CŒUR DE MARIE
178 ÉTUDE UISTORIQUK
tandines trouvaient cette prière (1). Par où Ton voit que la dévotion de la Bienheureuse au Cœur de Marie, comme celle de tousses contemporains, se rattache, dans une certaine mesure, à lapostolat du P. Eudes.
Celle dcvolion qu'elle comprenait si bien, la Bienheureuse ne se bornait pas à la pratiquer elle-même, elle s'eflbrçait de linculquer à ses novroes en même temps que la dévotion au Cœur de Jésus. Témoin ce défi qu'elle leur donnait au commencement de PAvent 1685 :
« Notre défi de l'A vent sera de nous unir d'esprit et de cœur à la Sainte Vierge, autant que nous le pourrons, pour rendre hommage au Verbe incarné, ce Dieu fait enfant dans son sein ; l'adorant et l'aimant en silence avec elle... A ous olT/irez cinq fois au Père éternel les sacrifices que le Sacré Cœur de son divin Fils lui ofl're par son ardente charité sur l'autel du Cœur de sa mère, en lui demandant que tous les cœurs se convertissent et se livrent à son amour... Vous ferez cette aspiration autant de fois que vous pourrez : 0 divin t'iœurde Jésus vivant dans le Cœur de Marie, je vous conjure de vivre et de régner dans les cœurs, et de les consommer dans voire pur amour (2). » Belles paroles qui rappellent les enseignements du P. Eudes et en sont probablement l'écho.
1. l.c lifi-e en (]iiestioii parut sans nom (i'auleur. II n'est donc pa8 élonuanl que la Hienheureuse ne parle jamais du 1'. Euiie.«.
± Viecf Œuvi-rs, t., 2. p. 27îi.
Il nous reste une consécration à la Sainte Vierge que la Bienheureuse récitait sans cloute avec ses novices et qui se termine par une invocation aux Sacrés Cœurs.
« 0 très sainte, très aimable et très glorieuse Mère de Dieu, disait la pieuse Visitandine, notre chère Mère, Maîtresse et Avocate, à laquelle nous sommes toutes dévouées et consacrées, faisant gloire de vous appartenir en qualité de fdles, de servantes et d'esclaves, pour le temps et pour l'éternité, voici que, d'un commun accord, nous nous jetons à vos pieds pour renouveler les vœux de notre fidélité et servitude envers vous, etpour vous prier qu'en qualité de choses vôtres, vous nous ojfriez, dédiez, consacriez et immoliez (1) au Sacré Cœur de l'adorable Jésus, nous et tout ce que nous sommes, tout ce que nous ferons et souffrirons, sans nous rien réserver, ne voulant d'autre gloire que celle de lui appartenir en qualité d'esclaves et de victimes de son pur amour, plus d'autre volonté ni pouvoir que celui de lui
1. Les mois que nous avons soulignés sont ceux don lie P. Eude» sesertdans Y Ave Cor, e1 i! est remarqnablo qu'ils se succèdent dans le mênne ordre que dans la prière du Bienheureux : Tibicor nostrum offerimus, donainus, consecr<i»ius, imniold/nus. Estil téméi'aire d'en conclure qu'il y a là au moins une réminiscence de l'Ave Cor ? La IMenhoureuse connaissait celte prière puisqu'elle la trouvait, avec l'Ave, Maria. Filia DeiPatris, dans le petit livre du P. Eudes sur la Dévotion au Très Sai/it Cœur et au Très Saint A'om. de la Bienheureuse Vierge. On trouve dans Vie et CEuvres de la Bienheureuse Visitandine, t. 2, p. 779, une salutation au Cœur de Jésus, qui n'est peut-être, elle autsi, qu'une iniilation «le VAve Cor. Et re ne sont pas les seuls textes de ia Bienheureuse où ion peut voir sans témérité une réminiscence de V Ave Cor.
plaire et le contenler en tout, aux dépens de nos vies
« 0 Sacrés Cœurs de Jésus et de Marie, réparez tous les manquements des nôtres ; suppléez à tout ce qui nous manque ; brûlez nos caiurs dans vos saintes ardeurs ; consommez toutes nos froideurs et lâchetés à vous aimer et servir, puisque nous voulons faire consister tout notre bonheur et notre félicité à vivre et à mourir en qualité d'esclaves de l'adorable Cœur de Jésus, filles et servantes de sa sainte Mère (1 ) «
Ecrivant un jour à la Mère de Saumaise, la Bienheureuse terminait sa lettre par ces mots : <' Je suis à vous de la plus tendre alTection de mon cœur dans l'amour de eelui de Jésas et de Marie (2). o
Dans son livie sur la Dévotion au Cœur de Jésus, la SQ^ui Joly. de Dijon, avait inséré des litanies en l'honneur du Cœur de Marie. La Bienheureuse pria le P. Croiset de leur donner place dans l'ouvrage qu'il composait à son tour sur !e Sacré Cœur.
« Vous ne serez pas fâché, lui écrivait-elle, que je vous envoie l'un des premiers livres composés en l'honneur du divin Cœur de Jésus, afin que, si vous le jugez à propos, vous y preniez les litanies du Cœur sacré de la Sainte Vierge. »
Un peu plus lard, la Bienheureuse revenait à la charge :
« Si cela ne vous désagréait pas, lui disait-elle.
po
i. Vie et Œuvres, t. 2, p. 781 sq.