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que Jésus et Marie sont unis d'une manière si étroite qu'on ne peut les séparer II nous les montre unis clans les décrets de la Sagesse éternelle, dans la promesse de la rédemption faite à nos premiers parents, dans les oracles des prophètes et les figures de l'Ancien Testament. Il nous montre Marie associée à tous les mystères de la vie du Sauveur, à ses vertus, à ses qualités, à ses titres, à ses privilèges et finalement aux honneurs qu'on lui rend, à tel point que l'Eglise dans sa liturgie et les fidèles dans leurs pratiques de piété s'adressent à la fois au Fils et à la Mère, et que, lorsqu'une fête spéciale \-ient à être établie en l honneur de Jésus, on voit tout de suite apparaître une fête analogue en l'honneur de Marie. D'où le P. de Galliffet conclut que la fêle du Cœur de Jésus a son complément naturel dans la fête du Cœur de Marie.
Le pieux auteur constate, d'ailleurs, avec bonheur, qu'en fait cette fête existe déjà en plusieurs endroits à coté de celle du Cœur de Jésus, et, à titre d'exemple, il allègue le Séminaire do Coutances, le Refuge de Dijon, les Bénédictines de Montmartre, les Bénédictines du Saint-Sacrement et les Frères mineurs de la province de France. Il ajoute qu'elle a été autorisée parun [égixinLcdere et par \ 6 archevêques et évêques, et il termine en citantun long passage du manuel de la confrérie de Cou tances qu'il attribue au P. Eudes, u insigne dévot du Cœur de Marie », et qui est en réalité, comme nous l'avons dit plus haut, l'œuvre de son successeur, le P. Blouet de Camilly.
Dans la seconde partie de son ouvrage, le P. de
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Gallilîet cite tout au long les approbations obtenues par le P. Eudes, et il fait observer que « ce ne sont pas dos actes mendiés », mais qu"il d suffît de les lire pour sentir qu'ils sont partis du cœur des prélats qui les ont donnés (1). »
11 est visi])le quen traitant de la dévotion an Cœur de Marie, le P. de GallifTet s'appuie, non seulement sur le manuel de la confrérie de Coutances, mais encore et surtout sur le Cœur admirable C'est dans ce livre qu'il a trouvé le texte des approbabations qu'il reproduit, et il y renvoie expressément en mentionnant les six bulles d'indulgences accordées au P. Eudes par Clément X en J674 (2).
1. Cette observation se trouve, non lUms le corps du livre^ mais à la table cb-s matières.
2. « i-e Souverain Pontife Clt^menl X a autorisé et approuvé solennellement bi «lévolion au Cœur très sacré de la bienheureuse Vierj^e par six bulles qu'il a donnée.-^ pour toutes les églises et chapelles de la Congrégation du P. Eudes, dès Tannée mil six cent soixante et quatorze : par lesquelles, après avoir donné à chaque église et à chaque chapelle le glorieu.x. nom d' Eglise ou de Chapelle dex saints Cœurs de Jésus et d' Marie, il nous donne pouvoir d'v ériger des confréries ou sociétés sous l'invocation de ces mêmes Cccurs de Jcsui et de Marie : avec plusicnrs grandes indulgences à perpétuité, qui sont spécifiées dans les sns-diles bulles. C'est le témoignage que rend le 1'. Eudes lui-même dans son livre di! Cœur de Marie, p. 40S. y, C.aliilTct, I. c. 2' partie, p. 149-130. Edit. Lyon, J74;3. Tout ce parai,'raphe est emprunté à peu près lilléralement au Ca'ur admirable, avec celte réserve que, dans la première partie, le P. de CallitTet a substitué la 'ù' personne d la première dont se sert le P. Eudes. Cf. Cœur admirable, p. .408, Edit. 1081 ; Œuvrt'S complètes, t. VII, [). 339-340. On voit par là que le P. Le Doré a fuit erreur. lorsq»ie, dans l'Introduction de son livre sur les Sacres Cœurs et le V. Jean Eudes, il a écrit en parlant du P. de CiallilTet : « Il ne semble avoir eu entre les mains aucun des ouvrages du P. Eudes. 11 ne parait même pas avoir soupçonné l'existence de son grand travail sur le Cœur admirable de Jésus et de Marie. »
Les diocèses et les instituts religieux qui avaient adopté la fête du Cœur de Marie, la célébraient d'ordinaire le 8 février, jour fixé par le P. Eudes. En certains endroits, pourtant, on avait préféré une autre date et la fêle avait lieu le l^juin, le 3 juillet, le 19 octobre, et peut être à d'autres jours, que nous ne connaissons pas. Cette diversité paraissait fâcheuse au P. deGalliffel et il demandait que celte fête fût fixée uniformément au dimanche dans l'octave de l'Assomption.
Il proposait le dimanche, afin que le peuple, exempt de travail ce jour-là, pût célébrer cette solennité avec plus de liberté et de dévotion. Et il choisissait le dimanche dans l'octave de l'Assomption, parce que, disait il, « la fête du Cœur de Marie étant en même temps la fête de son amour, de ses aflections, de ses joies, de ses douleurs, de ses vertus et de ses grandeurs, c'est comme l'abrégé de tous les mystères de sa vie et de toutes ses fêtes, et par conséquent cette solennité ne peut être mieux placée qu'à la suite de toutes les autres, immédiatement après l'Assomption, qui est le dernier des mystères de la Sainte Vierge que l'Eglise célèbre. »
(( La fête du Cœur de Jésus termine ainsi, ajoutait-il, toutes les fêtes de Notre-Seigneur Jésus- Christ. »
Le P. de Galliffet recommandait ensuite divers exercices de piété en l'honneur du Cœur de Marie, d'abord la consécration ou le don total de soi-même, que l'on a toujours regardée comme l'acte essentiel de la dévotion, puis un acte de réparation pour les
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injures que la Sainte Vierge reçoit <lt; !:i port des hérétiques, pratique nouvelle, mais très légitime et très louable, qui s'est établie en beaucoup d'endroits et qui provient évidemment du désir qu'avait le P. de Gallillel d'assimiler en tous points la dévotion au Cœur de Marie à la dévotion au Cœur de Jésus, où l'on sait que Tamende honora))!'" oceupc une ])lace importante.
Dans la seconde pailie de l'ouvrage du I^.deCalliffet, on trouve des litanies, un chapelet, un petit office, un grand olTîce et une messe du Cœur de Marie.
Les litanies ne sont guère qu'un abrégé de celles que la bienheureuse Marguerite -Marie fit insérer dans le livre du P. Ooiset. Elles ditfèrenl de celles du P. Eudes.
Le cliajjelet recommandé par le pieux auteur n'est pas, non plus, celui du Bienheiircuy.
Dans la coinposilion de son grand ofiii;'. non seulement le P. de CalHIfct s'est souvent inspiré de l'oince dn P. Eudes, mais il lui a fuit des emprunts considérables. C'est ainsi que les capitules des véj)res. des laudes et des petites heures, les leçons du I" et du 2' nocturne et l'antienne à Magnitlcat des secondes vêpres sont identiques dans les doux oHices. El des trois hymnes proposées par le P. de Gallitfet. il y en a deux, celle des matines et celle des laudes, qui sont, en grande partie, empruntées au Bienheureux (J).
1. l'our que le lecteur on puisse .ing*n' [lai- Ini-iiiomc, voici l'hymne des uiatinos d;ins roflioo du i\ de Gallill'i'l <•( en roçnnl