle même se sert dans la liturgie pour chanter ses louaniies. C'est le cas d'un ceilain nombre de psaumes, du (Janticjue des (Cantiques el àes autres livres sapienliaux. Appliqués à Marie, ces livres jettent un nouveau jour sur ses perfections et sa vie intime, et on y trouve des traits qui ne pouvaient manquer de conduire au culte de son aimable Cœ-ur.
Tel ce passage du psaume XLIV où Marie proclame que son Cœur a produit une bonne Parole dans laquelle il est permis de voir le Verbe incarné : Eructavii cor nieuni Verbv.m boiium.
Tel cet autre passage du même psaume, où il est dit que toute la gloire de la Fille du Hoi procède de son intérieur : Omnis gloria F'diis Régis (ib intus.
Tel encore ce verset de VEcclésiasliqdc, où Marie se présente à nous comme la Mère de la belle dileclion, de la crainte, de la connaissance et de là sainte espérance. Ego Maler putchr.v dilectionis, et limoris, et ognUionis, et saiiefœ spei {\).
i. Eccli. XXIV. 24.
I,.\ OlhOTiON AVANT LK B. IX'DES 9
Tels enfin les nombreux passages du Cantique des Cantiques, où Marie chante son amour pour son Bien-Aimé, et où celui-ci célèbre à son tour les louanges de celle qu'il appelle sa sœur et son épouse bien-aiméc. « Le Cantique des Cantiques, dit le P. Eudes, est le livre du Cœur virginal et des célestes amours de la Mère de belle dilection. C'est un livre tout plein de divins oracles qui nous annoncent que ce Cœur incomparable est tout embrasé d'amour vers Dieu et tout plein de charité vers nous (l). » Dans le Cœur admirable, le Bienheureux cite et commente avec autant de science que de piété huit de ces oracles. Les plus remarquables sont ceux où Marie proclame que son Bien- Aimé est à elle et qu'elle est toute à lui : Dileclus meus niihi et ego illi ; que son Cœur veille pendant qu'elle prend son repos : Ego dormio et cor meuni vlgilat (2) ; celui où le Père éternel dit à Marie qu'elle lui a blessé ou, selon les septante, qu'elle lui a ravi le cœur par un de ses yeux et par un des cheveux de sa tête : Vulnerasti cor meum, soror meu sponsa, vulnerasli cor meum in uno oculo tuo et in uno crine coin /«t (3) ; enfin celui-ci, que l'on trouve dans tous les offices du Cœur de Marie : Mettez-moi comme un sceau sur votre Cœur et sur votre bras, car l'amour est ibrt comme la mort et dur comme l'ccifer : Pone me ut signaculum super cor tuum, ut