‹ La dévotion au Sacré-Cœur de Jésus (volume 2)Chapitre 11 sur 215 · LA DEVOTIOX D APRES LA B. MARGUERITE-MARIE · texte numérisé non relu

LA DEVOTIOX D APRES LA B. MARGUERITE-MARIE

Jl y a d'autres vies en grand nombre. Les plus connues sont celles du P. Ch. Daniel, Paris, 1865; de M. Cucherat, Autun, 1865, et Grenoble, 1870; de M. Bougaud, Paris, 1874; de M. A. Hamon, Paris, 1907; des Visitandines de Paray, Paris, 1909.

Voir, pour plus de renseignements, Les historiens de la Bienheureuse Marguerite-Marie, appendice bibliographique de M. Gauthey au livre de Languet, p. 621-646 ; et Les vies dp la B. M. -M. par A. Hamon, dans les Etudes, 20 juin 1902, t, xci,p. 721-742.

M. Hamon a donné, ibid., 1904, une série d'articles pleins de vues neuves et pénétrantes, La Bienheureuse Marguerite- Marie. Portrait intime. Il a publié, en 1907, une vie de la Bienheureuse, où sont enfin utilisées toutes les ressources nouvelles.

2. Nature des visions H explication psychologique. S. Thomas, 2, 2, q. 171 et suiv. Traités de théologie mystique comme Scaramelli, Schram, Ribet, Poulain, R. de Maumigny.

Aucun théologien ne prétend donner pour faits extérieurs < i réalités objectives toutes les expériences mystiques des saints. Ce que nous garantissons dans notre récit, ce sont ces expériences mystiques. Voir, dans les Acta sanctorum des Bollandistes, t. xix (mai, 6P), p. 244-247, une intéressante dissertation, « comme quoi qu'il ne faut pas en appeler aux dits et faits des extatiques pour trancher des questions d'histoire, vu que, dans leurs extases, elles restent (au moins en bien des cas) sous l'influence des idées et des images préalablement acquises. »

3. Questions d'autorité théologique. Les théologiens, en parlent dans leurs traités De locis theologicis. Dt Ecclesiœ magùterio, De fide, ou analogues. On peut voir, par exemple, J. V. Bainvel, De magisterio vivo et traditione, Pari>. 1905, n0s 107 et 121.

Tout le monde sait que la foi n'est pas directement engagée en ces choses, mais elle peut y être grandement intéressée.

4. Pour le cas de la Bienheureuse Marguerite-Marie en particulier : Languet, Discours préliminaire ; J. de Galliffet, La dévotion au Sacré-Cœur, lr- partie, 1. i, c. in. et aussi Préface apologétique au Mémoire de la Mère Marguerite, au commencement de la 2e partie, p. 265-319 ; R. de La Bégassière, Notre culte catholique et français du Sacré-Cœur, Lyon 1901. p. 29-47.

On peut dire que tout, dans les écrits de la Bienheureuse comme dans sa vie, se rapporte au Sacré- Cœur, directement ou indirectement, Il est bon, ne fût-ce que pour comprendre les renvois, de s'en faire une idée nette. Deux questions se posent :

1° Qu'avons-nous, en fait d'écrits de la Bienheureuse ?

2° Jusqu'où sommes-nous sûrs d'avoir le texte de la Bienheureuse ?

Les écrits.

Inventaire, avec remarques sur Porigine ou la provenance.

Ils sont recueillis presque tous dans Vie et Œuvres. Quelques-uns sont restés épars dans les Contemporaines, au tome premier. Les autres occupent le tome second l. D'autres n'ont été

1. A part les quatre pièces ci-dessus mentionnées et la modification de Y avis 19, d'après l'autographe, les deux éditions ne diffèrent guère que par la pagination ; le texte est sensiblement le même. Nous renverrons toujours aux deux éditions, le premier chiffre étant celui de la première édition, le second en parenthèse étant celui de la seconde. Quand il n'y a qu'un chiffre, il y a concordance.

connus ou identifiés que depuis 1876 et attendent, pour avoir leur place, la troisième édition de Vie et Œuvres, à laquelle travaillait Mgr Gauthey quand l'épiscopat est venu le surprendre, et à laquelle, nous dit-on, il continue de travailler.

En voici l'inventaire :

1. Deux petits écrits conservés par le P. de la Colombière et publiés dans le journal de ses Retraites en 1684. Ils devaient avoir, le premier surtout, une grande influence sur la propagation de la dévotion. Nous dirons comment. Ce sont :

a) Le récit de ce que l'on a appelé la grande apparition du Sacré-Cœur, celle qu'on date couramment du 16 juin 1675. Il fut écrit peu de temps après l'événement, sur l'ordre du P. de la Colombière. Celui-ci le transcrivit, pendant sa retraite de Londres, février 1677. La pièce ainsi transcrite fut publiée, avec les Retraites du Père, en 1684 ; elle a été reproduite par le P. Croiset, par le P. de Galliffet, on peut dire, par tous ceux qui ont écrit sur le Sacré-Cœur. Chose curieuse, le récit de la même apparition dans le Mémoire autographe de la Bienheureuse est à peu près textuellement identique, sauf à la fin, où la Bienheureuse abrège. Elle l'a sans doute recopié dans le volume imprimé. Il existe une copie de ces retraites et de la pièce annexe qui semble indépendante du texte imprimé. Le dernier éditeur du P. de la Colombière, Œuvres complètes, Grenoble, 1901, l'a prise pour son texte : il la suppose faite sur l'autographe du Père. La pièce annexe se trouve t. VI, p. 118. Le texte est celui de la tradition imprimée ; les différences sont minimes, sauf une : il y a pécheur pour pécheresse et innocent pour innocente, de sorte que rien ne

permet plus de savoir que le récit est d'une femme. b) Un billet mystérieux où elle donne au Père une direction pour des cas difficiles dans lesquels il se trouvera. Œuvres complètes du Père de la Colombière, t. VI, p. 106. Cf. Contemporaines, t,ïer,p. 97 (128).

2. Les écrits où elle rendait compte à la Mère de Saumaise, sa Supérieure, des grâces reçues de 1672 à 1678. C'est ce que les éditeurs de 1867 appellent « le Petit Mémoire des grâces reçues ». Ces écrits sont dispersés dans les Contemporaines. On eût aimé à les voir réunis et donnés intégralement, comme aussi ceux marqués au r>° 9.

3. Un mémoire sur sa vie, écrit entre 1685 et 1687, sur l'ordre de son directeur, le Père Rolin. Donné d'après l'autographe, t. II, p. 289 (337). C'est, avec les lettres, ce qui nous fait le mieux connaître Marguerite-Marie. Nous le citerons sous le titre : Mémoire ou Mémoire autographe.

4. A peu près 140 lettres ou fragments d3 lettres : à ses deux supérieures, la Mère de Saumaise et la Mère Greyfîé ; à diverses religieuses de la Visitation ; à ses deux frères, le maire et le curé ; à un ou plusieurs jésuites (pour ne rien préjuger) ; à une religieuse ursuline ; à des personnes pieuses.

De plusieurs lettres on a encore les autographes ; du plus grand nombre on n'a que des copies ou des fragments. Dans le recueil de Paray, la lettre cxxxi (cxxxni) ne semble pas être de la Bienheureuse. On en a publié l'autographe : ce n'est pas son écriture. La lettre cxxm (cxxv) est un avis à une novice.

Le Père Croiset avait donné en 1691, dans son Abrégé de la vie de Marguerite-Marie, de longs et

nombreux extraits de lettres de la Bienheureuse, sans laisser voir à qui elles étaient écrites. Les Contemporaines s'y trompèrent, et en donnèrent plusieurs comme lettres au P. Rolin. Elles ont été suivies trop docilement. L'erreur a duré jusqu'à nos jours, et l'attribution a été généralisée. En 1888, la découverte du manuscrit d'Avignon a permis d'identifier le destinataire, qui était le P. Croiset lui-même, et a jeté du jour sur bien des points obscurs. Ce manuscrit n'est pas un autographe de la Bienheureuse. Mais il contient dix lettres copiées intégralement, sauf quelques omissions, que l'on a lieu de croire rares et sans importance. La copie, à en juger par la comparaison avec l'autographe d'une des lettres, la seconde, conservée à la Visitation de Bologne, est textuelle. Cette seconde lettre avait été publiée dès 1874 par le Messager du Cœur de Jésus, d'après le manuscrit de Bologne.

Les 10 lettres du manuscrit d'Avignon ont été publiées dans le Messager en 1889 et 1890, puis tirées à part sous le titre Lettres inédites de la Bienheureuse Marguerite- Marie, Toulouse, 1890.

Reste une lettre dont le Père Croiset cite, p. 57, un long fragment *. Et le contexte et le texte même semblent indiquer qu'elle est des dernières années de la Bienheureuse.

Serait-elle écrite au Père Croiset comme les autres ? En attendant des preuves pour ou contre, bien des indices rendent plausible l'affirmative. Si cela est, le recueil d'Avignon ne donnerait pas toutes les lettres au P. Croiset, et nous n'aurions,

1. Dans Vie et Œuvres, lettre cxxxn (cxxxiv) Cf. Contemporaines, t. i, p. 289 (319).

en fait de lettres de la Bienheureuse à des jésuites, que celles au P. Croiset.

Enfin le P. Letierce a publié en 1891 dans son Etude sur le Sacré-Cœur, t. II, p. 539, d'après un autographe conservé à Nancy, une lettre à une dame. Il croit que la Bienheureuse en a écrit beaucoup d'autres, et il espère que l'ère des trouvailles n'est pas close.

5. Avis de direction, et instructions spirituelles, la plupart à ses novices. On n'en a que quatre ou cinq autographes. Le reste a été édité sur des copies manuscrites.

6. Un petit livret de prières et de pratiques pieuses (presque toutes ayant rapport au Sacré- Cœur), écrit tout entier de la main de Marguerite- Marie : ce qui ne veut pas" dire que toutes les prières soient de sa composition.

7. Prières et pratiques de la Bienheureuse dont il ne reste que des copies.

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