‹ La dévotion au Sacré-Cœur de Jésus (volume 2)Chapitre 13 sur 215 · Lettre xcm, clans Vie et Œuvres, t. il, p · texte numérisé non relu

Lettre xcm, clans Vie et Œuvres, t. il, p

dignité et d'ignorance pour l'accomplissement de ce grand dessein, afin que tout soit fait par moi. » Suit une de ces scènes symboliques fréquentes dans la vie des saints. Jésus prit le cœur de sa servante et « le mit dans le sien adorable. » Il l'en retira « comme une flamme ardente en forme de cœur » et le remit en place, ajoutant : « Jusqu'à présent, tu n'as pris que le nom de mon esclave ; je te donne celui de la disciple bien-aimée de mon Sacré-Cœur 1. »

Ainsi le Sacré-Cœur se découvre, il se montre passionné d'amour pour les hommes ; il veut se manifester à eux et les enrichir de ses trésors de sanctification et de salut. Marguerite-Marie est l'instrument qu'il a choisi pour ses desseins.

Seconde grande apparition

(1673 ou 167/1).

L'image symbolique : dernier effort de l'amour : rédemption amoureuse par le Sacré-Cœur ; mission de Marguerite-Marie.

Après avoir dit au P. Croise t, dans la lettre citée, qu'elle ne croit pas nécessaire de rien spécifier, Marguerite-Marie ajoute aussitôt : « Après cela, ce divin Cœur me fut présenté, » etc. Suit une description détaillée et le récit d'une vision. On s'est demandé s'il y avait là une scène distincte de la précédente, ou seulement des détails nouveaux sur la même scène. Les vraisemblances

1. Mémoire, dans Vie et Œuvres, t. n, p. 325 (2e édition, 379).

sont pour une scène distincte, puisque ici la Bienheureuse spécifie, et que les circonstances sont tout autres 1. Mais peu importe le temps, pourvu qu'on remarque la progression dans la manifestation du Sacré-Cœur.

Nous avons maintenant une vision symbolique du cœur lui-même, en dehors du corps, qui n'apparaît pas. Il était « comme dans un trône de flamme, plus rayonnant qu'un soleil et transparent comme un cristal, avec sa plaie adorable. Il était environné d'une couronne d'épines » et surmonté d'une croix. Après avoir expliqué le symbolisme des épines et de la croix, la Bienheureuse ajoute : « Il me fit voir que l'ardent désir qu'il avait d'être aimé des hommes et de les retirer de la voie de perdition où Satan les précipite en foule, lui avait fait former ce dessein de manifester son Cœur aux hommes avec tous les trésors d'amour, de miséricorde, de grâce, de sanctification et de salut qu'il contenait. » Pour avoir part « à ces divins trésors du cœur de Dieu », que faut-il ? « L'honorer sous la figure de ce cœur de chair. » Suivent des promesses de grâces et de bénédictions pour ceux qui rendraient honneur à l'image même de ce Sacré-Cœur. « Cette dévotion, reprend la Bienheureuse en rapportant les paroles de Notre- Seigneur, était comme un dernier effort de son amour qui voulait favoriser les hommes en ces derniers siècles » d'une sorte de « rédemption amoureuse, pour les retirer de l'empire de Satan »

1. Avec le texte tel que l'avait arrangé le P. Croiset dans son Abrégé, p. 45, il est impossible de séparer les deux scènes. Le texte vrai laisse plus de latitude, et il est curieux que le P. Letierce, t. i, p. 167, s'appuie précisément sur les découvertes nouvelles pour ne pas les séparer.

et a pour nous mettre sous la douce liberté de l'empire de son arnour. » — « Voilà, conclut Notre- Seigneur, les desseins pour lesquels je t'ai choisie l. » Nous n'avons pas seulement ici le Sacré-Cœur découvert ; il y a le désir d'un culte spécial nettement manifesté, avec promesses magnifiques pour une des formes de ce culte (l'honneur rendu à l'image) ; il y a le but de Jésus indiqué, avec la mission de Marguerite-Marie annoncée et spécifiée. Tout cela vase préciser de plus en plus.

Troisième grande apparition

(probablement en i G 7 ^ ) .

Le Sacré-Cœur rayonnant d'amour : culte d'amour réparateur : communion fréquente, communion des premiers cendredis, heure sainte.

Jusqu'à présent, les grandes apparitions nous ont montré le Sacré-Cœur plein d'amour, plein de grâces, qu'il ne veut que répandre, appelant un culte d'amour et d'honneurs. Nous allons voir cet amour comme méconnu, appelant un culte d'a.mour réparateur. C'est encore par le Mémoire que nous connaissons cette nouvelle apparition.

Nulle date. Mais le contexte semble indiquer un premier vendredi du mois, et il est dit expressément que le Saint-Sacrement était exposé. Quelques auteurs la mettent un jour dans l'Octave du Saint-Sacrement, d'autres un 2 juillet, fête de la Visitation, 1674. Je ne sais s'ils sont arrivés là

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