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mission de célébrer la fcle du Cœur de Marie. Le Pape était alors prisonnier à Florence. 11 crut que, dans les circonstances tragiques où il se trouvait, il ne pouvait mieux faire que de mettre sa confiance dans le Cœur de la Bienheureuse Vierge, et, le '2'2 mars 1799, il renvoya à l'archevêque de Palerme la supplique qui lui avait été remise en lui donnant tout pouvoir pour y faire la réponse qu'il jugerait à propos : SancCissiinas preces remitlit arbilrio ordinarii, eique ad id fac allâtes onmes nccessarias el oppotianas imper lit (1).
L'archevêque s'autorisa de celle délégation pour faire célébrer la fête du Cœur de Marie dans tout son diocèse en lui assignant une messe et un office propres, ce qui plus tard lui fut reproché par un consulleur de la Congrégation des Rites, la concession d'une fête n'impliquant pas celle d'une messe et d'un office propres.
Le P. Mlles semble croire que le rescrit de PieVI à l'archevêque de Palerme est la première approbabation accordée par le Saint-Siège à la fête du Cœur de ?>Iarie. Les faits que nous avons rapportés plus haut montrent que, sur ce point, le savant auteur était imparfaitement renseigné.
L'année même où il accorda à l'archevêque de Palerme la délégation dont nous venons de parler. Pie Yl, brisé par l'épreuve, quitta cette terre pour un monde meilleur. Il expira le 29 août 1799. Il n'avait approuvé la fête du Cœur de Marie qu'en faveur
l. Nilles, De rationibiis festoriun, I. p. 3G2. Edit. 1883.
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<le quelques communautés et d'une église particulière. Il était réservé à son successeur, Pic VII, de lui accorder une ai)probalion d'une portée générale.
En 1805, des démarches furent faites auprès de la sacrée Congrégation des Rites pour rétablissement de celte fête. Le poslulateur de la cause fut Salvalor Bongi, supérieur général de la Congrégation de la Mère de Dieu. Il mil à la faire réussir tout le zèle dont il éluil capable, et le succès couronna ses efforts. Le 31 août 1803, la Congrégation des Rites décréta que tous les diocèses et instituts religieux, qui en feraient la demande, seraient autorisés à célébrer la fête du Cœur de Marie en se servant à cet eflet de la messe et de l'ofTicc de Notre- Dame des Neiges, hormis loulefois les leçons du second nocturne, qui sciaient celles du cinquième jourdans l'octave de la NativitédelaSainte Vierge (1 ).
Bongi voulut que la Congrégation de la Mère de Dieu fut la première à bénéficier de ce décret. Le jour même oii il fut signé, le zélé postulateur obtint un induit (jui autorisait toutes les maisons de son ordre à célébrer la fètc du Cœur de Marie le troisième dimanche après la Pentecôte [2).
Peu de temps après, un certain nombre de diocèses (3) et beaucoup d'ordres religieux obtinrent
{. Mlles, iJtt rationibus ffstorum, I. p. 5G3.
i. Mlles, 1. r.
;{. 1)<'S le 7 seplembre 1808, le Cai-ilinal llulTo Scilla obtint pour 'oui lo rovanine lios Doux Sicilos la faillite de célébrer la fête du Cœur de Marie le troisième diinanchu après la Pente-
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la même faveur, avec cette réserve toutefois que la fête du C(Dur de Marie ne fut pas fixée pour tous à la même date. En certains endroits, on conserva la date choisie par le P. Eudes, ou, du moins, on s'en rapprocha, tandis qu'ailleurs on préféra le dimanche après Toclave de EAssomplion.
Le décret du 31 août iSOo ne fut pas le seul acte de Pie \ 11 en faveur de notre dévotion. Le 20 décembre 1808, il daigna élever à la dignité d'archiconfrériela confrérie du Cœur de Marie érigée deux ans aupaiavanl à Rome, dans l'église Saint-Eus-
côte avec la messe et l'office que la Sacrée Congrégation des liilcs avait délerminés le 31 août précédent.
Le i-îr octobre 1855, un nouvel induit concéda au diocèse de IS'aples l'oflice et la messe du Cœur de Marie approuves le 2J juillet précédent.
J>c P. Mlles cite un office du Cœur de Marie tiré, dit-il, du propre de Naplcs. où l'on trouve de nombreux emprunts faits à l'office du i*. Eudes. Nous ne savons à quelle époque il remonte et nous nous demandons s'il a jamais été en usage dans le diocèse de Naples. Les <Ieux induUs que nous venons de mentionner piMinetlent d'en douter. L'office cependant a du être concédé à quelques diocèses d'Italie, car nous l'avons trouvé dans un dinrnal {)orfant la date de 1852. 11 faisait partie d'un supplément ayant pour titre : Officia propj'ia quœ ex indulto aposlolico recitaalur in Italia, in regno Longobardo- Venitto, in ditione Régis Sardiiiiœ, in regno Xeapolitano et alibi. Holwech, Fasti mariani, ji. 3i9. en signale l'existence dans un Propre du diocèse de Calanzaro, {irovince de Reggio, portant la date de 1843.
Notons en passant que la dévotion au Cœur de Marie a trouvé à Naples de zélés promoteurs dans le cours du xix' siècle. Le chanoine Porpora, auteur d'une théologie morale estimée, fit ériger dans l'église de Saint-Jean-le-Grand un autel au Cœur de Marie et il r fonda la célébration de la fètc et du mois du <'.œnr de Maiie. En 1851 et en 18.54, l'archevêque de Naples, qui était, croyons-nous, le Cardinal tiiario Sforza, prescrivit nu tridnutn de prières avant la fête du Cœur de .Aiarie pour obteâiir la cessation de fléaux qui désolaient ie pays.
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lâche et lui accorder le droit de s'affilier toutes les confréries de même naluie et de môtne nom établies dans le monde en leur communiquant tous les privilégies et indulgences dont elle jouissait.
PendanI que Pie Ml encourageait la dévotion nu Cœur de Marie et approuvait la fête, qui en est la principale manifestation. Dieu suscitait dans son église de nouvelles sociétés religieuses dont plusieurs se plaçaient sous le patronage du Cœur de Marie ou des Sacrés Cœurs de Jésus et de Marie. Telles furent les Beligieuses du Sacré Cœur de Marie, de Beaugé, les Filles du saint Cœur de Marie, plus connues sons le nom de Filles de Marie, la Congrégation des Sacrés Cœur de Jésus et de Marie, dite de Picpus, les Bénédictines du Cœur de Marie, de Pradines, les Sœuis des Sacrés Cœurs de Jésus et de Marie, des Brouzil.s, Vendée, les Frères de la Congrégation des Sacrés Cœurs de Jésus et de Marie de Sain t-F'ruscien, diocèse d'Amiens. Dans le cours du xix% ces .'sociétés se sont multipliées. Citons, enlre beaucoup d'autres, les Augustines du Cceur de Marie, de Paris, les Sceur» du Cœur immaculé de Marie, de Langres, les Sœurs des Sacrés Cœurs de Jésus et de Marie, de Paramé, les Sœurs du saint Cœur de Marie (Incurables), de Bennes, les Bénédictins du Sacré Cœur de Jésus et du Cœur immaculé de Marie, de la Pierre-qui-Vire, les Sœurs des saints Cœurs de Jésus cl Marie, de Saint-Ouni-Portrienx, les Sœurs du Co'ur de Jésus et de Marie, de Uecoubcau, etc., etc.
A l'époque dont nous nous occupons, on vit également parîûtre des ouvrages nouveaux consacrés à la
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dévotion au Cœur de Marie. Les plus connus et les^ meilleurs sont ceux de Mgr Hachette-Desportes et tic Muzzarelli.
Mgr Hachetle-Desportes avait publié en 1788 une instruction sur la dévotion au Cœur de Mario. Quelques années plus tard, il la réédita en y joignant, avec son mandement de 1780, des exercices et des documents divers. L opuscule était intitulé : La dévotion au Cœur de Marie. Il a été réimprimé à Paris, en 182o, et, au point de vue historique, on le consulte encore avec profit.
Muzzarelli (1749-1813), qui avait appartenu à la Compagnie de Jésus avant sa suppression par Clément XIV, a publié en italien trois opuscules sur le Cœur de Marie : Le trésor caché dans le saint Cœur de Marie. — Neavaine pour se préparer à la fête du Cœur de Marie. — Le Carnaval sanctifié par le pieux souvenir des douleurs de Marie. Ces trois opuscules ont été traduits en français et publiés chez Séguin, à Avignon, le premier en 1830 et les deux autres en 1842.
Le Trésor caché est le plus important des trois. Il est riche de doctrine et de piété. Muzzarelli commence par expliquer la nature et lobjet de la dévotion au Cœur de Marie, puis il traite des perfections de cet aimable Cœur, de sa pureté singulière, de son amour pour Dieu, de ses douleurs, de son amour maternel pour nous et de la gloire dont il jouit dans le ciel. Dans le dernier chapitre, le savant théologien explique dans quel sens il faut entendre la fêtadu Cœur de Marie.
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Dans les inédilalions de la .\euvalne, on retrouve en abrégé les considérations développées dans le Trésor caché.
Le Carnaval s anclifié renferme une série de trente exercices à faire pendant le temps du carnaval en l'honneur du Cœur de Marie. Ces exercices ont pour objet les douleurs de la Sainte Vierge depuis l'Annonciation jusqu'à la sépulture de Notre- Seigneur, et chacun d'eux se compose d'une considération, d'un exemple, d'une pratique et d'uîie oraison jaculatoire, le tout 1res bien choisi et empreint d'une piété très vive.