‹ La dévotion au Sacré-Cœur de Jésus (volume 2)Chapitre 14 sur 215 · Lettre* inédites, Lettre iv, p · texte numérisé non relu

Lettre* inédites, Lettre iv, p

en tenant compte des deux données indiquées, en même temps que des usages de la Visitation. De notre point de vue, la date précise importe peu.

Un jour donc que le Saint-Sacrement était exposé, Notre-Seigneur se présenta à elle « tout éclatant de gloire, avec ses cinq plaies brillantes comme cinq soleils... De cette sacrée humanité sortaient des flammes de toutes parts, mais surtout de son adorable poitrine, qui ressemblait à une fournaise. » La poitrine s'ouvrit, laissant à découvert le « tout aimant et tout aimable Cœur, qui était la vive source de ces flammes. » Notre-Seigneur lui fit voir « les merveilles inexplicables de son pur amour, et jusqu'à quel excès il l'avait porté, d'aimer les hommes. » Mais il n'en recevait en retour « que des ingratitudes et méconnaissances. » Et cela, lui dit le divin Maître, lui était beaucoup plus sensible que tout ce qu'il avait souffert en sa passion : « d'autant, ajouta-t-il, que s'ils me rendaient quelque retour d'amour, j'estimerais peu tout ce que j'ai fait pour eux, et voudrais, s'il se pouvait, en faire davantage ; mais ils n'ont que des froideurs et des rebuts de tous mes empressements à leur faire du bien. »

Cet amour méconnu demande réparation. Il la demande d'abord à sa servante bien-aimée. Toi, du moins, « donne-moi ce plaisir de suppléer à leur ingratitude, autant que tu en pourras être capable. » Humblement elle lui remontrait son impuissance. « Tiens, lui dit-il, voilà de quoi suppléer à tout ce qui te manque. » Ce disant, il entr'ouvrait son cœur, et « il en sortit une flamme si ardente » qu'elle pensa en être consumée. Ne la pouvant soutenir, elle lui demanda d'avoir pitié

de sa faiblesse. « Je serai ta force », lui dit-il. Alors il lui indique des pratiques précises à faire eu cet esprit d'amour réparateur. « Premièrement, tu me recevras dans le Saint-Sacrement autant que l'obéissance te le voudra permettre ; tu communieras de plus tous les premiers vendredis de chaque mois. » Enfin Notre-Seigneur veut qu'elle ait part, toutes les nuits du jeudi au vendredi, à la mortelle tristesse qu'il sentit au Jardin des Olives. « Pour m'accompagner dans cette humble prière que je présentai alors à mon Père parmi toutes mes angoisses, tu te lèveras entre onze heures et minuit, pour te prosterner pendant une heure avec moi la face contre terre, tant pour apaiser la divine colère en demandant miséricorde pour les pécheurs, que pour adoucir en quelque façon l'amertume que je sentais de l'abandon de mes apôtres... Et pendant cette heure tu feras ce que je t'enseignerai 1. »

Ici, on le voit, la dévotion se dessine comme un amour de réparation envers l'amour méconnu, comme un amour de compassion affectueuse à l'amour souffrant, et aussi, en quelque sorte, comme un amour d'union à Jésus victime pour l'amour des hommes, demandant pour eux pitié et pardon. Notre-Seigneur ne fait ici la demande qu'à Marguerite-Marie. Mais ces pratiques, de la communion fréquente en esprit d'amour et de réparation, de la communion des premiers vendredis ou communion réparatrice, de la veillée au Jardin ou heure sainte, se sont généralisées dès les débuts, comme répondant à l'esprit de la dévotion. Nous les retrouverons sur notre route. Notre-Sei-

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