‹ La dévotion au cœur de MarieChapitre 86 sur 221 · VI. CONCRSSIO.N D UNK MESSK KT DIX OFFiCi: PROPRES · texte numérisé non relu

VI. CONCRSSIO.N D UNK MESSK KT DIX OFFiCi: PROPRES

Instances faites en 1853. — L'avis des oonsulleurs. — La messe et l'office conciliés en 18o5. — Leurs rapports avei- les messes et offices du P. Eudes et du P. de Galliffet. — Approbation de l'office et de la messe du P. Eudes.

Le décret de 1805 approuvait la fête du Cœur de Marie, mais il réglait que, pour la célébrer, on se servirait de ioflicc et de la messe de Noti'e-Dame des Neiges. Les dévots du Cœur de Marie désiraient obtenir la concession d'un oITice et d'une messe propres. Une supplique tut déposée dans ce but à la Congrégation des Rites en 1853 et le roi d'Espagne l'appuya de son autorité. La question fut examinée avec tout le soin qu'elle méritait. On a publié le votiun des deux consulteurs qui lurent chargés de l'étudier (1). Ils étaient l'un et l'autre favorables à la concession d un oflicc propre, mais, sans rejeter celui qu'on proposait, ils suggéraient des corrections à faire.

L'un d'eux blâmait le mol sbnillimwn. dont on se servait, dans l'oraison, pour exprimer la ressemblance qui existe entre le Cœur de Marie et celui de Jésus. Des esprits malveillants auraient pu, disaitil, en inférer qu'on rendait au Cœur de Marie le même culte latreutique qu'au Cœur de son divin rils. Pour obvier à ce danger, il demandait qu'on changeât cotte expression.

\. On en Irouve l<i Iriidiiciinn française dans les Ana/ecta Juris prmlifirii, 1857. p. 1667 sq., et un l»on résume dans Nillcs, D'' I titioiiibus festoram. I. p. 568 sq.

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Le second consulleur désirait qu'on remplaçât l'épithètc d'immaculé donnée au Cœur de Marie par celle de très par, piirissimam ; et la raison qu'il alléguait, c'est que le Cœur de Marie est comme le siège de toutes ses affections, qui ont toujours été très pures, et le symbole de son très pur amour, de sorte que rien ne caractérise mieux le Ca^ur de la Bienheureuse Vierge que sa parfaite pureté.

Comme invitatoire à matines, il proposait les paroles de l'archange Gabriel à Marie : Ave, fjratia plena, Domlnus tecum, parce qu'elles indiquent à la fois et la plénitude de grâce versée dans le Cœur de Marie et la présence du Saint-Esprit qui la lui infusait.

La Congrégation dos Rites adopta les conclusions de ses consulteurs et, le 21 juillet !8o5, elle approuva la messe et l'office du très pur Cœur de Marie, insérés depuis dans le missel et le bréviaire au propre de certains lieux.

L'office de 1855 n'estpas entièrement nouveau. Plusieurs de ses éléments sont empruntés à celui du P. de Galliffetct se retrouvent également dans celui du P. Eudes, ce qui n"a rien d'étonnant puisque, comme nous l'avons vu, le savant Jésuite avait mis à profit l'œuvre du Bienheureux.

Comme l'avait demandé l'un des consulteurs, l'invitatoireest formé par les premières paroles de la salutation angélique : Ave, gratiaplcna. Dominas tecum.

La première antienne de chacun des nocturnes est tirée des paroles de sainte Elisabeth à la Sainte Vierge au jour de la Visitation : Benedicta ta inter ma-

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bières et benedictus fructus venlris tui. — Beata qiue credidisti, quoniarn perficieniur eu quiv dicta surit tibi a Domino. — Unde hoc mihi ut veniat mater Domini ad me ?

La seconde et la troisième sont formées par six versets du Magnificat , le cantique du Cœur de Marie, comme l'appelait le P. Eudes.

Les leçons du premier nocturne sont empruntées au Cantique des cantiques. Ce sont celles qu'avait adoptées le V. de Galliffet, et, hormis la troisième, celles que le P. Eudes avait choisies.

Comme dans les offices du P. Eudes et du P. de GallifTet, les leçons du second nocturne sont prises d'un sermon de saint Bernardin de Sienne sur la Visitation.

Celles du troisième nocluriie sont tirées d'un sermon du Vénérable Bède. Le P. Eudes les avait placées au jour octave de la fête.

Plusieurs répons des matines et trois antiennes des laudes proviennent de l'office du P. de Galliffet.

Le capitule des vêpres et des laudes est celui que le P. Eudes et le P. de Galliffet avaient adopté : Pone /ne ut signaculurn super cor tuum, etc.

Quant aux hymnes, ce sont celles du commun de la Sainte Vierge.

La messe de 1855 n'est pas, non plus, sans rapports avec celles du P. Eudes et du P. de Galliffet.

L'introït est formé par deux versets du psaume XLIV que le P. Eudes avait déjà appliqués au <Jœur de Marie : Omnis gloria rjus Filiiv Régis ah inlus, infimbriis aurcis circumanïuUa varietatibus ;addu-

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centur Régi vivgines post eum, proximœ ejas offeren- (ur tibi.

Il faut en dire autant de ces mots du graduel : Ego dilecfo mco et dileclus meus mihi qui pascitur iiiter lilia.

L'épître est celle que le P. Eudes et le P. de Galliflet avaient choisie, moins toutefois la première moitié qui a été laissée de côté.

L'évangile est emprunté au second chapitre de saint Luc. C'est, comme dans la messe du P. de GalliiTet, l'iiisîoire du recouvrement. Le P. Eudes avait préféré It récit de ladoration des bergers. On sait i[ue les deux passages se terminent par cette observation que Marie conservait dans son Cœur les paroles et les faits dont elle avait élé témoin.

Quant aux oraisons, elles sont nouvelles, mais il rtous parait évident que leur auteur s'est inspiré de celles du P. de Galliffet.

Loflice el la messe de 1855 furent accueillies aveo joie par le clergé et les fidèles du monde catholiques. Partout où l'on célébrait la fête du Cœur de Marie, on s'empressa de les adopter.

L'oiFice, pourtant, avait besoin de subir quelques modifications pour ])ouvoir être reçu dans les abbayes où l'on se servait de l'ancien bréviaire monastique. Les Camaldules l'adaptèrent au rite bénédictin en y faisant quelques additions, qui furent approuvées par un décret de la Congrégation des Rites en date du 21 février I80O, et plus tard les autres Congrégations de l'ordre de saint Benoit furent autorisées à se servir de l'office des Camaldules. On

peut voir dans Mlles (I) le décret qui en concède l'usage aux Bénédictines du Saint Cœur de Maiie de Pradines, en leur permettant en outre de céiébrer la fête du Cœur de Marie le dimanche après l'oclave de l'Assomption sous le rite double de première dusse avec octave.

Cependant, dans la famille du P. Eudes, on continuait à se servir de la messe et de rotfice composés par le Bienheureux. Après la vigoureuse campagne menée par Dom Guéranger contre le.s innovations liturgiques, qui avaient eu lieu en France au xvii* et au xviii'^ siècle, il devint évident que cet usage ne pouvait être maintenu sans une autorisation du Saint-Siège. Les Religieuses de Notre-Dame de Charité de Caen l'oblinrcnl le 13 juin 1801. Le ^ septembre de la morne année, le privilège qui leur avait été concédé fut étendu à loutes les maisons de l'institut. Les i)rctres de la Congrégation de Jésus et Marie obtinrent la mcme faveur par un induit daté du 12 décembre 1801 (2).

vil. PROGRKS DK LA DKVOTIO.N AU CCKOfl DK MARIK

DANS LA SKCONDK MOITIK DU XIX^ SIKCl.K. — Si»N KTAT ACTtKL

La dévotion an Cœur de Marie <lans la vie très fi<tèles. — L'ai-chiconfrciie <Je la Garde d'honneur. — Le mois du Cœur de Marie. — Place trop reslreinlo di- la dc'votion dans la

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