‹ La dévotion au Sacré-Cœur de Jésus (volume 2)Chapitre 132 sur 215 · Ibid. 1. 5, c. 1, n. 2, p. 158 ; d'après Franciosi · texte numérisé non relu

Ibid. 1. 5, c. 1, n. 2, p. 158 ; d'après Franciosi

pensée très forte de le prier... qu'il lui plût de donner un Dauphin à ce royaume... Le saint Enfant se mit entre ses bras, petit comme il était au moment qu'il vint au monde, et lui ouvrant son cœur divin : « Puise, lui dit-il, ce que tu voudras dans mon cœur, rien ne te sera refusé. Je t'accorde le Dauphin que tu demandes l. »

Il n'est pas de pays, pas de condition si humble où Jésus ne trouve des amis de son Cœur, et ne se révèle à eux. A Vannes, meurt, en 1671, une pauvre servante, Armelle Nicolas, vénérée encore aujourd'hui dans l'ancienne chapelle dite des Ursulines, attenante au collège Saint-François- Xavier, sous le nom de « la bonne Armelle ». Elle était dans les relations les plus familières avec le divin cœur ; elle y allait et venait, comme chez elle, et elle disait à ses amis: « Si vous voulez me trouver, ne me cherchez pas ailleurs que dans le cœur de mon divin amour 2. » Elle y trouvait un refuge

1. Ibid. 1. 7, e. 7, n. 3, p. 295 ; Franciosi, 377. Plusieurs des traits ici rapportés ont été recueillis également par l'abbé Deberre dans son Histoire de la V. Marguerite du Saint-Sacrement, Paris 1907, p. 134-136. M. Deberre cite de plus, p. 100, et donne en fac-similé une page de la Vénérable où le Sacré- Cœur a encore sa part : « Je fus tirée dans le cœur de Jésus, où je fus mise et où je compris que je devais renaître pour recevoir le saint Sacrement de Confirmation, et en ce moment je ressentis et compris dans ce cœur divin quatre sacrements qui en forme de canaux se dégorgeaient dans mon âme et qui la remplirent d'une indicible pureté. Je reçus ce saint sacre ment, et, au moment que je le reçus, je sortis du cœur divin dans lequel j'étais, et mon époux me prit entre ses bras... »

2. Beaucoup de détails dans le livre intitulé Le triomphe dv V amour divin dans la vie d'une grande servante de Dieu, nommée Armelle Nicolas,., fidèlement écrite par mie i*eligieuse du monastère de Sainte-Ursule, de Vennes... A Venues, Jean Galles. 1676. D'après les notes de M. R. de La Bégassière, qui a vu et étudié le livre. Cf. Letierce. Etude, t. 1. p. 74-77 ; Franciosi, 416-418.

LA DÉVOTION AU XVIIe SIÈCLE 299

contre ses ennemis et y recevait du divin Maître d'admirables communications.

On trouve des traces de cette dévotion jusque dans les milieux qui sembleraient les plus réfrac taires, et M. Gazier écrivait naguère dans la Revue bleue l un article intitulé Le Sacré-Cœur à Port- Royal en 1627. Le titre ne dit pas tout à fait ce qu'il y a dans l'article. Mais on y trouve quelques renseignements curieux. M. Gazier attribue sans « l'ombre d'un doute » à la Mère Angélique Arnauld un opuscule d'une extrême rareté publié à Paris, en 1727, sous le titre Elévations de cœur et prières à N.-8. J.-C. sur les mystères de sa passion 2. Or, voici ce qu'on y lit « au cours d'une assez longue élévation pour le vendredi ». « 0 sacré cœur de Jésus ! ô source de grâces ! ô brasier d'amour ! souffrez que j'entre dans cette fournaise ardente et que je m'y consume par le feu de la charité. Oui, je m'y cacherai comme l'épouse dans les trous de cette pierre ; je me reposerai sur votre cœur, j'y établirai ma demeure et je ne craindrai rien quand le monde et l'enfer s'élèveraient contre moi. O Jésus, ô le Dieu de mon cœur, souffrez que je me colle à votre sacré côté ; souffrez que je m'enivre à cette source vive et que je ne cherche jamais ailleurs de consolation 3... » Plus loin, dans une Elévation sur l'ouverture du côté de Notre-Seigneur : « Donnez-moi la grâce qui m'est nécessaire pour participer avec fruit à vos sacrements, et

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