‹ La dévotion au cœur de MarieChapitre 87 sur 221 · I. De Raiionihus fesloruin. I, p. ."i'â. VAû. 188o · texte numérisé non relu

I. De Raiionihus fesloruin. I, p. ."i'â. VAû. 188o

'1. Voir le texte de ces indiiUs<lans les Œuvres complètes du B. Jean Eudes, t. VII!. p. .'{9i, et aussi dans notre livre : Le H. Jeun Eudes et le culte public du Cœur de Jésus, eh. xn.

liturgie. — Cousécralions publiques au Cœur de Marie. — La. question de la cousécration du genre humain.

Dans la seconde moitié du xix'^ siècle, la dévotion an Cœur de Marie a pris une place de plus en plus grande dans la piété catholique. La médaille miraculeuse et l'arcliiconfrérie de Notre-Dame des Victoires ont contribué à la développer. Elle a bénéficié également des progrès réalisés par la dévotion au Cœur de Jésus sous les pontificats de Pie IX et de Léon XIII. Aussi ses manifesUtions deviennentelles de plus en plus nombreuses.

Dans les églises comme dans les maisons particulières, à côté de limage du Cœur de Jésus, il n'est pas rare de rencontrer celle du Cœur de Marie : souvent mêmes elle se font pendant l'une à l'autre. Dans la basilique de Montmartre, sur la demande des Fils et des Filles du P. Eudes, la chapelle de la Sainte Vierge a été dédiée au Cœur de Marie (1).

1. « Le 13 novembi-e 1882, dil le P. Le Doré, le K. P. Rey, .gardien dé la basilique m'annonçait que, sur un rapport l'avol'able de M. Rohault lie Fleury, secrétaire de l'œuvre de Monixuarlre, son Eminence [le cardinal Guibert] venait de signer l'acte officiel qui réservait à la grande chapelle du campanile lo vocable du Saint Cœur de Slarie.

Voici un extrait de ce rapport conservé dans nos archives : « Votre Eminence a bien voulu approuver ce vocable du Saint Cœur de Marie, qui nous paraissait préférable à tout autre dans la basilique dédiée à la bonté divine... D'autres considérations donaent encore au choix de ce vocable un caraclère particulier d'opportunité. Les Révérends Pères EucUsles et les monastères de Notre Dame de Charité du Refuge et du Bon Pasteur le demandent vivement. Ils promettent 50.000 francs pour l'obtenir. Ces deux ordi'es, P^ils du P. Eudes... ont été très dévoués à l'œuvre. Leur pieux Fondateur leur a imposé, dès leur création^ la récitation de l'office du Sacré Cœur. U a.

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Dans les pricres privées et môme dans celles qui se récitent en commun dans les églises, l'invocotion du Cœur (k- Marie suit dordinaire celle du Cœur de Jésus. Durant la terrible guerre déchaînée par l'Allemagne en 1014, les évêques de France ont exhorté les fidèles à recourir au Cœur de Marie en même temps qu'au Cœur de Jésus, et, à Paris, on les a vus afllucr à Notre-Dame des Victoires, aussi bien qu'à Montmartre. D'autre part, de nouvelles associa tions ont été établies en l'honneur soit du Cœur de Marie, soit des Sacrés Cœurs de Jésus ou de Marie.

C'est ainsi que, vers le milieu du xix" siècle, le P. Lyonnard, Jésuite, a organisé en l'honneur du Cœur agonisant de Jésus et du Cœur compatissant de Marie tout un apostolat dont il a expliqué le but et la nature dans son l)eau livre sur

môme élt' Tii)! ilcs plus anlonls prof>aga leurs de celfedcvolion, avant mémo les révélations faites h la bienlieiireuse Margueri- ((i-.Marie... Si nous accomplissons la ilomamie de Notre-Seigntur h sa servante Marguerite-Marie, nous ne pouvons pas néanmoins oublier lesautres apùlres de la dévotion... >'oiis conl'ondons d'ailleurs tous les vorahlesde la Sainte Vierge avec celuilà seul, certains (|ue les plus aidenls promoteurs des titres glorieux de Marie s'inclineront devant celui qui les résume, le mieux : Marie Immacuiée, Marie Vierge et Mère, Noire-Dame du Rosaire. Marie Auxiliatrice, Notre-Uainc du l'erpéluei Se- <onrs. Marie Hef'uge des Pédieurs... quel que soit le tilre de jicrfection au noni duquel on liuiplfu-e, n'invoque-t-on pas pardessus tout son î'mour pour nous ? D'autre part, cette chapelle est bien isolée et sera l'acilenienl ft-rmée par une grille monujiienlale qui ne dé|)areillera nullement l'aspect de la basilique, t'.e sont surtout ces deux raisons qui nous ont fait ilésirer que cette chapelle fût en même temps celle du Saint-Sacrement, pensée que votre Eiuinence a bien voulu approuver. » Revue des Saints Cœurs de Jrsus et de Marie, juin 1!H2. On trouve ■dans ce nuiuéro et le suivant les principaux documents relatifs « celle affaire.

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V Apostolat de la soujjranc.e, et qui a donné naissance à \ Avchiconfrérie du très saint Cœur agonisant de Jésus et de Notre Dame des douleurs, érigée à Jérusalem dans l'église du Patriarcat latin.

Tout récemment, le 22 décembre 1013, les Religieuses de Notre-Dame de Charité du Refuge de Besançon ont érigé dans leur église une Garde d'honneur du Cœur immaculé de Marie. « Son but, disent les statuts, est de former un cortège damour, une Garde d'honneur à ce Cœur royal et de Fenlourer sans cesse : i° pour réparer les manquements commis dans le culte qui lui est dû ; 2' pour honorer ses aimables perfections, surtout son admirable union au Cœur de Jésus et, par lui, aux trois Personnes divines, et ses maternelles tendresses pour tous les hommes ; 3" pour icmercier Dieu avec Marie et par Marie, des grâces dont il l'a comblée ellemême et dont il l'a faite la dispensatrice pour ses enfants. » Pour atteindre ce but, chaque associé choisit une heure du jour ou de la nuit qu'il consacre pour jamais au Cœur de la Bienheureuse Vierge. A peine établie, celte confrérie a recruté de nombreux adhérents en France et à l'étranger, et le Souverain Pontife vient (191 (S) de l'ériger en archiconfrérie avec tous les privilèges accordées aux associations de ce genre.

Par ailleurs, la pieuse coutume de consacrer au Cœur de Marie le premier samedi du mois se répand de plus en plus. Le 13 janvier 19J2, Pie X a daigné l'encourager en accordant une indulgence pîénière à tous les fidèles qui, ce jour-là, après s'être appro-

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chés des sacrements de pénitence et d'eucharistie^ accompliront quelque acte de piété ou de réparation en rhonneur du Cœur de Marie et prieront aux intentions du Souverain Pontife. Il y a lieu de croireque cette pratique se généralisera et même qu'en beaucoup d'endroits on en viendra à organiser le premier samedi de chaque mois des exercices publics en l'honneur du Cœur ée Marie.

Une autre pratique qui gagne du terrain, c'est celle de dédier k- mois daoût au Cœur de la Bienheureuse Vierge. Elle n'est pas nouvelle, il s'en faut : elle remonte au moins à la première moitié du xix*^ siècle et il ne manque pas de livres de piété où l'on trouve des méditations ou des lectures qui ont pour but d'en faciliter Tusage. Tels sont, par exemple ; Les quatre saisons consacrées au Cœur de Marie dont fauteur appartenait à la Compagnie de Jésus, Le Cœur de notre Mère, de l'abbé Lyons, Le mois d'août consacré au Cœur immaculé de Marie, dû à la plume d'un auteur italien et traduit en français par Mgr Uallez^ et enfin Le Cœur maternel de Marie, du R. P. Prévôt, de la Société des Prêtres du Sacré Cœur. Pie X a jugé que la pieuse coutume de consacrer le mois d'aoïit au Cœur de Marie méritait d'être favorisée <'t, le 13 mars 1913, il a accordé à tous ceux qui durant ce mois accompliraient chaque jour, soit en particulier, soit en public, quelque exercice de piété en l'honneur du Cœur de Marie, une indulgence de 300 jours pour chaque fois, et à la fin du mois une indulgence plénière applicable aux défunts.

Dans le cœur des fidèles, la dévotion au Cœur de

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Marie est donc en progrès ; sur le terrain liturgique, elle n'avance pas autant. Sans doute, dans le cours du xix" siècle, la fête du Cœur de Marie a continué à se répandre. Nous croyons même que, jusqu'à ces derniers temps, on la célébrait dans tous les diocèses ou peu s'en faut. Mais c'était en vertu d'induits particuliers, car elle n'est pas encore inscrite au calendrier de l'Eglise universelle, et. en beaucoup d'endroits, on la célébrait sous le rite double majeur et sans aucune solennité.

Au lieu de lui profiter, la réforme liturgique en cours d'exécution lui a été préjudiciable. On sait que l'un des caractères de cette réforme a été de rendre à l'otYlce du dimanche la place qu'il cédait jusqu'ici à un certain nombre de fêtes. Or, presque partout la fêle du Cœur de Marie avait lieu le di manche : en certains endroits le dernier dimanche après l'Epiphanie, dans d'autres le troisième dimanche après la Pentecôte, ailleurs enfin le dimanche après l'octave de l'Assomption. Dans ces conditions, elle devait di.sparaîlie ou être reportée à une autre date. En ce moment, la Sacrée Congrégation des Rites procède à la révision des Propres concédés aux diocèses et aux instituts religieux en vue d'en éliminer les fêtes dont la présence ne semble pas justifiée par des raisons spéciales. Nous aimons à penser que les diocèses qui se sont consacrés au Cœur de Marie en conserveront la fêle, mais ailleurs il esta craindre qu'elle ne soit supprimée. Elle a déjà disparu du Propre romain. Espérons que cette élimination ne durera pas et que bientôt nous aurons la consolation

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de voir la fête du Cœur de Marie devenir une fête de l'Eglise universelle.

En attendant, la Congrégation des Rites a cru devoir lui assignerune date uniforme, et, le 28 avril 1944, «lie a réglé que, à moins d'un privilège comme celui dont les enfants du P. Eudes continuent à jouir, les dioc^ses et les instituts religieux autorisés à conserver la fête du (>œur de Marie la célébreraient le samedi après l'ocfavc de la Fête-Dieu, c'esl-ù-dire le lendemain de la fête du Cœur de Jésus. Le rapprochement de ces deux fêtes repose évidemment sur ce principe si souvent et si fortement inculqué par le B. .Ican Eudes, à savoir qu'il ne faut point séparer le Cœur de la Mère de celui de son ImIs. Pourtant, nous nous demandons si la fêle du Cœui- de Marie ne souffrira pas quelque peu du voisinage immédiat de la fête du Cœur de .ïésus, qui l'éclipsera toujours en solennité.

Un acte qui. s'il se produit, contribuera à faire inscrire la fête du C(i;ur de Marie au calendrier de l'Eglise universelle, c'est la consécration du genre humain au Ccrur de la Bienheureuse Vierge que les catholiques, surtout en France, appellent de tous leurs vœux.

Déjà le P. Eudes préludait en son nom personnel à celte consécration, lorsque, dans le Cœur admirable (I), aprè.s avoir pioclamé la loyaulé universelle du Cœur de Marie, il lui offrait les cœurs de tous les hommes, ceux des pécheurs el des infi-

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